Avant « L’auberge fantôme » qui est son cinquième long métrage, Basil Dearden a surtout œuvré dans le genre policier et les films de propagande pour soutenir l’effort de guerre de son pays. Avec l’aide d’Angus MacPhail qui écrira quelques scénarios célèbres pour Alfred Hitchcock (« la maison du docteur Edwards », « Le faux coupable », « L’homme qui en savait trop »), il se lance dans le domaine fantastique avec l’adaptation d’une pièce de Denis Ogden. Une auberge bombardée en 1942 est devenue l’endroit où le temps s’est arrêté. Plusieurs personnages en rupture de bans viennent séjourner à l’auberge où le propriétaire (Mervyn Johns) et sa fille (Glynis Johns la fille de Mervyn Johns) semblent bien être des fantômes. Les visiteurs au sein desquels s’est immiscée la grande Françoise Rosay, perçoivent rapidement l’étrangeté des lieux. L’idée de départ peut sembler intéressante mais visiblement Angus MacPhail et Basil Dearden ne semblent pas savoir comment la mener. Dès l’entame avec la présentation des personnages un peu confuse, on sent que l’encore jeune réalisateur n’est pas à son aise. Les acteurs sont eux aussi un peu perdus face au manque de fluidité de la réalisation. La suite ne viendra malheureusement pas bonifier un film bancal et un peu atone qui s’il ne restera pas dans les mémoires, aura au moins eu le grand mérite de servir de brouillon aux deux hommes qui un an plus tard participeront très activement avec le producteur Alberto Cavalcanti, Charles Crichton et Robert Hamer, à la conception du chef d’œuvre du cinéma fantastique anglais qu’est encore aujourd’hui le film à sketches « Au cœur de la nuit ». Inabouti et sans aucun doute décevant, « L’auberge fantôme » aura tout de même fait œuvre utile. C’est déjà ça.
Un film fantastique très intellectualisé qui n’avance pas et est assez plombant dès son introduction. Il faut comprendre que la présentation des protagonistes est sacrément fastidieuse et dure la moitié du film et ensuite la fin est assez incompréhensible. Donc une œuvre opaque et passable.
Ne vous méprenez pas, ce film est un des plus grands films fantastiques britanniques réalisé par Basil Dearden à la fin de la seconde guerre mondiale après 4 ans de bombardements aériens qui continuent toujours avec les V1 et les V2 sur Londres et de nombreuses autres villes britanniques et même la campagne galloise où se trouve l'auberge fantôme qui aurait été détruite lors d'un bombardement puis reconstruite un an auparavant. Il faut préciser que la Grande Bretagne comme l'Irlande possède des montagnes dépassant les 1000m ce qui est le cas du Pays de Galles ce qui à cette latitude donne pas mal de neige en hiver. Tout ce beau monde d'invités ou de vacanciers va se retrouver dans cette auberge fantôme en début d’été, donc au creux d'une vallée où l'on peut pêcher encore aujourd'hui la truite et le saumon. Certains connaissent les lieux fantomatiques de cette auberge fantôme comme des initiés et d'autres non. Françoise Rosay en étant la femme du capitaine d'un navire coulé ne dépare pas dans ce paysage britannique où les tes tenanciers de cette auberge ne dégagent aucune ombre au soleil comme les fantômes donc où des extra-terrestres. Il y a aussi le fiancé irlandais qui se revendique comme neutre et qui veut partir travailler dans l'ambassade de l'Irlande à Berlin ce qui ne plait ni à sa fiancée ni à la Française, Françoise Rosay donc. Françoise Rosay organisera une séance de spiritisme autour d’une table regroupant tous les invités avec un succès très relatif. Tous les journaux papiers présents dans l’auberge tout comme les actualités de la radio datent exactement d’un an jour pour jour. C'est comme si les personnes présentes dans l'auberge allait connaître à nouveau le bombardement ennemi vécu un an exactement auparavant.