Battle of the Sexes
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RedArrow

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4,0
Publiée le 27 novembre 2017
Jonathan Dayton and Valerie Faris ne sont peut-être pas les réalisateurs les plus prolifiques du monde ("Little Miss Sunshine" date déjà de 2006 et "Elle s'appelle Ruby" de 2012 !) mais notre attente autour de leurs quelques projets s'en trouve toujours récompensés. D'ailleurs, comment ne pas être séduit à l'idée de découvrir leur vision de cette "bataille des sexes", ce match de tennis complètement fou de 1973 entre la jeune joueuse Billie Jean King, symbole de la cause féministe, et l'ancienne gloire devenue bouffon des foules, Bobby Riggs ?

Une des grande forces de "Battle of the Sexes" est assurément son casting. Pour sa première apparition post-Oscar (et son film de 2017), Emma Stone prête donc ses traits à Billie Jean King, une joueuse en pleine phase ascendante qui, si elle cherche à obtenir avec courage et défiance une reconnaissance égale entre les hommes et les femmes sur les courts de tennis face à un système phallocrate bien établi, est paradoxalement en plein doute sur sa vie privée. Sa relation avec une jeune coiffeuse entraîne en effet une sorte de dichotomie fascinante chez le personnage incapable d'assumer sa véritable orientation sexuelle dans une société qui n'est pas encore prête à l'accepter (et son entourage, King est mariée) alors qu'elle devient le porte-étendard de la cause féministe dans un milieu sportif qui, lui, se fissure peu à peu face à l'indépendance et au succès de ces joueuses.
Face à elle, Bobby Riggs est un tennisman à la retraite, dont la vie familiale et professionnelle moribonde castre la gouaille verbale de show-man qui a fait son succès passé sur les courts. Son addiction contagieuse aux paris en tous genre (il corrompt à chaque fois tous ses amis ou son entourage professionnel de manière tordante) met à mal sa famille : sa femme et son fils aîné semblent dépassés par ce personnage qu'il s'est créé, ne décelant que bien trop rarement l'homme derrière ses multiples écarts et joutes verbales.
Le choix de Steve Carell pour l'incarner relève tout simplement de la perfection. Hilarant lorsque le personnage devient un spectacle machiste à lui tout seul avec ses bouffonneries médiatiques, l'acteur lui apporte aussi tout son jeu nuancé pour dresser le portrait d'un homme bourré de failles, tiraillé entre un amour pour sa famille qu'il ne sait plus vraiment comment exprimer et son envie insatiable de retour sous les feux des projecteurs sans qui il semble étouffer.
Si la qualité d'écriture n'y est bien sûr pas étrangère, la montée en puissance du duel tant annoncé entre ces deux figures finalement bien plus fragiles qu'il n'y paraît n'aurait sans doute pas été la même sans la prestation de ces deux immenses acteurs délivrant chacun un numéro impeccable avant le choc de leur grande confrontation.

Entendons-nous bien, "Battle of the Sexes" n'est pas un film sur le tennis à proprement parler (le match final filmé comme la reconstitution de la rencontre télévisée de l'époque en témoigne) mais celui d'une révolution dans ce milieu sportif et, par son influence, dans la société américaine elle-même, un combat féministe où Billie Jean King devient un symbole de la cause en grande partie par ses propres positions mais aussi du fait des manipulations de Bobby Riggs (il est inconsciemment le créateur de sa rivale sur certains aspects). Évidemment encore d'actualité, le propos trouve une résonance encore plus grande avec les révélations récentes de harcèlement sexuel dans le microcosme hollywoodien allant jusqu'à déteindre sur l'ensemble des société occidentales dans toutes les strates qui les composent.

Pour en revenir au film, le format de feel-good movie choisi Dayton et Faris (et n'oublions pas le scénariste Simon Beaufoy) pour développer ce discours combatif a le défaut de sa qualité. D'un coté, la construction adoptée prend si bien le temps d'explorer en profondeur toutes les facettes des deux futurs adversaires qu'il est quasiment impossible de ne pas se laisser emporter ou frémir sur l'issue de leur affrontement mais, de l'autre, le feel-good movie est un genre aujourd'hui tellement codifié que "Battle of the Sexes" souffre parfois de son manque de surprise, surtout si l'on connaît par avance la finalité de cet improbable match.
Toutefois, ce serait vraiment faire la fine bouche de ne s'arrêter que sur ce dernier point car la maîtrise de Dayton et Faris pour juguler nos émotions à travers le positivisme qui émane de cette incroyable histoire relève tout simplement d'un travail d'orfèvre à l'efficacité imparable, ces deux-là sont bel et bien deux des meilleurs artisans du grand feel-good movie contemporain.
dominique P.

914 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 novembre 2017
C'est une comédie / biopic faite par les réalisateurs de "Little Miss Sunshine".
Je trouve que c'est très intéressant d'avoir fait un film sur cette histoire vraie.
La première heure on s'ennuie un peu car on nous montre d'abord les personnages et tout ce qui précède le fameux match.
Mais la dernière demi-heure est vraiment fabuleuse.
Outre le match en question, c'est intéressant de voir un peu de la vie de la joueuse Billie Jean King.
Les années 70 sont très bien reconstituées et les acteurs sont excellents.
Si on s'intéresse au tennis, c'est vraiment un film à voir.
poet75
poet75

299 abonnés 703 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 novembre 2017
En 2006, Valerie Faris et Jonathan Dayton avaient enthousiasmé les spectateurs avec une irrésistible comédie (« Little Miss Sunshine »). Ils récidivent aujourd’hui avec ce film, certes moins original, mais ne manquant ni de subtilité ni de mordant ni d’humour. Nous voici transportés en 1972 dans le milieu du tennis, aux côtés de Billie Jean King (Emma Stone), une championne qui se rebelle contre le sort réservé aux femmes dans ce milieu. Il lui paraît inacceptable, à juste titre bien sûr, que les joueuses, tout aussi talentueuses soient-elles, gagnent moins, beaucoup moins, que leurs homologues masculins. Ce qui la conduit à quitter la Fédération de Tennis officielle pour en créer une qui soit affectée exclusivement aux femmes.
C’est alors qu’il se trouve un ancien numéro 1 mondial du nom de Bobby Riggs (Steve Carell) pour lancer un défi à la championne et ainsi donner la preuve, en remportant la victoire (ce dont il ne doute pas), de la supériorité des hommes sur les femmes ! Le personnage est insupportable de suffisance et de misogynie et, bien entendu, Billie Jean King accepte de l’affronter sur un court.
C’est l’un des grands points forts de ce film que de ridiculiser le machisme tout en conservant une approche teintée d’humour. La prétendue supériorité masculine en prend pour son grade et c’est tant mieux. L’autre point fort du film, c’est l’art de raconter, tout en finesse, comment Billie Jean King découvre son homosexualité en compagnie de sa coiffeuse. Dans l’Amérique puritaine de cette époque-là, cela ne va pas de soi.
Le film est agréable et s’achève avec un morceau de bravoure : le match opposant Billie Jean King et Bobby Riggs, match remarquablement mis en scène et dont, bien sûr, je me dois de ne pas révéler l’issue !
Claudine G
Claudine G

230 abonnés 519 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 novembre 2017
Je m'attendais à voir plus de tennis (entraînement, jeux..)bref, le film s'attarde un peu trop sur la vie privée des deux joueurs et pas assez sur le sport lui même. Les deux acteurs principaux sont excellents dans leur rôle respectif, mais la réalisation (qui se veut comique mais qui ne l'est pas, trop d'exagération) et le scénario (qui se veut machiste et qui ne convainc pas) font que ce film (féministe quand même) m'a déçue. Cela n'a en rien changé mon avis sur la différence entre le tennis masculin et le tennis féminin. Je ne raterai pour rien au monde une finale hommes, par contre celle des femmes....
Abus Dangereux
Abus Dangereux

70 abonnés 116 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 novembre 2017
Voir un film en avant première, c’est un peu un saut dans l’inconnu. C’est comme ouvrir une pochette surprise ! Pour celui-ci, la surprise s’est avérée plutôt bonne ! Si Steve Carell, hâbleur, macho, provocateur, menteur, joueur invétéré amène la note plutôt comique, Emma Stone amène la réflexion, le doute, la sensibilité. Le scenario et la mise en scène nous font bien comprendre que ce qui est un défi plutôt générateur de dollars pour l’un, beaucoup trop sûr de lui, est pour l’autre une occasion à saisir et à surtout ne pas rater pour faire bouger les choses. L’ensemble crée donc une comédie certes, mais douce amère qui aborde combat féministe et homosexualité avec beaucoup de tact. Le machisme de certains hommes étant compensé par la délicatesse d’autres (les couturiers-homos- mais particulièrement le mari de B.J King dont l’ouverture d’esprit et la délicatesse laissent rêveur). Les amateurs de tennis (dont je suis) pourront y trouver leur compte car on y apprend certaines choses (la création de la WTA entre autres) et pourront apprécier la reconstitution du fameux match nous rappelant ô combien ce sport a évolué techniquement et physiquement. Les deux acteurs principaux et l’ensemble du casting sont impeccables. La B.O « seventies » tout autant.
L'Info Tout Court

469 abonnés 1 025 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 novembre 2017
Loin de s’intéresser vraiment au sport en tant que tel – on verra finalement peu la raquette taper la balle – le duo Jonathan Dayton et Valerie Faris (Little Miss Sunshine) prend le parti de nous parler de féminisme dans les années 70. Une belle idée sabotée quelque peu par le tandem incapable de donner du rythme et de l’intensité au long-métrage. La caméra s’abandonne à son scénario et ses acteurs, ne parvenant pas à provoquer le frisson au-delà des mots.
Fleur D.
Fleur D.

14 abonnés 4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 décembre 2017
Magnifique ! Superbement interprété, beaucoup d'émotion. Billie Jean, un personnage fort et attachante. J'ai été transporté par l'émotion et j'aurai adoré voir ce match en vrai
Cinéphilion
Cinéphilion

72 abonnés 201 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 novembre 2017
« Battles of the Sexes » signe le retour d’Emma Stone depuis la comédie musicale « La La Land ». Moins dansant, plus historique, c’est contre un Steven Carell sexiste que la star se retrouve engagée au cœur d’une conquête féministe.
Ça se devine dès l’affiche, le tennis sera le symbole institutionnel de ce biopic ! « Eddie The Eagle », « Le Couleur de la Victoire » ou « Rasta Rockett », les métrages dont l’enjeu central était sportif, ont démontré que le fond d’une victoire allait au-delà qu’une simple volonté de gagner. C’est ainsi que Billie Jean King entre dans ce combat intemporel de la femme dans la société.
De la coupe carré à la robe rétro, de la machine à bigoudis vintage jusqu’au télévision Vedette, la reconstitution historique est soumise à une bluffante qualité cinématographique. Rarement égalé, rien n’échappe au cadre spatio-temporel des années 1970, soutenu par une bande-originale fignolée entre funk et disco.
Nombreux sont les films historiques dont la vocation sociale est engagée : « Les Figures de l’Ombre », « Invictus », « Django »… Le juste milieu est de distinguer la chronologie avec un certain recul afin de ne pas l’assimiler à l’actualité. En s’appuyant sur le délicat sujet du féminisme, Jonathan Dayton et Valerie Faris confondent les faits passé du présent. Ce manque d’objectivité coûte cher au métrage qui finit pas étouffer le spectateur dans un parti pris.
A notre grand désarroi, « Battle Of The Sexes » se transforme progressivement en un ramassé de clichés politiquement correct dont la leçon fera le bonheur de la bobocratie européenne et des démocrates américains anti-Trump.
Aussi, les délimitations de l’histoire ne sont pas déterminées. La romance sexuelle lesbienne de la tenniswoman qui ne devrait être qu’anecdotique, tombe entre lassitude et complaisance minoritaire. Les stéréotypes ne manquent pas dans une exagération dont la gêne exprimée serait traduit comme une intolérance par la cible visée.
Par ailleurs, les caricatures éditoriales s’apprécient autour des deux personnages principaux : Billie Jean King et Bobby Riggs, joué par Steven Carell.
Ce dernier, présenté comme macho et misogyne, vit au crochet de sa femme depuis la fin de sa carrière. Un contexte émasculant pour l’époque qui parvient à rendre le personnage attachant. L’écriture du film vise à le rendre détestable alors que le personnage est à prendre au second degré malgré son positionnement grossier, provocateur et ridicule.
Ceci dit, les deux instants magistraux du film sont les deux matchs de tennis intégralement reconstitués. En ne faisant aucune orientation conventionnelle, les scènes imposent une sincérité appréciable, notamment sur le match final. Une fin majestueuse dont la conquête historique prend finalement tout son sens quand on détache le présent du contexte passé…
Bilan : Un coup de raquette qui manque de recul.
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Cinéphiles 44

1 711 abonnés 4 731 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 octobre 2017
Dommage de devoir comparer, mais l’inconscience nous y oblige. Sort également ce mois-ci Borg/McEnroe, un autre film sur un match de tennis mythique. Nous sommes en 1972 et la femme est encore cantonnée à son rôle de femme au foyer. Même si celle-ci est libre de ses actes, elle apparait encore comme inférieure dans l’esprit masculin. C’est lorsqu’elle constate que son salaire sera huit fois inférieur à son homologue masculin que Billie Jean King, championne de trois titres du Grand Chelem, décide de riposter en créant sa propre compétition. L’objectif n’est pas de montrer que la femme est plus importante, mais égale à l’homme. Le combat de ces femmes est donc d’obtenir le respect et faire changer les mentalités. Mais l’ancien numéro un mondial Bobby Riggs, macho et provocateur, la met au défi d’un affrontement. Sur fond de féminisme et de libération sexuelle, Battle of the Sexes offre un beau pamphlet contre les préjugés et les discriminations sexistes. Mais c’est lors du duel final que revient la comparaison avec le chef d’œuvre de Janus Metz Pedersen. Le match, quoi que prenant, n’est pas filmé avec la même poigne. Les réalisateurs de Little Miss Sunshine se contentent de deux gros plans et d’un plan aérien du court de tennis. L’angoisse n’est pas la même, les sensations non plus. Mais cessons, car la magie opère également. Nos pieds et nos mains se croisent pour qu’enfin, l’homme change sa façon de penser….
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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 18 octobre 2017
film passionnant , traitant de la double cause féministe et homosexuelle​ chez les femmes , une caricature​ de masochisme bien représentée. Avec ce qui se passe actuellement, le film à toute sa place
Pamplemouss A.
Pamplemouss A.

4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 novembre 2017
J’ai envie de le revoir. Direct. Voilà. Et d’en lire sur BJK. Quelle femme! Merci à vous madame.
Superbe interprétation d’Emma Stone.
tony-76

1 162 abonnés 1 422 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 décembre 2017
« La vie est un pari. » Battle of the Sexes est un drame biographique s'intéressant à l'histoire de la féministe Billie Jean King engagée qui souhaite lutter pour faire avancer la cause des femmes dans son sport. Elle décide donc de livrer un match avec Bobby Riggs, un ancien joueur qui voulait prouver que les hommes étaient meilleurs que les femmes. Riggs s'amusait à faire des comparaisons entre les hommes et les femmes pour attirer l'attention à un moment où il était considéré comme une chose du passé (devenu célèbre dans les années 30) ! Et les femmes ont été ébranlé par les remarques misogynes de ce joueur prétentieux mais spoiler: grâce à King, les hommes voyaient les femmes différemment - après sa victoire.
Le fameux match que se sont livré King et Riggs est l'un des principaux moteurs du film, spoiler: il ne dure pas très longtemps à l'écran
mais demeure excellent à regarder ! Après peut être que certains amateurs de tennis seront déçus de voir que le long métrage est spoiler: bien davantage un drame biographique qu'un drame sportif.
C'est pour cela que les réalisateurs ont choisi de montrer les évènements de toute cette confrontation dans l'histoire du tennis au féminin spoiler: - on s'intéresse à l'attirance sexuelle de Billie Jean King pour sa coiffeuse et aux problèmes de dépendance au jeu de Bobby Riggs -
et ils arrivent à nous captiver jusqu'au jour du match ! Le duo d'acteurs est très bon ! Emma Stone et Steve Carell livrent de belles et justes performances dans les rôles-titres. Carell (brillant dans Foxcatcher) arrive à rendre sympathique cet homme égocentrique et manipulateur qui rêve de retrouver sa gloire d'avant, alors que Stone (charmante dans La La Land) offre une interprétation toute en nuances qui nous permet de saisir la pression qu'elle subissait. Des décors vraiment bluffants qui retranscrits bien les années 70 avec leurs voitures de collection et leurs maisons et hôtels... Donc, Battle of he Sexes est un bon biopic qui se démarque des autres sur le paysage cinématographique américain. A noter que le film Borg/McEnroe est sorti le même mois que Battle of the Sexes ! Un rival dans la partie...
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