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Un visiteur
2,5
Publiée le 6 mai 2014
Ce premier film a les défauts et les maladresses des premiers films surtout quand la caméra n'est pas tenue par un professionnel. Des longs plans fixes, une caméra souvent immobile, des dialogues et des scènes "théâtralisées". Certes on a l'impression de voir un roman où les chapitres s'ouvrent et se ferment les uns derrière les autres mais, malgré tout cela, l'histoire est touchante.
Le romancier gay Abdellah Taïa a écrit et réalisé ce film qui se veut plus ou moins autobiographique. Il n'y a pas beaucoup de dialogues, mais cela n'est pas gênant. Niveau réalisation et montage, c'est tout à fait acceptable. Abdellah Taïa souhaite nous donner un aperçu de la vie des adolescents gays du Maroc, qui ne peuvent pas forcément exprimer qui ils sont et qui doivent se cacher. Il y a des moments assez sensuels dans ce film, ce qui contrebalance la dureté d'autres scènes. Nous voyons bien que l'homosexualité reste un sujet tabou au Maroc, et que les jeunes gays sont facilement utilisés par certains hommes qui veulent assouvir leurs pulsions. Le personnage principal ira même, en grandissant, jusqu'à vendre son corps à un riche européen pour pouvoir quitter le Maroc et s'installer en Europe. Dans ce film, Abdellah Taïa nous ouvre les yeux sur une réalité trop méconnue. Il ne fait aucun jugement moralisateur. Il nous montre juste les choses telles qu'elles sont. À nous ensuite d'en tirer les bonnes conclusions.
Le film (adaptation du livre autobiographique et éponyme du réalisateur et sorti en 2006) a surtout un intérêt documentaire car il décrit une situation taboue au Maroc, à savoir l’homosexualité et la prostitution masculine, parfois seule façon de s’échapper de son milieu aliénant. Ici, le jeune Abdellah, écartelé entre son père violent, sa mère battue, son frère cavaleur qu’il idolâtre et ses nombreuses sœurs, est l’objet sexuel d’un adulte de son quartier de Casablanca. On le revoit 10 ans après, futur étudiant à Genève mais qui arrivé trop tôt avant la rentrée universitaire, se voit obliger d’être hébergé par l’Armée du Salut (d’où le titre).
Trés bon film plein de sensibilité ; premiére partie excellente , seconde moins forte mais dans la suite logique de la précédente . Scéne finale particuliérement émouvante .