Un film vraiment particulier , loufoque qui ne peut pas plaire à tout le monde ... C'est long et heureusement qu'il y a cette voix merveilleuse à la fin pour élever le film .
Esthétiquement superbe, finement drôle, ni trop bavard, ni trop long, subtil et féérique, Youth apporte un air d’optimisme et régale par sa distribution. Michael CAINE est sublime, Harvey KEITEL et Rachel WEISZ touchants, Paul DANO toujours aussi énigmatique ! La réalisation est très soignée et que dire de la photo et de la bande son, parfaitement en accord. J’ai longtemps hésité avant d’aller voir ce film et je suis sorti avec le sourire aux lèvres. Un véritable bain de jouvence qui parle avec finesse de la vieillesse et de l’inspiration. Les nombreux traits d’humour (le concerto pour cloches de vaches suisses est un must) confèrent à ce film toute sa légèreté même si l’intensité dramatique est très lourde et la fin poignante. Encore un moment magique du septième art !
Reflet cocasse du temps qui passe à travers le prisme de l'art, Youth puise la majeure partie de son énergie dans la performance du duo en tête d'affiche, Caine et Keitel, remarque couple emmuré dans les souvenirs de leur passion, sans compter la sublime Rachel Weisz qui tel ses compagnons parvient à nous faire passer du rire aux larmes en un clignement d'œil. Garnie de plans élégants et d'une photographie éblouissante, on aurait aimé que la réalisation de Sorrentino suive cet équilibre entre drôlerie et mélancolie dans le bon sens. Malheureusement, le cinéaste italien s'enfonce très rapidement dans l'auto-contemplation dérangeante, jouant prétentieusement sur le rapport de l'image au son, transformant une idyllique subjectivité en pub Milka. Nanti, il creuse les poisons de la passion dans un exercice méta sans aucune subtilité ni sensibilité, rendant son film dégoulinant et ringard. Malgré ses qualités, Youth nous perd en se complaisant dans le grotesque, mais nous rattrape in-extremis grâce à ultime séquence enfin bouleversante de simplicité et de mélancolie, éclatante cantate du désir et du temps.
Comment tester votre niveau d'éveil ? en allant voir ce film ! ... C'est d'une longueur interminaaaable... c'est lent, il ne si passe vraiment pas grand chose, et même le message n'est pas clair... en tous cas pour moi. Alors, oui il y a de beaux plans, de belles images, quelques gags des fois dues aux bonnes repliques de ces vieux copains qui se connaissent bien.Mais quand même, on s'emmerde dur. Mon voisin a d'ailleurs piqué du nez, et moi même j'ai lutté à un moment. L'affiche, racoleuse... voilà aussi ce que je peux dire, comme pour la bande annonce, ils ont vendus le film en jouant sur le corps sculptural de cette superbe femme, qui n'apparait que 30secondes. Bien évidemment, rien à dire sur le jeu des acteurs, et pour une fois, Paul Dano ne joue pas un post ado trauma ou un mec attardé et ça lui va super bien ! Bref, un film pas pour moi en tous cas.
Le style est là et le thème est vraiment intéressant. Le temps qui passe et le vieillissement. Ne plus croire à son avenir, revivre son passer. S'en souvenir ou non. C'est musical et visuellement très beau.
Un mouroir en Suisse pour clients fortunés. Des tranches de vie, subtilement mise en scène. Après un démarrage légèrement ennuyeux, ce film prend toute son ampleur. 3 étoiles et demie.
C'est assez étrange, mais c'est sans doute l'un des film les plus frustrant qu'il m'est été donné de voir. Comme rarement (jamais ?) j'ai alterné la fascination et l'exaspération, provoquant une succession d'entrées puis de sorties du film. Je me disais "c'est bon j'y suis" et la scène d'après "mince... j'y suis plus". Alors j'ai cherché un mot qui me permettrait de caractériser "Youth" et j'ai trouvé 'boursoufflé'. Oui boursoufflé car le film est ponctué de scènes qui n'ont pas beaucoup de sens faute d'exploitation, qui donnent l'impression de n'être là que pour faire de l'épate, nous dire "regardez comme je sais faire du beau cinéma", et que si elles n'avaient pas été là, le film aurait été une épure potentiellement magnifique. Sorrentino confond selon moi poésie, onirisme, symbolisme et poudre aux yeux. Là où un Kusturica par exemple arrive à intégrer le merveilleux et l'imaginaire avec une fluidité et une intelligence totale, Sorrentino nous donne l'impression de n'être que prétention faussement talentueuse. Voilà pourquoi "Youth" a été pour moi une expérience étrange que je n'ai pas appréciée.
Titre paradoxal voire trompeur... Ce drame optimiste présente deux artistes âgés qui chacun à leur manière veulent réussir leur chant du cygne tout en faisant œuvre de transmission et de partage avec des confrères ou leur propre famille. Ainsi au milieu des paysages magnifiés de la Suisse chaque personnage, porté systématiquement par la tendresse convaincue du comédien, va profiter de cette retraite thermale pour plonger en ses rêves, en ses souvenirs, en lui-même. Sorrentino entremêle ces introspections pudiques en soignant la mise en scène scandée par une envoûtante partition évoquant les souffrances et la nostalgie individuelles. Une intense mélopée amoureuse.
Le ton du film est intriguant avec quelques bizarreries de part et d'autres (concert de cloches de vaches, personnages random nus, etc) autour d'un casting captivant. Pas évident de voir un thème principal et la fin est un peu longue mais on a besoin de temps en temps de film, qui, par leur style singulier, excite la curiosité.
"Youth" célèbre la vie, l'amour, la mort et l'amitié avec un duo fabuleux. La caméra de Sorrentino a ce pouvoir rare de sublimer tout ce qui passe devant, les corps comme les lieux. Un morceau de campagne suisse devient une vignette onirique mémorable. Le 3ème age est tendre et ce film est un bain de jouvence.