Si elle paraît souvent foutoir, comme une vie faite de rencontres inattendues précipitée par l'empressement des choses, cette comédie parle de tout ce qui nous fait du bien ou nous gratte sans qu'on le souligne. Un film qui mérite d'être entendu.
Déroutant au premier abord, "je suis à vous tout de suite" oscille habilement entre franche comédie et drame, le tout porté par une actrice en état de grâce et d'excellents seconds rôles. Parfois cru sans jamais être vulgaire, souvent touchant et toujours intéressant à suivre, ce film original et bien maitrisé constitue donc une excellente surprise. Seules quelques scènes un tout petit peu trop explicatives sur la fin altèrent - très légèrement - le plaisir que l'on prend à suivre un récit qui, sur le papier, était beaucoup plus facile à rater qu'à réussir. A voir...et à revoir.
La patte Kasmi-Leclerc, un film qui démarre léger sauf que le drame couve. Je suis étonné que plusieurs critiques n'aient pas vu la corrélation entre le viol de la soeur, enfant, et le divorce du frère de sa famille et de son pays. En prime, un excellent Ramzy, qui, aux antipodes de ses rôles de gugusse, livre un portrait tout en émotion de cette génération d'immigrés qui avait "peur de gêner". De la dentelle.
Évidemment que ce film n'est pas parfait, mais qu'il est touchant et rafraîchissant ! J'ai été très émue par cette relation entre une sœur et un frère qui décident d'aborder la vie différemment et qui sont tellement névrosés... Ce film est truffé de belles choses, de belles idées et est extrêmement positif et pudique.
Je ne suis pas bon client de ce genre de films et pourtant... loin de ce que je pouvais imaginer celui-ci m'a surpris par sa simplicité, ses clichés et ses contraires. De la comédie au drame, ce film dévoile plusieurs facettes de ces personnages qui nous touchent vraiment, tant ils pourraient faire partie de nos proches. Jolie démonstration de richesse au cœur d'une délicate simplicité.
C'est une comédie plutôt acidulée traitant de multiples sujets de société : la religion, la pédophilie, la prostitution, les différences raciales, la radicalisation ... peut être un peu trop Les acteurs sont justes se laisse regarder
Une comédie sympathique, sans plus. On a droit aux habituels clichés sur la banlieue et les origines, mais ça passe quand même. Les ressorts comiques que permet le scénario sont volontairement exagérés. Quant aux acteurs, ils s'avèrent sympathiques. A voir pour passer un agréable petit moment de divertissement un dimanche soir.
Voilà un film qui aurait pu être une aimable comédie. Une de ces comédies rafraîchissantes qui vous donnent la pêche ou qui vous réconcilient avec le genre. Ca partait bien avec Hannah, femme qui couche avec les hommes qu’elle a chagrinés, parce que trop sensible, trop gentille. Ca partait bien avec ses parents algérien par son père, française par sa mère. Seulement, le genre s’avère ne pas être une comédie comme on nous le vend. Qu’à cela ne tienne, une comédie dramatique est un genre tout aussi acceptable. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, j’ai eu du mal à accepter le genre « comédie dramatique », sans doute en raison du ton donné dès le départ du film et des sujets qu’il finit par aborder. Quels sujets ? J’aimais bien le postulat de départ : coucher avec les hommes parce que trop gentille. C’est original. Et j’y ai cru. Seulement, y ajouter la pédophilie, la radicalisation et les travailleuses du sexe, j’ai fini petit à petit à ne plus y croire. Ou alors, il m’aurait semblait plus judicieux de traiter ces sujets sur le même ton. N’est pas Mel Brooks qui veut ! Et je le conçois aussi, ce n’était pas la démarche de Baya Kasmi. Dommage. Hannah qui couche avec tous les hommes à qui elle a fait de la peine était un sujet audacieux, original. Mais il fallu y mettre un grain de pédophilie. La musique guillerette se meut en accords graves, c’est normal, la pédophilie c’est grave. Il a fallu un zeste de radicalisation du frangin. Attention, se radicaliser par ces temps qui courent ne signifie pas être fiché. Radicalisation, c’est se recentrer à la source. Et là, le frangin d’Hannah ne supporte plus les jupes courtes de sa soeur, se réfugie de plus en plus dans la prière, a une femme voilée, et décide de s’installer en Algérie loin des tentations de l’occident moderne. Enfin, il y a une séquence où Hannah profite du quiproquo qui lui est destiné : Paul, un médecin qu’elle a rencontré, la prend pour une prostituée alors qu’elle discutait avec ses amies travailleuses du sexe. Le couple est content, ça les arrange bien, tous deux voulaient coucher ensemble ! Paul présente Hannah à ses amis et à sa soeur. Il ne cache pas l’activité de Hannah. Pour le coup, cette séquence est originale. Un délice d’imagination. Seulement, la réalisatrice nous pond dans cette séquence de la psychologie de comptoir de bas étage. En effet, les amis de Paul s’interrogent sur le comment devient-on une prostituée ? Evidemment, ça remonte à l’enfance, à de la maltraitance etc… tous les clichés, quoi ! Et l’on voit Hannah se remémorer ses périodes pénibles avec son tortionnaire dont on ne verra jamais le visage. Un détail sans importance. Quel dommage ! Faire de Hannah une femme libre, une couche-toi-là pour consoler des hommes était un sujet délicieusement immoral si tant est que ce soit immoral. Mais justifier son comportement parce qu’elle a été victime d’un pédophile, le délicieux s’effondre pour faire place à l’amertume. Pourquoi ne pas avoir poussé l’audace plus loin en prenant conscience qu’il y a des femmes travailleuses du sexe, consentantes, aimant leur activité et vierges de toutes persécutions ? Ainsi, la réalisatrice me donne l'impression qu'elle dénonce la prostitution comme une tare de la société française, et explique le comportement de son héroïne, fragile psychologiquement ! A-t-on idée de coucher avec tous les hommes qui ont de la peine ?!!! C’est n’importe quoi ! Et ben non, il y avait là un sujet qui aurait pu être délicieusement décalé mais il a fallu justifier à tout prix son comportement comme pour nous rassurer et nous installer dans une réalité de bas étage. Dommage, mille fois dommage, de Vimalas Pons à Agnès Jaoui en passant par Laurent Capelluto les acteurs étaient plaisants. Mais la tournure du scénario fait de ce film un film bancal et en ce qui me concerne décevant au final.
LE OUI DES GENS. La liberté de pensé de Michel Leclerc et de Baya Kasmi. On retrouve ce ton séduisant et subtil que j'avais déjà découvert dans les brillants Télé Gaucho et le Nom des Gens. Aidé par la pétillante Vimala Pons, déjà très à l'aise dans Comme un Avion, avec ses allures de Sarah Forestier, ce petit film poétique est un enchantement.
Un film qui à première vue fait assez irréelle, ou tout du moins exagéré. Mais je dois dire que ce film est un grand bol d'air frais. Il arrive à nous faire rire,sourire, et aussi nous toucher en plein cœur. Il faut dire que la performance de Vimala Pons est étincelante et sexy en nymphomane tendre. Et Ramzy dans un rôle secondaire beaucoup plus sérieux que d'habitude, est toujours aussi bon. Le film est une ode à la décision de prise de choix, de réfléchir à ce que l'on veut vraiment au fond de nous.
Quel joli film, frais, drôle, touchant, original et magnifiquement joué ! Et sans en avoir l'air, il donne aussi quelques clés sur l'islam aujourd'hui. Ajoutons une belle musique, et résultat un film tout à fait réussi. Un vrai moment de bonheur.
« Je suis à vous tout de suite » se veut une comédie évoquant une femme atteinte d'une gentillesse permanente et incapable de refuser la moindre chose. Cela aurait pu être une comédie légère comme tant d'autres mais la réalisatrice y a ajouté de nombreux sujets qui s'ajoutent et s'entremêlent : lla situation des couples « mixte », l'exclusion des quartiers pauvres, la vente de drogue, la prostitution, la pédophilie, l'intégrisme islamique et sa récupération commerciale, l'identité des personnes issues de l'immigration, la place de la femme dans les quartiers pauvres, la solitude des personnes âgées...
Cette accumulation de sujets dans le film ne permet de leur donner finalement aucunes réponses. Le film nous dit de nous débrouiller dans le monde et finalement, le seul problème auquel la femme trouvera une solution c'est celle de sa gentillesse exagérée. C'est donc l'histoire d'une femme qui à travers un monde où tant de choses vont mal, essait d'être gentil avec tout le monde mais ce rendant compte que ça n'y change rien, elle décide de devenir comme tout le monde et penser à son plaisir personnel.
Malgré une trame scénaristique simpliste, les acteurs savent être convaquants et donnent vraiment de leur personne. Finalement, ce film devient une comédie parce qu'il peut nous faire rire du tragique.