Honnêtement, je ne sais toujours pas quoi penser de ce film. Est-ce un désastre complet ou une œuvre volontairement absurde et provocatrice ? C’est un de ces objets cinématographiques étranges qu’on regarde jusqu’au bout, fasciné et confus, sans jamais vraiment savoir si on assiste à un navet total… ou à une parodie géniale.
Discussion post-séance avec ma mère : pour elle, c’est évident, le film est volontairement débile, une caricature consciente et assumée du genre. Moi, je suis plus sceptique. J’ai plutôt eu l’impression d’un film premier degré, qui croit réellement à ce qu’il raconte… ce qui rend le tout encore plus bizarre.
On est face à des personnages dignes d’une cour de récré – ultra caricaturaux, criards, écrits avec la finesse d’un spectacle de marionnettes pour enfants de 4 ans. Les scènes d’émotion frôlent le ridicule, à tel point qu’on finit par en rire, presque gêné. La relation pseudo homosexuelle entre les deux adultes est traitée de manière tellement maladroite qu’on ne sait pas si c’est un hommage ou une moquerie. Les blagues, elles, flirtent régulièrement avec le bas de la ceinture, et les chansons absurdes surgissent sans prévenir, comme dans un rêve sous acide.
Et pourtant… malgré tout ça, certains éléments fonctionnent. L’univers du jeu est étonnamment bien retranscrit : les décors, les mécaniques, même la petite musique emblématique sont là. On sent que les créateurs du film connaissent le jeu, en tout cas dans sa version "bac à sable". Les effets spéciaux sont réussis, et beaucoup des créations présentées semblent fidèles à ce qu’on peut vraiment faire dans le jeu. La première nuit est d’ailleurs une belle référence que tout joueur reconnaîtra immédiatement.
Mais alors pourquoi ce ton moqueur ? Le film donne parfois l’impression de ridiculiser son propre public : les créatifs sont dépeints comme des marginaux, mal aimés, bizarres… Une satire qui tombe à plat, surtout quand le message final valorise prétendument l’imagination et la création… sans jamais les faire triompher. La fin est particulièrement frustrante : pourquoi ne pas avoir montré que le jeu créé était Minecraft ? Cela aurait donné un sens et une portée plus large au propos. Là, on a juste un film qui s’emmêle entre hommage et moquerie.
Et pourtant, je ne me suis pas ennuyé. Le film est absurde, parfois consternant, mais il ne laisse pas indifférent. On rit, parfois malgré soi.
Mention spéciale aux expressions culinaires de la grande méchante parlant de ses troupes qui sont des cochons en les disant – « Allez, mes petits lardons ! » – une réplique aussi débile qu’étrangement drôle (de l'humour noir comme je l'aime).
Je me pose aussi la question à qui est destiné le film, les blagues pour adultes omniprésente et les références à l'époque des salles d'arcane fait pencher pour un film à destination des adultes mais Minecraft, le scénario débile pour gamin fait pencher plutôt pour un film pour enfant très jeune. Le film ne sait pas à qui s'adresser et s'adresse donc à personne.
Conclusion : un film profondément stupide, avec des personnages ridicules, un message flou, et une tendance à tirer dans les pattes de sa propre communauté de joueurs. Mais c’est aussi un film étrange, unique, qui mérite presque d’être vu… pour être cru. À réserver aux fans du jeu d’origine, qui sauront y repérer tous les easter eggs. Les autres risquent de passer un très mauvais moment… ou un moment qu’ils n’oublieront jamais.