Les hommes au charbon, les femmes à la maison... Minecraft, le jeu vidéo, c'est un univers infini à construire soi-même, sans aucune autre limite que son imagination débordante. Minecraft, le film, c'est tout l'inverse, tant il brille (plus que l'orbe) par son scénario sans aucune idée, enchaînant les facilités comme des perles, et ne consistant qu'en un battle de surjeu (épuisant) entre Jason Momoa (recyclant son jeu de Fast X) et Jack Black (qui chante "La-la-la-lava ch-ch-ch-chicken" sans aucune raison, si ce n'est que la Warner essaie poussivement de reproduire son buzz du "Peach, Peach, Peach" de Super Mario Bros...). Allez, on accorde quand même que le soin de l'animation n'est pas mal (le rendu en 3D est plutôt joli), et qu'il y a pas mal d'action...dommage qu'elle ne soit réservée qu'aux hommes. Oui, vous avez bien lu, dès après la première bataille (où les filles se contentent de renverser une pauvre table...), le film choisit de scinder en deux son équipe : d'un côté, les hommes, qui
font une course-poursuite en volant dans les cieux, fracassent du méchant à tours de bras, font une course de wagon dans une mine
, bref, ont toute l'aventure pour eux, et de l'autre côté, les deux femmes, qui
fondent un joli foyer avec des fleurs au balcon, nourrissent le toutou, parlent parentalité, et attendent bien gentiment le retour de leurs hommes.
On est dans une pub des années 50, à vomir. Pour ce qui est de l'humour, on oscille entre un soupçon de cocasse "pour enfants" (le petit garçon du siège à côté a dû rire cinq fois, ne captant rien aux autres gags "nostal-geeks" ou "Tik-tokables") comme Momoa qui se prend une sorte d'oursin dans le popotin (on a souri) et à l'inverse une immense rasade de gags "volontairement gênants" (une surchauffe totale de Momoa et Black, humour balourd qui nous a blasé tout du long), ou encore des coups de coudes aux fans des réseaux sociaux ou aux geeks très (trop, à ce stade) nostalgiques. On a donc Jack Black qui cite "Mamacita" à savoir la "trend" Tik Tok d'il y a quelques années (on l'ignorait, c'est simplement la réplique qu'on n'a pas comprise, donc on est allés chercher), ou encore Jack Black qui refait Nacho Libre (comme c'est le même réalisateur), et une vague impression de repompage sur le récent Jumanji. A part ça, on se demande qui était ce
vieux devant la mine au début (qui ne vieillit pas en 30 ans), ou pourquoi il ne rattrape pas Steve une fois dans la mine, ou comment le gamin sait où trouver le portail dimensionnel (l'orbe l'attire ? Si oui, le jeu d'acteur est effroyable, car on ne dirait pas que le cube tire vers l'avant), ou comment tout le reste de la bande passe au travers si seule l'orbe est aspirée vers l'avant (on doute que Garth ou l'agent immobilier risque volontairement leur vie pour le gamin, alors quoi ? Comment se fait-il qu'ils débarquent dans le jeu ?), ou comment le premier zombi a réussi à monter sur la tour, ou comment un dirigeable peut débouler dans une scène sans que personne ne l'ait vu arriver, ou comment la Sorcière trouve miraculeusement plein de potions pour ses soldats alors qu'ils étaient en pénurie deux secondes avant...
Bref, on s'arrête là pour les inepties de scénario qui ne sont qu'une pénible suite de "Chut, c'est magique", la liste serait trop longue (jusqu'à la scène post-générique qui introduit au forceps le personnage
d'Alex, la fiancée de Steve dans le jeu,
donc l'aveu qu'on part déjà sur une petite saga lucrative et sans idées... Youpi, une autre dame pour arroser les fleurs). On ne sauve que la scène de l'oursin au popotin (premier rire du gamin à côté, et de nous-même, à mi-film, il était temps), qu'un certain dynamisme (pour les personnages masculins uniquement, puisque les femmes doivent rester à la maison avec Médor), qu'un soin à l'animation (et 3D), le tout noyé dans un produit commercial étouffé par ses références lourdes, ses deux acteurs principaux en battle de surjeu (infernal) et un scénario à trous qu'il faut combler par nous-même (c'est peut-être la nouvelle version du jeu).