"La Ligne verte" est clairement l'un des plus grands films de l'histoire du cinéma américain. Réalisé par Franck Darabont et adapté d'une œuvre de Stephen King, le projet a marqué les esprits. Même si la critique n'avait pas été tendre avec lui au moment de sa sortie, sa renommée est encore d'actualité à notre époque. Sur le papier, il est vrai que le long-métrage peut paraître un peu candide. Le scénario a clairement la lutte du bien contre le mal comme point de départ, et on pourrait donc trouver que sa manière de faire est un peu facile. Par exemple, au sein de cette histoire, les gentils sont très gentils et les méchants sont très méchants. Ce serait un point de vue qui se défendrait de trouver cette approche très classique, mais le film réussit pourtant à utiliser cette base pour amener une représentation plus profonde de sa thématique. Au travers de cela, le projet va clairement poser un sous-texte religieux, le personnage de John Coffey étant comparé à un miracle vivant. Introduit dans un milieu pourtant opposé à ce que ce personnage représente, le film va donc amener énormément de réflexions sur l'humain et sur ses travers. John Coffey est clairement un personnage que l'on retient, à tous les niveaux. Déjà, car son caractère et sa personnalité vont à l'opposé de sa carrure, celle de Michael Clarke Duncan. L'acteur lui donne donc un jeu extrêmement doux, que ce soit dans ses mimiques ou dans le ton de sa voix, qui ne dégage jamais la moindre dose d'émotions trop vives. Ce personnage met donc notre perception à rude épreuve, entre la grosse brute qu'il semble être et la bonté d'âme qu'il est réellement. Un parallèle est donc très intéressant à faire avec le personnage de Percy, lui qui est très petit, mais pourtant très cruel. Par conséquent, méritons-nous un personnage comme John Caffey ? Lui qui, à sa manière, œuvre à aider grâce à son don, mais qui est enfermé d'une manière très mystérieuse malgré tout. Le fait que le film se déroule dans les années d'avant-guerre n'est d'ailleurs pas un hasard, John Coffey étant noir, cela donne encore plus de force à cette envie du scénario. Clairement, le film va s'avérer être très cruel, et presque trop dur, pour un personnage aussi bon, et c'est là que se joue la subtilité du projet. Alors que beaucoup pourraient s'attendre à une fin heureuse, la conclusion va finalement offrir un dernier acte particulièrement difficile à regarder, même si extrêmement émouvant. Le personnage de Paul Edgecomb est d'ailleurs une excellente idée en tant que personnage principal d'une histoire pareille, celui-ci remettant réellement en perspective le fardeau d'un tel pouvoir. Tom Hanks l'interprète d'ailleurs à merveille, et sa relation avec John Coffey sera clairement l'une des plus belles que j'ai pu voir au cinéma. Évidemment, je ne peux pas citer tout le casting, mais chaque personnage, et chaque acteur, a réussi à apporter sa petite pierre à un édifice où chaque élément s'accorde parfaitement. Franck Darabont n'est d'ailleurs pas en reste au sein de ce château de cartes, celui-ci déployant une mise en scène très subtile, mais également très efficace. Avec un grand respect pour la symétrie, ou pour un montage très doux (jusqu'à aller dans des fondus parfaitement composés), il se dégage une impression de légèreté au sein de cette mise en scène. Le réalisateur savait qu'il n'avait pas besoin d'en faire beaucoup pour assurer un bon rythme et une bonne narration, le projet étant quasiment un huis clos, l'écriture et le jeu des acteurs sont donc les atours majeurs de ce bon ensemble. Et même au bout des trois heures, je peux vous dire que nous ne voyons pas le temps passer. Le film a beau être long, il n'est jamais ennuyeux et il réussit donc à capter notre attention, du début à la fin. Pour moi, ce projet est donc un immense chef-d'œuvre. C'est un film que l'on doit revoir, encore, et encore. Pour conclure, un petit bijou du 7e art.