C'est d'abord une bonne bande d'amis, des acteurs triés sur le volet pour interpréter des aliments. Saucisses, pains, bagels... Tout y passe. Tout y passe, et pas seulement au niveau des personnages : les situations sont des pures et grandes parodies d'évènements contemporains qui se déroulent encore aujourd'hui, enrichies, pimentées par des dialogues aux sous-entendus sexuels hilarants et complètement osés. Mais ce film d'animation n'est pas seulement bon parce qu'il porte des paroles trash et politiquement incorrectes, mais aussi parce qu'il invente et se réinvente, au fur-et-à-mesure que l'histoire se déroule. L'oeuvre en question offre une narration moderne et réfléchie, comme par exemple l'utilisation de la drogue comme seul moyen pour nous, humains, de voir que les aliments que nous dévorons, jour après jour, sont en fait vivants et qu'ils nous prennent pour des dieux. Les réalisateurs trouvent le parfait rythme à donner à leurs séquences, celles-ci, grâce à des personnages iconiques, frappent toujours juste, là où ça fait mal. Alors certains s'en plaindront. Lorsque, par exemple, la religion et son système de croyance aveugle seront joliment moqués. Peu importe, ce genre de critiques ne valent pas la peine d'être lues. Même chose pour ceux qui se plaindront de la grossièreté qui entoure le film. C'est le papier qui emballe le cadeau, l'étincelle qui fout le feu à la mèche, la goutte de blanc qui fait déborder le vase. Une oeuvre d'animation grandiose à voir pour ces séquences poussées dans l'extrême (la scène d'orgie de fin, du grand art) à ces doublages délirants (Jude Law imitant Woody Allen, génial). À vivre, gorge déployée et tous les sens aux aguets!