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2,0
Publiée le 5 juin 2015
Je m'attendais à plus d'originalité, car au final, on a un jeune homme qui va à l'école, qui a une copine et qui doit bosser pour envoyer de l'argent à sa famille en Inde, ce n'est pas le premier à travailler en même temps qu'il fait ses études. Il y a d'autres thèmes qui sont abordés, mais l'ensemble fait trop déjà vu puis surtout le film manque vraiment de rythme.
Diplômé de la section réalisation de la Fémis, Cyprien Vial a réalisé 4 court-métrages avant de se lancer dans son premier long métrage. C’est en animant des ateliers de vidéo et de cinéma dans un collège de Pantin que, petit à petit, a germé en lui la matière de ce qui allait devenir le scénario de Bébé Tigre. Arrivé en France depuis le Penjab à l’âge de 15 ans, Many fait partie d’une catégorie d’immigrés qu’on connaît peu, les mineurs isolés étrangers. Many doit envoyer de l’argent à ses parents, restés au Pendjab, ne serait-ce que pour rembourser la dette qu’ils ont contractée pour l’envoyer vers la France de façon illégale. Mais en France, les enfants ne travaillent pas ! Il lui faut donc continuer à travailler au collège tout en accumulant le plus possible de petits boulots, obtenus auprès de Kamal, le dernier maillon de la chaîne mafieuse qui a organisé son passage. Des petits boulots qu’il lui faut bien sûr cacher à sa famille d’accueil et à son éducateur. Many est donc sous la coupe de 4 autorités : ses parents, la famille d’accueil, les autorités républicaines et Kamal. En même temps, Many est un adolescent de 17 ans, qui a besoin de s’amuser et qui fait sa première rencontre avec l’amour. C’est ce portrait de l’adolescence, cette période de la vie où on est à la fois très seul et très entouré, que réussit excellemment Cyprien Vial. Une adolescence qui conduit à un passage à la position d’adulte et à des décisions qui, parfois, sont particulièrement difficiles à prendre. A la fin du film, il est probable que le spectateur en arrive à conclure que notre pays ne peut que s’enrichir en accueillant de telles personnalités, à la fois fortes et courageuses.
Bébé Tigre raconte l’histoire en France d’un mineur immigré du Pendjab. Joué par un jeune acteur très compétent, l’adolescent s’insère comme n’importe qui avec ses amis, sa copine et ses coups de gueules. Cependant il est partagé entre deux autorités, celle de ses parents restés au pays et qui attendent de l’argent et celle de l’Etat français qui interdit les mineurs à travailler. Cyprien Vial soulève donc des questions sur la situation de ces jeunes enfants. Mais Bébé Tigre dérange un peu. Le personnage est incroyablement mature et ses choix n’en sont que plus assumés. Le film se créer donc une barrière de précocité. Bébé Tigre est un film d’espoir qui ne froissera pas grand monde. Les enjeux politiques ne sont pas abordés, c’est une fiction avant tout. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Bébé tigre s’intéresse ainsi au parcours d’un jeune immigré indien dans notre pays et sur lequel pèsent de lourdes responsabilités familiales. L’histoire nous est plus que familière ; notre héros devant à tout prix aider les siens, cherche à se faire du fric quitte à côtoyer les mauvaises personnes. Si ce scénario n’arrive en aucun cas à se démarquer, on apprécie par contre l’interprétation de l’ensemble d’un casting rafraichissant à commencer par un Harmandeep Palminder qui réussit une belle prestation pour son tout premier rôle. Un premier long-métrage engagé et plutôt réussi pour notre pote Cyprien Vial toutefois sans se montrer exceptionnel.
1er film reussi! des acteurs debutants tres bons et une histoire contemporaine originale et interressante! on n'a pas toute les clés, on est un peu perdu parfois mais on se retrouve ainsi reellement dans le ressentit de cet adolescent qui doit faire des choix dans l'urgence
"Bébé tigre" de Cyprien Vial, sorti le 15 janvier, a reçu moins d'éloges que "Bande de filles" Pourtant les deux films ont des points communs : ils traitent de la difficile intégration d’adolescents des banlieues à la société française. Et le second le fait avec autant sinon plus de réussite que le premier. Là où "Bandes de filles" explorait le sillon confortable des jeunes blacks de la seconde génération, "Bébé tigre" documente un sujet méconnu : les filières indiennes d'immigration illégale. Many, alias Bébé tigre, est un jeune Sikh du Penjab arrivé mineur en France. Son voyage a été payé par sa famille à un réseau de passeurs. Mis sous statut de mineur étranger isolé, il a été placé dans une famille d'accueil et scolarisé. Il parle désormais couramment le français, a de bons résultats scolaires et même une petite amie. Mais il lui faut travailler pour envoyer de l'argent à ses parents et rembourser ses passeurs. Le documentaire prend alors des airs de tragédie grecque. Tiraillé entre deux injonctions contradictoires, la fidélité aux siens d'une part, la dette à sa terre d'accueil de l'autre, Many va devoir faire un choix cornélien.
Pour son premier long-métrage, Cyprien Vial s'est attaqué à un sujet de société : la traite des enfants indiens envoyés clandestinement en France. Un film politique qui sait se faire léger et qui rattrape ses maladresses par une interprétation impeccable. (...) Prenant le soin de n'être pas trop manichéen, le film séduit, en dépit de la fragilité de la mise en scène.
A 17 ans, Many, mène sa vie sur des plans mutilples lesquels s’entrecroisent parfois (scolaire, amoureux, amical, religieux, professionnel). Il a de plus la lourde responsabilité de devoir envoyer clandestinement de l’argent à ses parents restés au Penjab. Les structures françaises pour mineurs étrangers isolés lui viennent efficacement en aide : classe d’intégration, éducateur, famille d’accueil, juge des enfants. Mais il fréquente le réseau du passeur, aussi employeur au noir.
J’ai trouvé ce film excellent et très bien interprété par Harmandeep Palminder. Celui-ci, avec profondeur et intelligence, quitte à souvent mentir, est obligé de faire preuve de maturité pour trouver sa place et rester solide dans ce contexte si complexe.
Le film a un ton juste, un souci d’objectivité sans jamais sacrifier l’émotion.
Je le conseille vivement, je l’ai trouvé bien plus réaliste et mieux fait que « Samba » qui traitait un thème semblable.
Remarquable premier film, qui tout en nous racontant les aventures d'un jeune du nord de l'Inde (un sikh du Penjab, mais sans son chignon) nous donne à voir un aspect de l'immigration peu connu et très instructif. c'est très bien joué, et cela rejoint une gamme de films sur l'immigration et les banlieues (Bandes de filles, eastern boys, Les héritiers, etc.) qui sont bien loin des clichés sur le cinéma "français" prise de tête! Mais le clichés ont la vie dure. A voir absolument, et de plus c'est passionnant
Acteurs amateurs, mono-expressifs. Le scénario est incompréhensible (peut-être trop de sujets traités). Pas d'action, mal filmé, trop cliché, et surtout super ennuyant.
Un film à la mise en scène sobre mais qui sonne juste et n'est pas dénué d'émotions. Dans un style qui s'approche parfois du documentaire, sans acteurs connus et sans porter de jugements, le réalisateur fait découvrir aux spectateurs les dessous de l'immigration clandestine au travers des yeux d'un ado dont le passage progressif à l'âge adulte est très bien montré et touchant.
Arrivé en France via les filières clandestines, Many, garçon de 15 ans, originaire du Pendjab, à l'est de l'Inde, va devoir s'adapter à une nouvelle société en ne perdant pas de vue qu'il doit aider financièrement sa famille au pays. Bébé tigre est un film convaincant dans sa construction, qui évite une trop grand linéarité, et par son ton, bienveillant vis à vis de de son jeune héros, exprimant la dureté de son apprentissage et surtout de ses choix sans pathos mais avec un réalisme quasi documentaire. La caméra de Cyprien Vial ne quitte pratiquement jamais Many, interprété de façon remarquable par Harmandeep Palminder, à l'école, dans sa famille d'accueil, dans sa quête d'argent à travers le travail au noir. Le film est à l'image de Many, volontariste et dynamique malgré les menaces qui planent, à commencer par celle d'être expulsé au moment de sa majorité. Les reproches principaux sont peut-être son manque d'ambition dans la mise en scène et un scénario qui s'attache plus à un destin individuel qu'à une réflexion plus large sur l'immigration de mineurs en France. Mais c'est un premier long-métrage plus qu'encourageant par ses partis pris et son sujet original.
Le film décrit le tiraillement permanent d'un très jeune immigré, entre intégration parfaite et lente descente dans la grande délinquance. La fin du film correspond au moment du grand écart qui n'est plus possible. Les yeux de notre héros, tout en clignements latéraux, illustrent parfaitement ce tiraillement et les hésitations récurrentes. C'est original et les jeunes acteurs sont épatants. Je classerais le film en thriller psychologique. Cyprien Vial réussit un très bon premier long métrage.
Venant du Pendjab, Many est entré en France à l'âge de 15 ans seulement, aidé, pour ce faire, par des passeurs qui, bien sûr, se sont fait grassement payer. Comme il s'agit d'un mineur, il n'est pas question de le renvoyer dans son pays. L'Etat français prend en charge le garçon, lui attribue une famille d'accueil ainsi qu'un éducateur chargé de son suivi intellectuel et moral. spoiler: Deux ans plus tard, à 17 ans, Many semble être un adolescent équilibré, studieux, désireux de réussir en se formant et en décrochant un bon emploi, ce qui pourrait aboutir à sa nationalisation. Mais ces apparences cachent des difficultés, des secrets que le garçon s'ingénie à dissimuler autant que faire se peut tant à sa famille d'accueil qu'à son éducateur. La vérité, c'est que les parents de Many se sont lourdement endettés pour le faire venir en France et qu'ils attendent désormais et sans retard, de sa part, un retour sonnant et trébuchant. Son père, avec qui il a l'occasion de parler au téléphone, le lui répète: "Le fils de nos voisins, qui est à Londres, leur envoie régulièrement de grosses sommes d'argent! Et toi?"
Many est sous pression: il se doit de secourir ses parents et donc de mentir à son éducateur qui lui a, bien sûr, interdit de recourir à tout travail au noir. Il lui faut de l'argent, de plus en plus d'argent, ce dont profite éhontément un caïd local pour qui l'exploitation de jeunes gens comme Many est une aubaine. Many, lui, voudrait garder sa fierté, non seulement au regard de sa famille restée en Inde, mais aussi de ceux qu'ils fréquentent en France et qui comptent à ses yeux: sa famille d'accueil et la jeune fille dont il s'est épris, tout particulièrement. Mais comment faire quand on est contraint de mentir, de dissimuler une grande part de sa vie et de ses activités? L'adolescent supportera-t-il cette pression sans réagir, sans montrer ses griffes (comme le suggère le titre du film)?
Très documenté, ce premier long-métrage de Cyprien Vial, bien que n'ayant manifestement bénéficié que d'un petit budget, est une réussite à tout point de vue: le sujet sans aucun doute, mais également la mise en scène à la fois précise et nerveuse, ainsi que le choix et la direction d'acteurs. Un film remarquable et prometteur. 8/10