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Matthias T.
52 abonnés
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4,0
Publiée le 21 avril 2016
Une tragédie un peu pompeuse mais très puissante et bien aristotélicienne dans les règles de l'art par le Russe Andrei Zviaguintsev. Malgré toutes ses qualités, elle n'égale cependant pas le chef-d'oeuvre qu'est "Le Retour".
J'ai enchaîné ce film après Winter Sleep et indéniablement les deux se font écho. D'un côté on a l'absurdité du monde, la situation qui n'évolue pas malgré les apparences. Et là c'est la société en décadence. Dans des paysages magnifiques il faut le dire. C'est froid, glacial même, austère et impitoyable, un peu comme ceux de Winter Sleep encore mais différemment. Puis bon cette chute aux enfers, ce pessimisme totalement assumé c'est ce qui fait vraiment la force du film. Après il y a cette manière de filmer, déjà une femme aussi belle, et puis l'homme face à la puissance, à la démesure, de la nature forcément mais des événements. Il y a aussi quelques longueurs, et c'est pas aussi magnifique qu'on veut le faire croire mais c'est quand même beau et puissant. Rien que pour ça le film mérite largement le coup d’œil.
Un état des lieux délibérément pessimiste de la Russie moderne, corrompue dans sa justice par l'argent, dans son âme par la religion - toujours opium du peuple - et dans ses mœurs par l'égoïsme et la cupidité. Un film qui arrive à associer avec esthétisme le pessimisme au réalisme et qui dénote un réalisateur talentueux.
Excellent film qui aurait du avoir la palme d'or à Cannes. Satire mordante du système à la fois social et religieux du pays où l’alcoolisme semble remédier à tous les problèmes alors qu'il ne fait que les aggraver. Acteurs remarquables, paysages sublimes et même un certain humour.
J’ai aimé les squelettes en ruine dans le fleuve : bateaux, animal marin. J’ai aimé Pacha, le flic sensible que sa femme mène par le bout du nez. J’ai té étonnée d’entendre les condamnations lues à toute vitesse. J’ai aimé le revirement du récit et le doute qui’plane. J’ai failli avoir une cirrhose à voir les litres de vodka que les personnages boivent. Et j’ai aimé que le Leviathan ne soit pas celui auquel je pensais. Mais un film un peu long et contemplatif, parfois.
Un grand film se résume très souvent en trois séquences une intro sublime une scène centrale charnière qui fait basculer le film et un final magistral. Ce Leviathan nous offre ces trois grands moments et même si dans une 2ème partie on aurait voulu que le film soit un peu plus rapide le jeu des acteurs la tension palpable nous empêche de décrocher et on ressort de la salle en étant mis ko par la dernière séquence. Je salue ici un vrai courage du réalisateur de part son sujet porté auquel il n'a pas oublié d'y mêler la beauté du 7ème art.
Leviathan est un film qui marque. Son titre laisse augurer au spectateur une histoire humaine marquée par le sceau des rapports de force; Mais c'est aussi un concentré de beauté (rude et russe) des paysages de la mer de barents où s'inscrivent les personnages de Kolia et Lilia, ballotés par les éléments, ballotés par la vie. Un couple luttant pour leur maison, leur amour, leur survie. Les personnages de ce film se noient dans l'ivresse et l'ironie comme exutoire. Et quand la fatalité s'abat, même si la présence inopinée d'un pope rappelant à Kolia le destin biblique de Job, laisse entrevoir une lueur d'espoir; le film et le sort de Kolia se referment sur la collusion de tout un système y compris religieux tel le Leviathan, à l'image de ce squelette de mammifère marin échoué sur la côte. Un film riche en symboles.
A vrai dire je m'attendais à beaucoup mieux... Le film use de scènes secondaires qui "rallongent" le film de façon inutile (par exemple l'actrice met mes chaussures, part de chez elle, attend l'autobus, ce dernier arrive, elle rentre dedans, arrive à sa destination et sort du bus), le tout filmé avec une lenteur...Cette séquence n'est pas vraiment utile et l'ensemble du film abuse même de ce genre de situation sans apporter de plus-value particulière. Il manque incontestablement ce côté punchy qui aurait pu faire de ce film quelque chose de bien correct. Décevant.
On aimerait, enfin, j'aimerais, que ce portrait de la Russie ne soit pas si vraisemblable. L'oppression contamine le spectateur. Le film est à la fois rassurant sur le confort dans lequel nous vivons, et effrayant, parce qu'on sait que cette barbarie est chez nous en germe. Le message sous-jacent, c'est qu'il faut et de l'éducation et du coeur pour ne pas sombrer. Le pire est que le portrait si sombre sera sans doute rejeté par les russes, parce qu'inacceptable, impossible à digérer. Je ne suis allé en Russie depuis près de dix ans, et j'aimerais que le tableau fut moins noir que ce qu'on peut voir. Noir sur noir, c'est bau comme du Soulages. En plus triste.
Rien de nouveau sous le soleil, ai-je envie de dire. Un sentiment de déjà vu transposé dans une autre culture avec pour résultat l'anihilation des cultures originelles. Évidemment que le cinéma hollywoodien inspiré les productions orientales et j'imagine que c'est important pour elles. Néanmoins, la critique cinématographique n'est pas là pour faire du politiquement correct. Ce film ne distille aucune émotion, repose sur un fil rouge sans surprise et une chute convenue. On est très loin de Hollywood.
L'affiche est je trouve un beau résumé du film. En espérant que notre monde finira mieux qu'une baleine morte échouée. La victoire du pouvoir corrompu et de l'argent "sale" fait de ce film un film qui dénonce ouvertement un système courant à sa perte mais le tout est réalisé avec beaucoup de poésie, que ce soit à travers des plans (de vrais tableaux) sublimant une nature brute et magnifique, mais aussi des personnages presque caricaturaux filmés avec ironie, réalisme, tendresse et empathie. Le film est sans concession mais la réalisation est tellement belle qu'on se prend à espérer quant au devenir de l'homme.
Un film de plus sur la société Russe, traversée de belles idées de mise en scène, mais surtout de longueurs assez décourageantes. On a un peu de mal à être surpris tout de même, et surtout à garder les yeux ouverts, mais il est incontestable que cette histoire a de quoi nous remuer, notamment quand elle aborde le milieu de la justice.