Bon, comme vous vous en doutez, pas grand-chose à dire sur ce film de 1906 qui n’est en fait qu’une succession de vues filmées de la ville de San Francisco ravagée par le tremblement de terre. La caméra est fixe, parfois elle tourne sur elle-même, et on voit des gens passés, le trolley, et parfois une ruine s’effondre. Le problème de ce court c’est que la caméra étant à hauteur d’homme, on ne voit en fait pas grand-chose des destructions, sauf sur quelques plans distants, mais sinon on est dans la rue au pied des édifices ou presque, et du coup on ne voit pas ce qu’il manque. Ça reste vraiment un pur document d’époque, ça n’a rien de cinématographique, ni dans les effets de mise en scène, ni dans la narration ou la recherche de spectaculaire. Et encore, je pense qu’il y avait de quoi faire mieux justement sur le plan documentaire, ne serait-ce qu’en prenant davantage de recul par rapport aux édifices. Le film est trouvable gratuitement sur le site de la Library of Congress. 2, même si sur des films de cette époque ça n’a pas énormément de sens.
San Francisco: Aftermath of Earthquake documente les conséquences du séisme et des incendies qui frappèrent San Francisco en avril 1906. Le film montre les rues détruites, les bâtiments effondrés, les quartiers rasés et les habitants circulant au milieu des ruines après une catastrophe qui fit plus de 3 000 morts et détruisit environ 80 % de la ville.
Le court métrage fait partie des premiers films à montrer une catastrophe réelle dans son ampleur : destruction massive, ruines urbaines, population déplacée et ville transformée en paysage de décombres. On se rapproche déjà du documentaire d’actualité moderne, avec un cinéma qui ne cherche plus seulement à divertir, mais à témoigner d’un événement historique majeur.
La mise en scène reste simple, mais elle révèle déjà la puissance visuelle des paysages de catastrophe. Les panoramiques sur les ruines et les vues de quartiers détruits annoncent une imagerie qui influencera ensuite les films de guerre, les documentaires et le cinéma catastrophe. Le film possède ainsi une valeur d’archive immense, mais aussi une vraie importance dans l’évolution du regard documentaire. J’ai vu ici la version restaurée d’environ 14 minutes conservée par la Library of Congress, qui rassemble plusieurs images tournées après la catastrophe.
Je recommande vivement de voir A Trip Down Market Street Before the Fire avant ce film, tant l’avant/après est saisissant. Voir San Francisco pleine de vie avant de découvrir ses ruines donne une force particulière à ces images. Le film rappelle aussi que l’on ne contrôle pas tout et que la nature peut reprendre en un instant ce que l’on croyait acquis.
Un documentaire court mais historiquement fascinant, à la fois témoignage direct d’une catastrophe réelle et jalon important dans la naissance du documentaire d’actualité moderne.