Le Secret de la chambre noire
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anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 8 février 2017
"Ce n'est pas le Japon qui est foutu, c'est toi qui ne vaut rien" est une réplique d'un personnage du film de Moratoriamu Tamako cité en exemple par Kiyoshi Kurosawa.
Elle illustre le propos de ce réalisateur japonais contemporain qui s'intéresse à l'évolution de nos sociétés.
Plongé dans l'univers de la région parisienne, Kiyoshi oppose l'ancien urbanisme, grosse maison bourgeoise, au développement récent et bétonné de la banlieue parisienne.
Le sociétal est aussi représenté par la disparition des métiers manuels, ici ceux liés à la photographie argentique au profit de l'émergence de la photographie numérique.
Adepte du Daguerréotype, ancien procédé de photographie (1851), un photographe ayant perdu son épouse cherche à la retrouver en immortalisant sa fille dans des clichés au temps de pose particulièrement longs et éprouvants.Pourquoi faire à l'ancienne, en un temps infini, ce que l'on peut faire très rapidement aujourd'hui avec les progrès du numérique ? pourrait se demander Jean, son nouvel assistant. Ce dernier, demandeur d'emploi, accepte les contraintes de ce procédé ancestral sans rechigner.
Tout le propos du film de Kurosawa est de démontrer la déshumanisation de nos sociétés avides de profits rapides, sans lendemain.Cadrages serrés, caméra fixe et atmosphère pesante sont au rendez-vous de ce film de fantômes chers au cinéaste.Le flou entre réalité et fantastique ne permet pas de distinguer les frontières et, on oscille d'un monde à l'autre en s'interrogeant sur la finalité de cette représentation. L'actrice Constance Rousseau personnifie agréablement la modernité et la femme d'un monde disparu (19éme siècle).Son personnage est au centre de l'histoire et indique clairement que le futur de l'homme est la femme, sans elle il n' y a pas d'espoir : l'artiste ne peut vivre sans sa muse.

La réalisation est parfaitement maîtrisée, seul le dénouement, ,à se vouloir trop explicite, gâche cette narration devenue confuse du fait d'un relâchement du scénario dans sa partie finale.
Les compositions photographiques sont particulièrement réussies : tonalité des couleurs, des objets, des personnages et ordonnancement méticuleux des plans.
Belle réalisation qui nous permet de revisiter l'âge des pionniers de la photographie, et de comprendre qu'une nouvelle ère détruit la précédente.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 7 février 2017
nobuyoshi kurosawa nous livre un film magnifique et dur qui traite essentiellement du deuil ,mais aussi des regrets, de la peur d'hommes de perdre le contrôle et l'amour, le tout mis en scène dans des décors aussi beaux qu'abandonnés ou les outils archaiques du personnage principal qui est photographe emprisonnent son /ses modèles, et où les fantômes de ses souffrances gambadent poétiquement tout le long du film jusqu'à nos faire ressentir a nous aussi sa propre perdition... j ai ressenti quelques longues longueures,quelques heures après avoir vu le film j ai compris qu'elles n'étaient pas là pour rien finalement...
Cinemaniakmontreal
Cinemaniakmontreal

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2,0
Publiée le 21 novembre 2016
Avec Le Secret de la Chambre Noire, Kiyoshi Kurosawa rate malheureusement son passage en France avec une oeuvre qui souffre de la comparaison avec son Creepy paru plus tôt cette année. ♥♥

Je me méfie toujours énormément des cinéastes qui font le choix de s’exiler à l’étranger. Je crois que malheureusement trop souvent, ceux-ci perdent leur sensibilité locale au profit d’un pseudo-universalisme qui au final édulcore trop souvent l’auteur jusqu’à le rendre insipide. Si le constat est dur, reste que nous avons plus connu de The International (Tom Tykwer) que de Copie Conforme (Abbas Kiarostami). Toutefois, lorsque j’ai eu vent que Kiyoshi Kuroswa, auteur des légendaires Cure, Retribution ou même l’excellent Creepy au dernier festival Fantasia, allait tourner un film en France, je me disais qu’il y avait là un auteur à la signature si intègre qu’il ferait indéniablement parti de ceux qui réussissent leur passage à l’étranger. Malheureusement, Le Secret de la Chambre Noire se trouve davantage dans le coin des déceptions.

Coiffé d’une distribution de première force (Olivier Gourmet, Tahar Rahim et Mathieu Amalric notamment), Le Secret de la Chambre noire nous raconte l’histoire d’un photographe (Olivier Gourmet) obsédé par les photos anciennes et de son assistant (Tahar Rahim). Rapidement, le travail sombre dans une spirale de souvenirs douloureux et de magouilles douteuses auxquels se mêlent divers personnages plutôt glauques notamment la fille du photographe et un promoteur immobilier sans scrupule.

D’entrée de jeu, le jeu des acteurs est la grande déception, spécialement lorsque l’on regarde les solides noms présents au générique. Aucun d’entre-deux ne semble s’en tirer avec mention honorable et ils offrent tous une composition un peu fade, sans émotion ni intensité. On sent que l’ensemble manque de direction et les acteurs trop laissés à eux-même. La psychologie des personnages est également trop faiblement développée et affecte l’ensemble de la crédibilité du récit.
Manque d’inspiration
Certains plans demeurent par contre magnifiquement cadrés et nous rappelle tout le talent du cinéaste Kiyoshi Kurosawa. Ceux-ci sont toutefois trop anecdotique dans une histoire qui ne prend jamais véritablement son envol ni ne pose les bases solide d’un suspense. Si Kurosawa avait réussi l’incursion hors du cinéma d’horreur avec Tokyo Sonata, Le Secret de la Chambre noire n’arrive pas à la hauteur des standards auxquels le célèbre cinéaste nippon nous a habitué.
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