Le récit se déroule sur Terre 828 et s’articule autour de la naissance de Franklin Richards, fils de Reed Richards et Sue Storm. Les amateurs de comics Marvel connaissent bien ce personnage, l’un des êtres les plus puissants de l'univers Marvel. Un résumé simple de l'enjeu est que Galactus exige qu'on lui remette l’enfant, promettant d’épargner la planète en échange. Sinon, il mange la Terre 828.
Le refus des Quatre Fantastiques de sacrifier leur enfant déclenche l’indignation des humains qui les accusent d’égoïsme, plutôt que de sauver l'humanité et la Terre.
Le rythme est globalement bien maîtrisé : les explications essentielles, notamment en ouverture et lors du passage en voyage supraluminique, sont présentées de façon concise et claire, sans être trop speed et sans se perdre dans une exposition laborieuse.
Le choix de proposer un Silver Surfer femme m'a dérangé, mais il s'est révélé étonnamment réussi. L’arc narratif partagé avec Johnny Storm (la Torche Humaine), particulièrement centré sur ses recherches linguistiques et culturelles autour de Shalla-Bal est l'une de mes préférences dans ce film.
Du côté de la mise en scène, les séquences en intérieur sont sobres mais bien réalisées. On a hélas encore une fois l'habitude d'une CGI inégale : médiocre sur Terre, elle retrouve un niveau excellent lors des scènes spatiales, où ça devient vraiment impressionnant à la manière d'Interstellar par exemple.
Galactus, quant à lui, ma principale préoccupation et attente pour ce film, est le gros point noir. Son entrée en scène impressionne, et l’aura qu’il dégage en approche de la planète est menaçante, il est magnifique et disons le vraiment badass. Mais il est bien évidemment complètement "nerfé", c'était inévitable. Adapter à l’écran un personnage aussi puissant en restant fidèle aux comics est pratiquement impossible.
Le MCU à decidé de contourner l’affrontement frontal au profit d’une stratégie narrative plus prudente: presque un aveu d’impuissance. Une fois arrivé sur Terre, Galactus perd toute prestance, il est moins impressionnant, à peine plus grand qu'un building, il devient un antagoniste presque banal. Le contraste avec son introduction est regrettable, et laisse un goût d’inachevé.
En résumé pour Galactus je m'attendais à être déçu et je le suis, mais vraiment aucune surprise, c'est impossible de rendre honneur à l'écran à ce personnage si incroyable. Une incarnation visuelle séduisante mais un traitement narratif très moyen. 5/10 pour Galactus.
En outre, le plan des Quatres Fantastiques, du moins, sa mise en scène est absurde et un peu débile: On fait teleporter la planète (on sait même pas où), Silver Surfer met à mal le plan donc en fait on fait teleporter Galactus plutôt(on sait toujours pas où), c'est dommage, ça affaiblit la crédibilité du récit.
De plus, la dynamique familiale des Quatre Fantastiques est hélas sous-exploitée; la réaction de la population et le rôle de la presse, réduits à de simples figurants alors qu’ils auraient pu enrichir le propos pour plus de profondeur,de tension dramatique, d'émotion et de réalisme, encore moins exploités.
En conclusion, The Fantastic Four: First Steps est une réussite relative. Il surpasse les attentes légitimes et offre de vrais moments de cinéma, mais il demeure prisonnier de certaines faiblesses récurrentes du MCU : un traitement superficiel des enjeux, une timidité dans l’audace, et des choix de simplification regrettables. On passe un bon moment, certes, mais on continue d’attendre un film Marvel pleinement ambitieux, et surtout audacieux.
16/20
Un dernier mot sur les scènes post crédit, qui ne font pas partie de la critique, il faut toujours les séparer du film:
La scène post crédit est inutile car on le sait déjà mais fait quand même vachement plaisir.
Enfin, pour la 2e scène post crédit, inutile juste là en bonus pour le fun, l'honneur donné au grand Jack Kirby est beau, cette légende qui nous fait rêver encore aujourd'hui avec ses personnages.
Vive Marvel.