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schemaman
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1,5
Publiée le 31 octobre 2014
Idée géniale et bande annonce attractive mais produit réel très décevant. Ambiance de désolation dans un décors des plus glauques : imaginez des barres de HLM dans un pays d'époque post-soviétique partant à la dérive... OK on comprend que, pour les sourds, comprendre le monde n'est pas chose aisée. Mais cela irait si on arrivait, un tant soit peu, à suivre le fil d'une histoire. Mais ce n'est pas le cas. Les répétitions de scènes déjà vues sont nombreuses. Est-ce pour nous donner la nausée que l'on voit plus de 3ou 4 fois la scène de la prostitution à des chauffeurs routiers ? Et que dire des scènes d'amour, filmées en gros plan et pendant de longues minutes. Et la violence dont on comprend vite qu'elle est le lot quotidien. Pourquoi tant de répétition de scènes dont on finit par croire qu'on nous les passe en boucle...Moi qui attendait l'évènement des sorties de la semaine, que n'ai-je pas été déçu ! .. et parti avant la fin.
Certes, tourner de nos jours un film sans dialogue et que tout le monde arrive à comprendre est un véritable tour de force ! Toutefois, filmer des scènes glauques avec du sexe, des beuveries, des combats (mal chorégraphiés mais c’est peut-être fait exprès !?) et de l’extrême violence (notamment lors de deux séquences marquantes) ne font pas d’un métrage un chef-d’œuvre, Gaspard Noé étant déjà passé par là ! Mais il faut reconnaître à ce film, véritable bête de festivals, son côté insolite et frontal en faisant un OVNI du cinéma mondial et là est son véritable fait d’armes ! En résumé : pas mal mais racoleur !
Une ambition formelle inouïe et des acteurs formidables. Quel dommage que l'ensemble soit gâché par une fascination pour l'ultraviolence et les scènes insoutenables! Cela rend le film très difficile à regarder.
Une expérience certes inoubliable et incomparable, mais 2 choses sont à soulever : est-ce que le film aurait été intéressant en version "normale" ? Non, probablement pas. Est-ce que la non présence de sous-titres est justifiée ? Absolument pas ! L'intégralité et le principal n'est certes pas difficile à comprendre, mais certaines scènes sont carrément énigmatiques ! Une expérience en sourd et muet d'accord, mais pourquoi nous enlever la possibilité de comprendre, alors que l'on peut considérer ce langage comme n'importe quel autre langue ou dialecte ? Au final une oeuvre frustrante qui se permet également de montrer longuement des choses insupportables à regarder et surtout inutiles.
Un choc... C'est certainement le mot qui définit le mieux cette expérience assez unique. The tribe porte pourtant une histoire assez simple : celle d’un jeune Ukrainien sourd et muet qui débarque dans un établissement spécialisé et va devoir trouver ses repères et sa place dans cet univers violent et cruel.
Dès les premières minutes, il est aisé de réaliser que l'on est face à un vrai film de cinéma, avec des partis pris et de choix très forts et marqués. En effet, le premier (et le plus évident), est annoncé dès le début par un carton introductif : le film sera intégralement en langage des signes ( un élément introduit dans le scénario par l’environnement dans lequel évoluent les personnages), sans sous-titre et sans traductions. On est donc face ici à un choix radicale, voire brutal pour n'importe quel spectateur. Mais c’est bien sur ce point déstabilisant que la magie purement cinématographique opère : le réalisateur nous fait par ce choix la preuve que le cinéma est un art puissant, car l’image permet de tout comprendre ! Par le jeu des acteurs, les cadres (on reviendra sur la mise en scène), la narration... tout est claire ! Ce langage inhabituel (presque inapproprié à priori) au cinéma plonge aussi dans une ambiance particulière, tamisée et inquiétante. Le son est d’autant plus important que le moindre événement sonore voit son impacte décuplé, en rupture avec l’habituel calme, soulignant la brutalité de l’instant. Il devient alors fascinant d’observer ces sourds et muets, extrêmement bavards : The tribe est en fait très bavard, il parle beaucoup, mais par les signes. Le dialogue est en réalité omniprésent, et devient fascinant à observer, et permet même de comprendre des brides de mots… l'aspect universel de l’image est magnifiquement mis en avant. Mais le film de Slaboshpytskiy ne se réduit pas à ce choix de cinéma, et toutes se autres composantes sont aussi puissantes. La mise en scène relève aussi du pur exercice de style, puisque le film est uniquement composé de plans séquences, absolument splendides, qui alternent dans une même temporalité entre cadres fixes et finement composés et des travellings au steadycam virtuoses. Un certain mécanisme (faiblesse de scénario diront certains) se met en place, puisque chacun de ces plans séquences se terminent tous pas un cadre fixe et une sortie de champ d’un ou plusieurs personnages, mais permettent en réalité de décupler l’impact et le force du plan final, déjà un pure choc en lui même. La virtuosité s'applique aussi au vrai travail fait sur la manière de filmer les personnages, filmer ces corps qui s’expriment. Durant les travellings, la caméra semble danser avec eux (ou contre eux parfois...), s’éloigne et se rapproche dans d’amples mouvements. Elle s'insinue aussi dans leur intimité la plus primaire, la sexualité étant toujours filmée en plans fixes, dans lesquels les personnages en plein pied occupent tous le cadre à l’horizontale. Il s’en dégage une certaine beauté et poésie, une nouvelle fois en rupture avec le reste du film, bestial et brutal jusque dans sa représentation du texte. The tribe est effectivement indéniablement un film brutale. La violence est montrée et omniprésente, les plans son longs et éprouvants (complaisant dans le glauque et le morbide dirons d'autres), rien n’est caché, les actes les plus animaux et archaïques sont montrés de manière assez frontale, parfois à la limite de l’insoutenable. Mais cette violence n'est qu'une manière d'insérer ces personnages dans un univers, un monde et un environnement lui-même violent... Cette imagerie 'est que partie intégrante de ce que filme Slaboshpytskiy: un monde ou la concession n'existe pas, à l'image de son cinéma !
Au final, The tribe est sans doute une vrai claque, une vraie expérience dont on ne ressort pas indemne. Le résultat de ce premier film, au delà de tous jugement critique, est vertigineux, l'ambition est démesurée et la séance éprouvant. Mais il ne reste à la fin plus que le souvenir d'un pure film de cinéma, à l’état brute !
Originale que l’approche du cinéaste, à savoir le fait de ne jamais traduire le langage des signes utilisé par l’ensemble du casting sourd-muet. Malgré cette limite, le spectateur comprend les tenants et aboutissants de l’intrigue qui demeure basique afin de ne pas trop nous perdre. On comprend que toutes les relations humaines passent par des tractations, par la corruption et par des trafics en tout genre. Cela n’arrange d’ailleurs pas l’image que nous avons des pays de l’Est, ici l’Ukraine, gangrenés par le fric et la prostitution. Le tout est filmé en plan séquence de manière virtuose avec une propension pour la violence et le sexe. Toutefois, c’est la conclusion glaçante que nous retiendrons avant tout. Une œuvre radicale donc, mais plutôt enthousiasmante.
Ce n'est pas parce qu'il est interprété par des sourds muets que The Tribe a fait du bruit à Cannes, le film est tourné sans voix off, sans sous titre, sans musique en plus en langue des signes. Le premier film de l'Ukrainien Myroslave Slaboshpytskiy est un véritable geste de cinéma n'appartenant à aucune case et se voulant unique et contemplatif. C'est en admirant les adhérents d'une institue de sourd muet face à son lycée que Slaboshpytskiy à l'idée de faire de cette langue un langage cinématographique, il traine ensuite le projet pendant plus de 20 ans, le film revoit tout de même quasi toute la grammaire du cinéma en cassant les code de ce qu'on a pus voir ces dernières années, les seuls sons que l'ont entend c'est l'eau qui coule, les voitures, les pats… rien d'autre ! Aucun mot ni une musique ne vient envahir les émotions que le réalisateur veut nous transmettre. Le film a d'ailleurs remporté le prix de la semaine critique à Cannes, plutôt pas mal pour un film sulfureux réduit à une attraction sensationnelle comme l'ont été Anti Christ ou Irréversible… Irréversible que le réalisateur cite bien comme une grande influence et ça ce voit, les deux films ont pas mal en commun, leur lenteur forcée, des scènes fortement érotiques, la plans séquences ou encore la scène finale de The Tribe qui s'inspire d'un des moments les plus choc du film de Gaspar Noé que Slaboshpytskiy critique comme étant un film essentiel (copain). The Tribe est finalement exactement ce qu'il a promit d'être, sur le papier c'était un film expérimental, glauque sur un adolescent partagé entre amour et haine profonde. Et dès le premier plan du film on s'en rend compte, on va assister à du jamais vu sur tout les niveaux et surtout à celui de la narration ou le film brise une véritable muraille avec style. Le style se marie avec l'histoire et vice versa et le réalisateur n'y va pas de main morte pour choquer avec une scène d'avortement à l'ancienne ou celle ou nos deux protagonistes nous offrent un 69 qui renvoie Kechiche au placard. Forcé et brutal le tout est très déstabilisant et à la sortie on ne sait pas si on vient de vivre un grand moment de cinéma ou une perte de temps. Il faut l'admettre le film parle beaucoup pour ne rien dire et l'intrigue s'égare pour finalement ne pas raconter grand chose. Et l'utilisation de la langue des singes n'est pas vraiment justifié, "car l'amour et la violence n'ont pas besoin de traduction" disait la bande annonce mais ces deux choses peuvent très bien s'exprimer par orale. On ne sait donc pas vraiment ce qui a poussé le réalisateur à la langue des signes de plus que ce choix enlève au film toute cette ambiance qu'il aurait pu avoir pour devenir qu'un ovni froid.
Bilan : The Tribe a tout pour plaire mais finalement il est tellement froid que la distance qui le sépare de son spectateur est immense et grandi malgré ces scènes chocs. Une expérience inoubliable mais pas moins désagréable.
Sans prendre de pincettes, Myroslav Slaboshpytskiy prend le pari de considérer ses jeunes comédiens comme des gens comme les autres et les plonge dans une histoire où les sentiments (amour, haine) sont exacerbés. Si le sujet de l'histoire peut rebuter par sa froide description d'une Ukraine corrompue et violente (film interdit aux moins de seize ans en France), l'expérience immersive du film (ni sous-titre ni voix over) dans l'univers de ces jeunes sourds-muets est totalement réussie.
La seule originalité du film est la suppression totale des dialogues, nous sommes donc plongés dans le monde des sourds et muets. Le reste est mauvais, on ne comprend pas toutes les scènes, les agressions et bagarres sont mal réalisées au plus haut point... une mauvaise surprise pour ma part pourtant friand d'OVNI.
Il y a longtemps les damnés de la terre devaient se lever pour créer un nouveau genre humain. Aujourd'hui, il ne reste rien de cet avenir prometteur et l'Ukraine envoie ses plus déshérités, ses infirmes aux confins du pays, dans la misère la plus absolue. Myroslav Slaboshpytskiy décide de suivre un jeune sourd-muet dans un internat spécialisé où tous les élèves et professeurs ont la même infirmité. Pas de parole, pas de sous-titres, seul le bruit et les images d'une vie en enfer. Il débarque dans un milieu hostile, corrompu et violent. Les plus faibles sont rackettés, les filles sont exploités. Il existe une effroyable contradiction entre le silence oppressant, dépourvu d'attaques verbales, et l'extrême brutalité des gestes qui à travers une inexorable surenchère conduisent de manière irréversible au pire. On pourrait reprocher le voyeurisme de l'approche choisie, mais la volonté de dénoncer l'abandon et la déchéance dans lesquelles sont jetées ces âmes innocentes, justifie à mes yeux l'impitoyable réalisme qui imprègne ce film; je fais particulièrement référence à une scène d'avortement insoutenable. Perturbé, je suis ressorti immensément marqué par ce film de lutte contre un ennemi à la force de destruction insoupçonnée: l'indifférence.
Préparez-vous au choc! " Léviathan", la dernière découverte venue de Russie, ferait presque figure de bluette romantique en comparaison de cette "tribu" d'Ukraine. Pas de sous-titre ni de commentaire dans ce film entièrement en langue des signes. Nul besoin d'explications, par leur jeu, les jeunes acteurs rendent fort bien l'insolence, la provocation, la colère... On saisit globalement les situations. Etonnante expèrience que d'entendre des sons habituellement masqués par les paroles ou la musique! Le spectacle qui nous est donné n'en est que plus brutal. Le bâtiment délabré où vivent les jeunes semble n'avoir pas connu le moindre coup de pinceau depuis l'époque de Brejnev. Bienvenue en Ukraine, pays encore plus pauvre que la Roumanie. Un temps, les adolescents de cette institution pour sourds-muets nous semblent être des gamins plutôt ordinaires. Cela ne va pas durer... Lorsque les garçons volent un pauvre type isolé, on pense assister à une scène de chasse. Et c'est bien de cela qu'il s'agit. D'une microsociété de prédateurs, avec ses codes, sa hiérarchie... Cette tribu-là tient de la meute de loups! La violence y est omniprésente, mais elle bien plus utilitaire que gratuite. On ne saura jamais trop si le comportement de ces jeunes délinquants est dicté par l'institut de survie, par le matérialisme sordide que transmet à ses jeunes cette société où tout s'achète, ou par toute autre raison. Le réalisateur nous montre avec brio comment va s'enrayer la mécanique implacable de cette "tribu" où les sentiments n'ont pas leur place. Un film brillant, dérangeant, à voir absolument.
Grâce aux moments de grâce provoqués par la rencontre entre ces comédiens et cette mise en scène, "The Tribe" est sublimé par la grâce du système qu'il met en place. En effet, la logique de violence et la distance aérienne qui se révèle peu à peu entre le cinéaste et son sujet ne peut mener qu'à une destruction objective et raisonnée du monde exploré. Du grand cinéma!
un chef d'oeuvre que ce film qui fait jouer des sourds muets avec brio, la violence qui en ressort est brute et parfaitement amenée par le réalisateur, j'ai adoré