La force de la nature s'oppose à celle des hommes dont le cerveau est torturé par la perte ou l'amour. Il y a cette relation entre la nature et l'homme. Ces feuilles d'arbre qui se secouent au passage des esprits: "c'est maman qui vient". Et il y a la mort qui remplit le coeur de celui qui reste de chaleur. Toujours cet échange entre la vie et la mort. Ce film n'est pas en repos, il est constamment en questionnement car tous n'ont pas la maturité pour accepter les réponses. Un film riche en symboles et une très jolie fin
je suis une fan du Japon donc a priori une bonne cliente et j'aime en général bien les films de Kawase mais là je dois dire que je ne suis pas du tout entrée dans ce film. S'il y a de belles séquences, tout parait tres fabriqué et je n'y crois pas. Pas plus que je ne crois aux personnages qui sont tous trop beaux à en devenir des caricatures. Certain voient cela comme un conte métaphorique, j'ai trouve que c'est assez raté... mais je suis fidèle et j'irai voir le prochain!
La plupart du temps pas très adepte du cinéma de Naomi Kawase, souvent ennuyeux, régulièrement dans la pose et l'esthétisme creux, je me suis laissé tenté par les critiques qui présentaient "Still The Water" comme la plus grande réussite de la réalisatrice depuis l'excellent "Shara"... Et, de fait, le film a fonctionné pour moi, même si les défauts habituels de Kawase sont bel et bien toujours là, et peuvent rendre la vision du film rédhibitoire. Ce qui marche, donc, dans "Still the Water", au delà de la beauté stupéfiante de la composition de la plupart des plans, représentant une nature tout à tour sauvage (l'océan furieux, les typhons) et sublime (le vent sur les champs, dans les forêts, les fonds sous-marins), c'est la chronique finalement assez simple de l'éveil à la vie de deux adolescents presque ordinaires, déchirés entre les troubles "classiques" de leur âge - principalement leur rapport à leur père et à leur mère - et l'éveil à la sexualité. Portée par deux acteurs gracieux - même si le garçon tape sur les nerfs, ce qui est normal à son âge, non ? -, cette description attentive, précieuse, d'un tout jeune amour permet de passer outre les aspects plus lourds de "Still the Water", comme les mantras animistes qui peuvent facilement faire sourire, ou une curieuse complaisance à filmer l'égorgement d'une chèvre (deux fois, quand même...).
Aligatô madame Naomi Kawase, puisque j'apprends que vous êtes une femme, merci pour ce film admirable, hymne à la vie, à la nature , à l'amour, qui magnifie la mort vue comme transmission...merci pour cette nature splendide des iles Amani, ses mangroves, sa mer souvent déchaînée des typhons automnaux ....vos acteurs sont beaux, votre nature est belle...dites moi quand même que vous n'avez pas sacrifié ce magnifique banyan !!!
La difficulté de parler de ce film de Naomi Kawase réside dans le fait que l'histoire a moins d'importance que la beauté des scènes elles-mêmes. Ainsi les premières minutes montrent une mer grosse, la pleine lune, un (vrai) égorgement de chèvre, une danse traditionnelle ; un peu à la façon de L'Homme à la caméra.
On suit quand même la romance un peu compliquée de deux adolescents, Kyoko et Kaito, les rapports difficiles de celui-ci avec sa mère, dans l'ombre d'un père absent, et le chemin vers le deuil que doit accomplir Kyoko avec son père et sa mère, gravement malade. Mais, encore une fois, tout ceci compte finalement moins que la finesse de l'écriture, l'élégance du cadre, la beauté et la poésie des scènes, la justesse des acteurs. C'est à la fois très simple et très profond.
Ce film aurait pu être parfait sans la dernière demi-heure, où il devient un peu bavard le long de la crise d'adolescence de Kaito, dont on se fout un peu ; et sans l'utilisation de temps en temps de caméra au poing.
Sauf dans les films où ça a du sens, type Le Projet Blair Witch ou les documentaires, j'ai toujours eu du mal avec les images maladroites tournées à la caméra au poing, pour la simple raison que je vois la caméra, je vois le cadreur en train de filmer, je vois le film en train de se faire, les acteurs jouer : en un mot ça me sort du film, ça rompt le contrat de fiction passé avec le réalisateur. Mais heureusement ça ne représente que quelques scènes de Still the Water, qu'il faut tout de même aller voir.
Film contemplatif sur le rapport entre l'homme et la nature, agrémenté de belles images, mais à mon sens qui s'abandonne un peu trop à une certaine naïveté dans son discours "philosophique". "Still the water" nous fait un peu la morale, avec une certaine candeur, sur notre relation avec notre environnement, en plaçant la nature dans un idéal un peu béat. certaines scènes sont poignantes cependant, notamment celle de l'agonie de la mère. Des acteurs irréprochables !
Il est sur que pour apprécier ce film , il faut être dans un certain état d'esprit , une réflexion sur la vie avec de beau moment de cinéma , à méditer .
Les paysages et les scènes de ce film sont de toute beauté. Un grande émotion se dégage entre la mère chamane sur le point de partir et sa fille. C'est doux, un grande impression de paix flotte entre les personnages. Nous rentrons peu à peu dans un monde serein que nous avons oublié en Occident.
Magnifique poème, splendide méditation sur la vie, sur la mort, sur l’éclosion de la maturité et de la sensualité, sur notre place dans la nature . Et on se laisse transporter par le rythme majestueux et régénérant de la mer, par la puissance du typhon révélateur des crises de nos héros, par la force des rites et le respect des traditions, des anciens et par présence “chamanique” de la nature. C’est lent, les dialogues sont succincts et pourtant on ne voit pas le temps passer tant cette ode nous touche au plus profond de notre être et de notre condition. La beauté des images est stupéfiante, images superbement travaillées mais très naturelles, sans apprêt, la musique est parfaitement choisie et l’interprétation de tous est irréprochable. Un film où l’on touche à l’essentiel, à la sérénité devant la mort en admirant un éclair de soleil dans les branches ou une chanson ancienne. Un très grand film.
Ce film m'a déçu, inférieur à mes attentes. Trop de lenteurs dans des scènes où l'émotion de transparaît jamais. Sinon, c'est subtil, doux, onirique et musical.
Typiquement un film où on se laisse porter par le temps et où l'esprit vagabonde. Un petit bout de poésie orientale qui emmène loin, très loin. On en sort apaisé et ému, presque léger. Bref, un film qui fait du bien.
Le nouveau film de Naomi Kawase est ce que l'on appelle une imposture. Still the water est une caricature de ce que doit ou devrait être un film japonais. On contemple la nature en philosophant sur le sens de la vie, l'amour et la mort et surtout on ne cherche jamais à élever le débat. Still the water est d'une vacuité sans nom, c'est un film vide qui n'a rien à dire et se contente d'enchaîner des discussions métaphysiques de comptoir entre deux plans sur les arbres, la mer et le ciel. Les personnages ne sont pas un minimum dessinés et l'ensemble est particulièrement soporifique. Le film est niais, la trame scénaristique de départ jamais traité ( la question autour du mystérieux disparu vite balayé) et les quelques scènes qui auraient pu être intéressantes (la cérémonie autour de la fin de vie de la morte) sont longues et manquent cruellement d'émotion. Still the water est une purge, une sorte de cahiers des charges de ce que doit être un film asiatique aux yeux des occidentaux. A fuir...
Si je commence en disant "Certes c'est lent, parfois trop, mais qu'est-ce que c'est beau" c'est tout à fait différent de commencer en disant "certes, c'est beau, mais qu'est-ce que c'est lent". Et certes, la trame est simple. Trop simple et trop mince, diront certains. La vie, l'amour, la mort. Mais je suis résolument de ceux qui ont été charmés par la beauté et l'humanité de ce film. Quelques scènes dessinent magnifiquement l'épaisseur d'une relation ou d'un instant : le vélo, le silence et l'attente muette entre les adolescents, la difficulté du contact mère-fils, les scènes de famille chez Kyoko, (sublime douceur de la scène fille-mère-père sur l'auvent de leur maison), la rencontre père-fils, les scènes de chant de Kyoko, l'agonie de la mère (sublime de beauté et d'accompagnement serein), l'agonie de la chèvre sous le regard de Kyoko. Et naturellement, la nature, puissante et omniprésente avec en final cette scène magique de la nage, comme en accord avec l'harmonie du monde. Tout est intensément ressenti. Et les personnages tellement beaux. Sincères. (même si le vieux pêcheur est un peu too much, en démonstration de sagesse naturelle et ancestrale)