Timbuktu
Note moyenne
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jean l.
jean l.

177 abonnés 254 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 décembre 2014
chef d'oeuvre absolu
humour, poésie , drame , inventivité cinématographique
sans parler du contenu essentiel par les temps qui courrent!!!
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 12 décembre 2014
Bien loin de la presse quasi unanime, je me permets un contre courant. C'est loin d'être le chef d'oeuvre que j'attendais.
Le film est intéressant et montre, avec objectivité, les aberrations qui peuvent exister lorsque des fanatiques extrémistes sont au pouvoir. Très bien !
Mais Dieu que c'est long. C'est un docu-fiction non assumé, ou c'est une fiction mal scénarisée, voilà tout. On sent bien que le scénario est à cheval, c'est dommage car au final, c'est ni l'un ni l'autre.

Faut voir aussi qu'on est loin d'être dans une fourchette haute de budget de film, ça se sent (notamment au niveau des acteurs, dont certains sont pas vraiment au top).

Sinon, paysages magnifiques. Splendides. Mais ça suffit pas à rattraper le coup.
cinono1

365 abonnés 2 276 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 décembre 2014
Composé de saynètes, Timnuktu s'avère timide dans la description des événements survenus au Mali et manque probablement de personnages forts. Pour autant, le film est composé de plans assez magnifiques, s'avère subtil, tendre et utilise l'arme de l'humour pour se moquer des Djihadistes et tourner en dérision leurs comportements fondamentalistes, ce qui a peut-être plus de force qu'un long discours moralisateur et peut être mieux reçu... Ce parti-pris donne un éclairage poétique sur cette région du monde (ou comment l'imagination et le dialogue luttent contre l'obscurantisme à l'image de ce match de foot qui renvoie à une scène magnifique de Nicholson dans Vol Au Dessus d' Un Nid de Coucou, ou celui-ci commente un match devant un écran éteint). Subtil.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 11 décembre 2014
A partir de l’été 2012, il ne fait pas bon vivre à Tombouctou. La police djihadiste déboule en pick-up, avec kalachnikov et mégaphones, pour imposer la loi islamiste sur le nord Mali. Cigarettes, musique et football sont interdits aux hommes ! Voile, gants et chaussettes obligatoires pour les femmes ! Quelques kilomètres plus loin, dans les dunes de sable, la famille de Kidane peut se croire à l’abri de cette folie obscurantiste. Il est éleveur et vit sous la tente avec sa femme, leur fillette et un garçon vacher. Leurs visages sourient…

Dans Timbuktu, les deux histoires s’imbriquent pourtant, en passant d’une résistance à l’autre. A la ville et dans le désert. Une résistance incarnée par des femmes, fières et rebelles à cette charia aveugle qui ne correspond en rien à leur propre pratique religieuse. Le film multiplie les points de vue et mélange les genres. Même l’image des djihadistes est contrastée : ces extrémistes frustres et brutaux sont aussi des types grotesques, incapables de se dépêtrer des situations qu’ils provoquent ou de parler la langue de leurs « frères ».

Ces ruptures permettent de passer des scènes les plus dures : flagellation d’une jeune fille et lapidation d’un couple, à des représentations symboliques comme la poursuite de l’antilope que les djihadistes veulent « juste fatiguer » ; où l’affrontement « façon western » de Kidane avec un pêcheur qui a tué sa vache préférée, GPS ! D’autres scènes absolument magnifiques, comme la partie de foot sans ballon, montrent qu’à Timbuktu la réalité est vite rattrapée par la fiction. Devant la caméra d’Abderrahmane Sissako, la poésie et l’humour deviennent de magnifiques armes de résistance. Son film est incroyablement sensible et puissant.
ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 décembre 2014
Pourquoi ce film n'a t-il pas eu la Palme d'Or? Pourquoi? Pourquoi avoir récompensé le film turc, qui ne manquait pas de certaines beautés mais était aussi prétentieux et ampoulé? Donner, enfin, une palme à un réalisateur africain, cela aurait eu de l'allure....

Le film d'Abderrahmane Sissako, en dehors de la force de son contenu, est d'une telle beauté.... ces dunes blondes, ponctuées d'arbustes au vert grisé; ces paysages que le vent chargé de sable rend toujours imprécis, comme saupoudrés d'une fine couche de poudre d'or, un maki-e fait par la nature....

Et puis il y a la rivière, là où le drame va se nouer, si lente, si tranquille, avec ses longues barques d'où le pêcheur pose ses filets, une atmosphère toute de sérénité qui rappelle la grâce et l'harmonie de certains films vietnamiens. Comme ces troupeaux de vaches à bosse, aux longues cornes effilées, si élégantes.

Le film s'ouvre et se clôt sur l'image d'une gazelle, poursuivie par une horde en 4X4. Ils ne veulent même pas la tuer: ils s'amusent juste à la terroriser...

Et les gens aussi sont beaux! cette famille d'éleveurs touareg qui vit sous une tente, à l'écart du village, avec le petit berger, un orphelin (chez les touareg qui ont le sang chaud sous leur calme apparent, il semble qu'on meure jeune...). Kidane, le père (Ibrahim Ahmed); Satima, la mère (Toulou Kiki); Toya, la petite fille de douze ans (Layla Walet Mohamed). Oui, tous si beaux, avec la lente dignité de leur gestuelle, s'inscrivant si justes, si naturels dans le paysage.

Dans la ville bambara, l'atmosphère est différente, bien sûr; que de charme aussi dans ces ruelles tortueuses, entre les maisons de pisé. l'atmosphère devait être joyeuse, jusqu'au jour où débarquent les djihaddistes venus d'on ne sait où, qui s'auto-proclament maîtres de la ville. Plus de cigarettes, plus de musique, plus de football; les femmes doivent porter chaussettes et gants; les hommes, par contre, doivent retrousser leur pantalon au dessus des chevilles (?).

Ils résistent, comme ils peuvent, ils font front. La marchande de poisson tient tête: comment on peut vendre du poisson, hein, avec des gants? Les ados organisent une partie de foot mimée, sans ballon -un des moments magiques du film. Une jeune fille condamnée à cinquante coups de fouet pour avoir chanté tente, désespérément, de reprendre une chanson sous la douleur du supplice. Il y a aussi la Haitïenne (Kettly Noël) que fait elle là? qui se promène en robe bariolée et longue traine, des nœuds dans les cheveux à la place du voile, son coq sur l'épaule..... elle doit être un peu sorcière vaudou, car on ne la touche pas. La justesse, la personnalité, la vie de tous ces protagonistes sont magnifiques.

Jusqu'au jour où un couple adultère est enterré, jusqu'aux épaules, et lapidé.... où les fillettes sont contraintes à des mariages forcés avec des djihaddistes... L'iman local résiste, comme il peut -mais que peut-il? Le chef djihhadiste dit la loi, fait la loi, tant religieuse que civile.

Cette troupe est hétéroclite. Personne ne parle le tamascheq, en tous cas. L'un d'entre eux, qui veut une jeune fille, ne peut communiquer qu'en anglais... Les interprètes sont omniprésents. Et il y a même un français, Abdelkrim (Abel Jafri), hélas! Comment en est il arrivé là? Il semble qu'il ait été danseur, dans une autre vie... En tous cas, c'est l'élément douteux de la troupe; il fume en cachette et aimerait bien se faire Satima, mariée ou pas (décidemment, notre réputation de branleurs nous suit partout!).

On ne va pas vous raconter l'intrigue, naturellement; mais il faut insister sur le fait qu'en dehors du message politique qui met en lumière des faits récents, c'est un magnifique film, tout simplement. Ce n'est pas un documentaire: c'est du grand cinéma. Le film de la saison, en tous cas, c'est certain.
WutheringHeights
WutheringHeights

131 abonnés 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 décembre 2014
Avec des images de toute beauté et un sens précis du rythme et de la progression, Abderrahmane Sissako livre un film essentiel, politique et poétique.

LA SUITE :
Lunettes noires
Lunettes noires

32 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 décembre 2014
Le réalisateur a choisi de ne jamais montrer de faits purement brutaux et sanglants (à part un très court instant). D'ailleurs, il va dépeindre d'une manière remarquable, pendant la première moitié du film, les multiples bouleversements du quotidien auxquels doivent se soumettre les habitants : par exemple, ils leur est interdit de fumer, d'écouter de la musique, de s'assoir devant chez eux, etc…(!) sous peine de très lourdes sanctions : emprisonnement, coups de fouet, lapidations et j'en passe…

En même temps, il nous présente une famille vivant à l'écart de la ville, toujours souriante, heureuse, pleine de projets et semblant très éloignée des décisions idiotes mais toujours graves de ces On sent bien qu'un évènement tragique va arriver à cette famille bien trop heureuse. En effet, un tel environnement de violence physique et morale ne peut qu'engendrer un drame : on s'y attend.

La force du film n'est donc pas dans le scénario. Pour moi, elle réside dans les moments où on voit les Islamistes confrontés au ridicule de leurs revendications envers la population de Tombouctou (ils fument en se cachant, parlent entre-eux des grands footballeurs européens alors qu'ils interdisent le football, etc…)
la suite sur mon blog…
TTNOUGAT

701 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 décembre 2014
Le film est censé se passer durant les 10 mois d'occupation de la ville de Tombouctou par les djihadistes. Ce n'est pas un film ordinaire bien qu'il commence par la course d'une antilope dont nous aurons l'explication dans la scène finale. C'est un film extrêmement original par son traitement de la violence. C'est un film qui nécessite un grand courage pour tourner en dérision ces hommes qui actuellement terrorisent une partie du monde. Cela reste aussi du vrai et superbe cinéma, car une famille comme celle du Touareg est un rêve éveillé tant ils sont beaux tous les trois…Se laver ainsi les cheveux en plein soleil est digne de Hollywood. La mort de GPS qui fera perdre ses repères à la famille n'est pas traitée de façon réaliste et cela fait du bien en attendant les scènes très dures qui viendront plus tard. Sissako est un poète à sa manière, il y avait longtemps qu' une partie de football ne m'avait pas autant fait rêver…Qui a eut en fait cette idée dont la forme revient au réalisateur? Bravo. Tombouctou lui même impressionne et les dunes de sable qui l'entourent encore plus, ce n'est pas tous les jours que l'on contemple ces paysages car le temps ne nous est pas compté, c'est vraiment l'Afrique. J'espère que beaucoup de personnes iront le voir, on y parle bambara mais avec des sous titres cela ne devrait gêner personne. C'est un film profond qui fait des vrais habitants de Tombouctou des héros ordinaires et la leçon de vie, on la reçoit sans qu'elle nous soit imposée.
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 31 décembre 2014
Au contraire des nombreux éloges quasi-unanimes de la presse moutonnière, je n'ai vu dans Timbuktu qu'un petit film naïf et sympathique, à l'image bricolée, aux acteurs semi- professionnels, et au déroulé plutôt soporifique. La dénonciation de la bêtise et de la cruauté des extrémistes de l'Islam a déjà été montrée de façon autrement plus forte dans Syngue Sabour ou les Cerfs Volants de Kaboul, par exemple. On compatit certes aux malheurs des populations de Tombouctou envahies par des ignorants tout puissants, hypocrites et couards et on apprécie la démarche d'une description par petites touches où on laisse le spectateur se forger sa propre opinion. Mais la dimension artistique est plus que faible...Dommage!
islander29

1 028 abonnés 2 664 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 décembre 2014
Cela faisait longtemps que je n'avais vu un film africain aussi intéressant (il est vrai que la production africaine est trop rare).....Quant au film il a cette particularité d'être à la fois poétique et politique....Poétique par la beauté des images, des plans, des musiques, la lenteur des mouvements dans ce magnifique sahel supposé, le Mali (en fait le film a été tourné en Mauritanie)....Politique par la dénonciation évidente des djihadistes, (interdiction d'écouter de la musique, de jouer au foot, d'être en couple) et les sanctions horribles qui vont avec (lapidation, fouet, charia, etc....).....Contrairement à ce qu'on pourrait croire , les images sont plus suggérées et rarement violentes, l'atmosphère est douce, avec une lumière et un soleil toujours présents et qui filtrent l'action du film......C'est un film à la fois pénétrant et didactique, une communion africaine qui doit nous inquiéter quant au monde où nous vivons..... à voir si possible.....
crapouillot
crapouillot

7 abonnés 50 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 décembre 2014
Un film très explicite sur les violences des islamistes, mais avec beaucoup de pudeur et sans complaisance. L'absurdité et l'hypocrisie de ces musulmans qui châtient corporellement pour un chant au nom de la tradition, mais qui fument en cachette et usent des nouvelles technologies. Des fanatiques qui croient à peine aux règles qu'ils imposent de force. de belles images, jeu d'acteurs juste. Incontournable dans le rare cinéma africain.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 décembre 2014
Pas parfait, pas un chef d'œuvre non plus mais tellement tellement sincère que tout est beau...
et quelques scènes magiques comme ce match de foot chorégraphié et exceptionnel.
Une vision interne au travers d'un petit village, enfin un point de vue intéressant.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 décembre 2014
Encensé par la presse francophone lors du dernier Festival de Cannes (et curieusement pas du tout par la presse anglophone) Timbuktu est un film surprenant et attachant.

Vu son sujet, je craignais principalement deux choses : une démonstration lourdaude et un misérabilisme social. Le film surprend totalement de ce point de vue dès son ouverture par la qualité somptueuse de ces images, son humour piquant et léger, sa joie de vivre communicative.

Abderrahmane Sissako fit preuve d'une intelligence peu commune en montrant dans un premier temps les islamistes comme des pieds nickelés un peu ridicules. L'enchaînement des scènes drôles enchantent le spectateur : l'islamiste qui drague, celui qui fume et qui danse, la marchande de poisson et les gants, la musique introuvable, la partie d'airfootball, les remontrances du vieil imam...

On pressent les failles béantes qui vont fissurer le film dans sa deuxième partie, explosant comme des bombes d'avilissement successif. Le film montre en chemin beaucoup de choses, par exemple le fait que les envahisseurs sont étrangers aux coutumes du pays.

Timbuktu a des airs de conte, oscillant de l'humour le plus franc (extraordinaire confession du rappeur) à la cruauté la plus sombre (la lapidation).

Je lui reproche juste une fin un peu décousue et certains rares moment de naïveté, heureusement compensé par une photographie sublime.

Aux 1000 critiques :
Philippe C
Philippe C

126 abonnés 1 188 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 décembre 2014
Intéressant que ce film sorte alors que le dernier de nos otages au Sahel vient d'être libéré...Ce film mérite d'être vu, car il dénonce sans complaisance le comportement des Djihadistes lors de leur occupation de Tombouctou ; application de la charia : fouet, lapidation, interdiction de loisirs, obligations dans les comportements et les tenues. Une paisible famille d'éleveurs de vaches et chèvres va en faire les frais après que le chef de famille a accidentellement tué au cours d'une dispute le pêcheur qui avait abattu sa vache alors qu'elle risquait de détruire ses filets. Alternant les scènes de vie quotidienne des maliens, celles montrant les comportements parfois inspirés par la foi, parfois naïfs, voire opportuniste des exaltés et des scènes brèves de grandes violence, le film se déroule sur fond de paysages magnifiques et bien filmés, de traditions bien ancrées et est mu par une sorte de distance poétique qui lui donne sa force. Et aussi de l'humour, comme la vache nommée GPS ou la partie de foot sans ballon, car ce sport est interdit, sans compter la sorcière marabout un peu folle que finalement les djihadistes n'importunent pas, même si elle ne respecte pas leurs principes.
Malheureusement, c'est parfois un peu haché ou décousu et certains acteurs ne jouent pas très bien. je pense que c'est ce qui lui a coûté une palme lors du dernière festival de cannes
Olivier Barlet
Olivier Barlet

329 abonnés 434 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 décembre 2014
(...) Sans jamais renier sa condamnation de l'extrémisme, Abderrahmane Sissako dialogue par le cinéma - avec la même fermeté mais aussi la même dignité que le sage imam de la mosquée de Tombouctou - avec ceux qui exercent leur terrible répression. Sa dérision tragicomique n'est pas manque de respect mais lucide état des choses. Il s'engage et nous engage pour une vision humaniste forcément plus complexe que les raccourcis médiatiques. Timbuktu, le chagrin des oiseaux, ce film au si beau titre, est à la fois hommage aux souffrances et aux morts et célébration de la résistance des vivants. Seul un cinéaste de grand talent pouvait réussir ce pari de leur rendre un visage dans une telle cohérence et avec une telle sensibilité.
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