Réconcilié depuis peu avec le cinéma asiatique (Black Coal, Tel père, tel fils), le plutôt bon accueil de "Still the Water" m'a convaincu d'aller le voir. Le résultat est que je me suis souvenu ce qui a pu m'ennuyer dans les films tel que "In the Moon for Love". L'immense lenteur de la mise en scène peut être aussi admirable que lassante.
« Tu est frustré et en colère car tu ne sais pas ce que tu veux ». Cette réplique tirée du film résume très bien mon ressenti durant le film. C'est extrêmement contemplatif et l'intrigue est trop sous-jacente. On contemple le décor mais ça devient lassant tant c'est posé, on est intrigué par des personnages s'exprimant très peu par les mots. C'est touchant par moments puis agaçant à cause d'une économie de paroles forcée. Le film déborde de dialogues pleins d'incompréhension, alors on est aussi noyé que les personnages. Une révélation, plutôt bien amenée, remonte le mystère à la surface mais ne désengorge pas le film de son apathie.
Comme elle est développée par toute petite touche, l'histoire peine à passionner. Ses protagonistes sont pourtant d'une simplicité sublime. L'ensemble du casting donne une interprétation remarquable, si ce n'est une tendance à l’exagération dans le mutisme pour Kaito (Nijirô Murakami). La photographie transporte, la toute dernière nage en particulier.
"Still the Water" nous plonge en apnée dans des eaux troubles. Une longue et lente nage aidée par de bonnes inspirations qui évitent la noyade. On reste dubitatif sur le sens de la violence faite à la faune et la flore durant ce film.
Un film esthétiquement réussi. Ce qui est filmé est beau, sensuel. L'eau oscille entre douceurs et vagues démesurées. C'est un peu comme la vie ponctuée de moments de langueur, de piétinements, d'accélérations, de fulgurances, de révoltes, de tendresse. Deux êtres jeunes se découvrent, s'accompagnent dans une vie ponctuée de moments éprouvants, tragiques, drôles parfois. Tout cela se déroule selon une certaine lenteur, mais c'est tellement beau!
Pleurer comme une madeleine. Voilà ce que fût pour moi la projection de Still the water. Je ne m'attendais pas à cela. Jamais un film ne m'a saisie ainsi. Tout d'abord l'océan en furie. Les vibrations sonores qui font trembler les murs de la salle. Et puis le silence. Cut. Un égorgement. Du sang. Un corps qui flotte, deux amoureux adolescents. Voilà, on est sur les rails d'un film qui va nous mettre à la figure notre destin en 2 heures : la vie, l'amour, la mort. Chaque dialogue nous donne à réfléchir. Les images sont sublimes. Et le son, c'est rare d'en parler, mais le son je ne sais pas, la musique bien sûr... le vent, la mer, le bruissement des cannes à sucre, tout est brûlant, prégnant... on le sent en partculier sur une scène, où justement le son s'éteint, nous laissant seul face à la mort d'une bête et de cette ado qui nous parle de son âme, partie pour d'autres cieux... et puis on s'envole à nouveau... on pleure encore, parce qu'on n'est rien, rien à la mesure de l'humanité, rien à la mesure de ce film sublime. La Palme du coeur et de l'émotion!!!!!
Il y a une atmosphère douce et agréable durant ce film, avec la présence de cette mer et ces vagues parfois calmes, parfois terrible. Quelques scènes magiques comme la danse des mains ou les dernières scènes du film. Mais le film est toutefois très inégal et les 2h se font sentir. Dés qu'une scène de dialogue se met en place, on a l'impression que les acteurs sont laissés à eux-même et qu'ils doivent inventer leurs propre réplique (Kaito, réveille-toi!). Mais sans cela les personnages sont très attachants. Et en sortant de la salle on a envie de prendre quelqu'un dans ses bras. Si on a pas décroché durant ce long périple...
La nature objet de joie et de partage, de vie, de mort, l'amour naissant de deux adolescents, autant de thèmes forts développés par Naomi Kawaze qui avaient tout pour me passionner. Hélas, une sensation d'ennui m'a peu à peu gagné, s'amplifiant au fil des minutes pour trouver son point d'orgue dans une terrible dernière demi-heure... Le film commence par un plan assez similaire au "Léviathan " d'Andreï Zviaguintsev vu la semaine dernière, également en compétition à Cannes : la mer roulant ses vagues écumantes sur quelques rochers sombres. Deux plans similaires à la symbolique évidente : attention, vous allez voir ce que vous allez, l'histoire qu'on va vous raconter n'est pas drôle ! (Et d'ailleurs, ces deux films auront un autre plan tout aussi symbolique et tout aussi similaire : une pelleteuse abattra longuement qui la maison du héros dans le film russe, qui le banian si beau dans le film japonais. Comme quoi, on n'est pas trompé sur la marchandise, ce ne sont pas des vaudevilles .) Donc la mer, élément omniprésent durant tout le film, sera suivi par le plan d'un vieil homme égorgeant une chèvre. La caméra se mettra à trembloter légèrement devant cet acte barbare mais naturel. Je tiens à préciser, que ce léger tremblement se reproduira très souvent dans le film. Dès que la nature est sensée donner de l'émotion ou dès que la situation est dramatique, l'image devient "parkinsonnienne". Vraisemblablement voulu afin de faire partager l'émotion à fleur de peau de Naomi Kawaze, cet artifice de mise en scène m'a agacé. Deux feuilles bruissent dans un arbre, et hop la réalisatrice tremble d'émotion devant la beauté de la nature. La mère meurt, enfin non, rejoint ses ancêtres la joie au coeur, nuance, hop je tremble évidemment... Et comme tout est émotion dans le film, ne vous inquiétez pas, ce n'est pas un mauvais réglage, c'est l'émotion, l'extase qui agit et qui frissonne ... Donc la mer, parce que l'on est sur une île, qui sera le théâtre d'un fait divers sordide.Un adolescent trouvera le cadavre nu d'un homme tatoué. Il lui servira de révélateur de sa propre vie. Ne serait-ce pas un amant de mère ? Un tatouage réalisé par son père vivant à Tokyo ? Entre deux borborygmes bien de son âge et malgré son air buté et sa conversation réduite, il séduira une jeune fille, bien sous tout rapport, mais dont la mère, chamane, est mourante. Après avoir égorgé une nouvelle chèvre avec le papy Tortue ( c'est son surnom) et assisté au trépas de la mère de sa copine, le moment n'est pas bien choisi pour connaître un amour physique total. Pourtant, aidés sans doute par la nature luxuriante qui les entoure, et par tous ces frissons réels mais induits sans doute par la caméra tremblant sous le typhon qui s'abat sur l'île, les deux jeunes gens goûteront aux plaisirs de la chair. La fin sur le blog
Le nouveau film de Naomi Kawase commence doucement. Des plans fixes, un garçon mutique.
Pour tout dire, on peut craindre de s'ennuyer ferme à ce moment-là. Mais Still the water se diversifie progressivement en s'attachant à plusieurs personnages : la mère mourante, le père magnifique, l'autre mère toujours absente. On comprend tout doucement pourquoi le jeune garçon est si silencieux. Kawase filme d'une façon admirable les personnages féminins : la jeune fille est un miracle de calme détermination.
Les critiques insistent beaucoup sur le caractère panthéiste du film (fonds marins, vagues, plage, forêt, mangrove, excellemment filmés) mais c'est surtout la façon dont la jeune fille contamine petit à petit le garçon qui en fait la valeur. La communion ultime dans l'océan est une des plus scènes de cinéma vue cette année.
Le film de Kawase, dense et poétique, présente bien d'autres intérêts : une superbe musique, un caractère quasi documentaire sur la spiritualité des habitants de cette île, une scène spectaculaire pendant un typhon.
Un film (encore un !) qui a fait honneur à la belle sélection officielle du dernier Festival de Cannes.
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Si vous aimez les vagues, les amours adolescents, la mer, la mort, les vieux pêcheurs, les îles japonaise : ce film est fait pour vous. Attention chefs-d'œuvre
Un film bouleversant qui parle de la vie, l amour , de la mort avec une justesse inouïe malgrés l'immensité des thèmes. Les personnages sont sublimes, la grace est infinie. Un regard très doux sur le Japon et ses traditions dans le monde contemporain.
Il faut préciser en effet que le rythme du film est lent, lent et contemplatif comme l'ont indiqué certains spectateurs.....Cela n'empêche pas, pour ceux qui se seront accrochés à cette lenteur, de constater une profondeur d'écriture et d'analyse, sur le rapport de l'homme à la mort.....Peu réjouissant comme thème, mais on ne peut nier la profondeur bien orientale du film..... En constante vient le bruit de la mer ou du vent, les personnages sont les jouets de la nature, qui a tout pouvoir, et qui dans un extrapolation probable peut se référer aux différentes catastrophes qui ont frappé le Japon ces dernières années..... Mais l'histoire avant tout est humaine, c'est celle d'une famille où la mère est mourante, et où la jeune fille fait sa première rencontre amoureuse....on retrouve la fameuse trilogie poétique, "La vie, l'amour, la mort " Je répète donc la grande profondeur des dialogues, la grande beauté des paysages, de la mer et de ses vagues, des chants japonais traditionnels en version originale (notamment autour de la mourante)..... c'est un film qui je confesse demande un effort, celui de s'adapter à son rythme, à sa rigueur, à une certaine froideur,mais qui porte une profonde philosophie, notamment la dernière citation du grand père aux jeunes amoureux : "ils ne connaissent pas la profondeur de la mer".........Si vous faites cet effort, vous serez sans doute récompensés.........
Pourquoi ce titre anglais "Still the Water", alors que le titre original "Futatsume no mado" se traduit simplement par "Deux fenêtres" - ce qu'illustre d'ailleurs très bien l'affiche du film, avec sa double vision au-dessus et en dessous de l'eau? Quoi qu'il en soit, Naomi Kawase, la géniale cinéaste de "Shara" et de "Moe no suzaku" est ici fidèle à ses thèmes de prédilection: nature omniprésente, cycle de la vie et de la mort, transmission entre les générations... Dès le début, le paysage de l'archipel d'Amami donne lieu à de splendides séquences de vagues qui se brisent, incarnation de l'énergie vitale qui irrigue le film et ses personnages. L'histoire met en scène un couple d'adolescents aux origines opposées. Elle, Kyôko, vit dans une famille très unie, ancrée dans ce terroir où elle vit au rythme des traditions. Une famille où la transmission (de la vie, de l'amour, du lien avec les origines) se fait sans problème. Lui, Kaito, enfant de la ville dont les parents sont séparés, incarne au contraire la rupture du lien et la difficulté de le transmettre dans un monde moderne où tout va vite, tout grouille, et où la place de la nature et des traditions est de plus en plus réduite. Sa mère vit seule, ne communique avec lui que par répondeur ou petits mots, a des amants dont il ne fait que soupçonner l'existence... Il faudra beaucoup d'amour, une lente maturation et des moments d'initiation forts (l'immolation de la chèvre, l'épreuve du typhon qui le sépare pour un temps de sa mère...) pour qu'il commence à accepter sa place d'homme auprès de Kyôko. Visiblement inspirée par les beautés d'Amami, dont sa famille est en partie originaire, Mme Kawase filme avec beaucoup de tendresse et de minutie cette nature luxuriante, et nous immerge peu à peu dans une atmosphère apaisée, qui est sa marque de fabrique. Un bien beau film, qui pour s'apprécier pleinement, doit se regarder avec un oeil "japonais": pas en spectateur passif, mais avec une attention aux détails de tous les instants et une volonté de comprendre ce que ressentent les personnages.
Très beau film déroutant et apaisant. Après une journée de travail, il a fallu 10 à 15 minutes pour entrer dans ce rythme très lent et ces images de vagues et de vent dans les arbres. Quand j'ai vu Kaito et Kokio sur leur vélo, j'ai senti que j'allais entrer dans leur univers. La grâce de ce film, sa force méditative m'ont touché. La dernière scène est superbe et conclut en grande beauté ce film plein d'humanité.
C’est un cinéma qui ne m’emballe pas vraiment, et pourtant il est riche d’une grammaire assez rare. Ou comment marier l’émotion et l’ésotérisme dans un récit très contemplatif qui nous raconte la perte d’un monde, pour l’émergence, entre aperçue seulement, d’une autre vision du monde. J’ai beaucoup aimé le portrait de l’adolescente rivée à une famille aimante et en proie aux premiers sursauts de l’amour. C’est dit sans les convulsions habituelles du cinéma, mais avec une sagesse, une douceur qui confinent parfois à la béatitude. La nature a ici remplacé les dieux , et son osmose avec l’homme est le point de passage obligé pour vivre sur cette île, comme abandonnée au milieu de nulle part. Pour en savoir plus
trés décu, le style est lent, trois plombes pour dire 2 phrases, ...je me suis vraiment ennuyé en espérant que l'action allait se réveiller...restent les belles images de cette ile
franchement ennuyeux. la beauté des paysages de cette île n'y change rien. l'histoire, bien que tenant sur une serviette de table, est confuse. j'ai subit des passages trèèèèèèèèèèèès longs, et en plus, comble de l'horreur, deux scènes choquantes et complètement inutiles d'assassinats de chèvres. les pauvre petites sont égorgées devant nous, et le réalisateur les laisse agoniser sous nos yeux. une honte. je croyais qu'on avait pas le droit de torturer des animaux pour faire un film. ne perdez pas deux heures de votre vie pour ce scandale.