Ascension et chute d'un Breton de milieu laborieux et modeste, Jérôme Kerviel, l'homme qui voulait gagner contre le marché, le Robin des "boucles et déboucles"... étant entendu que ce qui l'animait n'était pas le goût du lucre (ses bonus étaient très modestes, eu égard au profit engendré pour son employeur - avant que n'éclate "l'affaire"), mais la passion du challenge, du "coup". Tout le monde connaît, au moins de nom, le "trader" de la Générale, dont les démêlés judiciaires durent depuis maintenant plus de 8 ans. Le cinéaste des "Choristes", Christophe Barratier, appuyé par son oncle et producteur habituel, Jacques Perrin, adapte le propre livre de l'opérateur de marché déchu ("L'Engrenage"), et propose, plus qu'un énième "film de bourse" (même si d'emblée plus intéressant que la moyenne, parce que relatant des faits réels, mais avec le style d'une fiction), un portrait fiévreux de "L'Outsider" (qui n'est pas du sérail, commence une carrière terne au "middle-office" de la banque - suivi de marché, 5 ans durant, et ne doit son admission au "front-office" qu'à un concours de circonstances), séquencé par les différentes étapes (de 2000 à 2008) de sa vie professionnelle. CB réussit, grâce à une mise en scène dynamique, à faire monter suffisamment la dramaturgie pour gommer (en partie) le côté rébarbatif de ce genre de récit, la "cuisine" boursière - ne cherchant d'ailleurs pas spécialement à faire oeuvre pédagogique en la matière. Arthur Dupont, bien que ne ressemblant pas physiquement à Kerviel, livre une bonne prestation - le casting ayant d'ailleurs, de façon globale, toutes les apparences de la crédibilité. Il reste que l'ennui gagne quand même, de place en place, en dépit de l'insertion d'une (courte) vie "privée" - Barratier est un bon faiseur, mais il lui manque une vraie patte d'auteur, qui aurait fait décoller son propos. Vers mieux qu'un récit explicitement quasi-hagiographique, et peu nuancé....