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Frederic Bessiere
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3,5
Publiée le 24 mai 2011
Film vu en dvd. Ce film est tourné peu après le départ mouvementé de son réalisateur des Etats-Unis et cela se voit. C'est moins une comédie qu'un réquisitoire sans concession d'un pays et de ses habitants. Le début du film est réellement une comédie où l'on retrouve ce sens incroyable du comique. Mais assez vite, le film glisse progressivement vers la satire et le spectateur commence à rire jaune. Lorsque Chaplin aborde la question du Maccarthysme, la gravité est belle est bien là. La dernière discussion entre le roi et cet enfant brisé par sa trahison est à cet égard un moment poignant. Un film remarquable d'intelligence et de tenue qui illustre bien le virage artistique de Charles Chaplin après la deuxième guerre mondiale.
J' avais peur de voir un film règlement de compte de la part d'un cinéaste aigri et en fin de carrière mais c'était sans compter sur le talent de Chaplin : il n'y a rien d'outrancier dans ce film, la critique est bien sentie.
Il s'agit d'un super film, à la fois drôle et cinglant, Chaplin y dénonce avec intelligence les dérives de "l'american way of life". Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde dans ce film que je ne connaissais absolument pas dans la filmographie de Chaplin : à voir!
Toutes les œuvres de Charlie Chaplin sont bâties à partir des composantes d’une critique sociale. Ici c’est notamment le maccarthisme qui est en jeu ainsi que la perversité des médias. Des sujets qui ont touché de près le légendaire cinéaste au point de l’amener à couper les ponts avec la société américaine. Ce n’est pas l’intérêt du contenu qui fait défaut dans Un roi à New York, mais la mixité des genres. Chaplin y trimbale quelques tics de son personnage de Charlot créé à l’ère du muet et cela détonne avec la facture plus moderne. Plusieurs mises en situation, qui auraient probablement été hilarantes en pantomime, perdent leur effet comique dans une dynamique de jeu plus réaliste et moins distancié. La séquence en cour qui montre Shadov en train de viser les membres du tribunal avec un boyau d’arrosage est lourde de sens et drôle en soi, mais dans l’univers où il est plongé, le spectateur se demande davantage qu’est-ce le réalisateur a bien pu fumer pour imaginer une telle scène. Comme si le clownesque y laissait de sa pertinence et de se son percutant en se trompant d’adresse. Il faut dire que la faiblesse du montage ne contribue pas à donner du rythme à l’histoire et du punch aux gags. En revoyant ce film 60 ans plus tard, on applaudit le message et le caractère dénonciateur de Chaplin que le temps n’avait pas réussi à modérer. On se lève de notre siège avec le désir de revoir ses chefs-d’œuvre et en réalisant à quel point le monde du troisième millénaire le manque royalement.