14079 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
268 critiques spectateurs
5
45 critiques
4
86 critiques
3
73 critiques
2
28 critiques
1
26 critiques
0
10 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Jeune Ras
13 abonnés
469 critiques
Suivre son activité
5,0
Publiée le 22 mars 2022
J’ai beaucoup aimé. Cette vision des différents goûts humains, ces diverses personnalités qui se rencontrent, s’opposent, de comprennent ou se déteste. Psychologiquement et socialement très juste et intéressant. Bien filmé, bien joué. Très bon dans l’ensemble
Film qui mérite la reconnaissance unanime qu’il a suscitée à sa sortie. Un film remarquable par sa profondeur, sa finesse, sa drôlerie délicate mais aussi par son tempo, ses dialogues ciselés et justes de ton et enfin par la qualité exceptionnelle de ses interprètes. Le revoir 20 ans après fut un immense plaisir d’autant qu’il n’a pas pris une seule ride.
Pour le coup ça c'est ma came. Le cinéma Français de Jaoui et Bacri c'est toujours en subtilité. Le film se déroule de façon très linéaire mais il fait vivre ses personnages de manière très concrète, et ça n'est pas pour me déplaire, tout au contraire. Il y a tout de même de la théâtralité qui vient parasiter la crédibilité de certains acteurs. Seulement c'est toujours discret.
« Le goût des autre » est le premier film d’Agnès Jaoui (2000). Il raconte l’histoire de Castella (Jean-Pierre Bacri), un industriel mélancolique qui doit prendre des cours d’anglais avec Clara (Anne Alvaro) mais la première leçon ne sera guère productive. Pour des raisons familiales, Castella – un « peu brut de coffre » en matière de culture – doit aller voir Bérénice de Racine … et l’actrice principale n’est autre que Clara. Castella sera subjugué, retournera voir la pièce le lendemain et s’incrustera auprès de l’équipe. Bien que la risée de tous, il insistera, reprendra les cours d’anglais mais Clara dépressive sera au début insensible mais qu’importe … En parallèle on suit l’épouse de Castella, une décoratrice type « bonbonnière » ; de Bruno (Alain Chabat), le chauffeur de Castella, un grand naïf se faisant mener en bateau par sa petite amie partie aux USA et de Frank (Gérard Lanvin), le garde du corps de Castella pendant la signature d’un contrat avec les Iraniens, un homme macho et sceptique après une rupture même s’il s’éprendra de Manie (Agnès Jaoui), la serveuse du bar/restaurant où la troupe de théâtre a ses habitudes. Une comédie cruelle très subtilement menée sur le problème des « barrières » entre les différents milieux culturels et professionnels, magnifiquement filmée et avec des interprètes tous parfaits d’où les 4 Césars reçus.
Je crois que j'avais essayé de le voir une fois sans réussir à rentrer dedans. La seconde a été la bonne, même si ce n'est pas vraiment mon genre de film préféré. Il faut se formaliser à un rythme lent, dans un environnement relativement banal, centré sur les dialogues et toutes ses subtilités, spécialité d'Agnès Jaoui. Mais le scénario est intéressant avec cette galerie de personnages, très bien joués, de mondes opposés qui essayent de communiquer et de partager leur univers. Pour un premier film, c'est une réussite.
D abord c est sublimement bien écrit et puis il y a les acteurs ! un vrai bonheur pour ceux qui aiment les comédiens. Un film chorale avec Jean Pierre Bacri incroyable dans un rôle magnifique et Anne Alvaro qui lui donne la réplique. Agnès Jaoui signe un film drôle et touchant sans doute à son image.
Avec une telle note , je suis à contre-courant des critiques professionnelles....je n’avais pas vu ce film à sa sortie , les cinémas étant fermés avec la crise COVID c’est le moment de découvrir des films. J’apprécie beaucoup Bacri et je me faisais une joie de regarder ce film.....déception....et surtout ennui...un film sans intérêt qui ne laisse rien....dommage avec une belle brochette d’acteurs.
Un beau film qui dresse le portrait d'une galerie de personnages qui se croisent. Les dialogues signés par duo Bacri/Jaoui sonnent justes. Et le casting est vraiment au top. Bacri campe un chef d'entreprise un peu râleur qui tombe sous le charme d'une comédienne, Chabat joue don chauffeur un peu naïf en amour, Lanvin est un garde du corps assez rigide et Jaoui joue une serveuse de bar assez libérée qui va rencontrer ces personnages et en aimer certains. C'est un film qui fait plaisir à voir.
6 193 abonnés
18 103 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 10 avril 2021
Un homme d'affaires provincial riche mais inculte tombe amoureux d'une actrice locale et s'introduit dans son cercle d'amis pompeux. Au début ils le considèrent comme un philistin et le traitent comme une blague mais leur attitude change lorsqu'il devient un acheteur potentiel de leurs œuvres. Pendant ce temps sa femme architecte d'intérieur impose ses styles à sa sœur qui a emménagé à proximité et son garde du corps et son chauffeur doivent faire face à leurs propres défauts lors de leurs rencontres amoureuses avec une barmaid locale. Si l'intrigue n'offre pas de solutions faciles aux besoins et aux insécurités complexes de ses personnages elle montre au moins que chacun d'entre eux à sa manière apprend quelque chose de significatif sur lui-même et sur les autres. Les deux personnages principaux en particulier finissent par se voir sous un jour plus favorable et une direction pour l'avenir est ouverte. La confiance, l'intelligence et l'humour avec lesquels la réalisatrice Agnès Jaoui présente ces vies enchevêtrées sont un plaisir à vivre et elle offre une alternative rafraîchissante et très européenne à la caractérisation plus clichée privilégiée par Hollywood...
Une satire aigüe de notre société, pertinente, parfois féroce, toujours humoristique, avec gaffes, non-dits, principes, idées préconçues, conventions, habitudes, tropismes… C’est fin, drôle, bien joué et un des meilleurs films du couple mythique Bacri-bourru/Jaoui-bonne fille, co-auteurs d'un scénario inscrit dans la bien-pensance en vigueur.
Très haut dans le cinéma français ; ce film est une perle de justesse, de rythme et d’écriture qui fût reconnu par les américains qui le nommèrent aux Oscar. Comme à leur habitude Bacri/Jaoui sondent en profondeur la nature et les relations humaines dans un scénario d’une finesse absolue ; aucune dissonance à noter et aucun gras ; tout est pesé et nourri à merveille ce récit chorale. Au centre du jeu, 7 personnages très dissemblables vont être amenés à se croiser, se rencontrer, faire connaissance, se côtoyer voire s’aimer. 7 personnages en circulation permanente, çà laisse beaucoup de possibilité de mise en scène, mais la mécanique est bien huilée et toutes ces interactions même improbables coulent de source. Agnès Jaoui dont c’était la première derrière la caméra excelle dans l’exercice et çà crève les yeux dès la première scène dans le restaurant où en quelques minutes et répliques elle nous présente 4 personnages majeurs. Le tour est joué, le film est lancé. Mettre en opposition des personnages que tout sépare est leur fonds de commerce, Bacri/Jaoui manient ici avec aisance un comique de situation acide marqué par les clivages financiers, culturels voire politiques. Là où par le passé, ils étaient concentrés sur les relations familiales ; dans celui-ci ils mettent en contact un industriel fortement doté en capital économique mais au niveau culturel faible avec des artistes érudits ayant du mal à vivre bien de leur art. Les seconds méprisent le premier, le premier se révèle aimer l’art ; et le personnage le plus lamentable n’est jamais celui que l’on croit. Le message est limpide : échange tes lunettes avec ton voisin afin de le regarder autrement ; une thématique exploitée aussi par « Le diner de cons ». Contrairement à ce dernier, une pure comédie, celle-ci est vacharde et profonde ; on rit jaune parfois. C’est une merveille car arriver à décrire les relations humaines dans toutes leurs complexités avec autant de simplicité relève du grand art. A voir ou comme moi, revoir tout-un-cinema.blogspot.com
L'amour est vaincu par les classes sociales. J'avais oublié (ou négligé) la finesse de cette comédie. Les relations entre personnages, les mesquineries et vraies cruautés sont d'un réalisme poignant. Je connais assez mal le milieu de la culture et le microcosme du théâtre subventionné mais la vanité et le mépris du groupe renouvelle agréablement le rôle de "méchant dominant" généralement occupé par les vainqueurs du système capitaliste : les bourgeois. On sent ici le plaisir sadique de cette communauté repliée sur elle-même, boursouflée de l'autosatisfaction de leur quête de grandeur artistique. Ils ne connaitrons pas le succès et ne s'extirperont jamais de leur précarité matériel mais savourent avec férocité la revanche vaine que leur offre la vie : mépriser ensemble le chef d'entreprise qui s'aventure dans leur monde. Lui est seulement poussé par un amour improbable, imprudent même et impossible. Il est dénué des armes nécessaires pour s'y faire accepter ou même s'y défendre. Le jugement de classe, le jugement de ses goûts, sera cruel. Les parallèles tirés entre le polytechnicien et son boss, son boss et les artistes sont très malins. Le goût de autres est également imprégné d'une mélancolie, d'une dépression sourde dans laquelle je me retrouve complètement. Je regrette presque que Jaoui cède au happy end en renversant le rapport de domination Lanvin/Chabat et en donnant une chance à l'histoire Bacri/Alvaro, la vie c'est pas pretty woman.
Belle comédie dans laquelle Agnès Jaoui arrive à dépeindre, sans raconter d'histoire, un trait de caractère courant chez les humains : juger les autres au premier coup d'œil. Tout le monde en prend pour son grade. Les personnages sont subtilement décrits, dans de courtes scènes qui font apparaître leurs regards mesquins à l'encontre de leurs congénères. Le regretté Jean-Pierre Bacri est tout en bougonnerie jusqu'à ce qu'il soit ému aux larmes en assistant à une représentation de Bérénice au théâtre. On découvre alors une facette touchante de cet acteur parti trop tôt.
Le scénario est constitué de scènes et dialogues poussifs, proches du copier-coller, desquels rien ne semble émerger. On tourne en rond pendant deux longues heures autour de ces personnages trop caricaturaux, sans nuances, sans jamais qu'un enjeu un tant soit peu intéressant ne fasse surface.