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Bertie Quincampoix
143 abonnés
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3,5
Publiée le 15 février 2018
Premier film mis en scène par Charlie Chaplin dans lequel il n'apparaissait pas lui-même, L'opinion publique (A woman of Paris) désorienta les spectateurs et fut un échec en salles. S'éloignant du burlesque pur, ce mélodrame raconte une histoire d'amour manquée dans le cadre du Paris des Années folles. Il constitue d'ailleurs un témoignage intéressant sur l'atmosphère de la ville à cette époque. Plusieurs très belle scènes.
Ce film a été un véritable échec à sa sortie, et s'il ne s'agit pas du meilleur Chaplin, il n'y a pas de quoi le bouder non plus. Le fait que Chaplin ne joue pas dedans n'est pas un souci en soi, le ton du film en est forcément changé mais cela permet de raconter autre chose. Car pour une fois, ce n'est pas la comédie qui est le ressort du film mais plutôt le drame. On retient surtout l'interprétation des personnages, bien moins théâtrale que d'habitude pour l'époque, un découpage rythmé, fait d'ellipses, ce qui permet de ne jamais s'ennuyer alors que c'était son premier métrage dans un format d'1h30. Surtout on ne peut qu'apprécier l'écriture des personnages, et Chaplin avait déjà tout compris car ces personnages ne sont pas manichéens, l’héroïne est partagée entre goût du luxe et amour, son amant n'est pas si mauvais qu'on peut le penser, et son amour de jeunesse n'est pas si bon que cela (sans ne rien dévoiler). Pas le meilleur film du monde, mains intéressant par ailleurs, jusque dans son message final, un peu naïf mais pas si faux que ça...
Le deuxième long métrage de Charles Chaplin est unique à bien des égards. C'est le premier film produit par la United Artist, société de distribution que Chaplin fonda pour prendre son indépendance vis à vis des grands studios. C'est aussi sa seule œuvre dénouée de tout ressort burlesque. C'est également un des seuls films où il ne tient pas un rôle important. C'est enfin un de ses rares échecs commerciaux (le public étant troublé par le ton résolument sombre de l'intrigue et l'absence de son acteur vedette). L'Opinion Publique tient donc une place tout à fait à part dans la filmographie de cet immense cinéaste. En réalisant ce pur drame sentimental, Chaplin prend ses spectateurs à contrepied et en profite, mine de rien, pour moderniser une nouvelle fois le septième art. Par le jeu des acteurs d'une part: beaucoup moins théâtral que ce qui se faisait à l'époque. Par la profondeur des personnages d'autre part: ni tout à fait bons, ni tout à fait mauvais ; simplement humains. Là encore, Chaplin est en avance sur son temps. Toutes ces qualités font de L'Opinion Public un film important malgré le passage du temps et un coté pathos qui déplaira à certains.
Peut-être pas la meilleure œuvre de Chaplin, mais certainement une pièce bien intéressante. On se retrouve dans le Paris du début du XXème où la luxure est partout. Et au milieu de tout ça, un triangle amoureux classique qui évoluera au cours de l'histoire. Chaplin manie décidément parfaitement les émotions : les larmes côtoient les rires.
Premier film où Charlie Chaplin ne se met pas en scène et qui n'est pas du tout à but comique, comme en témoigne cette pancarte avant le début du film où il précise qu'il je ne jouera pas dedans. Il nous raconte une histoire plutôt triste, deux jeunes qui s'aiment mais dont les parents ont d'autres projets pour eux, et qui sur un malentendu vont se séparer. Ils vont se revoir quelques temps après, à Paris où elle est maintenant la maitresse d'un riche homme. L'histoire peut paraitre banale, mais elle est très bien traitée, Chaplin rend son personnage principal très attachant et intéressant, cette femme qui va partir tristement pour Paris et dont on va voir le comportement évoluer tout le long du récit, tout comme lui, dont un malheur en a provoqué un autre et qui va être tout le temps à la recherche du temps perdu, ainsi que toute la galerie de personnages qu'il décrit et à travers qui il se livre à une analyse et étude psychologiques et sociales des mœurs, que ce soit à travers les parents ou ce riche amant à travers qui il décrit la vie mondaine Parisienne des années 1920. L'écriture est de qualités, en plus de cela il étudie le bonheur, la vengeance, le malheur, le cynisme dans cette fable pessimiste et intelligente. On notera aussi ces superbes notes de piano et en général une très bonne musique qui colle souvent bien au propos et permet de créer une atmosphère. Côté cinéma, Chaplin montre toutes ses qualités, sa belle mise en scène est impeccable et sa maitrise technique surprenante, que ce soit au niveau de l'utilisation du hors champs, les jeux d'ombres et de lumières... Et enfin, au delà de cette intelligence dans les propos, il arrive à rendre son film touchant et poignant. Les interprétations sont très bonnes et en premier lieu Adolphe Menjou et Edna Purviance. La photographie en noir et blanc est superbe et bien restaurée. Un film surprenant, qui fut un gros échec commercial à sa sortie, ce qui incité Chaplin à reprendre assez vite son rôle de vagabonds et surtout à apparaitre dans tous ses films et ce jusqu'à son dernier "La comtesse de Hong-Kong". C'est pourtant une réussite et Chaplin montre qu'il peut s'essayer dans des registres purement dramatique. Une belle et intelligente étude des mœurs, qui en plus se révèle touchante et intense.
C'est un film de Chaplin sans Chaplin (il assure la réalisation mais, pour la première fois, ne joue pas dans son film). C'est donc un film de Chaplin sans Charlot, sans ce personnage qui a fait la célébrité de l'acteur-réalisateur et qui drainait les foules dans les salles de cinéma. Star de Hollywood, cofondateur de United Artists, Chaplin jouissait en 1923 d'une liberté créatrice absolue. Il voulut en profiter pour montrer à tous qu'il était un grand réalisateur et qu'il pouvait passer au long-métrage (c'est son premier essai dans ce format) avec succès, sans son personnage fétiche et sans recours au burlesque, son registre de prédilection. Pari manqué. Le public, dérouté, n'a pas suivi. Ce pur mélo fut un échec commercial qui fâcha tellement son auteur qu'il en interdit, par la suite, sa rediffusion. Et ce, pendant plus de cinquante ans ! Chaplin revint à Charlot et au burlesque dès son film suivant, La Ruée vers l'or, qui fut l'un des plus gros succès financiers de l'époque... En découvrant L'Opinon publique quelques décennies après sa sortie, on se dit que le pari ambitieux du réalisateur n'a pourtant pas été complètement raté. Si la rencontre avec le public n'a pas eu lieu, Chaplin a bien prouvé ses qualités derrière la caméra, comme l'ont noté les critiques français d'alors. Utilisation fine du hors-champ, travail intelligent sur la lumière, narration elliptique et allusive... Autant de bonnes idées que l'on retrouvera notamment chez Lubitsch et Capra. Dommage, cependant, que le fond ne soit pas aussi inspiré que la forme. Cette histoire d'amour et de mort, accompagnée d'une petite critique des moeurs mondaines, est bien classique et chargée en pathos. Maîtrisée, élégante, certes, mais aussi convenue et très morale. La conclusion semble prôner un retour aux "vraies" valeurs (celles de la campagne, loin des lieux de perdition que sont les villes) et appuie l'idée que le bonheur ou la rédemption passe par le dévouement aux autres. Soit.
Pour son premier long métrage, Chaplin fait le double pari de ne pas conter une nouvelle aventure de Charlot et de réaliser un drame plutôt qu'une comédie. Le réalisateur a auparavant démontré que ses talents de metteur en scène ne reposent pas seulement sur une maitrise de la mécanique comique et a déjà, dans le Kid, conçu des séquences où le mélodrame l'emportait sur le rire. Artistiquement, Chaplin remporte son pari, notamment grâce à ses acteurs, dont Adolphe Manjou dans son premier grand rôle. Commercialement en revanche le pari est raté, le réalisateur Chaplin est encore trop indissociable de son personnage de vagabond aux yeux d'un public déçu par le film. Blessé par l'échec de l'Opinion publique, Chaplin en interdira l'exploitation pendant près de 40 ans.
Marie et Jean se sont vu refusé d'être ensemble par leur parent respectif, et suite à un malentendu, ne vont pu se revoir pendant quelque temps, a leur retrouvaille, Marie est la maîtresse d'un riche parisien tandis que Jean vie avec sa mère possessive ... Charles Chaplin réalise avec l'opinion publique un film qui se démarque de sa filmographie, car c'est un drame a part entière, ici pas de gag, et pas de son personnage dans son oeuvre pour se consacré uniquement à la réalisation, malheureusement, bien que ce dernier point soit réussit, sa personne manque énormement et film perd de son charme. Le premier quart d'heure est néanmoins très réussis et fait pensé a Frank Borzage ... mais ce drame n'est pas si touchant que ça malgré une belle et grande dénonciation des différence sociale et des choix du coeur. Chaplin signe ici un de ses film les plus pessimiste bien que l'ont reconnais largement la patte du realisateur.
Un film méconnu et auquel le cinéma actuel doit pourtant beaucoup, peut-être le vrai premier film réaliste, la première vraie comédie dramatique. Le savoir-faire de Chaplin réalisateur est encore plus visible dans ce film dans lequel il ne joue pas (hormis le premier caméo de réalisateur de l'histoire du cinéma et qui a donné à Hitchcock l'idée de faire pareil). 90 ans après, la vision du film nécessite de se replacer dans le contexte historique, sous peine de trouver ce film un peu banal ; il a de fait été imité des milliers de fois. Le jeu des acteurs, très sobre, et la musique, composée par Chaplin lui-même, sont d'autres points forts de pilier du 7ème art.
Un très beau film qui nous montre à quel point Chaplin pouvait être ambitieux artistiquement, à noter qu'il signe également la musique. Il nous rappelle également que Chaplin possédait un vrai regard critique exceptionnel sur le monde. Chapeau l' artiste.
Charles Chaplin réalise avec L'Opinion publique (1923), un drame sur fond de romance, dans lequel deux amoureux décident de s'enfuir pour s'unir. Titré à l'international A Woman of Paris (ce qui correspond mieux au film), Chaplin nous offre ici un très beau drame, se déroulant en France (très beaux décors reconstitués), avec d'excellentes prestations de la part des acteurs, avec l'habituelle Edna Purviance. Seule ombre au tableau, l'absence de Chaplin devant la caméra.
Charlie Chaplin change de registre avec ce très beau film sur la fatalité de la vie. Sans atteindre la densité et l'émotion de ses autres long-métrages (je pense en particuliers à Les Lumières dans la ville et aux Temps modernes) Chaplin met en scène avec beauté et grâce ce mélodrame tout en n'oubliant pas de mettre une pointe d'humour par moment. Il signe aussi une très belle musique qui accompagne à merveille ce film muet.