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helioo
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3,5
Publiée le 5 août 2026
Kubrick s'en tient à un scénario qui ficelle astucieusement l'ensemble des péripéties du roman, pour aboutir sur ce très long métrage qui respecte scrupuleusement tant l'intrigue que les personnages de l'œuvre originale, qui sont tous remarquablement interprétés. De même, on ne peut que saluer la périlleuse méticulosité avec laquelle Kubrick imbibe ses personnages du même "flaubertisme" qui imbibe Humbert et Nabokov : c'est sans doute là que Kubrick a le plus brillé dans son film, en réussissant à faire ressortir en Humbert le narrateur aussi bien que le personnage, chose difficile au cinéma.
Toutefois, si le scénario arrive effectivement à si bien ficeller toutes ces péripéties, c'est au détriment de tout ce qui n'est pas péripétie dans l'œuvre (c'est-à-dire les trois quarts). Quand on connaît le texte original, c'est pas grave et c'est même amusant de déceler les pensées de Humbert sous ses expressions faciales si délicatement mimées par James Mason. Mais le traitement de Lolita est bien plus pauvre : d'abord on la voit finalement assez peu, et quand on la voit la réalisation est bien trop chaste pour ce qui se passe dans l'esprit de Humbert – si l'absence totale de sexe est parfaitement appropriée et fidèle à Nabokov, l'absence presque aussi totale de sensualité est bien plus regrettable. Or, cette absence de sensualité, si elle se veut déplacer la focale sur le seul personnage de Humbert, ou au contraire l'élargir à une scène plus grande (ce que l'on voit aux remaniements plus ou moins habiles du scénario), fait par trop pâtir l'intérêt des deux personnages principaux, au profit d'un Quilty antagonisé jusqu'à la limite du contre-sens : la paranoïa de Humbert est assez bien rendue mais sans subtilité aucune.
Je ne veux pas fonder la critique sur la comparaison avec le livre : d'un côté, ça se regarde mieux si on ne sait pas ce qu'on manque, de l'autre si on ne détecte pas les omissions on doit bien s'ennuyer.
Le roman éponyme de Nabokov n'a pas inspiré à Kubrick son film le plus intense ou le plus fascinant. Son adaptation d'une œuvre "scandaleuse" est même plutôt sage, suivant l'auto-censure que l'auteur, époque et Hollywood obligent, s'est imposée, notamment dans la seconde partie du film, lorsque le professeur de français Humbert Humbert devient spoiler: l'amant de la fille de sa logeuse, la jeune et troublante Lolita. Aussi subtiles soient-elles, les allusions à la relation physique occultée entre le quadragénaire et l'adolescente restent suffisamment implicites et inoffensives pour ne pas trop froisser la bienséance et les bonnes mœurs. Le sujet y perd de son caractère sulfureux et amoral, de son réalisme et de son audace. Pour autant, la portée psychologique de la passion inattendue du respectable Humbert constitue, dans la mise en scène de Kubrick, un intérêt constant et majeur du film. James Mason, tout au long de l'histoire, compose avec précision toutes les étapes de son amour et de son désir ; séduit et jaloux, inquiet et bouleversé, malheureux aussi, dans des scènes touchantes, Humbert est ce père-amant qui ne parvient guère à jouir de son amour par ce qu'il en entrevoit l'issue logique. Face à James Mason, la jeune comédienne Sue Lyon fait une femme-enfant plus charmante finalement que sensuelle. L'amour que lui voue Humbert est émouvant parce que, n'en déplaise aux puritains et gardiens de la morale, il est sincère et sans vice. Notons enfin l'emploi d'écrivain célèbre plutôt étrange confié à Peter Sellers, sournois et malveillant, démon nuisible d'Humbert.
J'ai vu tous les films de Stanley Kubrick depuis LES SENTIERS DE LA GLOIRE jusqu'à son dernier, EYES WIDE SHUT. Kubrick fut un magnifique réalisateur prenant à bras-le-corps ses sujets et semblant déplacer des montagnes à chaque film. LOLITA est le seul film de Kubrick qui me semble très faible, très classique dans sa réalisation, trop caricatural, souvent ennuyeux et passionnant uniquement par à-coups. Parmi les 4 personnages principaux, James Mason campe un Humbert Humbert snob, plus naïf (jusqu'à la bêtise) que pervers, plus victime que bourreau, très bourgeois, jaloux, possessif. Il passe son temps à mentir, que ce soit à propos des choses graves (sa relation avec Lolita) ou des choses futiles (conversations quotidiennes). Il semble toujours coincé dans ses manières snobs et son manque d'authenticité. Shelley Winters, la mère de Lolita, n'est pas mieux lotie, réduite à une caricature. Au milieu de ces deux adultes stéréotypés et bloqués dans leurs stéréotypes, Sue Lyon (Lolita) semble beaucoup humaine et émouvante. (Ouf !) Le personnage de Peter Sellers vient mettre une puissante étrangeté dans tout cela et réveiller une mécanique plan-plan et soporifique. Il est un pervers manipulateur et insaisissable, répugnant et fascinant, mais lui aussi trop "fabriqué". En 1975, Kubrick réalisera BARRY LYNDON, chef-d'oeuvre d'originalité, de froideur et d'humanité en même temps, qui prendra les apparences de l'académisme pour mieux l'exploser.
Une œuvre pour l’époque hautement provocatrice de Stanley Kubrick évoquant la passion d’un homme dans la quarantaine pour la jeune fille de la femme l’hébergeant. Lubricité, amour pervers, jalousie sont au centre d’un long-métrage brillant dans son interprétation, le couple étrange formé par James Mason et Sue Lyon fait des étincelles devant la caméra du cinéaste offrant une mise en scène pouvant aujourd’hui apparaitre comme datée mais qui est terriblement outrageuse lors de sa sortie.
Excellent film , en N & B , de Stanley Kubrick tiré du Roman de Vladimir Nabokov qui est précédé d'une réputation sulfureuse ce qui en 1962 peut se comprendre et qui a une atmosphère trouble et captivante à travers cette histoire , à sens unique , passionnelle et torturée !
Nous avions quitté Stanley KUBRICK après le film qu'il désavoua mais qui lui permit cependant de gagner en indépendance vis à vis des studios et des producteurs, Spartacus (1960).
Alors qu'il pourrait en profiter pour réaliser un film à gros budget, il choisit de s'exiler en Europe, plus exactement en Angleterre pour y tourner l'adaptation d'un roman sulfureux, scandaleux dont il avait acquis les droits en 1955, Lolita de Vladimir Nabukov.
Un homme d'âge mûr, le professeur Humbert Humbert, s'éprend de la fille mineure de sa logeuse Lolita. Tandis que le spectateur est invité à poser son jugement forcément négatif sur ce prédateur en proie à ses plus vils instincts, où l'on assiste presque impuissants au piège qu'il fomente pour se rapprocher de l'objet de ses fantasmes, Kubrick prend un malin plaisir à flouter les limites de la décence et de la moralité.
Pour cela il va user d'une excuse souvent donnée par les pédophiles, à savoir le consentement plus ou moins réel de la victime. Loin d'être présentée comme une ingénue pure, Lolita par ses attitudes, ses fréquentations, ses paroles se trouve à cette frontière troublante où la petite fille n'a pas tout à fait disparue, où la femme fatale apparait déjà. Pour reprendre une expression utilisée dans le film, elle connaît "les choses de la vie".
Quand suite à un coup du sort favorable, Humbert parvient à garder auprès de lui celle pour qui il a lâché toute raison, on n'est pas témoin d'une relation où le dominant est celui que l'on croit, Lolita poursuit son double jeu, de victime consentante, l'aidant dans ses scénarios de plus en plus difficiles à justifier.
Là Kubrick nous envoie un premier direct au visage nous montrant l'hypocrisie à la fois de la société, qui se contente de suggérer au "couple" plus de discrétion et à la fois de nous spectateur.
Dans ce film à la fois noir et satirique Kubrick convoque Stefan Sweig et ses questions sur les sentiments interdits, il représente la pédophilie non pas comme une abomination, mais comme une maladie à la complexité difficile à appréhender et donc à juger rationnellement. C'est sans doute sur ce point que le film a choqué, et même si aujourd'hui la censure est différente, je ne suis pas certain qu'une sortie de nos jours lui ferait échapper au scandale.
Alors ce film est il pour autant un plaidoyer en faveur de la pédophilie ? Non, si Kubrick nous renvoie à nos contradictions, il n'en demeure pas moins qu'à aucun moment ce professeur ne nous est présenté comme sympathique, Lolita si elle peut agacer reste une enfant, au physique mature certes et l'on pourra comprendre un certain embarras, mais elle reste une enfant qui finira par vivre selon les principes de son âge. Un troisième personnage interprété par Peter SELLERS viendra à plusieurs reprises rompre l'inéluctable destin des deux protagonistes, défiant quiconque de dire que ce film promeut ce type de comportement.
Bien plus qu'avec le livre, l'antonomase de la Lolita doit au film, désormais la nymphette sera une lolita, cette créature équivoque qui tente par son physique sexuellement mature et trompe par son âge réel.
Kubrick sera désormais le cinéaste du scandale, le cinéaste qui jettera à la face de la société ses paradoxes.
On ne voit rien mais on comprend tout. Aucune scène osée n'est montrée dans Lolita mais tout est si bien mis en scène que l'on comprend très bien ce qui se cacher hors caméra. Kubrick réalise donc une œuvre très osée pour l'époque dans laquelle pourtant, il n'y a rien de choquant. Les acteurs sont bons et la mise en scène de Kubrick est percutante pour mettre en place cette histoire dérangeante.
Quelle qualité sur les prises de vue, les cadrages, les travellings de Stanley Kubrick! Sans oublier la (les) prestation(s) de Peter Sellers. James Mason est très bon. Seul bémol: Lolita est aussi séduisante qu'une huître!
Drame passionnel dont le sujet met en scène un homme mur qui tombe amoureux d'une adolescente et va épouser sa mère pour vivre près d'elle, tandis qu'un autre homme aux multiples personnalités la convoite également. Un film assez plaisant à suivre. Je ne comprend cependant pas comment de dernier personnage n'est pas démasqué plus tôt par notre protagoniste principal tant il cabotine de façon similaire dans chaque rôle qu'il se donne.
Bien que Kubrick trahisse le roman original en romantisant l'inceste, le film est bien mené et nous fait traverser à grand émoi toutes les phases de la relation malsaine.
Très osé, mais réussi. L'actrice joue magnifiquement, elle est bien choisie. Dommage qu'à la fin spoiler: elle devient une cassos qui devient une mère à à peine 17 ans, mais c'était prévisible vu sa condition de cassosserie qui se met avec un sugar daddy.
Mêlant les genres entre comédie satirique, farce burlesque, drame romantique, chaîne pastorale et thriller psychologique, l'intrigue sombre lentement dans la tragédie shakespearienne. Certains s'en offusqueront mais Stanley Kubrick est justifié de son choix par la figure même du barbon paranoïaque épris d'une femme à peine sortie de l'enfance, personnage de la Commedia dell'arte dont la perversité s'efface devant ses ridicules et qui est simplement repris ici sous le prisme de sa dangerosité malsaine. Face à l'inquiétant James Mason désemparé, rendu plus gênant encore par sa qualité de narrateur, l'incandescente Sue Lyon alterne entre manipulation, innocence, banalité et sensualité tandis que Peter Sellers, doublement présent, incarne le fantastique démoniaque ou l'inconscient retors avec une vivacité fascinante. Dans un noir et blanc faussement manichéen, la mise en scène se resserre sur les méandres mentaux du protagoniste et son obsessionnelle emprise. Malgré quelques longueurs et l'absence d'empathie avec ces anti-héros, l'intérêt intellectuel et cinéphile ne saurait s'étioler. Dense!
Tabou aborde par Stanley Kubrick sur les années 50, une réalisation et un jeu d acteurs parfaitement maîtrisés ce qui donne sur un sujet sulfureux un exercice original et très appréciable à l écran.
Si tous les chapitres du roman n'existent pas dans le scénario, Kubrick se focalise (évidemment) sur la partie la plus taboue où comment Humbert Humbert est séduit (malgré elle ?!) par la jeune beauté Lolita. Kubrick signe un film d'abord psychologique, nous ne voyons rien de choquant, tout est simplement supposé et/ou laissé à l'imagination débordante du spectateur. A tel point que la frustration de Kubrick devient bien souvent la notre et, mine de rien, on se demande vraiment si Kubrick n'aurait pas pu aller un peu plus loin malgré tout. Ensuite la dernière partie est un peu trop découpée avec une ellipse un peu maladroite. Néanmoins Kubrick a su explorer les vices de Humbert Humbert comme personne, et qui évite l'écueil de la facilité (Kubrick s'est-il lui-même auto-censuré pour le challenge ?!) en nous focalisant sur les faiblesses de Humbert Humbert. La direction d'acteur n'est pas pour rien non plus, entre un Humbert Humbert qui reste humain et une Lolita sur le fil ténu de "à l'insu de mon plein gré". Site : Selenie
Immense film qui parvient à traiter d’un sujet sordide au possible - la pédophilie et ses ravages sur une jeune fille - sans être plombant mais sans rien omettre de ce qui fait l’horreur de ce type de crime. La finesse de Kubrick est magistrale et James Mason & Peter Sellers livrent une de leurs plus grandes prestations.