Le cinéma de Naomi Kawase n'est pas de ceux qui s'appréhendent facilement. Du moins jusqu'ici. La première heure de Still the Water, élégiaque, et qui dessine les esquisses d'un scénario n'est pas loin de nous réconcilier avec l'exigence de la cinéaste, en la rejoignant dans son ode à la nature alors que la mort fait son oeuvre et qu'un amour se révèle. La deuxième heure a davantage de mal à passer. Tout était déjà dit semble t-il et Kawase ne fait que répéter ce qu'elle nous a "enseigné" auparavant. Le temps devient long et le spectacle de la mer, s'il est agréable à regarder, ne remplace pas une bonne histoire.
Depuis ses débuts, la beauté naturelle des paysages japonais est la principale source d’inspiration de Naomi Kawase. Ainsi, après les collines boisées de la région de Nara et les montagnes de l’île d’Asuka (servant respectivement de décors à Suzaku en 1997 et à Hanezu en 2011), la mise en scène naturaliste de la réalisatrice est allée chercher dans l’archipel d’Amami, au sud-ouest du Japon, le charme de côtes maritimes gorgées de soleil. Mais au-delà de la qualité esthétique avec laquelle Still the Water dépeint cette île coupée du monde et l’omniprésence symbolique de l’océan, le film est une nouvelle variation autour des sujets récurrents de Kawase, à savoir le passage à l’âge adulte, le cycle de la vie et la mort et la transmission intergénérationnelle. Si ces thématiques trouvent davantage de résonnance dans ce film, c’est grâce à l’utilisation du mysticisme des habitants de l’île pour servir le propos de ce scénario qui mêle une mignonnette petite histoire d’amour adolescente et un drame familial plus touchant. S’en dégage un lyrisme profond dont on aimerait tirer des enseignements philosophiques mais que la réalisation trop démonstrative et la narration laborieuse font, du début à la fin, osciller entre méditation zen et ennui léthargique.
L'histoire d'amour de deux adolescents aux prises chacun avec son histoire familiale.
Ce que j'ai aimé : les paysages sublimes et la photo magnifique. Certains propos d'une sagesse enrichissante.
Sinon j'ai trouvé le film très ennuyeux, avec des plans interminables et des longueurs. On a droit à l'égorgement tout en détails et à l'agonie d'une chèvre (à deux reprises en plus!). J'ai trouvé ces séquences d'une grande cruauté et surtout complètement inutiles...Tout cela pour dire que ce qui vit meurt, il y a bien d'autres façons de le dire.
Je n'ai en fin de compte pas vraiment aimé ce film.
Comme Leviathan ne pouvait être QUE russe, Still the water ne peut être QUE japonais. Ca y est, vous me voyez revenir avec ma théorie débile du "génie propre des peuples"....
Naomi Kawase ne nous parle que de l'homme et de la nature, de l'homme dans la nature, de l'homme faisant partie de la nature. Dans La forêt de Mogari, c'était.... la forêt, le silence mystérieux des arbres. Ici, c'est l'océan, tour à tour paisible, nourricier, puis dangereux. Une île, loin de tout, loin de la civilisation, comme cette Ile nue de Kaneto Shindô. Les gens vivent de la pêche, sur une brève bande côtière. Derrière: les montagnes recouvertes d'une végétation dense, où sûrement personne ne va. Ils vivent entre eux, ils n'ont pas la télévision, ils se retrouvent pour faire de la musique sur des instruments traditionnels, chanter et danser. Ils croient au chamanisme, pratiquent des rites étranges.... Si ce n'étaient les tee-shirts et les uniformes de collégien des deux jeunes héros, on pourrait se croire dans quelque lointain moyen-âge.
C'est l'histoire de l'apprentissage de l'amour, de la sexualité par deux ados, deux voisins, à travers le regard qu'ils portent sur leurs parents. Kaito (Nijirô Murakami) est arrivé sur l'ile après le divorce difficile des siens. Kyoko (Jun Yoshinaga) est née sur l'ile. Elle vit en symbiose avec elle. Elle se laisse flotter, dériver au fond de l'eau comme une petite sirène. Comme cette terre qui résiste aux typhons, elle est forte.
Voila, c'est tout. Il ne se passe rien, et pourtant, tant de choses silencieuses sont dites... spoiler: C'est la vie, la mort, la mort à travers le cruel abattage des petites chèvres qui sont les seuls animaux pouvant vivre sur l'ile; à travers l'accompagnement de l'humain qui s'en va dans une scène déchirante et pourtant, sans tristesse.
A la fin, Kaito et Kyoko ont grandi... c'est tout.
Kawase filme l'océan comme personne. Les vagues, ces monstrueuses vagues qui roulent les unes sur les autres ont une vie organique. Dans le banyan multi-séculaire qui vit devant la maison de Kyoko, on devine le sage et très ancien esprit de l'arbre... C'est un film taoïste. On découvre d'ailleurs, de façon fort inattendue, dans la bouche du père de Kyoko, le surf comme discipline bouddhique: affronter ces vagues terrifiantes puis, lorsqu'on les a domptées, s'emplir de leur incroyable énergie....
C'est pourquoi, ce film, ou bien vous rentrez complètement dans sa philosophie, ou bien vous "surfez", justement, sur son esthétisme.... Vous vous arrêtez sur cet esthétisme, vous le trouvez un peu trop joli pour être honnête.... et vous passez à côté (surtout qu'il y a pas mal de chichiteries dans les prises de vues). Le cinéma de Kawase, on n'y rentre pas par hasard. Ou on y adhère, ou on le rate. Vous êtes prévenus!
ca n'empèche pas de dormir, bien au contraire...La sensibilité qui se dégage du métrage, quand il s'agit de filmer et contempler la nature ne m'a pas empéché de regretter le manque d'incarnation des personnages, sérieux à en mourir et assez agacants, tous autant qu'il sont, dans leurs tenues blanches immaculés. Il se dégage un ton mielleux assez artificiel pour moi qui ne demandait pourtant qu' à etre embarqué sur cette archipel.
Ennuyeux, long, insipide. Seuls les paysages méritent une appréciation positive. Autant regarder un reportage de National Geographic, mille fois plus passionnant. Quant à la poésie, je la cherche encore... Mais si vous avez 2 heures à perdre, allez-y.
On pourrait dire qu'il s'agit d'un lent poème à la mer, la mort et les mères au vent, à la vie et aux vagues à la terre, au temps et aux tempêtes, à l'(h)armonie, à l'amour et aux arbres.
Très déçue par ce film d'une lenteur inimaginable...malgré les paysages somptueux, la beauté de la mer, la végétation luxuriante etc.C'est plutôt un documentaire sur l'île d'Amami qu'un scénario.Les adolescents y sont aussi empotés qu’ailleurs, les adultes sont stéréotypés.Quant aux animaux... ils sont sacrifiés!
Un film inégal, tantôt touchant et poétique (une scène de veillée funèbre toute en retenue absolument bouleversante) voire même amusant, et tantôt longuet et ennuyeux, voire agaçant dans ses longues scènes sans dialogues et sa mise en scène "caméra à l'épaule" incompréhensible au vue de la tonalité de l'ensemble (ceci était un message de l'AACE - Association des Anti Caméra à l’Épaule). On y suit les errements d'un ado qui hésite à se jeter à l'eau (au propre - il a peur de l'eau - comme au figuré - une histoire d'amour qu'il a du mal a appréhender), la faute à des parents divorcés. Le scénario n'hésite pas à utiliser des grosses ficelles (avec cette métaphore de l'eau qui sert jusqu'à la scene finale), essayant de brosser les portraits croisés des deux ado, mais en restant toujours en surface, si bien qu'on a du mal a s’intéresser à eux ou a éprouver de la compassion (paradoxalement, les personnages des adultes, simplement esquissés, sont bien plus intéressants et touchants). Au final on se retrouve avec un genre de bluette pour ado, sous des airs de film d'auteur, bien maigre et beaucoup trop longue.
Magnifique film plein de poésie, de force et de profondeur. Les acteurs sont flamboyants, tous d'une rare présence a l'écran. Je me suis laissé emporter par ce témoignage étrange et étranger ..... cette leçon de vie et d'amour. Un film qui vient de loin, qui nous claque le visage et qui nous donne une belle énergie..... comme une vague !
Un poil déçu, je ne suis jamais vraiment rentré dedans probablement parce que je ne m'attendais pas à ça. C'est lent, très lent mais c'est joli, on ressent un côté spirituel qui n'est pas déplaisant mais je pensais que c'était plus dirigé sur la découverte du corps, de voir comment la population aurait réagi face à ce genre d'événements qu'ils n'ont pas l'habitude de vivre. Non, le principal intérêt du film est le rapport de cette jeune fille avec ce jeune homme paumé avec ses sentiments. La jeune fille, elle, doit faire face à la mort imminente de sa mère et là, aussi c'est traité d'une façon plutôt spirituelle avec de longs plans sur la nature notamment. Il faut donc se préparer à voir un film lent, qui prend son temps de montrer,k de faire ressentir... ne vous attendez pas à une enquête au milieu d'une population pas habituée à faire face à un tel événement, ce n'est pas du tout le sujet principal du film. J'ai fait cette erreur, j'en suis donc sorti un peu déçu ce qui ne fait pas de lui un mauvais film, je n'étais juste pas préparé.
Naomi Kawase est une réalisatrice qui aime filmer avec amour son Japon natal. Sublimer les paysages naturels de l’archipel est son plaisir et sa force. Comme on pouvait l’espérer au vu de la bande-annonce, « Still the water » est un régal pour les yeux. Les vagues, le vent qui prend dans les arbres, les étendues verdoyantes... tant de décors qui laisseront bouche-bée les amoureux de la nature. « Still the water » est tout aussi plaisant à écouter. On se laisse emporter avec délectation par les bruissements du vent et des vagues qui se font continuellement entendre en arrière-plan. Les musiques de Hasiken sont également très jolies, tout comme les chants traditionnels japonais qui subliment l’œuvre tout en lui apportant une infinie douceur. Comparé aux images mises en boîte par Naomi Kawase, deux des trois thèmes abordés renvoient nettement moins à la douceur. Trois axes sont ainsi développés durant le film : l’histoire d’amour naissante entre Kyoko et Kaito, la lente agonie de la mère de la jeune fille, et la découverte d’un cadavre ramené par les flots. Le problème est qu’en s’éparpillant de la sorte, le film dévoile trois portions de vie sans exploiter en profondeur aucune d’elles. Alors, sauf peut-être la romance entre Kyoko et Kaito qui bénéficie du temps nécessaire pour se mettre en œuvre, le reste est bâclé. J’aurais voulu plus d’informations sur la nature chamaniste de la mère de Kyoko, en savoir plus sur ses rituels et ses liens mystiques. J’aurais apprécié que la découverte du cadavre ait un réel impact sur la population de l’île d’Amami. A l’inverse, je pense que les spoiler: disputes entre Kaito et sa mère , et la façon dont spoiler: celle-ci est reliée aux évènements , auraient pu nous être épargnés. De même, certaines scènes sont incompréhensibles et n’apportent rien à l’ensemble, spoiler: notamment la scène où l’ancien compare Kyoko à son arrière-grand-mère . « Still the water » prend donc tout son temps pour traiter différents aspects, ce qui entraîne des longueurs, et donc l’ennui. Certes, le film est beau, mais les plans de caméra de la réalisatrice empêchent régulièrement de profiter pleinement de cette beauté. En effet, Kawase semble prendre plaisir à faire trembloter sa caméra, même lors des moments contemplatifs. Ceux-ci auraient gagné à être fixes afin de donner le temps au regard de se poser sur tant de beauté sans rendre le spectateur nauséeux à cause des tremblements. Quant aux performances des acteurs, il est surtout dommage de voir que Nijirô Murakami n’a pas le même niveau que la ravissante Jun Yoshinaga et que son père à l’écran, l’excellent Tetta Sugimoto. « Still the water » est donc un beau film, mais qui comporte malheureusement trop de manques scénaristiques pour m’en laisser une impression positive. La beauté du Japon n’a cette fois pas réussi à me suffire.
Jamais film n'avait filmé avec autant de poésie, de douceur, bref de grâce la dualité entre vie et mort. Chacune contemplant l'autre comme le monde marin contemple le monde terrestre et vice versa. La puissance evocative-essentiellement contemplative- plus que narrative est très bien amené ici. L'éveil sensuel de deux jeunes adolescents est traité ici avec tellement de sensualité et spiritualité que les divinités ancestrales japonaises-kami- semblent avoir pris forme dans le corps de Kaito et Kyoko. Quand L'un est en pleine tourmente oedipienne et cherche à de construire en tentant de retrouver son père dans un Tokyo nébuleux, Kyoko elle doit faire face à la mort imminente se sa mère, chamane dessin état donc messagère ou interprète de du miracle permanent de la vie, l'amour et la mort. Au sujet de ce récit de Naomi Kawase alternant entre documentaire et fiction comme souvent dans son cinéma, on ne peut saluer que la remarquable maîtrise de la photographie, de la mise en scène mais aussi des messages non dits mais tout autant porteurs d'espoir notamment dans le contexte de la perte d'un être aimé .
L'adage disant qu'il il vaut une belle image plus qu'un long discours souvent affublé et moqué ironiquement dans le cinéma d'un Terence Malick, prend dans cette oeuvre de Kawase toute la puissance de sa signification. Par ailleurs comment ne pas être émue par cette hommage faite à filigrane tout au long du film aux mères qu'elles soient non biologiques comme celle de la réalisatrice morte peu avant le film, ou biologiques et universelles comme la mer ou la terre. Ici la présence de chacune de ces figures tutélaires est évoquée, suggérée sans jamais tomber dans les facilités lyrico-pathetiques.
Je n'ai pas l'habitude de le dire mais, Attention chef d'oeuvre !