«Le Goût des autres» (France, 2007), uvre dune des rares cinéastes françaises : Agnès Jaoui, possède dans son titre déjà lhumour inhérent à luvre. Lhistoire est celle dun patron riche : Castella (Jean-Pierre Bacri), suivi par un garde du corps et un chauffeur qui tombe amoureux dune comédienne qui est aussi sa professeur danglais. Symboliquement, cest lhistoire de la rencontre entre linculture et la culture. Regard acéré et âpre sur le milieu artistique et son opacité, Agnès Jaoui népargne personne et, avec son co-scénariste Bacri, se moque avec une légèreté toute particulière du rapport homme-art et homme-femme. Possédant des dialogues avisés et pertinemment drôles, dignes de Charles Spaak, «La Goût des autres», sous son air de film de famille, possède une pleïade de comédien français de qualité, dirigée par une actrice sincère qui inculque cette énergie dans la rythmique de son film. Car les origines musiciennes de Jaoui transparaissent dans ses scénarios tant que dans ses films : sens du rythme, laissant après une réplique drôle le moment au public de rire, de cesser, de reprendre. Considération populaire, méliorativement parlant, dans ce film de Jaoui. Ce qui réussit aussi à ce film, cest cette alternative du film choral, pas dinspiration altmanienne, ici tous se connaissent et sont ensembles, loin du déterminisme et du schéma action-réaction, «Le Goût des autres» assume de bout en bout laspect chronique de son histoire et cest dans cette humilité à être que le film dAgnès Jaoui est un bijou du cinéma français contemporain, échappant furtivement à un genre précis. Cinéma français davenir donc avec Jaoui comme humble metteuse en image.