Mia Madre
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mazou31
mazou31

130 abonnés 1 361 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 décembre 2015
Une splendide leçon de vie et de cinéma. Dans une comédie dramatique foisonnante, Nanni Moretti restitue probablement ses propres émotions à la mort récente de sa mère et ses propres doutes de réalisateur – toutes les scènes de tournage sentent le vécu ! Son alter ego est l’extraordinaire (et peu connue en France) Margherita Buy qui nous chavire d’émotions sans mélo et nous fait aussi rire. Mais bien moins que Turturro, absolument hilarant, qui fait le contrepoint. C’est tendre, délicat, profondément humain. Ce savant et parfait mélange d’émotion, de drôlerie, de satire social “ à la Moretti ” constitue l’exemple absolu de ce qui est un grand film.
Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 060 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 septembre 2025
Bon. C'est toujours très embarrassant de ne pas avoir tripé sur un film que tout le monde a adulé. Parce que franchement ce Nanni Moretti... les acteurs sont tous bons c'est sur mais c'est quand même affreusement nombriliste cette histoire d'une cinéaste qui en plein tournage difficile se prépare à la mort de sa mère. Et puis les relations entre personnages sont mal traités et pas abouties. Point de vue mise en scène c'est assez mineur et du coup on comprend pas trop ou le cinéaste italien veut nous embarquer mise à part se raconter sur un moment de sa vie. Bref bof pour moi.
Henning P
Henning P

82 abonnés 280 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 décembre 2015
Ayant vécu une situation similaire, j'ai bien aimé ce film pour le côté réaliste des scènes entre la mère et ses enfants.
L'actrice principale Margeritha Buy joue parfaitement son rôle; celle d'une réalisatrice qui jusqu'à présent menait sa vie sans trop réfléchir mais qui face à la mort imminente de sa mère; se remet en question et s'aperçoit que la réalité est dure et qu'elle ne peut pas tout contrôler.

Le film qui alterne scènes à l'hôpital et scènes du tournage d'un film avec un acteur américain (génial John Turturro en acteur excessif), mélange une réalité dure et sombre (la maladie et la mort annoncée d'une mère) et une réalité plus légère (le tournage d'un film qui ne se passe pas aussi bien que le voudrait la réalisatrice).

Je comprends les personnes qui n'ont pas beaucoup aimé ce film car on se sait pas très bien comment l'appréhender, sur le ton de la comédie (avec les excès de Turturro) ou bien sur le ton du mélodrame (la maladie d'un être cher). Mais ce film me rappelle mon expérience personnelle et tous ceux qui ont connu un décès d'un parent pourront s'identifier aux personnages de la fille ou du fils qui appréhendent différemment la prochaine disparition de leur mère.

Un film à voir dans tous les cas. Et la verve italienne est toujours magique à écouter.

16/20
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 septembre 2025
Racontant la crise existentielle d’une réalisatrice aux prises avec la maladie de sa mère, la période adolescente de sa fille et les difficultés de son tournage. Une sorte de chronique familiale tendre et parfois même cocasse mais qui demeure au final parfaitement convenu.
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 décembre 2015
Puisant une fois de plus dans son expérience personnelle, Nanni Moretti livre avec "Mia Madre" un film touchant sur l'épreuve qu'est la perte d'une mère. Un sujet universel et pour une fois le cinéaste ne se donne pas le rôle principal, le laissant à Margherita Buy, tout à fait excellent dans ses doutes, ses crises et ses colères. Comme d'habitude, le cinéaste verse dans le subtil et laisse l'émotion naître à partir d'un rien, s'approchant d'une sensation de réel tout à fait admirable. Cela n'empêche tout de même pas l'ensemble d'être un brin longuet et de s'égarer un peu lors de certaines scènes, notamment à travers le personnage d'acteur américain fanfaron interprété par un irrésistible John Turturro mais qui ne semble pas vraiment trouver sa place dans cette histoire émouvante. Mais en même temps, sa présence permet au film de respirer un peu et de ne pas rester totalement centré sur cette épreuve subie par Marherita et son frère. Un film un peu bancal mais néanmoins très beau.
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 mai 2016
Voilà une possibilité éclatante de Palme d'or que les Coen ont injustement mis au banc, n'accordant pas le moindre prix. Après le truculent "Habemus Papam", l'irréprochable Nanni Moretti revient avec "Mia Madre". Cette fois-ci, le thème s'avère moins léger que la précédente production. Situé sur deux niveaux, nous avons en effet d'un côté le tournage d'un film social et de l'autre une mère qui se meurt. Avec "Mia Madre", le cinéaste parvient ainsi à conjuguer deux choses chères : son amour du cinéma et sa perception inégalable de l'intime. Le résultat est une puissance d'émotion sans pareille, porté par des acteurs au sommet, dont un guest en or joué par l'excellent John Turturro.
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 décembre 2015
"Mia Madre" résume à lui tout seul le grand mystère des délibérations des jurys à Cannes. Ce film est ressorti bredouille, alors qu'il brille de noblesse et d'intelligence. Nanni Moretti est un auteur terriblement subtil. On lui connaît des films très intimistes, très autocentrés, comme le fabuleux "La chambre du fils" qui restituait avec grâce l'horreur de la perte d'un enfant. Ici, le réalisateur mélange les histoires. A la manière du célèbre "La nuit américaine" de Truffaut, le film démarre sur une révolte ouvrière, qui n'est en fait que le tournage d'un film que Margherita dirige. Le théâtre des décors de cinéma disparaît très vite au profit du théâtre de la vraie vie, c'est-à-dire celle de cette femme qui doit affronter la décès probable de sa mère, malade du cœur. Margherita est sur le fil pendant tout le récit, au-delà de l'épreuve qu'elle traverse auprès de sa mère. En faisant des films, elle essaye de reconstruire sa propre existence et de redonner sens à ce qu'elle voit partir peu à peu, à l'image de son appartement qu'elle retrouve inondé en se levant un matin et qu'elle tente désespérément de vider avec un misérable seau et une serpillère. Moretti ne fait pas un film qui pleure. Il contemple ses personnages survivre aux drames de la vie, avec tact, respect et beauté. L'acteur américain que Margherita embauche pour son film, est touchant de drôlerie, mais aussi de fragilité et de tendresse. Car Moretti aime ses personnages. Il les plonge dans cet univers magique qu'est Rome, qu'on aperçoit à peine, comme si le réalisateur avait choisi de ne jamais en faire trop dans la démonstration des sentiments et des images. Il promène son spectateur du rire aux larmes, de la colère à la douceur, et tout cela dans un bain de musique, très simple, très pudique. On saluera le générique du début qui prend le temps de dérouler tous les techniciens et artistes qui ont contribué à la réalisation du film. Vraiment, Moretti est un homme qui aime le cinéma, ceux qui le font aussi, mais aussi, surtout ceux qui le regardent.
Fabien D
Fabien D

216 abonnés 1 270 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 décembre 2015
Le dernier film de Nani Moretti qui aurait largement mérité de figurer dans le palmarès du dernier festival de Cannes. Subtile et émouvant, cette œuvre sur la fin de vie réussit autant sur le tableau du mélodrame que sur celui de la comédie (John Turturro excellent en acteur mégalo). La mise en abyme fonctionne aussi très bien et les scènes sur le tournage du film de l'héroïne propose une réflexion pleine d'humour et de sensibilité sur le travail de cinéaste.On voit que Moretti a mis beaucoup de lui dans le personnage incarnée par Margherita Buy qui livre d'ailleurs une performance digne d'éloges Mortetti, en retrait en tant qu'acteur, incarne la voix de la raison et de l'acceptation. L'épure de la mise en scène, le refus du pathos donnent à Mia Madre une rare consistance. Le génie du réalisateur apparaît dans cette sobriété qui loin d'étouffer toute émotion, bouleverse encore plus. Beau et simple sans jamais être simpliste, Mia Madre est une réussite incontestable. L'excellente surprise de cette fin d'année.
brunocinoche
brunocinoche

137 abonnés 1 226 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 avril 2016
Nanni Moretti conjugue ici larmes et rires avec une aisance déconcertante. Son meilleur film depuis bien longtemps, d'une grande justesse. Sur un scénario très riche et très intelligent, Moretti nous parle de choses essentielles comme la perte d'un être cher, mais aussi comme le doute de ne pas être à la hauteur. Se réservant le rôle du fils, c'est surement le rôle de la sœur réalisatrice qui correspond le plus à lui. Outre un excellent scénario, "Mia madre" repose aussi sur 2 excellentes comédiennes italiennes peu connues en France et vraiment excellentes. N'oublions pas John Torturo, qui, en guest star américaine, nous réserve quelques scènes vraiment inoubliables en acteur insupportable. Ma Palme d'Or.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 895 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 décembre 2015
Une nouvelle fois Nanni Moretti a su m’émouvoir aux larmes.

Six mois après la disparition de ma propre mère, je m’attendais à vivre un retour en arrière, mais certainement pas à ce point. En fait, Moretti a su capter la profondeur des échanges et l’indicible fêlure qui s’installent de ces dernières semaines entre hospitalisation et retour à la maison. Pas besoin de long discours, quelques phrases échangées ou un simple contact physique vont suffire.

Sa ruse pour illustrer le rapport fusionnel du fils et de la mère, bien connu en Italie, est de mettre en avant la figure de la… sœur, qui plongée dans son travail, ne voit -pendant longtemps- rien venir. De même qu’elle n’a pas capté la déception amoureuse vécue par sa fille (la grand-mère a servi de confidente…pendant ce temps-là!), ou bien l’éloignement de son compagnon.

L’autre versant du film est une incursion au cœur du tournage d’un film et les tensions qui peuvent s’y déployer. Turturro , débarque en parfait acteur new-yorkais hâbleur et en fait sur le déclin. Margherita, la sœur, se démène pour faire jouer ses acteurs au plus près de la réalité, et en parallèle se retrouve à lutter pour donner un minimum de cohérence dans sa vie quotidienne. Tout cela peut faire penser à du Woody Allen à la sauce italienne! Un peu du style « Je me filme en train de filmer ma vie! ». Margherita Buy, l’actrice, demande à ses acteurs de « jouer à coté du personnage » et réalise que finalement elle rabâche une demande qu’elle ne peut pas expliquer, mais qui correspond probablement à ce qu’elle ressent lorsqu’elle vit sa propre vie. On t’a reconnu Nanni derrière ce faux-nez. Tu nous parles de ton métier.

Certes Mia Madre n’a pas la force dévastatrice et de Tout sur ma mère de Almodovar. Certes, je l’ai reçu avec une réceptivité toute subjective, mais ce film possède la chaleur d’une famille romaine, distille la joie de vivre quelques soient les difficultés et la peine de voir partir un proche. Il est tout bêtement très humain, et capable de saisir ces courts instants quand l’essentiel apparait à chacun d’entre nous au milieu de la course quotidienne contre le temps. Laissons-le vieillir après cette bonne première impression et nous pourrons juger si Moretti a fait mieux que dans La chambre du fils.
Décembre 15
Le film d'Ariane
Le film d'Ariane

87 abonnés 179 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 décembre 2015
Il m'aura donc fallu attendre le 14 décembre pour voir le plus beau film de l'année. Celui qui vous chavire le cœur, qui vous rappelle le jour où une personne tellement chère qu'il n'y a pas de mot pour le décrire, s'en est allée… Ou vous fait redouter celui où elle s'en ira. Moretti, comme souvent, a écrit un film sur mesure, à ceci près qu'il n'en interprète pas le rôle central. Margherita (Margherita Buy, magnifique) est une réalisatrice en plein tournage. Elle s'arrache les cheveux avec son acteur américain (John Turturro, irrésistible) qui joue comme une pelle, se prend la tête avec son ado de fille qui bloque sur le latin et surtout, veille chaque soir sa mère mourante à l'hôpital. Pas dur d'imaginer la part autobiographique de ce scénario en dentelles, sans pathos et pourtant bouleversant. Cette femme constamment sur la brèche, au bord de la crise de nerf quand elle n'y succombe pas tout à fait, affronte tant bien que mal le départ de cette mère tant aimée. Ces instants fragiles d'une stupéfiante véracité, ces secondes précieuses, ces frôlements de mains, ces larmes qu'on ne peut plus retenir malgré tous les efforts pour ne rien laisser paraître du chagrin ravageur sont observés et retranscrits avec une indicible finesse. Les bouffées d'angoisse, les cauchemars, les souvenirs qui submergent, les pensées mortifères et envahissantes s'abattent sur Margherita, heureusement soutenue par son frère, un homme adorable et parfait, donc légèrement agaçant. Le temps s'arrête, la Terre se dérobe, l'air manque parfois mais Moretti alternent intelligemment instants douloureux et scènes plus légères, voire franchement drôles (sur le tournage), pour que vous ne sortiez pas de la salle accablés. Courrez-y, c'est du grand cinéma.
ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 décembre 2015
Je suis une inconditionnelle de Nanni Moretti. Comment expliquer que j'ai eu, cette fois ci, du mal à rentrer dans le film. Parce qu'il n'en est pas le centre? Non, ça ne tient pas, cette interprétation. Parce qu'on a du mal à être en empathie avec celle, qui, justement, en est le centre? Oui, sans doute. Et ce n'est pas la faute de l'actrice, Margherita Buy, qui est formidable, et aurait assurément mérité de repartir de Cannes avec le prix d'interprétation féminine!

Oui, j'ai eu du mal à rentrer en connivence avec cette Margherita, réalisatrice d'un film sur les luttes sociales (vente d'usine, licenciement, occupation, etc, etc...), divorcée, amante désagréable (c'est l'amoureux du jour qui est licencié sans trop de préavis...), mère brusque.... mais fille exemplaire.

Les deux enfants, Margherita et Giovanni (le voilà notre Nanni! dans un rôle un peu flou de solitaire plutôt mal dans sa peau auquel il ne donne pas vraiment non plus une réelle couleur) sont confrontés à la disparition probable, prochaine de leur mère, dont le cœur est arrivé au bout du rouleau.... une mère (Guilia Lazzarini, magnifique actrice elle aussi!) dont on devine qu'elle a été une femme superbe, prof de latin farouchement attachée à la culture, mais aussi tellement vivante.... et elle va mourir. La mort des parents? On se retrouve devant le vide. Et cette mère, malgré ses moments de grande fatigue, elle est encore attachée à la vie. Comme toutes les personnes cultivées, elle trouvera toujours quelque chose qui l'intéresse et la retiendra...

Heureusement.... il y a Barry. Margherita a engagé un Américain pour jouer le rôle du mauvais patron, celui qui a racheté l'usine et licencie sans état d'âme.... spoiler: Et voilà, Barry appartient à l'abominable race des farceurs, vous savez, ceux qui après vous avoir mis dans un terrible embarras vous assènent de grandes claques dans le dos en s'écriant "Mais, j'rigole!" En plus il a la fâcheuse habitude de ne pas connaître son texte....
Bref, l'excellent John Turturro vient à point nous divertir.

J'aimerais être plus enthousiaste. Je me sens bête, pas vrai??
kevinsolstice
kevinsolstice

83 abonnés 1 931 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 janvier 2017
La forme y est, mais le fond aurait à mon sens mérité d'être creusé d'une autre manière . "Mia madre" est une longue rêverie mais qui, lorsqu'on se réveille, apporte peu de questionnements et une interprétation thématique déjà trop souvent vue. Je comprends cependant la raison de son énorme succès, contrairement à d'autre films
jaja77
jaja77

73 abonnés 1 326 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 décembre 2015
j'ai hésité plusieurs fois avant d'aller visionner ce film puis un un jour je me suis dit allez pourquoi voir un film qui soit différent dont qu'il sorte de l'ordinaire, un film d'auteur en fait.je pensais pas que j'allais à peu près l'apprécié. j'ai aimé le côté vie privée et famille qui est très touchants, triste mais avec de bons sentiments et des bouleversements. par contre j'ai moins apprécié le côté professionnel, en fait le personnage de" barry" de john turturro que j' ai trouvé plutôt mauvais il en fait de trop à mon goût, il a gâché cette partie de professionnalisme. sinon l'actrice principale joue parfaitement bien autant au milieu du travail qu' au milieu familial, avec bien sûr un " nanni moretti" irréprochable aussi bien en tant qu'acteur que réalisateur.
Charles R
Charles R

59 abonnés 424 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 janvier 2016
Ce n'est un secret pour personne que Nanni Moretti est un des maîtres de l'autofiction. Avec beaucoup d'intelligence et d'humour, il sait évoquer les drames les plus douloureux de l'existence et l'on n'est pas près d'oublier ce chef-d’œuvre absolu que représente "Caro diario". Avec "Mia madre", Nanni Moretti retrouve cette veine où il se montre toujours habile à décrire ses angoisses avec la distance nécessaire comme le fait de manière tout aussi habile notre cher Woody Allen. Ici il est question d'une femme cinéaste, admirablement incarnée par Margherita Buy, une star chez nos amis italiens, qui, en plein tournage d'un film à caractère social, est confrontée à des problèmes familiaux et surtout à la disparition annoncée de sa mère. Venant de rompre avec son mari, elle trouve le réconfort nécessaire auprès de son frère Giovanni incarné par Nanni Moretti en personne. Tous deux vont veiller la "madre" à l'hôpital, bientôt rejoints par la fille de Margherita (le prénom de l'actrice est aussi celui du personnage qu'elle incarne), une jeune adolescente que sa grand-mère va aider sur ses derniers jours à effectuer ses versions latines (la "madre" était professeur de Lettres Classiques comme du reste l'était la mère de Nanni Moretti). Et pendant tout cela, Margherita doit imposer ses volontés de mise en scène à toute une équipe et particulièrement à un acteur venu des USA, interprété par John Turturro, qui se montre borné, maladroit, hâbleur et finalement odieux. C'est précisément ce personnage digne des plus grandes réussites cinématographiques italiennes qui va donner au film sa coloration comique. Certes John Turturro en fait des tonnes, mais le rire est là pour compenser une émotion qui a du mal à se contenir. On retiendra précisément cet équilibre entre bouffonnerie et gravité comme la marque de fabrique de Nanni Moretti. Pour servir ce dessein, il fallait bien sûr des acteurs de tout premier plan : Margherita Buy pour laquelle on ne tarira pas d'éloges, mais aussi Nanni Moretti dont le jeu se fait exceptionnellement dense et Giulia Lazzarini, fameuse comédienne de théâtre, qui joue avec une profondeur et un naturel désarmants le rôle de la mère. Enfin mentionnons la très jeune Beatrice Mancini parfaitement à l'aise dans ce rôle d'adolescente qu'elle incarne avec une grande finesse. "Mia madre" est un film qu'il faut impérativement voir, mais attention ! il n'est pas dit que vous ne sortirez pas de la salle sans une larme au coin des yeux.
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