Vilipendé par la presse et le public, je me suis quand même essayé à cette « Annabelle », notamment pour faire le lien avec les « Insidious » vus précédemment, lien toutefois très relatif puisque j'avoue garder un souvenir assez vague de chacun d'entre eux. Pourtant, la première partie m'a presque séduit : rien d'hyper-original sur le fond, mais la réalisation de John R. Leonetti évite (à quelques exceptions) l'hystérie et parvient à garder un certain mystère autour de cette « poupée maléfique », parvenant à faire exister un minimum ses personnages sans les rendre agaçants : un couple qui ressemble vraiment à un couple sans tomber dans l'excès, c'est déjà pas mal, malgré les prestations convenables mais un peu fades d'Annabelle (aha, c'est rigolo) Wallis et Ward Horton. On garde ainsi un niveau acceptable pendant près des deux tiers, sans réelle fausse note et même quelques bonnes scènes
(le coup du berceau, pas logique mais efficace)
, le Mal n'étant pas forcément là où on aurait pu le penser. Maintenant, au-delà du fait que ça reste un peu court niveau création et idées, la dernière partie, assez logiquement, se doit d'offrir au spectateur lambda ce qu'il était venu chercher : on aura donc droit à beaucoup d'effets grandiloquents, de bruits, de musique et une suggestion pour le coup réduite à zéro, à coups d'apparitions furibardes réduisant comme une peau de chagrin les réels efforts mis en place jusque-là. Du coup, je me dis que ce n'était pas si mal, loin du navet que je craignais (espérais?) au départ. Mais aussi que de se saborder de la sorte uniquement pour être dans les standards du film d'horreur 2010's, c'est à la fois facile et presque une faute tant il y avait de quoi emmener « Annabelle » vers un chemin respectable, un descendant de « L'Exorciste » avec infiniment moins de puissance et de talent, mais un titre qui aurait au moins le mérite de sortir un peu du lot : ce ne sera encore pas pour cette fois.