Grand défi relevé par un cinéaste, et honnêtement le résultat dépasse toutes les espérances concevables. Une mention spéciale à Shelley Winters qui est absolument parfaite dans son rôle de femme méprisée, qui le sait mais ne peut absolument pas lutter, jusqu'à ce qu'elle comprenne la vérité. Ce film montre selon moi à merveille les dures réalités des passions amoureuses : très rarement réciproques. En effet, aucun personnage n'aime et n'est aimé en retour, d'où sa force, sa puissance dramatique, sa profonde vérité également. L'histoire de base serait encore à ce jour dérangeante, mais combien d'histoires le sont, sans que nous le sachions ? Nabokov et Kubrick ont choisi des bourgeois moyens de l'Amérique des années 50 pour démontrer que cela peut arriver n'importe où, dans n'importe quel contexte. Et que la passion amoureuse rend souvent mauvais. En effet, Mme Haze, sentant que Humbert ne va pas rester, n'hésite t-elle pas à lui montrer son jardin, où sa ravissante fille se tient court vêtue, car au fond elle sent obscurément que c'est peut-être sa dernière chance pour qu'il reste ? Jusqu'où Humbert ne tombe t-il pas pour assouvir sa propre passion, pour garder Lolita même au prix d'une forme d'incarcération qu'il lui fait subir pour que personne ne vienne la lui prendre ? Quilty est le seul, au fond, à ne pas être le jouet de ses désirs : il est tellement habitué à faire absolument tout ce qu'il veut qu'il peut se détacher de son envie du moment comme il s'y est attaché. Pour finir, je soulignerai la belle coordination dans chaque scène entre les personnages qui vient subtilement montrer au spectateur ce qui se passe vraiment, sans que les personnages aient la moindre chance, perdus au fond de leur aveuglement, de voir quoi que ce soit. Néanmoins une fin explicative de Lolita un peu surprenante, presque facile. Comme elle fut manipulée aussi de son coté, comment savait-elle tout cela ? C'est une légère fausse note dans un grand film précurseur.
Un classique du Cinéma, il est vraiment dommage de noter que cette reprise ne soit pas mieux distribuée en salle...Une copie en France, c'est un peu misérable je trouve!
Je n'avais pas vu ce film, et j'ai eu le plaisir de découvrir la reprise sur grand écran. Comme je ne connais pas l'oeuvre russe, je me suis demandé pendant un bon moment si il y avait vraiment une relation charnelle entre Humbert et Lolita... Il traite d'un amour impossible, tragique car dans un seul sens, puisque une fois lolita mariée et mère, Humbert est toujours amoureux... Et semble toujours autant perdus. L'humour noir est présent et subtile, comme la discussion dans la voiture du chat écrasé où le coup de téléphone lors de l'accident. Mais aussi plus évident comme le lit pliant.
Film tout en subtilité sur un sujet difficile : "amour entre un enfant et un adulte..". Les acteurs sont fantastiques, surtout la petite Sue Lyon. Pas le plus grand Kubrick, car un peu trop long par moment mais un très bon film avec une lumière magnifique.
La mise en scène est assez classique, le film vaut surtout pour l'histoire de Nabokov qui joue sur le fil du rasoir. Humbert Humbert est un personnage mythique et ambigu à souhait. Je trouve que Peter Sellers en fait des tonnes, reste un scénario passionnant.
La scène d'introduction offre à Stanley Kubrick une structure narrative au sein de laquelle placer la relation ambigüe entre Humbert et Lolita. Le maître braque son objectif sur la jeune fille, il en fait l'obsession du héros, l'objet de son affection plus que de son désir (Kubrick et Harris ayant volontairement retiré le côté érotique du roman de Nabokov pour évitez la censure), à tel point qu'on ne voit plus les personnages secondaires. Un film décisif dans la carrière de Kubrick, qui filme ici le thème du double et des deux hommes se battant pour la même femme (Clare Quilby, double et rival de Humbert), et qui allait lui offrir son indépendance vis-à-vis de la communauté cinématographique.
Un film brillant, trés bien réalisé qui nous montre l'amour fou d'un homme pour une jeune femme qui est pret a tout pour la garder auprés de lui ce qui finira par le mener à sa perte. Un excelent film de Stanley Kubrick.
Peut être un peu vieilli et un peu long, mais l'histoire en elle même est captivante jusqu'au bout. Peter Seller est très bon mais pas assez présent. En tout cas, le film m'a vraiment donné envie de découvrir le livre que beaucoup décrivent comme excellent.
Un homme d'âge mûr s'éprend d'une jeune adolescente et va jusqu'à épouser sa mère pour l'approcher. Mélange de satyre sociale et de tragédie sentimentale, teinté d'humour noir, "Lolita" choqua beaucoup en 1962 de par son histoire d'amour très peu conventionnelle et la remise en question des bonnes moeurs. James Mason y est impeccable face à une envoutante Sue Lyon et à un Peter Sellers survolté, néanmoins la réalisation de Kubrick se veut un peu sage par moment, très loin des chefs-d'oeuvres qu'il pondra par la suite. Mais "Lolita" demeure un très bon film dont le sujet reste d'actualité.
Venant de s'exiler en Angleterre, Kubrick adapte en 1962 le livre très polémique Lolita de Vladimir Nabokov, qui raconte une histoire incestueuse et malsaine entre un homme quarantenaire et une jeune fille (de 12 ans dans le livre). Malheureusement, nous ne pouvons apprécier le film comme à l’époque de sa sortie, car les tabous ont bien changés et rien ne nous semble choquant dans ce que nous voyons. Par contre, certaines ellipses, certains non-dits, suggérant des relations charnelles, mettent mal à l’aise à elles seules. Connaissant Kubrick (cf. la nudité dans Eyes Wide Shut, etc), on se doute qu’il a voulu aller plus loin, mais la censure l’en a empêché. Sur ce point, il est donc difficile de juger le film, qui a probablement perdu de son impact. De plus, Lolita est une œuvre inégale : dans l’ensemble il est réussi, tant du côté de la mise en scène que du jeu de James Mason et Peter Sellers. Un film qui alterne entre drame et ironie, et qui démarre sur les chapeaux de roue avec une première scène excellente. La suite est parsemée de quelques bons passages (comme les apparitions de Peter Sellers, surtout celle en psy (annonçant le Dr Folamour)), mais le tout souffre de quelques longueurs et nous laisse partagé, mitigé, sur notre faim.
EN BREF, le côté sulfureux s’est apparemment amoindri avec le temps, laissant un assez bon film mais inégal.
L'histoire de Nabokov est envoutante. Le point de vue adopté est dérangeant mais le personnage attachant. La réalisation est évidemment parfaite. En revanche le casting ne m'a pas forcément convaincue...
Un film dérangeant, dont le sujet est traité sans voyeurisme. Peter Sellers est exceptionnel. Que "lolita" soit devenu un phénomène de mode prouve que beaucoup n'ont pas vu ce film ou n'ont rien compris.
Ce film de Kubrick, qui se base principalement sur la psychologie des personnages, est boulversant. Un professeur de litterature s'installe chez une femme excentrique le temps d'y écrire et d'étudier. Il tombe fou amoureux de sa fille, Lolita, et décide d'épouser sa mère, qu'il ne supporte pas, afin d'être toujours proche de l'adolescente. Ce film traite des rapports interdits voire incestueux qu'il peut y avoir entre des adultes et des enfants. Le tout est malheureusement un peu long, mais la mise en scène et les acteurs sont excellents. A voir.