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J'ai finalement vu Minecraft. Un cheval bleu. Oui, un cheval bleu. C’est littéralement la première chose que j’ai notée en sortant de Minecraft, Le Film. Pas parce que c’est un élément-clé du scénario. Non. Juste parce que c’était là. Comme tout le reste.
Dans un monde carré où la logique se plie à la loi du bloc, Jared Hess décide de tout casser, sauf les clichés. Jason Momoa, en armure de cuir pixelisé, traîne sa tignasse et ses répliques comme un aventurier qui aurait perdu sa boussole dans les shaders. Le pitch ? Une ado rebelle qui doit sauver l’Overworld avec ses amis cubiques… ou était-ce l’inverse ? Peu importe. On est là pour les creepers et les vannes sur le charbon.
Le film tente un équilibre entre l’aventure initiatique et la comédie absurde. Spoiler : il échoue dans les deux. On se retrouve avec des scènes d’action mollassonnes, des blagues qui tombent plus à plat qu’un creeper désamorcé, et des personnages secondaires aussi creux qu’une grotte minée à la TNT.
C’est drôle, parce que tout dans ce film semble avoir été généré aléatoirement. Comme si Jared Hess avait appuyé sur “/randomscript” et laissé faire le sort. Le montage ? Un speedrun sous acide. Les dialogues ? On dirait du chat en mode survie, avec autocorrect en prime. La musique, elle, hésite entre pastiche héroïque et playlist oubliée de Myspace.
Et pourtant… il y a ce petit quelque chose. Ce parfum d’échec fascinant. Comme un gâteau au poisson dans le jeu : c’est bizarre, ça n’a aucun sens, mais tu continues à en manger, juste pour voir si ça s’améliore (ça ne s’améliore pas). À un moment, un villageois parle. Enfin, “parle”… Hmmmmmmm. Voilà. Voilà le niveau d’écriture.
Et puis y’a Jack Black. Oh Jack. Il apparaît, il chante vaguement, il s’en va. Un caméo ? Une hallucination collective ? Un bug ? Le mystère reste entier. Même les enfants dans la salle étaient confus. À côté de moi, un petit a demandé : “Papa, c’est censé être drôle ?” Et le père de répondre, après une longue pause : “Je ne sais pas, fils. Je ne sais pas.”
La mise en scène ? Flottante comme un bateau sans rames sur un océan de bedrock. La direction artistique ? Ça oscille entre effet fond vert d’un tuto Blender et cosplay de salon. Même les Endermen avaient l’air de vouloir rentrer chez eux.
Il faut reconnaître une chose au film : il est fidèle à l’esprit Minecraft. C’est-à-dire qu’il n’explique rien, ne guide personne, et te laisse errer dans un no man’s land narratif en espérant que tu trouves quelque chose d’intéressant à faire.
Alors voilà. Minecraft, Le Film, c’est une œuvre qui aurait pu être une grande comédie métaphysique sur le vide existentiel en 8x8 pixels. À la place, c’est une séance de minage mental où chaque minute te fait regretter de ne pas avoir choisi l’option “désinstaller”.
Mais bon, au moins y’avait un cheval bleu.