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mem94mem
134 abonnés
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5,0
Publiée le 25 mai 2014
Ce film dégage une force tellurique. L'entame du film est remarquable, avec des tonalités musicales dans les graves et une vue de la mer se fracassant sur des rochers. Comme décor, les fjords de la mer de Barents, comme musique, Philip Glass (encore une fois) entre autres, comme acteurs, Roman Madianov et Vladimir Vdovichenkov, dont la prise de son sur leur voix est exceptionnelle (leurs propos résonnent encore dans ma tête). Le film aborde un sujet déjà traité dans "Une longue et heureuse vie" de Boris Khlebnikov (l'expropriation) présenté à Berlin, et dans les mêmes décors que "La honte" de Youssoup Razykov (la péninsule de Kola), prix Fipresci à Karlovy Vary. C'est un sublime film noir, extrêmement abouti dans le scénario et les images, et dont le rythme est par deux fois fortement secoué (extraordinaire accélération), comme deux détonations. Oui, le film est un peu cynique, mais son efficacité en tant que thriller et en tant que dénonciateur de l'une des gangrènes de nos sociétés, est absolument intacte. Ce film a une ampleur sans commune mesure avec les précédents films d'A. Zviaguintsev, par sa référence à la Bible, que j'apprécierai mieux la seconde fois que j'irai le voir, par certaines images fortement métaphoriques et par la beauté des décors. Toute la partie finale du film aurait pû être filmée par Francis Ford Coppola. C'est la première fois que je mets 5 étoiles à un film, et cela, même sans avoir vu le film deux fois.
Une énorme surprise ! Un film qui vous laisse proprement le souffle coupé, un tableau simple, beau, puissant, servit par une maitrise artistique et technique exceptionnelle, un chef d'oeuvre du nouveau cinéma russe.
Léviathan – ON Y VA Hobbs fut le premier à utiliser la métaphore du Léviathan pour illustrer la nuisance d’un état trop puissant et la corruption inhérente à toute situation où le politique devient hégémonique. Quelques siècles plus tard, rien n’a changé. Aux confins de la Sibérie l’absence de limite à l’expansion du pouvoir administratif permet aux notables corrompus d’une petite bourgade de promettre la ruine et à la destruction à une simple famille d’artisans. Cette lutte, sans effusion de sang, à coup d’oukases et de verdicts truqués est toute aussi létale qu’une guerre des gangs entre des membres de la cosa nostra. Ce film est un appel à la résistance, à la révolution contre ses potentats locaux que plus rien ne limite ou ne contrôle. Comme dans jeu d’échec machiavélique chaque personnage semble disposer d’atouts pour faire tomber l’autre. L’amitié, la volonté, l’esprit de combat et l’espoir d’un homme acculé face à la collusion du maire, du curé et des juges. Pourtant, très vite ce combat devient inégale tant les rouages de l’administration sont impitoyables. Andreï Zviaguintsev filme avec intensité et talent, les visages, les confrontations et les larges horizons de cette baie du bout du monde dont l’immensité étouffe les cris des victimes. A voir Absolument, ce film méritait bien plus que le prix du meilleur scénario au dernier festival de cannes.