Les Huit salopards
Note moyenne
4,1
31812 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

1 600 critiques spectateurs

5
263 critiques
4
638 critiques
3
321 critiques
2
193 critiques
1
109 critiques
0
76 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Cadreum
Cadreum

77 abonnés 830 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 août 2025
Qui est le film ?
Avec Les Huit Salopards (2015), Quentin Tarantino signe son huitième long-métrage, situé entre Django Unchained (2012) et Once Upon a Time… in Hollywood (2019). Si Django affrontait de face l’esclavage et l’imaginaire raciste du western classique, Les Huit Salopards radicalise ce geste en enfermant l’Amérique post-Guerre de Sécession dans une seule pièce : la mercerie de Minnie. On y trouve des chasseurs de primes, une prisonnière, un ancien officier noir de l’Union, un shérif en devenir et bientôt l’évidence que personne n’est vraiment ce qu’il prétend. En surface, le film promet un huis clos à la Agatha Christie : qui est coupable, qui survivra ?

Que cherche-t-il à dire ?
Le projet du film tient dans une tension : la loi est-elle un principe partagé ou une fiction provisoire ? Tarantino filme l’Amérique de la Reconstruction comme une communauté forcée, où la coopération (clouer une porte, partager un café, rendre la justice) repose moins sur des valeurs que sur des récits bricolés, souvent mensongers. La fameuse “lettre de Lincoln� en est l’allégorie : un faux auquel chacun veut croire, parce qu’il fabrique un semblant de civilité. Le film affirme que le lien social n’est pas une vérité, mais un théâtre : chacun joue son rôle tant que la pièce tient, quitte à finir dans le sang et le froid.

Par quels moyens ?
Le paradoxe du film est d’utiliser l’Ultra Panavision 70 (format des horizons épiques) pour filmer un intérieur exigu. Résultat : la profondeur de champ révèle simultanément plusieurs actions, multipliant les micro-soupçons. Qui regarde qui ? Qui cache quoi derrière une colonne ou un poêle ? Chaque plan devient cartographie de la méfiance. Le clouage répété de la porte fonctionne comme rituel politique : la maison ne tient que si tous consentent à l’entretenir. Quand ce geste cesse, la communauté s’effondre et la maison saigne.

Objet fétiche, la lettre illustre l’Amérique fondée sur des récits performés plus que sur des vérités tenues. Pour Warren, elle est un passeport social : le signe que Lincoln lui reconnaît une dignité. Quand son caractère apocryphe est révélé, le groupe ne retrouve pas une vérité plus pure : sans récit commun, il ne reste que la violence. Tarantino soutient que l’Amérique tient par ses mythes, même faux, et que leur effondrement n’ouvre pas la liberté mais le vide.

Le duel verbal entre Warren et le vieux général confédéré condense cette logique : un récit inventé (l’humiliation et la mort du fils) devient un piège rhétorique qui contraint l’adversaire à se suicider symboliquement. Peu importe la vérité des faits : c’est la force de l’image produite par la parole qui tue. Tarantino pointe ici la fabrication de la preuve en régime de haine : le langage ne transmet pas du vrai, il fabrique du meurtrier.

Le café, la corde, les clous : tout ce qui devrait relier les hommes se retourne en instrument de suspicion ou de mort. Le café empoisonne, la corde de traction pend, les clous ne tiennent jamais. Tarantino filme la corruption des objets du commun, leur fragilité face à la violence latente.

Ennio Morricone signe une musique qui refuse le souffle héroïque. Cordes basses, notes tenues, atmosphère glaciale : le spectateur est placé dans une paranoïa de siège plus que dans une chevauchée épique. Le film rejoint alors The Thing de Carpenter : l’ennemi est dedans, il est indistinguable.

Le pacte entre Mannix, ancien confédéré, et Warren, officier noir de l’Union, est la clé politique du film. Leur coopération finale (lire la lettre, pendre Daisy) n’est pas une réconciliation morale mais une alliance instrumentale : agir ensemble, sans croire aux mêmes fictions, juste pour survivre au blizzard. La Reconstruction, dit Tarantino, n’est pas union par le droit mais bricolage provisoire entre vainqueurs et vaincus.

Daisy concentre les tensions du récit : musicienne criminelle, otage, bouc émissaire, objet de violence répétée. Tarantino joue d’une ambivalence : sa brutalisation peut se lire comme misogynie, mais elle est aussi la condition de cohésion entre les hommes. La pendaison finale fonctionne comme spectacle de “justice� et de réconciliation forcée. Daisy n’est pas victime pure, elle est matrice du récit, et c’est sa disparition qui scelle la trêve provisoire.

Où me situer ?
Je suis fasciné par la rigueur de ce dispositif : huis clos filmé au grand angle, objets communs pervertis, parole comme arme fatale. Tarantino atteint ici une lucidité politique rare : l’Amérique ne tient pas par des valeurs mais par des pactes précaires. La complaisance dans certaines brutalités (notamment contre Daisy) flirte avec un plaisir sadique. Je comprends que Tarantino veuille montrer la putréfaction du lien social, mais je ne peux ignorer qu’il en jouit aussi par moments.

Quelle lecture en tirer ?
Les Huit Salopards est un western de laboratoire : Tarantino y éprouve l’idée qu’une société n’est qu’une porte clouée face au blizzard, une porte qui ne tient que si l’on consent à des fictions communes. Quand ces fictions (la lettre, la loi) sont exposées comme mensonges utiles, il ne reste plus que des alliances temporaires et de la musique funèbre. Le dernier plan (la lettre de Lincoln lue une dernière fois, puis jetée) est glaçant : la fiction protectrice est détruite, mais sans elle, il ne reste qu’un pacte cynique entre deux ennemis, soudés par une pendaison.
Jean-luc G
Jean-luc G

90 abonnés 909 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 décembre 2020
Voilà un huis-clos qui respecte pratiquement les trois règles classiques d'unité: lieu, temps et action. Ce qui est classiquement paradoxal chez Tarantino c'est que son immense talent de créateur va de pair avec un gout immodéré pour les épisodes sanguinolents à ne plus en finir. L'Amérique post guerre de sécession est raciste, violente et machiste. A cette époque, on tirait vite sans faire de grandes tirades. Malgré un casting inégal, Quentin ne nous ennuie pas malgré de grands bavardages. La morale est-elle sauve tout compte fait, puisque spoiler: c'est la "fin" des salopards, sans exception
. On pourrait transposer dans les USA d'aujourd'hui, pour trouver un sens à cette fable? Le bémol, c'est que ce long métrage ne donne pas l'envie d'y revenir, parce que la frontière entre un récit sanguinolent et un grand spectacle burlesque est très ténue, voire poreuse. QT devrait s'en méfier. TV vo - décembre 2020
Pierre C.
Pierre C.

18 abonnés 148 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 18 novembre 2020
Un début implacable qui amène la tension, tout se profile au mieux lorsque le huis clos commence, chaque personnage peut avoir des réactions intéressantes et proposer de belles choses.
Ça part dans de l'horreur verbale psychotique avec un discours de Samuel Jackson sur la torture qu'il fit subir à un pauvre gars dans le passé, puis à de l'horreur non-verbale psychotique avec une boucherie encore plus horrible que la boucherie Sanzot.
Très bonne création d'ambiance pendant 1h00, dommage d'avoir tout détruit sur du hardgore et débilité pendant le reste du film.
L'informateur
L'informateur

19 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 novembre 2020
vu et revu (j'ai arrêté de compter) et toujours le même plaisir à chaque visonnage. les acteurs et les perso qu'ils campent sont géniaux à aucun moment je ne me suis lassée face à leurs dialogues et aux scènes qui piquent les yeux niveau hémoglobine
Sang-Coeur
Sang-Coeur

39 abonnés 198 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 novembre 2020
Je ne suis pas un fan du cinéma de Tarantino et rarement ses œuvres sont positives à mes yeux même si je comprend parfaitement que la formule soit très bonne pour la majorité du public.
Mais je sais reconnaitre un bon film, j'ai n'ai pas vu passé les trois heures du film et j'ai étais totalement immergé dans l'histoire.
Rien a redire de la direction des acteurs, ou du scénario, il y a pleins de rebondissements très captivants et une narration maitrisée.

Après même si il y a autant de qualité je sais que je ne vais pas regarder ce film de nouveau et j'ai toujours du mal avec l'approche de Tarantino avec l'hémoglobine, cela me sort du film, hors c'est dommage spoiler: surtout pour le final..

Mais bon pas de regret de l'avoir vu, et je le recommande bien évidemment pour ceux qui hésitent !
Alasky

464 abonnés 4 736 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 octobre 2020
Vu et revu, toujours avec beaucoup de plaisir ! Immense film, difficile de trouver les mots justes pour le qualifier. Dire que c'est "du grand Tarantino" est devenu un pléonasme avec le temps, et ce réalisateur n'a certainement plus rien à prouver. Excellent casting, fascinants décors, super dialogues... et l'immense Ennio Morricone nous livre une bande originale sensationnelle. Je recommande vivement.
Cyril G
Cyril G

3 abonnés 36 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 août 2022
il y a du très très bon dans ce film comme la musique, certaines prises de vue (et les paysages du wyoming à couper le souffle ), des personnages très reussis (et notamment le john ruth incarné par Kurt Russell), une intrigue plutôt bien pensée et un film bien construit (avec les fameux chapitres). Mais quelques longueurs (chapitre deux notamment ), la vieille tendance de Tarantino à toujours faire du sanguinolent (seul jackie brown y échappe ) et une fin mitigée ne permettent pas de depasser 3,5 étoiles. Un peu trop tarantinoesque à mon goût !
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 27 juillet 2020
Je pense que c'est le film de Tarantino le plus sous-côté. Pourquoi est-il si mal aimé ? Les dialogues sont parfaits , le casting réunit les plus grands acteurs du cinéma tarantinesque , l'ambiance est parfaite , certains trouvent la première heure trop longue , mais je trouve que c'est un vrai plaisir d'entendre l'opinion politique des personnages à propos de la guerre de Sécession. Et le passage du " Big Black Johnson " est absolument parfait, la musique , le dialogue et le rire de Samuel L Jackson qui glace le sang... GÉ-NI-AL. À voir au plus vite.
Excentrique_Package \__(🔘〰️🔘)__/
Excentrique_Package \__(🔘〰️🔘)__/

6 abonnés 125 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 juillet 2020
note: 4.5/5
vrai note :.18.95/20
excellent comme a l habitude du meilleur réalisateur de l histoire (avec Kubrick et j adore zemeckis ) tarentino nous offre un chef d oeuvres de western et dans se filme on reparle de trahisons comme l avait fait reservoir dogs (mêmesi je préfèrese film))en plus vonplet et eans un style et une abiance far west j'avoue le film reprenant beaucoup mais ettandoner que c'est lui qui a créé c est chef d oeuvres il est totalement légitime mais tarentino nous montre qu il sait pondre des western j adore les film ou les personnages sont enfermés (comme misery the lightous ou a la limite shining mais la c c'est telement vaste donc..)j adore se style car grace a sa on s intéresse bien plus au personnage car il n y a que eux et le dialogue dans un endroit restreint ou on ne cherche pas a maîtriser le cadrage comme un génie ou créer un univers et des décors mais on développe bien plus les personnages qui sont dans tout leur état ou souvent la folie s s'enpard d eux est la se film réussie brillamment du bon développement des caractères et des scènes violentes et percutantes voila pourquoi c est un chef d'oeuvres il y a énormément de personnages mais on ne se paire pas car on n a que sa est donc on s intéresse a tout le monde le seul point négatif c est que les dialogues sont génial mais moins ouf que dans les autres film de tarentino
Yann I
Yann I

28 abonnés 121 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 juillet 2020
Le film est long, trop long et les dialogues parfois interminables.
Bien sûr on connaît les règles chez Tarantino et dans ses précédents films cela faisait mouche.
Ici on est déçu par tant de maniérismes pour mettre en avant son style bien particulier.
Les acteurs sont remarquables. la leçon de cinéma plutôt réussie mais ce huit clôt s'essouffle dans une deuxième partie gâchée par une débauche de violence qui ramène son film à du grand guignol inutile...
Côme.D
Côme.D

1 abonné 36 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 juin 2020
Un très bon film signé Tarantino tout craché avec du sang, du sang et... du sang ! Un dénouement incroyable utilisant l'effet Rashōmon et un casting intéressant (petit coup de cœur pour Samuel L. Jackson).
Difficile d'être déçu d'un Tarantino même si le début du film peut paraître un peu longuet, accrochez vous, la fin vous surprendra !
Pierre Augustin
Pierre Augustin

23 abonnés 202 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 juin 2020
Très bon film qui aurait pu être excellent Si Le rythme du début avait été 1 peu + soutenu!
Il se passe trop de temps avant la 1ere scène d'action et Le 1er coup de feu qu'on en est presque surpris ça reveille!
Heureusement la fin est vraiment excellente et nous rappelle que c'est 1 Tarantino car Tout Le film aurait pu se passer comme 1 pièce de théâtre!
J'ai vraiment été surpris, rien à voir Avec Django que j'ai préféré pour son rythme et ses répliques.
Xavier d
Xavier d

12 abonnés 266 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 juin 2020
Tarantino fait du Tarantino à outrance. Tout est poussé à l'extrême (vulgarité, dialogues, violence, lenteur), à la fin ça fatigue. Même si le scenario est globalement bon. La réalisation aussi. Le film est bien monté. Beaucoup de traits d'humour. Mais à la fin, ça sonne un peu creux. Il manque quelque chose. Du rythme peut être.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 21 juin 2020
Film incroyable ! Un de mes préférés, Tarantino a réussi à mélanger une pièce de théâtre et un western et ça rend vraiment bien, comme d'hab les dialogues sont vraiment bien. L espece d'enquête vers la dernière heure j'ai vraiment adorer et la fin du film est émouvante. J'ai vraiment adoré
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 18 juin 2020
Un excellent film pour ma part nous retrouvons des acteurs phares avec un scénario que j'ai beaucoup aimé et l'on retrouve l'aspect gore et bien deguelasse de Tarantino, un chef d'œuvre
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse