Le premier ne volait déjà pas bien haut, même pour un film d'action américain de base, et n'a pas franchement marqué les esprits. C'est pourquoi une suite semblait improbable mais après tout... si on fait bien des suites à des films que personne ne va voir, une production à 70 millions qui en rapporte 160...
D'emblée, le scénario répond à une réalité plus actuelle que jamais (l'impérialisme occidental, le terrorisme, tout ça...) et se révèle classique mais efficace dans l'ensemble. Mais si Antoine Fuqua fait montre d'un bon sens de l'image, une fois de plus, sa réalisation maitrisée et le rythme narratif qui va avec nous mettent sur des rails à vitesse moyenne, sans secousses, sans cahots. Et si l'on ne s'ennuie pas vraiment, cette sensation de flotter mollement nous glisse dans une torpeur plus digne du visionnage d'un documentaire sur la confection des filets de pêche au Sud Soudan que d'un film d'action nerveux et bourrin. Ce que "La Chute de Londres" prétend être pourtant ! Moralité, Fuqua, fais nous de bon policiers et d'excellents thrillers, et la dragée passera mieux (haha ! voilà, c'est fait, je peux mourir, là).
Mais le pire reste à venir ! Car les acteurs ont l'entrain d'un bourricot en plain soleil : c'est l'heure de la sieste ! Aaron Eckhart, tout sauf crédible en mister president, en fais des kilos, Gerard Butler prouve une fois de plus qu'il n'est qu'un sous-ersatz de Bruce Willis sans charisme (comme on a dit pour des acteurs qui pourtant en avaient : les muscles ne font pas tout) et Morgan Freeman est plus ridicule qu'autre chose dans son éternel rôle (saoulant, si, si) de vieux sage super-cool-mais-qui-en-a-une-paire... Tous aussi transparent les uns que les autres, on a de la peine à les voir déclamer ce qui semble être de vagues ébauches totalement hésitantes de répliques destinées à la postérité. Et bah, c'est raté, hein. Mêmes les FX ne rattrapent rien, notamment les explosions vu du ciel, que l'on retrouve dans tout bon téléfilm du dimanche après-midi sur M6.
Mais ce qui gêne le plus, et qui choque même, c'est la propagande pro-US. On comprend pourquoi certains distributeurs ont refusés de le diffuser en salle ! C'est un appel au colonialisme sauvage et au meurtre de masse (du moment qu'ils portent un turban...). Là où John MacLane faisait son boulot et tué de vilains terroristes, Mike Banning commet un massacre de sang-froid mi-propagandiste mi-haineux. On à le sentiment qu'un message doit impérativement passer dans l'esprit du spectateur. Et le final où le vice-président
balance un drone sur le gros méchant et disant clairement qu'il se fout complétement des pertes civiles, laisse vraiment un gout amer (entre autre scéne qui franchissent la limite).
Un film que je déconseille à tous les niveaux et que j'invite même à boycotter...