La Garçonnière
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155 critiques spectateurs

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Theo
Theo

40 abonnés 1 084 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 novembre 2025
Il est des films qui passent. Et il en est d’autres qui s’impriment. La garçonnière de Billy Wilder ne fait ni l’un, ni l’autre : il suspend le temps. Il ne se contente pas de raconter une histoire. Il redéfinit ce que le cinéma peut être lorsqu’il atteint cette alchimie rare où tous les éléments – l’écriture, l’image, la mise en scène, l’interprétation, le sous-texte, le rythme – convergent vers quelque chose d’irréfutablement essentiel.

Ce n’est pas un film qu’on admire. C’est un film qu’on ressent, qu’on vit presque à contretemps de son époque et de la nôtre, tant sa lucidité nous désarme.

L’équilibre que parvient à maintenir Wilder est vertigineux : entre légèreté et désespoir, ironie et empathie, satire sociale et confession intime. La garçonnière n'a rien d’un objet fabriqué. Il pulse, il respire, il saigne. Chaque plan, chaque transition, chaque ligne de dialogue est d’une justesse inouïe – au point que l’on en vient à oublier que c’est écrit, joué, cadré. L’illusion du vivant est totale.

Wilder et . Diamond signent ici un scénario parmi les plus brillamment structurés du XXe siècle. L’économie narrative est prodigieuse : un miroir brisé, un poudrier oublié, un regard de côté – tout raconte sans jamais appuyer. Tout ce qui est tu résonne plus fort encore. Le non-dit est roi, et l’émotion n’en est que plus saisissante.

Jack Lemmon, dans un rôle infiniment nuancé, incarne Baxter avec cette vérité presque crue qui échappe à la technique. Il n'est jamais dans l’effet, toujours dans l’être. Il compose un homme ordinaire dans un monde indifférent, et en fait un personnage inoubliable, parce qu’il est vulnérable, maladroit, tendre, et enfin, libre.

Shirley MacLaine est bouleversante. Elle donne à Fran Kubelik une mélancolie qui n’appartient qu’à elle, une forme de grâce brisée. Elle parvient à rendre palpable cette fatigue de vivre propre aux cœurs usés, tout en laissant filtrer, malgré tout, la lumière d’une dernière chance. Entre elle et Lemmon, il n’y a pas de romance fabriquée. Il y a quelque chose de bien plus rare : une vérité nue, à la fois brutale et belle.

Quant à Fred MacMurray, son interprétation de Sheldrake glace d’autant plus qu’elle est contenue. Il ne compose pas un monstre : il incarne la banalité glaçante du pouvoir cynique, du charme instrumental, de l’homme pour qui l’autre n’est qu’un outil.

La garçonnière explore la compromission – personnelle, professionnelle, sentimentale – sans jamais juger ses personnages. C’est une œuvre morale dans le sens le plus noble du terme : elle confronte chacun à ses choix, à ce qu’il accepte de sacrifier pour réussir, pour être aimé, pour exister. spoiler: La progression de Baxter, de l’homme soumis à l’homme debout, est l’une des plus fines courbes de transformation jamais écrites pour un personnage de cinéma.


Et dans cette société d’apparences, de faux-semblants, de hiérarchies absurdes et de fêtes alcoolisées où l’on se noie dans l’insignifiance, La garçonnière n’oppose pas des bons aux méchants : elle montre comment les êtres s’abîment en silence, et comment certains parviennent, parfois, à se relever. Et c’est précisément cette pudeur, ce refus du spectaculaire, qui bouleverse.

Billy Wilder ne cherche jamais l’effet, et pourtant chaque effet est là. Le bureau immense rendu infini par la perspective forcée : l’écrasement d’un homme face à une machine institutionnelle. L’appartement exigu, refuge involontaire des lâchetés et des douleurs muettes. spoiler: Le réveillon qui explose en fanfare alors que les héros, eux, se battent pour une seconde chance. Et cette dernière scène, parmi les plus puissantes de toute l’histoire du cinéma, où une femme, en pleine fête, comprend qu’il n’y a plus rien à attendre d’un homme de pouvoir — et tout à espérer d’un homme de cœur.


Le génie de Wilder est là : dans sa capacité à filmer l’ordinaire pour en faire une émotion universelle. Dans sa capacité à faire du quotidien un espace de révélation intime.

Des décennies plus tard, La garçonnière conserve une modernité foudroyante. La structure patriarcale du monde du travail. Le culte de la performance. L’instrumentalisation des relations. La solitude dans les foules. L’amour comme ultime espace de rédemption. Tout résonne. Tout est encore là. Mieux : tout est dit avec une intelligence et une délicatesse que l’on trouve rarement dans notre époque saturée de bruit.

C’est peut-être cela qui rend ce film si précieux : sa capacité à ne jamais hurler, mais à nous parler directement au cœur.

Il n’est pas question ici de succès critique, de récompenses (aussi nombreuses soient-elles), ou de classements honorifiques. Il est question d’un film qui atteint un niveau de précision émotionnelle, d’équilibre narratif, de puissance symbolique et de profondeur humaine tel qu’il semble avoir été sculpté dans une matière invisible mais universelle : l’expérience humaine elle-même.

La garçonnière n’est pas simplement un sommet du cinéma américain. C’est une œuvre définitive. Le genre de film que l’on ne regarde pas une fois, mais que l’on emporte avec soi pour toujours.
raphaboss
raphaboss

5 abonnés 95 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 décembre 2011
J'avais pas trop apprécié Certains l'aiment chaud avec le même acteur et réalisateur, mais j'ai plutôt adoré ce film. L'histoire est innovante, c'est de la prostitution immobilière! De plus Jack Lemmon et Shirley McLaine jouent vraiment bien! Notons aussi le caméo de Marilyn Monroe qui est cité au télépone, drôle quand on sait que Jack Lemmon a joué avec!
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 3 janvier 2017
La purge habituelle des films de Billy Wilder, à savoir que c'est bête, neuneu, naïf, crétin et incroyablement long. D'ailleurs, comme de coutume, peu importe les acteurs derrière sa caméra somnolente, ça ne change rien à l'affaire, on pionce toujours autant devant les films de cet abruti de Billy.

Jack nous joue son rôle -habituel- de gentil demeuré et Shirley s'avère des plus charmantes, ce qui fait regretter le noir & blanc du film (j'ai l'impression d'être daltonien et ça craint). Il paraît en tout cas qu'il s'agit d'une "comédie" ! on cherche en vain l'humour qu'il peut y avoir là-dedans, à la loupe puis au microscope électronique : non toujours rien ! "on" a juste rempli avec du vide et de la bêtise. Sacré Billy !
fade_away
fade_away

22 abonnés 119 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 janvier 2009
bon, il manque sans doute un je-ne-sais-quoi, une bonne musique, peut-être, mais on va pas faire la fine bouche... ce film illustre que le fait que l'enfer est pavé de bonnes intentions... et aussi que lorsqu'on est odieux, et ben, les femmes sont à soi... c'est comme ça, le monde est tel que les gens serviables sont exploités et non-récompensés... ça illustre un peu ce que disait Rabelais aussi "Oignez vilain il vous poindra, poignez vilain il vous oindra"
Gody G.
Gody G.

23 abonnés 326 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 avril 2014
Encore un beau scénario de Wilder . De bons acteurs. Néanmoins j'ai trouvé les personnages pas assez bien travaillés . On ne comprend pas toujours très bien les mobiles de leurs actions.
weihnachtsmann

1 623 abonnés 5 746 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 octobre 2016
Une comédie romantique auréolée d'une sympathique histoire burlesque. Même si l'histoire est cousue de fil blanc, certaines situations sont vraiment drôles et le rythme est assez soutenu pour passer un moment de cinéma d'excellente qualité.
velocio

1 545 abonnés 3 520 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 février 2026
C'est loin d'être le meilleur film de Billy Wilder ! Il faut une bonne heure pour que le film sorte de sa torpeur.
Hotinhere

796 abonnés 5 500 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 novembre 2019
Comédie mythique de Billy Wilder à la fois drôle et critique acerbe de l'American way of life, interprétée par l'excellent duo Jack Lemmon/Shirley MacLaine. Dommage juste qu'il y ait quelques longueurs.
Oscar du meilleur film et du meilleur réal en 1961.
Santu2b

311 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 janvier 2020
Au coeur de sa glorieuse filmographie, Billy Wilder a toujours avoué son penchant pour deux œuvres : "Ace in the hole" et "The Apartment". Sorti en 1960, ce dernier ouvrait une décennie faste pour son auteur, marquée par une multitude de comédies burlesques. Ici, la tonalité est toutefois différente. "The Apartment" est plutôt une comédie grinçante qui se métamorphose peu à peu en une histoire d'amour assez déchirante. Modeste employé, Baxter prête régulièrement son appartement à ses supérieurs qui y emmènent leurs maîtresses jusqu'à ce qu'il s'éprenne d'une demoiselle d'ascenseur. Le cinéaste est une nouvelle fois épatant de maîtrise et fait preuve d’un sens millimétré du rythme et des situations. L'esthétique théâtrale du film permet à Wilder d'opposer deux modèles de société : d'un côté les bas fonds des personnages principaux, puis de l’autre ces bureaux immenses et ces tourbillons professionnels dans lesquels ils sont pris. Jack Lemmon est éblouissant.
Joce2012
Joce2012

266 abonnés 762 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 septembre 2024
Un vrai délice ce film aux dialogues exquis, subtils et raffinés malgré des situations savoureuses et coquaces, très bien interprétés, un vrai bon moment de cinéma
Claude DL
Claude DL

124 abonnés 1 937 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 août 2025
Film qui m’a un peu décontenancé au début, car je m’attendais à une comédie (Billy Wilder + Jack Lemmon…). En fait on peut le qualifier de comédie dramatique. Sachant cela, on savoure deux choses : une peinture au vitriol du monde de la grosse entreprise, avec ses passe-droits, ses promotions pas franchement au mérite, et une ambiance très « fourmilière ». Ensuite, une étude caustique sur le comportement amoureux des hommes, sauf pour le personnage joué par Jack Lemmon qui subit les « aventures » des autres, alors qu’il aimerait bien trouver quelque chose de sérieux. Shirley MacLaine , en liftière d’ascenseur, lui donne la réplique avec talent, et on assiste à la vie de tout ce petit monde. Quelques passages jubilatoires, comme ces promotions d’autant plus grandes qu’elles fonctionnent graduellement avec l’étage de l’immeuble où vit la société. Un bon cru toutefois entaché d’un vieillissement important, où on n’imagine pas des situations identiques de nos jours (même si on s’en approche ). A voir comme une curiosité, mais ce n’est pas mon préféré de Billy Wilder.
brianpatrick
brianpatrick

119 abonnés 1 870 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 février 2026
La Garçonnière. Un film sorti en 1960. Un film avec 5 oscars. Un film produit par la MGM. Un oscar de la meilleur réalisation, du meilleur scénario original, du meilleur montage, des meilleurs décors et la meilleur direction artistique. Pour le décor, c'est New york et ses bureaux administratifs. Une belle comédie américaine typique de la côte Est. Pour le décor, il y a aussi un restaurant chinois. La garçonne, c'est bien Shirley MacLaine, les cheveux court et une très belle plastique. Jack Lemmon assume son rôle de comique de comédies de boulevard. L'idée originale vient de l'acteur Tony Curtis, mais l'Oscar est offert à Billy Wilder et I A L Diamond (Itec Domnici). Pour le film, une bonne ambiance New-yorkaise et un bon rythme.
BabsyDriver
BabsyDriver

99 abonnés 995 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 mars 2025
It is a masterpiece, moviewise. Avec cette comédie sentimentale très noire, Billy Wilder livre une observation acerbe et pertinente de la société américaine des années 60 qui reste encore tout à fait valable sur ce qu'elle dit de l'aliénation du travail et des relations toxiques. Les interprétations de Jack Lemmon et Shirley Maclaine sont éblouissantes, et la mise en scène de Wilder, dans un scope étonnant pour un film d'intérieur souvent intimiste, alliée aux décors grandioses d'Alexandre Trauner, exprime à merveille la solitude au milieu de la foule et la froideur de la ville moderne.
Jean-luc G
Jean-luc G

90 abonnés 902 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 août 2023
On ne s'ennuie pas un instant dans ce pur vaudeville, à la sauce américaine. Une intro bourrée de statistiques assommantes nous ouvre la porte sur un Jack Lemmon au meilleur de sa forme, mais Wilder va plus loin, et on passe du pur comique à la comédie acide contre les cadres de l'assurance troquant la promotion des subalternes contre des 5 à 7 coquins dans l'appartement du niais de service. Et sans grande surprise, on finit en comédie romantique que la présence de Shirley MacLaine laissait entrevoir.
Et le tout sans montre un poil de sexe à l'écran… Le code Hayes n'est pas encore loin.
Baxter parle beaucoup, s'autojustifie jusqu'au moment où il arrivera à briser le cercle des convenances.
On oublie "Metoo", ce n'est pas le sujet du film, on replonge avec délice dans la scène des spaghettis égouttés avec une raquette de tennis, l'amour c'est aussi des êtres qui se rencontrent et sont prêts à tout lâcher pour suivre l'élu de son cœur.
Cinq oscars et autres Golden globes, c'est beaucoup mais reconnaissons que le film n'a pas vraiment vieilli.
DVD vo 1 - aout 23
gamorreen
gamorreen

30 abonnés 538 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 septembre 2024
c'est assez sympa, mais la première heure manque de rythme, ou d'humour, ça traine un peu, la partie plus romantique ensuite est plus attachante. Disons que je m'attendais à ce que ce soit plus franchement une comédie...
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