Paterson
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Sally Ecran et toile
Sally Ecran et toile

71 abonnés 304 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 décembre 2016
Jim Jarmusch. Rien qu’à la lecture du nom du réalisateur, vous saurez ce que « Paterson » va vous présenter. Le quotidien de quelques personnages, aux côtés desquels nous allons évoluer en toute simplicité l’espace d’un instant. Le sexagénaire a d’ailleurs toujours su prendre son temps, dans son cinéma comme dans la vie. En plus de trente ans de carrière, il n’a proposé qu’une dizaine de longs-métrages parmi lesquels, les mémorables « Coffee and cigarettes » et « Broken Flowers ». Ses adeptes verront donc la venue de « Paterson » d’un très bon œil, d’autant plus qu’il a fait chou gras lors de sa projection à Cannes en mai dernier. Amateurs de ces instantanés de vie, nous nous sommes donc laissés aller à la découverte de Paterson, chauffeur de bus et poète amateur, évoluant dans une ville fantôme du New Jersey.

Paterson, c’est l’excellent Adam Driver ! Le comédien, qui possède déjà une longue liste de rôles hétéroclites, a rarement déçu. De Kylo Ren (personnage emblématique de la saga « Star Wars », bien connu des plus jeunes) à Paul Sevier (dans « Midnight Special »), Adam Driver a revêtu de nombreux costumes en gardant une constante : sa voix grave et son jeu impeccable. Bientôt à l’affiche de « Silence » (le dernier film de Martin Scorsese), le jeune trentenaire voit sa carrière décoller et des rôles plus importants lui sont confiés. Il faut dire que le comédien donne de sa personne. Pour « Paterson », l’acteur a pris des cours de conduite de bus, histoire d’apporter un maximum de crédibilité à son personnage.

Paterson, le héros éponyme/homonyme, est le prétexte pour faire des rencontres de vie, du couple qui se déchire aux étudiants ambitieux. Le microcosme filmé par Jarmusch s’anime avec une authenticité rare en ces temps de scénarii abracadabrantesques. Qu’il est bon de revenir à une simplicité rassurante, au quotidien qui enchante. Ce qui nous charme et fait l’intérêt du film pourra au contraire agacer les fans d’action, qui ne comprendront pas une seule seconde l’intérêt d’un tel film. Et si ce n’était finalement que prétexte à prendre une bouffé d’oxygène, à se poser et à prendre son temps ? Dans cette vie de tumulte, c’est plutôt rare, non ? D’ailleurs, le personnage d’Adam Driver reflète la fracture que l’on peut avoir avec la vie ultraconnectée. Dans « While we’re young » (de Noah Baumbach où il partage l’affiche avec Ben Stiller), il incarnait déjà un jeune homme rétro, fuyant la technologie et préférant l’authenticité à la modernité. Ici, Paterson préfère manier le stylo plume plutôt que le stylet tactile. Il se laisse vivre par un quotidien bien rôdé, fait de réveil à la lueur de l’aube à la promenade nocturne du chien, prétexte à pousser la porte d’un bar cocooning où il rencontre un tas de gens.

Si l’histoire raconte le quotidien banal d’un couple ordinaire, elle laisse une grande place aux mots, aux émotions qui prennent corps sous la pointe d’un stylo pour s’envoler sur l’écran dans une traduction subtile et mélodieuse. Les mots ce sont ceux de Paterson (écrit en réalité par Ron Padgette, un des poètes favoris de Jarmusch), maladroits, sans rime (mais ce n’est pas important soulignera le personnage) et pourtant le reflet sincère de son quotidien qu’il affectionne. L’ombre de la poésie est d’ailleurs présente partout : dans son carnet, sur son établit, même chez les badauds qu’il rencontre et celle de William Carlos Williams (originaire de Paterson) plane plus que tout. Sa compagne, Laura (la séduisante Golshifteh Farahani – vue dans « Exodus » ou « Go Home ») l’encourage d’ailleurs a publié son carnet intime, afin qu’il partage ses mots avec le monde entier.

Vous l’aurez compris, les amateurs de l’univers de Jim Jarmusch retrouveront tout ce qui fait son cinéma atypique. Les autres trouveront probablement le film très très long. Les instantanés de ces sept jours de vie de travail et de couple n’apporteront rien au public qui les suivra, si ce n’est un peu de poésie qui permettra au temps de se suspendre l’espace d’un instant. Nous ne sommes pas sûrs de revoir « Paterson » mais revivriez-vous une semaine quelconque de votre vie ?
Matthias T.
Matthias T.

52 abonnés 612 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 21 décembre 2016
Féru de poésie, j’avais beaucoup fantasmé sur ce film. Malheureusement « Paterson » s’avère être une caricature de film d’auteur où il ne se passe strictement rien, lénifiant au possible.
Jarmusch ressasse ses obsessions, le scénario se révèle anémique et sa mise en scène, toute en champs-contre-champs, d’une platitude catastrophique. Esthétiquement le jeu sur le noir et blanc séduit certes brièvement, l’affiche peut servir à orner une chambre d’adolescent et Golshifteh Farahani est toujours aussi belle à regarder, mais ça ne suffit pas… A conseiller seulement aux aficionados invétérés du cinéaste, et encore - eux aussi risquent d'être déçus. Sur le sujet de la poésie intervenant dans un contexte inattendu, recommandons plutôt "L'institutrice", le petit bijou de l'Israélien Nadav Lapid, présenté à la Semaine de la Critique à Cannes en 2014.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 647 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 décembre 2016
Si Paterson n’était pas un film aussi bouleversant, on pourrait le qualifier de simple chronique. Nous voici à Paterson, petite contrée à l’ouest de New-York. Laura y vit avec Paterson, conducteur de bus qui est passionné de poésie, notamment le recueil de Willian Carlos Williams intitulé Paterson. Jim Jarmusch avait donc toutes les raisons de nommer son film ainsi. Quant à l’intrigue, elle parle de la vie en toute simplicité. Ne vous attendez pas à de gros enjeux scénaristiques ou de chutes trépidantes. Paterson tire sa force dans le quotidien de ce couple qui s’aime et aime à vivre dans sa routine. Si la perte d’un carnet pourrait être ô combien douloureuse pour notre protagoniste, Paterson est surtout une histoire de bonheur et de confort. Et c’est cette sincérité de l’inaction qui fait de Paterson un film véritablement touchant, voir enrichissant.
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anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 29 novembre 2016
une représentation unique de la routine, du temps qui passe et qui s'installe, peut-être un peu trop à l'image de la réalité, on attend qu' un événement insolite arrive
BabsyDriver
BabsyDriver

98 abonnés 995 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 novembre 2016
Il ne se passe rien, et c'est magnifique ! Avec une simplicité à ne pas confondre avec de la paresse (la mise en scène sait sublimer les détails), Jim Jarmush réalise un chef-d'oeuvre poétique avec PATERSON, nom de la ville qui semble aussi être le centre poétique du monde.
Le cinéphile

791 abonnés 2 796 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 novembre 2016
Calme et lancinant, Paterson s'apparente parfois au cinéma de Woody Allen. Des personnages au relationnel complexe, dirigé par l'amour et des vies qu'ils ne parviennent pas a prendre en mains. De part les dialogues, le ton, le montage, l'humour discret, Jarmush semble se rapprocher du cinéma de son compère Allen. La photographie et la prestation de Adam Driver, associés à un beau portrait du temps qui passe et de la monotonie professionnelle d'un individu enfermé dans une classification dégradante, font de Paterson une brillante étude de la conscience humaine ancrée dans une société qui le dépasse et l'empêche de se développer et de s'épanouir.

https://m.facebook.com/La-7eme-critique-393816544123997/
felix-cobb
felix-cobb

20 abonnés 54 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 décembre 2016
Adam Driver est Paterson, Marvin est Paterson, le barman est Paterson, les passants sont Paterson, Jarmusch est Paterson : véritable film-poème fait de dédoublements, de répétitions, de mêmes et de nuances, Jarmusch saisit merveilleusement les déambulations mécaniques d'une âme poétique.

Subtilement mesuré, Paterson s'avère être, comme dans les plus grands films de Jarmusch, une substance chimique qui ne prouve sa valeur que dans le retardement de ses effets.
Sylvie V.
Sylvie V.

1 abonné 10 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 novembre 2016
Un film super tendre, doux et lent. Un grand moment de poésie qui enchante. Un peu de douceur dans ce monde de brutes. Une bouffée d'air frais. Ouf. Merci.
Le film d'Ariane
Le film d'Ariane

87 abonnés 179 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 décembre 2016
Le retour de Jim Jarmusch dont « Dead man » avec Johnny Depp reste pour moi le plus beau film. Et celui-ci ne me fera pas changer d’avis, loin s’en faut. Ce nouvel opus est une petite chose inoffensive et légère, vaguement mélancolique, qui ne bouleversera pas la face de votre soirée mais qui se laisse voir sans déplaisir. Paterson (Adam Driver, très bien) est chauffeur de bus à… Paterson dans le New Jersey. Poète à ses heures perdues, il compile sa prose dans un petit carnet qu’il ne quitte (presque) jamais. Il vit en couple avec Laura, une jeune femme fantaisiste (Golshifteh Farahani, délicieuse) et Marvin, un bouledogue anglais (qui mérite sans aucun doute l’Oscar du meilleur chien). Ces deux-là mettent un peu de loufoquerie dans son quotidien routinier. Voilà voilà, j’ai à peu près tout dit sur ce joli hommage à la poésie des détails, à la petite musique de tous les jours… Un film tranquille et apaisant, à aller voir un soir de pluie ou de grand stress.
velocio

1 538 abonnés 3 500 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2016
Présenté en compétition au Festival de Cannes 2016, ce nouveau film de Jim Jarmush n'est pas totalement reparti bredouille : la chienne Nelly, qui interprète le rôle du bulldog anglais Marvin, s'est vue attribuée la Palm Dog 2016 du Festival. On ne peut s'empêcher de penser que, dans un cru 2016 plutôt faible, "Paterson" méritait davantage ! Ce film est avant tout centré sur un couple, lui, Paterson, chauffeur de bus et poète à ses heures, elle, Laura, reine des cupcakes qui rêve de devenir une star de la musique Country. Un couple banal dans une ville banale du New Jersey, Paterson. Une ville banale, mais qui s’enorgueillit d'avoir vu naître dans un village voisin le poète William Carlos Williams. "Paterson" dépeint ces banalités avec beaucoup de finesse et d'humour, avec tact, sans jamais forcer le trait. Le rôle de Paterson est interprété par Adam Driver, un nom prédestiné pour jouer un chauffeur de bus, et celui de Laura par la comédienne franco-iranienne Golshifteh Farahani.
Blog Be French
Blog Be French

48 abonnés 263 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mai 2016
Ce film marque le retour du cinéma de Jarmusch dans une mélancolie citadine que l'on apprécie particulièrement chez le cinéaste. En effet, avec Only lovers left alive, le réalisateur américain se perdait dans une critique acide et prétentieuse de la société, oubliant la poésie simple et efficace de ses films précédents. Avec Paterson (qui est à la fois le nom de la ville où se déroule l'histoire et le prénom du personnage interprété par Adam Driver), la poésie devient le sujet central du film, mais aussi sa périphérie par le biais des choix esthétiques faits par Jarmusch. L'histoire de ce chauffeur de bus, griffonnant sur son carnet quelques poèmes lors de ses pauses, est rythmée par l'amour qu'il porte à Laura (Golshifteh Farahani en un personnage de fausse artiste qui essaie de multiplier ses domaines de prédilections à la manière d'un rayon Ikea), les déboires que lui fait vivre son bouledogue Marvin, ainsi que les discussions entendues lors des ses voyages en bus. Au milieu d'Allen Ginsberg et de William Carlos Williams, Paterson garde son calme, sa sensibilité, son humour, pour transformer une bribe de vie en un florilège de poésie. Avec son douzième long-métrage, Jarmusch prouve qu'il revient au meilleur de son cinéma !
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 16 mai 2016
J’attendais le retour de Jarmush avec impatience… eh bien Paterson est un film très très intéressant. Il nous raconte une semaine de la vie d’un chauffeur de bus poète (qui ressemble étrangement a Kylo Ren). C’est un film simple, sans bouleversement dramatique, à des années lumières des films d’action et des drames (comme le précise le réalisateur dans sa note d’intention). Un film ou la mise en scène est extrêmement précise donc, puisque la « simplicité » du scenario permet a Jarmush de jouer avec tout : chaque objet et chaque plan à une signification. Le film tourne autour de nombreuses répétitions : le nom du personnage et de la ville, les plans qui se ressemblent jour après jours, les situations récurrentes et les personnages jumeaux… le quotidien est morne et la poésie devient un refuge. Je mets 4.5 et non 5 parce que le film comporte quelques longueurs qui sont largement compensées par la virtuosité du réalisateur!
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 1 mai 2017
Un film poétique je veux bien, mais un film poétique avec de la matière c'est encore mieux ! Paterson ? ce sont les aléas d'un couple, l'un chauffeur de bus qui décrit son quotidien (le notre en fait) et ce qu'il voit, et laura, sa copine, qui fait des cupcakes, rêve de devenir chanteuse de country. A lire ce résumé, vous saurez déjà tout du film... C'est à dire, le néant ! Dommage, il y avait de belles choses à développer. Deux heures pour rien. Ouch !
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