1741 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
202 critiques spectateurs
5
34 critiques
4
63 critiques
3
59 critiques
2
25 critiques
1
12 critiques
0
9 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Critik D
177 abonnés
1 103 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 21 janvier 2016
J'avoue être allée voir ce film, sans savoir ce que j'allais voir. Pour autant, j'avais beaucoup de motivation à le découvrir. Récompensé au dernier festival de Cannes, Mia Madre traite de la question de la maladie et du deuil sous toutes ses formes. J'ai eu beaucoup de mal à savoir quel sujet voulait vraiment traiter le réalisateur, plusieurs sujets ce mêle, celui du film de Margherita qui explique le chômage et les tensions en Italie au travers d'une usine racheté par un entrepreneur étranger. Et l'accompagnement d'une mère dans les derniers instants de sa vie, et ce que cet événement peut renvoyer. Malgré ce flou, on peut noter la belle réalisation de Nanni Moretti, l'intérêt du scénario de placer la construction d'un film dans un autre film (même si ce n'est pas la première fois) mais le reste est beaucoup sur la réserve. Je pense que le soucis de ce visionnage, c'est que des films traitant du deuil et de l'accompagnement de la maladie j'en ai visionné pas mal ses derniers temps, et ce film n'ajoute rien de nouveau sur la question. Je trouve qu'il ne creuse pas assez dans ses personnages (ou je n'ai pas compris les signes) et que les choses ont l'air de se passer simplement. Pour autant, ce n'est pas un mauvais film, on passe un bon moment et le casting est très plaisant.
Un peu déçu car j'ai été guidé vers ce film après avoir lu moult critiques dithyrambiques... J'avoue que je n'ai pas eu le même ressenti même si au final ce film est beau et que le jeu des acteurs principaux est fort. L'impression d'une fin bâclée et d'un réalisateur qui a trop vouloir partager une émotion manque un peu sa cible. J'ai vu ce long métrage juste après "Au delà des montagnes" et entre nous, il n'y a pas photo... Le film de Jia Zhang-Ke est largement plus abouti et, comment dire, plus authentique, plus vrai. Peut-être est-ce parce que ses acteurs "ne jouaient pas à côté de leur personnage" ? (ceux qui verront Mia Madre comprendront...ou pas.)
Réalité, fiction. Tout est lié. Margherita est à un tournant de sa vie. D’un côté sa mère est gravement malade et la comparaison avec son frère, exemplaire, est lourde à gérer. De l’autre, le film qu’elle est en train de réaliser ne se déroule pas comme prévu.
La nouvelle œuvre de Nanni Moretti n’a pas la veine comique et sulfureuse de son dernier long, Habemus Papam. Mais elle n’en demeure pas moins réussie à bien des égards. Comme ce parallèle entre la vie sociale de Margherita et sa conception du cinéma. Dans le scénario qu’elle a écrit, il est question de licenciement et de refus de se soumettre (thème cher au cinéaste). Il en est de même pour sa vie privée et son rapport à sa mère. La réalisatrice n’accepte pas la future mort de sa génitrice. À n’importe quel âge, la perte d’un parent signifie l’adieu à tous nos repères.
Cette sensation est surlignée par Moretti avec une pudeur déchirante, comme si la disparition de sa propre mère créé un douloureux écho à Mia Madre. Mais ce film n’est pas qu’une autobiographie sur un être en deuil. Humaniste et fin penseur de son époque, l’italien dresse un nouveau regard sur le cinéma d’aujourd’hui. Par l’intermédiaire du fantasque John Turturro, l’artiste mêle narcissisme et peurs inavouables avec un délicat mélange des genres. Car Mia Madre est un film qui ne ressemble à aucun autre, si ce n’est à tous ceux de Moretti lui-même.
Un film magnifique, d'une beauté presque insaisissable. Magnifique car d'une limpidité, d'une délicatesse et toujours d'une justesse exemplaires. C'est une véritable expérience cinématographique que d'assister au trouble croissant de Margherita (Margherita Buy), réalisatrice qui, à l'instar de son injonction aux acteurs de "rester à côté du personnage", se sent peu à peu assister au film de sa propre vie. Nanni Moretti rend avec une justesse infinie ce sentiment d'étrangeté au monde et la perte de contrôle qui s'ensuit. La subtilité des plans, l'intelligence toute suggestive des dialogues, mais également des scènes oniriques ambiguës nous suggèrent progressivement l'épuisement nerveux de Margherita. La combinaison de ces différents moyens permet quelques incursions dans la psychologie du personnage tout en maintenant le spectateur à une distance nécessaire. Le drame qui se joue sous nos yeux est de ceux qui ne se disent ni s'explicitent. Bien sûr, il est celui de la mort, de la difficulté de dire l'amour que l'on porte à nos proches, de l'impossibilité de leur dire au revoir, mais résumer le propos du film ainsi revient à casser le réseau subtil de scènes qu'il constitue: la rupture amoureuse de Margherita en début de film, les difficultés de sa fille Livia (Beatrice Mancini), l'amour du Latin et la curiosité de la mère mourante (Giulia Lazzarini), la gêne parfois perceptible entre la réalisatrice et son frère toujours droit et exemplaire (Nanni Moretti)... "Mia Madre" est en fait une interrogation autant qu'une célébration de la vie et de l'art, aussi vains que ceux-ci puissent sembler. La débâcle du tournage fait écho aux difficultés de la vie et de la mort et fait surgir sous l'impulsion d'un John Turturro irrésistible un humour grinçant, bienvenu et parfois tragique. La grande force du film est de savoir jongler avec les émotions contraires, justement parce qu'il résiste à la tentation de les accentuer ou d'y plonger le spectateur. Ce dernier est alors troublé, secoué et finalement ébloui par cette tranche de vie portée par des acteurs d'une sincérité et d'une finesse remarquables.
C’est un film qui raconte le basculement d’un monde ou toutes les certitudes sont bousculées : les manières d’être aux autres comme celles de l’engagement politique. Margherita (superbement interprétée par Margherita Buy et son frère (interprété par Nanni Moretti), affrontent la maladie de leur mère puis sa fin annoncée. Le frère a d’emblée changée de vie et laisse son travail pour s’occuper de sa mère et il aide sa sœur à affronter la perte de sa mère à laquelle elle ne veut croire comme il l’accompagne dans la remise en cause de ses certitudes. Le personnage important et dont Nanni Moretti se sert pour raconter ses propres questionnement est celui de Margherita qui est, comme lui réalisatrice. Elle tourne un film sur des ouvriers qui se battent pour conserver leur emploi après le rachat de leur usine par une entreprise américaine et elle essaye d’obtenir ce qu’elle veut du chef opérateur qui filme la violence de trop près comme si il y prenait plaisir et elle balance à une actrice qui ne comprend pas ce qui ne va pas dans son jeu qu’elle doit se tenir « à côté » de son personnage, phrase qu’elle répète tout comme d’autres qui sonnent non moins durement quand elle se sépare de son mari. Mais en parallèle à la mort de sa mère, se joue également celle de l’être qu’elle fut. Ses certitudes se lézardent et elle se met à douter que ce qu’elle pense être bon pour les ouvriers n’est peut-être pas ce dont ils ont besoin tout comme la conduite qu’elle impose à son mari, à ses acteurs et au plus déjanté de tous Barry un italo-américain qui joue le représentant des nouveaux propriétaires de l’usine, extraverti et mythomane qui n’ose dire que la maladie l’empêche de retenir son texte. C’est lui qui lors de la fête de fin de tournage en se lançant dans une danse endiablée lui redonnera le sourire marquant la fin de cette transformation de lui-même que Moretti nous donne à voir, dans ce sourire qui dit que l’écoute des autres est plus importante que les croyances que l’on croit juste et qui n’évoluent ni avec les êtres, ni avec le monde. Un très beau film qui vous empli de nostalgie, de la nostalgie du temps des certitudes partagées mais qui vous réconforte aussi qu’il n’en soit plus ainsi.
Au vu des critiques élogieuses, on attend beaucoup de "Mia Madre". Et l'on n'est pas déçu, pour peu que l'on ne craigne ni la lenteur, ni la subtilité et la sobriété des émotions. Moretti est, en cela, un peu un "anti-Maïwenn" et c'est bien cet art de mettre en sourdine les émotions qui les rend plus fortes. Il faut connaître un peu du contexte de l'oeuvre pour l'apprécier pleinement : Moretti filme une réalisatrice dont la mère, malade, est en train de mourir, soit exactement la situation qu'il a lui-même vécu au moment du tournage de "Habemus papam". Moretti transpose cette partie de sa vie à l'écran à travers un beau personnage féminin, et choisit de s'effacer dans un second rôle. Le résultat est incroyablement touchant. La première apparition de Moretti à l'écran est chargée d'une force et d'une intensité qui est tout sauf forcée. Le portrait de la réalisatrice est beau, sonne juste et peut sans doute parler à chacun. John Turturro est formidable dans un personnage d'acteur narcissique et loser. Et puis, au-delà de l'émotion, il faut le dire : "Mia madre" est aussi un film où l'on rit. Dans quelques scènes seulement, mais à coeur joie. En somme, Moretti n'en finit pas de nous conquérir.
Un film concentré (un peu trop ?), sur son sujet. Un bon Nanni Moretti, qui a trouvé un double féminin, tout en créant le bon décalage fictionnel qui est une des réussites du film. Les personnages de la grand-mére et de la petite-fille sont trés justes.
Ce n'est un secret pour personne que Nanni Moretti est un des maîtres de l'autofiction. Avec beaucoup d'intelligence et d'humour, il sait évoquer les drames les plus douloureux de l'existence et l'on n'est pas près d'oublier ce chef-d’œuvre absolu que représente "Caro diario". Avec "Mia madre", Nanni Moretti retrouve cette veine où il se montre toujours habile à décrire ses angoisses avec la distance nécessaire comme le fait de manière tout aussi habile notre cher Woody Allen. Ici il est question d'une femme cinéaste, admirablement incarnée par Margherita Buy, une star chez nos amis italiens, qui, en plein tournage d'un film à caractère social, est confrontée à des problèmes familiaux et surtout à la disparition annoncée de sa mère. Venant de rompre avec son mari, elle trouve le réconfort nécessaire auprès de son frère Giovanni incarné par Nanni Moretti en personne. Tous deux vont veiller la "madre" à l'hôpital, bientôt rejoints par la fille de Margherita (le prénom de l'actrice est aussi celui du personnage qu'elle incarne), une jeune adolescente que sa grand-mère va aider sur ses derniers jours à effectuer ses versions latines (la "madre" était professeur de Lettres Classiques comme du reste l'était la mère de Nanni Moretti). Et pendant tout cela, Margherita doit imposer ses volontés de mise en scène à toute une équipe et particulièrement à un acteur venu des USA, interprété par John Turturro, qui se montre borné, maladroit, hâbleur et finalement odieux. C'est précisément ce personnage digne des plus grandes réussites cinématographiques italiennes qui va donner au film sa coloration comique. Certes John Turturro en fait des tonnes, mais le rire est là pour compenser une émotion qui a du mal à se contenir. On retiendra précisément cet équilibre entre bouffonnerie et gravité comme la marque de fabrique de Nanni Moretti. Pour servir ce dessein, il fallait bien sûr des acteurs de tout premier plan : Margherita Buy pour laquelle on ne tarira pas d'éloges, mais aussi Nanni Moretti dont le jeu se fait exceptionnellement dense et Giulia Lazzarini, fameuse comédienne de théâtre, qui joue avec une profondeur et un naturel désarmants le rôle de la mère. Enfin mentionnons la très jeune Beatrice Mancini parfaitement à l'aise dans ce rôle d'adolescente qu'elle incarne avec une grande finesse. "Mia madre" est un film qu'il faut impérativement voir, mais attention ! il n'est pas dit que vous ne sortirez pas de la salle sans une larme au coin des yeux.
Margherita Buy émouvante , touchante , jouant le rôle d'une réalisatrice tourmentée entre le tournage de son film, la maladie de sa mère et l'échec scolaire de sa fille. Merci à Nanni Moretti de nous donner autant d émotions dans un film.
Vraiment déçu par ce film que je trouve beaucoup trop caricatural et les acteurs très mal dirigés. Pour ma part, l'émotion n'est pas au rendez-vous malgré le thème éprouvent... un comble.
Très bon film, tant au point de vue des images que du jeu d'acteur, mais curieusement, on s'ennuie un peu, on fini par perdre le fil du message de Moretti autour de la mère, de la relation aux autres, de la confusion entre fiction et réalité. Bref on est loin de la comédie annoncée au final. Dommage.
Sans hésitation, j'ai trouvé ce film à la hauteur des critiques élogieuses qui lui sont faites. Les acteurs sont brillants (Marguerita Muy est extraordinaire) et les personnages, réels, émouvants, drôles. Le film est d'un équilibre parfait, pas un mot de trop, pas une seconde ne manque, la musique est toujours admirablement utilisée, la langue italienne nous transporte et l'émotion, la peine et l'espoir nous gagnent sans effort, avec une simplicité et un naturel déconcertants. Si le film parfait n'existe pas, je ne vois pas comment un film semblable pourrait dépasser celui - ci.
je dois être très difficile mais j'ai trouvé ce film insensible. les acteurs jouent parfaitement bien mais le film est plat. en fin de compte il aurait dû durer 20 mn au maximum !!!! juste vers la fin. pratiquement tout le film n'a pas de vie.
La perspective de perdre un être cher, pensez-y. Nous l'avons tous vécu ou le vivrons un jour. Elle envahit tous les instants de notre vie, la déchire, la perturbe. Obsession, jusqu'au dernier soupir. C'est inévitable. Mia Madre traduit assez bien cela...