Avec J'ai perdu mon corps, Jérémy Clapin effectue une percée décisive sur le terrain de l'animation. En contant simultanément le voyage d'une main et celui rétrospectif de son propriétaire, le réalisateur (et coscénariste) nous invite pour une balade d'une incroyable mélancolie. La grande beauté du film se niche dans sa simplicité, convoquant la dureté (du propos) et l'onirisme dans le même monde. Il y a quelque chose d'incroyablement poétique à voir la personnification d'un membre tel un nouveau né qui prend peu à peu ses marques. Mais aussi de sonder les maux d'un jeune homme malchanceux et rêveur qui cherche la paix intérieure. Le film a l'intelligence de toujours lier les deux histoires par une interdépendance dans la vie de Naoufel (ses passions, ses souvenirs, son travail), rendant d'autant plus prégnante l'émotion. Qui est également décuplée par la composition musicale magnifique. Mené de main de maître, J'ai perdu mon corps articule une belle histoire de recomposition mémorielle jusqu'à son final poignant.
Le film s'avère une réussite esthétique assez indéniable, composé de plans et de panoramiques magnifiques,des couleurs urbaines travaillés, l'animation de la main est d'un réalisme bluffant et l'on se passionne de sa quète initiatique. Malheureseument, au fur et à mesure que se déroule l'histoire, on assiste en fait à une histoire certes poétique par instants, mais aussi guimauve au possible. Le scénario est signé Guillaume Laurent, déja coupable (le mot est fort, je le reconnais) d'Amélie Poulain, et en fait, on retrouve les qualités et les défauts du film de Jeunet, un coté malicieux et pénible à la fois. Cela a du charme mais c'est aussi un peu poétoc. Je reconnais toutefois ne pas être très friand des films d'animation
Une main coupée réussit à s'échapper du laboratoire où elle était conservée et à traverser la ville en en déjouant les embûches. Pendant ce temps - ou peut-être quelques mois plus tôt - on fait la connaissance de Naoufel, un jeune Marocain qui rêvait de devenir concertiste et astronaute avant de quitter son pays natal pour la France. hébergé par un oncle négligent, livreur de pizzas maladroit, il tombe éperdument amoureux de Gabrielle et réussit à se faire embaucher par son oncle menuisier pour se rapprocher d'elle.
"J'ai perdu mon corps" sort sur les écrans précédé d'une réputation louangeuse : présenté à la Semaine internationale de la critique à Cannes, prix du public à Annecy, plusieurs amis (poke Henri poke Florent) m'en ont fait l'éloge et passeront au crible ce que je vais en dire.
Qu'ils soient rassurés : je partage leur enthousiasme. "J'ai perdu mon corps" est un film d'animation au scénario complexe. C'est l'adaptation d'un roman graphique de Guillaume Laurant, le scénariste attitré de Caro & Jeunet depuis "La Cité des enfants perdus", "Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain" et "Un long dimanche de fiançailles".
L'histoire entrelace trois fils narratifs en restant d'une parfaite lisibilité. Au présent, on suit sur un mode fantastique façon Franju une main coupée à travers Paris dans des séquences qui empruntent au cinéma d'action : cascades aériennes, poursuites au ras du bitume, plongée dans les sous-sols du métro… Au passé simple, on exhume l'enfance heureuse du jeune Naoufel au Maroc avant le drame fondateur. Au passé composé, on revit ses dernières semaines et l'histoire de son coup de foudre pour Gabrielle.
"J'ai perdu mon corps" fait souffler un vent frais dans le cinéma français. Son sujet inédit, son traitement toujours juste, l'élégance de la musique signée Dan Lévy emportent l'adhésion. Seul bémol d'un scrogneugneu bientôt quinquagénaire : je suis sans doute trop vieux pour avoir chaviré à l'histoire d'amour passablement gnangnan des deux protagonistes.
Une impression mitigée... l'histoire est très originale, la réalisation subtile, mais j'ai trouvé que le film était froid, déshumanisé, sans chaleur. D'autre part, pourquoi une animation aussi saccadée alors que les décors sont superbes?
malgré les éloges a tour de bras, ce film qui se veut conte philosophique est d'un ennui sans nom. c'est méchant, cruel (le pigeon) entre autre, c'est prétentieux , avec une musique désastreuse qui dégouline , les personnages ne sont ni beau ni attachant , l'histoire insupportable et "la chose" (voir la famille Adams) est ridicule .
J'aurais pu mettre un peu plus mais je me suis ennuyée et le dessin est moche , super basique. Je me suis dit que je pouvais faire aussi bien - ou mal. Il faut vraiment rentrer dans l'histoire car le postulat de base est totalement absurde...Je ne comprends pas les recommandations à aller voir ce film d'animation.
Un film d'animation virtuose, à la fois inventif, drôle, sensible et poétique, soutenu par un graphisme élégant et porté par la sublime BO de Dan Lévy.
Cette idée de main à la recherche de son corps annonce, sur le papier, un film étrange ou farfelu. Au contraire, "J’ai perdu mon corps" est une romance tout ce qui a de plus terre à terre. Si ce n’est l’espace d’une superbe séquence avec un parapluie, le film de Jérémy Clapin n’a finalement que peu de poésie et de fantaisie.
Un beau graphisme et un récit audacieux. La confusion de l'intrigue et la froideur apparente empêchent toutefois une adhésion totale et une réelle émotion.
J'ai perdu mon corps est un film assez étonnant, à mille lieues de ce que produit d'habitude le cinema d'animation. Sensible, poétique, traversée de véritables moments de bravoure, ce film, entre réalisme social et onirisme, réussit à superposer deux histoires, à première vue, aux antipodes l'une de l'autre, par des signes et des symboles souvent subtils. Cette jonction entre les deux univers fonctionne bien mais la conclusion du film laisse un goût d'inachevé. La partie romanesque est un peu occultée au profit du concept et il semble manquer tout un pan de la narration. Ce parti pris, forcément deceptif, a de quoi déstabiliser, mais il a le mérite d'être singulier. Étrange, émouvant, visuellement très beau et doté d'une superbe partition musicale, j'ai perdu mon corps doit être découvert. Sûrement la naissance d'un futur grand de l'animation.
Un très beau film d'animation, riche en émotions, le graphisme est magnifique et le scénario d'une belle originalité. Du très beau travail, qui mérite d'être vu.
un film d'animation avec toutes ses lettres de noblesses...! Un beau film dont le graphisme porte l'histoire et justifie le fait d'avoir choisi ce mode d'expression... Une bande sonore très réussie et un montage qui nous tient en haleine jusqu'au générique...
Un film d'animation des plus originaux que cette hsitoire de main coupée qui erre à la recherche de son propriétaire, et en parrlèle l'histoire de ce propriétaire dont on suit la vie familiale enfantine, puis adolescente, professionnelle, amoureuse jusqu'à l'accident qui va lui couter une main. Beaucoup de poésie dans la narration, beaucoup de réalisme dans les dessins avec des jeux entre N&B et couleur, avec force détails ou au contraires simples esquisses dans les arrière-plans, suivant les moments. Film inclassable parce que non classique pour adultes et aussi pour (grands) enfants.
J'aurais aimé plus de séquences avec la main seule, bluffantes, par rapport aux séquences "humaines" plus attendues. Mais malgré ça, "J'ai perdu mon corps" reste un superbe film d'animation d'une poésie peu commune.
Engouement quasi unanime pour cet exercice de style poétique, émouvant et profond. S'il n'est pas exempt de défauts, "J'ai perdu mon corps" a le mérite de proposer une esthétique propre et une jolie histoire, tantôt drôle, tantôt touchante, avec des personnages réussis. M'attendant à quelque chose d'exceptionnel, j'avoue avoir été un poil déçu par le côté prévisible et assez simpliste du dénouement et par une facette onirique un peu trop présente. ça reste cependant un très beau film d'animation, dont l'encensement est plus que compréhensible.