Après le décès de son père, c'est tout naturellement qu'Arnaud commence à travailler dans l'entreprise de bois familiale avec son frère et sa mère. Il croise la route de Madeleine, jeune femme dure, sportive, au visage souvent fermé. C'est une « survivaliste » : elle pense que l'humanité court à sa perte, et qu'il faut se préparer à survivre à tout ce qui peut arriver. Arnaud est fasciné (et attiré) par cette fille, et va la suivre à un camp d'entraînement de l'armée.
Ce premier film est une vraie réussite. C'est fin, bien écrit, souvent drôle (un humour de situation, assez fin, un peu absurde). Les acteurs sont formidables : Kevin Azaïs (Arnaud), parfaitement naturel, spontané, doux, un peu paumé et timide ; Adèle Haenel (Madeleine), dure, rugueuse, farouche, massive. Les acteurs ont un jeu un peu particulier, qu'ils ont sans doute travaillé avec Thomas Cailley. Un rythme, des intonations, une articulation un particulière, un peu haché et maladroite, qu'on ne voit pas souvent au cinéma, et qui peut donner l'impression qu'ils jouent un peu « faux », alors que ça ne fait que renforcer le naturel des personnages. Vous et moi ne parlons pas avec une articulation parfaite d'acteur, et eux non plus. C'est un peu surprenant mais c'est très réussi.