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Quentin V.
62 abonnés
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4,0
Publiée le 12 octobre 2015
Denis Villeneuve revient après deux films qui ont marqué le cinéma, Prisoners et Enemy. Alors que le premier avait enchanté la critique, le second, pourtant excellent à mes yeux, avait un peu perdu le spectateur par une intrigue exigeante et onirique, pas à la portée de tous. Pour Sicario, Villeneuve revient à quelque chose de plus abordable on va dire. Le scénario est facile à appréhender, même si par moment il souffre un peu de longueurs. Pendant une bonne partie du film, le spectateur est volontairement tenu à l'écart de l'intrigue, comme l'est Emily Blunt dans le récit. C'est très immersif pour le coup et un peu déstabilisant aussi. Les comédiens sont tous justes dans l'ensemble, ils n'en font pas des caisses c'est appréciable. C'est au niveau réalisation que Sicario tire son épingle du jeu. Denis Villeneuve arrive à insuffler une tension palpable et moite qui vous saisira à chaque scène d'action. La musique, l'image posée très sobrement, l'immersion du spectateur au plus près des personnages, tous ces éléments confèrent à Sicario un ressenti très positif à mon sens. Un bilan tout à fait satisfaisant donc, une immersion réussie, des acteurs justes, une histoire intéressante (même si pas transcendante). Je regretterai peut-être une ou deux scènes un peu too much mais dans l'ensemble, c'est une réussite.
Sicario est un film bien mené d'un point de vue de la tension, vraiment présente tout au long de l'histoire et bien renforcé par la bande son. La caméra bouge bien et la photo , le ton des couleurs et les vues aériennes sont superbes et les acteurs sont justes. On connait le sujet maintes et maintes fois traités, l'approche n'y est pas trop différente si ce n'est cette tension au maximum tout le film. Mais hélas le scénario est trop alambiqué pour que l'on y rentre totalement dedans. On est perdu la 1ere demi heure avant de comprendre au fur et à mesure ce qu'il se passe ou tout du moins commencer à appréhender ce qu'il se passe. on s'attend donc à un dénouement final mais rien.... pas l'impression qu'il y ait une réelle cohérence dans le montage du film au final (j'ai peut être raté des épisodes :-| ). ça reste pas mal au final...
Même si les films traitant des cartels de drogue ne m’intéressent pas, j’ai été tentée de voir ce film de Denis Villeneuve, envoûtée à leur sortie par « Prisoners » et par « Incendies ».
J’ai trouvé la réalisation de « Sicario » brillante voire exceptionnelle. L’ensemble (la musique, les acteurs, la photographie, les paysages, le scénario, les mouvements, le montage) forme un tout cohérent où rien n’est gratuit . Mais « efficacité » n’est pas le terme adéquat pour qualifier ce film, tant l’esthétique et l’imagination dans le montage y tiennent une place intégrante, le rendant grisant voire vénimeux.
Comme dans « prisoners », on est tenté à tout moment de croire que le personnage joué par Benicio Del Toro et le responsable de la CIA sont en droit de « déplacer les limites » pour arriver à leur fin qui n’est pas d’éradiquer les cartels, que le mal peut justifier le mal.
C’est à travers le regard d’Emily Blunt, que le spectateur ne peut finalement comme elle que suivre avec peine et ne rien maîtriser.
Le personnage de Kate (Blunt) s'avère bancal. Elle est aussi inutile que fantoche autant pour le film que pour la mission. Emily Blunt n'est qu'un faire valoir, et quel dommage !... Heureusement Villeneuve compense le fusible Kate/Blunt par une mise en scène inspirée mais ça reste une déception (scénario, personnage de Kate) malgré les qualités évidentes (mise en scène, Cartel). Note généreuse !
Villeneuve a réussi ici un petit chef-d'oeuvre sur le thème pourtant archi-rebattu des narco-trafiquants mexicains et de la sinistre zone frontalière entre le Mexique et les Etats-Unis. Sur le plan formel, on retiendra une qualité d'image et de cadrage exceptionnelle, un rythme adapté à un suspens haletant, tantôt effréné dans la course et tantôt alenti, pour s'adapter, par exemple, à l'attente dans l'embouteillage du retour à la base avec le trafiquant kidnappé (scène anthologique!). La distinction entre le bien et le mal - peut-on utiliser des méthodes de voyous pour lutter contre des voyous? - est ici parfaitement interprétée par le couple Blunt (magnifique dans un thriller!) -Del Toro (terrifiant et ...sympathique!). Du très bon cinéma d'action tel qu'Hollywood sait parfois en fabriquer!
La mise en scène précise de Denis Villeneuve est l'atout majeur de Sicario, dès l'impressionnante séquence d'ouverture. (...) Mais le scénario reste linéaire et même les surprises sont relativement convenues. Après quelques longueurs en milieu de film, la dernière demi-heure – avec une montée crescendo de la violence – est une pure réussite. Un solide thriller qui aurait pu cependant s'avérer plus original.
Bravo monsieur Villeneuve. Quelle intrigue !!! Du même niveau que prisonners avec des acteurs parfaitements dirigés . Les vues aėriennes, les scénes d'actions,les dialogues,l'intrigue...toutes les pièces du puzzle s'assemblent peu à peu pour former un film géant . Merci pour ces deux heures de bonheur cinématographique.
Après les mémorables Incendies, Prisonners, et Enemy, le canadien Denis Villeneuve revisite le thriller narcotique et politique avec son Sicario (Hitman dans le jargon mexicain), en traitant à la fois du milieu des cartels de la drogue mexicains et de la question de l'immigration clandestine. A travers un synopsis simple mais efficace, à savoir la mise en place d'un groupe de choc composé d'agents de la CIA (avec à sa tête un Josh Brolin toujours convaincant, en véritable mercenaire), de marshalls têtes brulées, et d'un ex-procureur mexicain devenu le bras armé vengeur de cette organisation (campé par un Benicio del Toro mystérieux et flippant par moment), pour faire chuter un gros cartel local à Juarez. Kate Macer, agent prometteuse du FBI est "recrutée" pour rejoindre ce groupe de mercenaires. Et c'est là le grand attrait du film, puisque ce personnage joué par Emily Blunt, qui s'impose de plus en plus par son talent, permet au spectateur de rentrer en pleine immersion dans l'intrigue, de par la tension ressentie, des questions posées sur l'avancée progressive de cette "mission". On vit avec elle chaque moment intense, on a peur avec elle, on perd nos repères comme elle, et on se pose les mêmes questions. spoiler: La scène de l'entrée puis de Ciudad Juarez en est un parfait exemple d'intensité quasi étouffante, où le danger est ressenti à chaque seconde. . Denis Villeneuve prend le parti de faire de Kate Macer un véritable témoin, et réussi son entreprise. Certes, le petit bémol réside dans le manque de tenants et aboutissants quant à la légitimité de l'action de ce commando, spoiler: même si la finalité est de permettre d'assouvir une vengeance personnelle d'un des personnages principaux. , laissant un goût amer, mais c'est certainement le but recherché du réalisateur. Comme si, à l'instar de Kate Macer, on se sentait utilisé et mis finalement sur la touche, pour une cause qui nous échappe. Paradoxalement, c'est bien la grande réussite de ce film, nous identifier clairement à l'héroïne, au travers d'une réalisation bien maîtrisée, parfois suffocante.
Pas la claque majeure que m'avait mis PRISONERS, mais très solide néanmoins et visuellement splendide. Petit bémol donc, dû a plus d'attentes. Et au personnage de Blunt qui veut tellement contraster avec l'impitoyabilité du duo del Toro-Brolin qu'il en devient "trop": trop fragile, trop candide, trop perdue -prenez ce que vous voulez- pour celle qu'on nous annonce au départ comme une crack du FBI rompue aux opérations "commando" (même son adjoint qui sort de fac a plus de coffre). Villeneuve confirme qu'il fait définitivement partie du gotha mondial des réalisateurs; j'entends les rares qui allient fond, forme et succès.
du cinéma du vrai cinéma il faut dire qu' avec Denis Villeneuve c'était du lourd a coup sur quel film, quelle maitrise de la caméra et des acteurs au top pour un scénario ambitieux et magistralement mis en scène bravo
Avançant à pas mesurés dans son propos, par petites touches, distillant progressivement au spectateur sa montée d’adrénaline, le réalisateur nous offre un percutant film d’action camouflé en reportage. Ses images-chocs sont même en dessous d’une effarante réalité. Que sont ces vingt-deux cadavres retrouvés dans une ferme du cartel face aux cinquante étudiants "disparus" ? Et ces pendus démembrés face aux massacrés quotidiens ? Ce film est une lente plongée dans les ténèbres de l’horrible réalité mexicaine. Avec une précision documentaire, rythmant son propos de quelques scènes puissantes, allant jusqu’au paroxysme d’une scène de fusillade sur le pont frontalier entre Juarez et les USA, usant de séquences dans lesquelles la technologie apportée par les drones, les amplificateurs de vision nocturne ou l’imagerie infrarouge, rend onirique la tension extrême que peuvent subir les personnages vus comme sortant d’un ixième jeu-vidéo, Denis Villeneuve construit pas à pas une fable morale et politique sans concession en amenant une enquêtrice issue du FBI, captivante mais candide héroïne, gavée de procédure et de respect des règles, à côtoyer un agent gouvernemental ne s’embarrassant guère de principes au nom d’un soucis d’efficacité maximum et un redoutable consultant agissant aux noms d’intérêts fort personnels. Certes, la lutte contre la délinquance, surtout celle contre cette hydre sournoise qu’est la drogue ne peut se satisfaire de demi-mesures et de prêches vertueux. Il y faut de l’efficacité et cela peut-il réussir sans bafouer quelques procédures ou quelques principes qu’on défend par ailleurs. La présomption d’innocence est bien jolie, mais peut-on laisser un trafiquant vendre son poison au prétexte que l’analyse du produit n’a pas été faite ? Peut-on laisser un assassin sévir sans riposter au nom de ce principe ? Il a bon dos le coupable "présumé"! Il y a de ce dilemme moral dans le film. Implacable réalité qui nous force à choisir. De même, est-ce un assassinat que d’abattre sans procès un caïd de la drogue commanditaire de trop nombreux meurtres ? Et jusqu’où est-on prêt à aller pour défendre ce joli principe, jusqu’à notre propre mort ?, comme le suggérait Jean-Marie Arouet ? S’il est un endroit où la fin justifie les moyens, c’est peut-être bien dans cette lutte contre la drogue, dans cette guerre contre la mort ingérée. Car il s’agit bien d’une guerre. Tout dans le film nous le rappelle, les tenues enfilées par les acteurs, les moyens utilisés, les rafales incessantes, les façons de faire. Nous ne sommes plus dans un simple policier. Dans ces paysages arides, dans ces souterrains obscurs, se livre un mortel jeu de cache-cache. Pourtant, quand il s’agit de lutter contre un monstre, couper la tête de l’hydre n’est pas suffisant. De même, s’il faut lutter contre la drogue, ce n’est guère en s’attaquant aux dealers, ni même à leurs commanditaires, qu’une société quelconque vaincra. Le mal doit s’extirper, comme dans toute guerre, à la base. Le consommateur n’est pas uniquement un addictif, c’est aussi un phalangiste actif, un zélateur dévoué. Aujourd’hui, nous nous gargarisons de bons sentiments, notre compassion est souvent sans limite et pourtant notre tolérance est attaquée parce qu’elle ne veut guère se défendre. Que ce soient les cartels ou les groupuscules fanatisés, qu’ils vantent l’héroïne, le régionalisme ou la charia, ils nous ont déclaré une guerre sans merci que notre civilisation se doit de gagner sous peine de retomber dans les affres médiévales et de voir nos contrées dominées par une nouvelle génération de seigneurs de guerre s’affublant derrière les oripeaux arrachés à de nobles idées.
Dans un monde crépusculaire, le réalisateur nous entraîne dans une fable morale diluant son manichéisme au travers d’un cauchemar d’une redoutable efficacité.
Une réalisation efficace, une photo superbe, un bon casting pour un scénario gonflé à la testostérone. Pas de demi-mesure, faut couper le tête du cartel et employer les grands moyens : dépasser les lois établis et foutre un putain de bordel sans tenir compte des dommages collatéraux.
L’agent du FBI Kate Macer rejoint l’équipe de Matt Graver. Missionné par le gouvernement pour éliminer le boss du cartel au Mexique, il est secondé par Alejandro (agent mystère) et une bande de gros bras de l’armée. La miss a des principes, elle sera très vite dépassée.
Il s’agit presque d’un clan de légionnaires sans peur, ni reproche. On frise parfois le ridicule dans l’attitude macho et la petite Macer a du souci à se faire. Elle va tenir bon sans vraiment comprendre ni admettre ce type de méthode.
Emily Blunt est un peu trop aérienne pour le rôle mais sa sensibilité la sauve et donne de la dimension à son personnage.
Benicio Del Toro nous la refait désabusé mais bon il a la gueule de l’emploi et il est parfait.
Josh Brolin est à 100% dur à cuir, sans complexe et avec un soupçon d’ironie.
Du film d’action qui veut prendre des airs distingués , le résultat est mi-figue , mi-raisin. Denis Villeneuve passe à l’action et se démarque largement de son film précédent « Enemy« , il cultive les plans chocs façon « Paris-Match » pour mieux nous scotcher. Dans la même catégorie j’ai nettement préféré « Traffic » de Sodebergh. Villeneuve a répondu l’appel des sirènes du pays des Blokbusters.
NB: Bonne BO bien nerveuse qui colle avec le tout.
Encore un film surestimé. Ce n'est pas parce que on est sélectionné à Cannes grâce à ses réseaux (et Dieu sait qu'à Cannes, l'endogamie est la règle) que l'on est un bon film. Le démarrage du film est lent, et l'on somnole tout le long du film. Pour le reste le "grand thriller" de la critique ressemble plus à un film de guerre, et les policiers à des soldats. Les hommes démembrés morts pendus dans la ville mexicaine de Ciudad Juárez, font penser aux corps suppliciés, exhibés dans certaines villes en Iraq ou en Syrie. Les personnages de Sicario ne résonnent pas avec le spectateur. C'est une lecture convenue avec des personnages inaccessibles et distants. C'est une étude psychologique prétentieuse censée apportait des lettres de noblesse au thriller, mais on s'en fout ! Ce n'est pas ça le thriller. On ne demande pas ça un triller ou bien alors c'est la confusion des genres. Le spectateur se languit et espère une "tournure d'intrigues" qui ne vient jamais. La scène la plus ennuyeuse (et il y en a beaucoup) est certainement celle avec les caméras infrarouges, mais combien de temps cela dure-t-il ? 10 minutes ? 1 heure ? C'est une vraie épreuve. Ça n'en finit plus.
Sicario, réalisé par Denis Villeneuve (Incendies, Prisoners), est une plongée violente (physiquement et psychiquement) dans les abîmes des cartels. Principalement tourné autour d'un trio de choc (Emily Blunt, Benicio Del Toro et Josh Brolin), le film est une corde tendue pendant 2 heures, toujours sur le point de rompre. Les superbes plans du désert de Chihuahua contrastent avec les bidonvilles de Juárez. Les images de nuit (en nightshot ou en night vision) s'opposent aux détails de celles saisies par un drone ou un satellite. Bref, on navigue en permanence en eaux troubles, jusqu'au dénouement, implacable et déroutant. Oscar prévisible pour Emily Blunt, remarquable de fragilité et de force. Une femme sans famille comme l'était Jessica Chastain dans "Zero Dark Thirty". Un grand "Villeneuve", peut-être au summum de son art.