Magnolia
Note moyenne
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soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 juin 2021
Après le succès inattendu de « Boogie Nights » qui retrace l’itinéraire chaotique d’un acteur de films pornographiques dans les années 1980, Paul Thomas Anderson dont on va vite s’apercevoir qu’il n’entend pas se faire dicter sa conduite par les studios, met en chantier « Magnolia » un film choral qui rappelle de toute évidence la relation particulière que le jeune homme entretient avec Robert Altman qu’il considère comme son mentor ( il prendra en 2005 la place d’assistant sur « The Last show » alors que le réalisateur est déjà malade). Ayant reçu carte blanche de la part de New Line Cinema qui venait de produire « Boogie nights », Anderson se met à l’écriture du scénario original de « Magnolia » en pensant à certains acteurs un peu à la manière d’Altman qui tout au long de sa carrière a cherché à instiller autour de lui un esprit de troupe. En premier lieu, c’est Tom Cruise rencontré sur le plateau de « Eyes wide shut » (1999) de Stanley Kubrick qui l’occupe, les deux hommes s’étant promis de travailler ensemble. Viennent ensuite Jason Robards qui un temps se désiste pour raison de santé avant de se raviser et Burt Reynolds qui lui renonce pour de bon. Julianne Moore, Philip Seymour Hoffman, John C. Reilly, Alfred Molina, William H. Macy ou Philip Baker Hall, quant à eux faisaient déjà partie d’un ou de ses deux films précédents. Ce qui devait tout d’abord être un drame intimiste à petit budget, prend rapidement de l’ampleur quand Anderson qui a décroché le final cut si rare à Hollywood, comprend que New Line Cinema lui accordera une confiance aveugle. Très soucieux de son statut d’auteur, le jeune réalisateur, se lance dans sorte de « Shorts cuts » (Robert Altman en 1993) revu et corrigé sauce trash. Lors d’un préambule plutôt pompeux, la couleur est clairement annoncée, les destins qui vont s’entrecroiser au sein de San Fernando Valley se joueront essentiellement sur des hasards circonstanciels comme dans la plupart de nos vies. Puis les neuf personnages qui vont s’agiter trois heures durant devant la caméra d’Anderson sont doctement présentés lors d’une mise en bouche qui constitue un hommage évident à Robert Altman. « Ainsi parlait Zarathoustra » de Richard Strauss évoquant « 2001, Odyssée de l’espace » du rigoriste formel qu’était Stanley Kubrick, arrive ensuite pour rappeler que les admirations d’Anderson peuvent être duales voire symétriques. En effet, Altman et Kubrick sont deux réalisateurs aux univers et aux tempéraments opposés dont Paul Thomas Anderson se voudrait être la synthèse en embrassant pour cela un champ d’expression très large. Très ambitieux mais certainement risqué pour un réalisateur qui a encore tout à prouver. « Magnolia » se décline donc comme une réflexion sur la mort (deux des personnages sont condamnés par un cancer incurable comme le fut le père d’Anderson), la maltraitance des enfants via les ambitions frustrées des parents (le jeune garçon empêché par son père d’aller aux toilettes alors qu’il est sur le plateau d’un célèbre Quizz télévisé pour enfants mais aussi le tout premier petit prodige du même jeu, spolié par ses parents qui ne s’est jamais vraiment remis de cette trahison), la solitude qui colle aux basques (un flic empathique et une junkie cherchant maladroitement à unir leurs destins) ou encore la difficulté à communiquer notamment entre pères et fils. Pour nourrir l’entrelacs de ses mini-intrigues, Anderson puise largement dans son expérience et ses souvenirs personnels. A l’arrivée, le tout s’avère il faut bien l’avouer un peu foutraque, Paul Thomas Anderson n’ayant visiblement pas encore trouvé sa véritable voie qui de toute évidence ne le portera pas vers la chaleur communicative et le lyrisme parfois échevelé de Robert Altman qui savait presque à tous coups trouver la recette qui servait à rendre palpable l’humanité des nombreux personnages qui peuplaient ses films. Films dont les tournages étaient une aventure collective qui constituait peut-être l’ingrédient principal de cette recette miracle. Paul Thomas Anderson s’avérera en réalité être un rigoureux obsessionnel à l’image de Stanley Kubrick pour qui chaque détail de la mise en scène doit être maîtrisé. Au contraire d’un Altman très prolifique, Kubrick et Anderson ont chacun une filmographie plutôt restreinte, conséquence de leur volonté de contrôle total sur leur œuvre. Ses meilleurs films comme « There will be blood » (2007), « The master » (2012) ou « Phantom Thread » (2017) le démontreront par la suite. Plus de vingt ans après sa sortie en salle qui fut pour beaucoup un choc en partie lié à son mode narratif explosif, « Magnolia » expose les tâtonnements d’un réalisateur qui sans doute un peu grisé par le succès de son précédent film n’a pas su encadrer son propos. Reste malgré tout et ce n’est pas rien, la grande surprise du film toujours aussi opérante offerte par la prestation complétement hallucinée d’un Tom Cruise absolument génial en gourou comportemental, obsédé sexuel, éructant et s’agitant ostensiblement à la vue du moindre jupon élégamment porté. Un Tom Cruise dont on se dit qu’il aurait pu s’il avait voulu s’en donner la peine, orienter autrement sa carrière. On connaît malheureusement la suite faite de films d’action formatés, où l’acteur court après le temps qui passe en voulant montrer qu’il peut toujours rivaliser avec les plus jeunes.
Le cinéphile

791 abonnés 2 796 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 avril 2022
Quelle énorme dinguerie Magnolia. Un portrait puissant qui raconte les destins tragiques de plusieurs personnages dont les vies s'entrecroisent. Des thématiques fortes de regrets, de deuil, d'amour et de mort, dans un questionnement perpétuel du sens de la vie.
Shawn777

805 abonnés 3 934 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 1 septembre 2022
Je ne peux pas dire que j'ai apprécié ce fameux chef-d’œuvre de Paul Thomas Anderson, sorti en 1999, dont j'entends parler depuis des années. Non, je peux même dire que je n'ai pas du tout aimé. On y suit ici les parcours de plusieurs personnages dont les destins s'entrecroisent pour certains et... c'est tout. Voilà, le film ne raconte pas grand-chose à part ça. Alors certains diront que je n'ai pas compris le film mais je pense plutôt que je n'en ai pas été réceptif. Pourtant, la scène d'introduction est très bonne et intrigue, elle s'intéresse aux hasards de la vie, quelques fois fascinants. Et c'est d'ailleurs de ça dont il est question dans la suite du film, en moins fascinant néanmoins, de ces rencontres, quelques fois fortuites entre tous ces personnages principaux. Seulement, ça ne suffit pas à alimenter un film, surtout lorsqu'il dure trois heures (!). Le film s’essouffle déjà d'ailleurs au bout de sa première demie-heure, on a ensuite l'impression que ce dernier n'a plus rien de concret à raconter alors il décide d'étirer au maximum les destins inintéressants de ses personnages. Car oui, le film ne parvient vraiment pas à être intéressant, et encore moins captivant, sauf si on est fan de pathos. Parce-que pour le coup, du pathos, il y en a ! Des cancers,des larmes, des cris, de la rage, des regrets, des personnages qui meurent lentement (très lentement, au point qu'on se demande s'il ne peut pas mourir encore plus lentement) tout en râlant ou en tirant des monologues tout aussi prévisibles que bateaux et des personnages qui se morfondent sur leur vie minable. Sans oublier Tom Cruise qui débite des conneries sur la sexualité avant de faire une introspection. Et, même en étant choral (ce qui permet normalement au film de s'intéresser à de nombreux personnages et donc d'éviter certaines longueurs), le film ne parvient jamais à être captivant. Si, sauf la fameuse scène avec les grenouilles est un tant soit peu intéressante mais ne parvient malheureusement pas à relever le niveau. Concernant les acteurs, nous retrouvons en revanche un excellent casting dont Tom Cruise donc mais également Julianne Moore, Philip Seymour Hoffman, William H Macy et bien d'autres qui jouent très bien malgré, encore une fois, leur personnage complètement inintéressants. Enfin, ce n'est pas vraiment qu'ils sont inintéressants, c'est parce-qu'on reste toujours en surface ; malgré quelques introspections où le réalisateur fait semblant de creuser ses personnages (notamment en y ajoutant une musique haletante pendant une demie heure pour faire genre il se passe un truc). "Magnolia" est donc, me concernant, une énorme déception !
Frédéric M.
Frédéric M.

239 abonnés 2 154 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 avril 2022
Un excellent film. Plusieurs petites histoires qui finissent par avoir un lien direct ou indirect. La casting est ultra bon ! Des personnages hauts en couleur !
ANDRÉ T.
ANDRÉ T.

94 abonnés 485 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 mai 2020
Paul Thomas Anderson : c’est aussi There will be blood et Phantom Thread
MAGNOLIA : Ou Bas les Masques ! (j’ai pas pu résister)
Un conte moral où les personnages ne sont jamais « tout blanc » mais où ils gardent le droit à leur dignité et au « rachat ». Nombre des héros du film, voient leurs certitudes vaciller….Le bien et surtout le MAL !!!!
On les regarde pourtant, ….avec bienveillance !
Les histoires de plusieurs personnes s’entrecroisent et le récit se reconstitue comme un puzzle…
Cette construction est étonnante et ne nuit pas à l’émotion ; PT Anderson est un virtuose.
Nous nous intéressons à chacune, chacun de ces personnages qui sont si bien décrits et nous voulons découvrir ce qu’il y a d’enfoui (secrets de famille, maladies, infidélités) :
Tom Cruise (Frank), Julianne Moore (Linda) Jason Robards (père), Ph.Seymour Hoffman (garde malade), M.Dillon (Rose Gator), Ph.Baker Hall (J.Gator), Claudia Gator (Melora Walters), John C. Reilly (flic) et encore William H. Macy (Donnie)

Une journaliste bien informée, met à nu et déstabilise le jeune et arrogant Frank (Tom Cruise, au sommet !). Plus tard, on pourra comprendre les raisons de sa fuite en avant…
Le film « impitoyable » mais toujours plein d’humanité, fait vaciller les certitudes de ses personnages…et les notres.

On nous montre des « horreurs » et pourtant, on fait preuve de compréhension pour ces êtres ballotés par la vie….
Nous nous intéressons à chacun de ces personnages qui sont entre « bilan de vie » ou remords, avec fond de morale judeo-chrétienne mais le regard de PT Anderson….(et le notre), reste plein de tendresse….
La rédemption est proche…..
Désespérés sont les chants les plus beaux ! GRAND FILM !
Julien D

1 338 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 mai 2013
Avec une virtuosité exemplaire, preuve d’une maitrise orchestrale du montage, Paul Thomas Anderson nous balade dans les segments de ce film choral qui, malgré son ampleur universel et de sa conclusion lui conférant une dimension biblique, reste une réalisation intimiste et poignante. Les relations entre les personnages et leur père, de sang ou psychologique, est l’élément clef pour trouver une cohérence entre les neufs histoires qui s’entrecroisent sous nos yeux, mais de nombreuses thématiques et effets stylistiques entrent, tout au long du long-métrage, en harmonie. Si, très souvent dans ce genre de processus narratif, l’intérêt des multiples histoires est souvent inégal et quand, comme ici, elles sont trop nombreuses pour être toutes pleinement approfondi, l’impression d’être face à une écriture hasardeuse vient hanter le public, Paul Thomas Anderson parvient à donner à son travail une structure solide reposant sur des piliers scénaristiques passionnants. La qualité du casting n’est pas non plus pour rien à la facilité qu’ont les spectateurs à se plonger dans cette nouvelle œuvre majeure du cinéma américain.
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 740 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 novembre 2024
Parfait ! Paul Thomas Anderson m'a laissé sans voix ! Une oeuvre que l'on qualifier de chef d'oeuvre, sans aucune hésitation. Ce film a englobé toutes les qualités d'un film : Une soundtrack memorable ; un jeu d'acteur perfectionniste ; une mise en scène reconnaissable de son réalisateur, et également parfaite ; mais surtout, une écriture sublime. Probablement, il s agit d'un des meilleurs scénarios de films tout confondu ! Chaque personnage assemble le scénario ; un puzzle entier se forme, formant une pensée humaine. Ces histoires coïncident merveilleusement et avec une grande intelligence. Le film dégage une forte émotion : on bascule entre le rire et les pleurs. La mise en scène forme ce côté "coïncidence" du film, perdant et accrochant le spectateur. Des personnages parfaitement écrits , ressortant chaque émotion précise ; Si tout ceci est réussi, c est en grande partie aux acteurs et aux actrices : Tout le monde est incroyable. Tom Cruise tient son meilleur rôle ainsi que Philip Seymour Hoffmann, ainsi que Julianne Moore... Je pourrais tous les citer tellement ils sont parfaits. Je parle même pas de la soundtrack : que cela soit la composition de Jon Brion ou les chansons choisis du film, l'ambiance s'accentue. Conclusion simple : Chef d'oeuvre incontesté malgré sa durée
vinetodelveccio
vinetodelveccio

89 abonnés 802 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 mai 2013
Un film absolument vertigineux qui éblouit par sa maîtrise et sa profondeur. Dés les premières minutes, P.T. Anderson nous embarque dans un tourbillon complètement ébouriffant qui part à cent à l'heure. On est vite entraîné dans une histoire ahurissante menée à un rythme génialement dosé. Le réalisateur fait preuve d'un talent narratif hors du commun et veille toujours sur le spectateur qui ne sera jamais perdu. La mise en scène est éblouissante de finesse et bourrée d'idées enthousiasmantes. Contrairement au pathétique "Collision" de Paul Haggis qui prendra le même parti d'un scénario enchevêtré, Anderson ne donne jamais dans le pathos ou dans le manichéisme. Il révèle au contraire la complexité du monde et les facéties de la vie avec une ironie et un naturel touchant. Pour couronner le tout, la bande originale est magnifique et le casting en or massif.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 231 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 juin 2025
Un peu à la manière de "Short cuts" de Robert Altman, Anderson met en scène des bouts d'histoires, quelques personnages que rien ne semble devoir réunir, sinon des liens familiaux que l'on découvre au fil du récit.
Un présentateur de télévision moribond, un policier à la recherche de la femme de sa vie, une sorte de gourou du sexe (Tom Cruise) sont parmi la dizaine de protagonistes qui se partagent alternativement l'écran. L'histoire de chacun, pour l'instant isolée des autres, se suit sans désintérêt malgré son caractère anecdotique. On y trouve une certaine intensité dramatique, une touche d'humour, et le sens encore mystérieux que le sujet recouvre introduit une forme de suspense.
Quel but poursuit le metteur en scène et par quelles révélations va-t-il conclure ? A vrai dire, après avoir longtemps attendu que l'intrigue se décante, j'ai été un peu déçu, au point de penser "tout ça pour ça". Quelques considérations morales dénouent ce trop long film où quelques-uns se repentent de leurs mauvaises actions, où d'autres exposent le drame de leur vie. De ces turpitudes et tourments individuels, on en déduit qu'en dépit et au-delà des apparences, chacun porte sa croix, que les existences sont conditionnées par la culpabilité, les traumatismes.
Un peu flou quand même.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 175 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 avril 2008
Paul Thomas Anderson nous livre là sans aucun doute, l’un des plus beau et sensationnel film choral. Dans la veine de Short Cuts (1994) ou plus récemment de Collision (2005), il nous entraîne durant plus de trois heures (!!!) dans un voyage déroutant, où vérités, mensonges et souffrances sont les maîtres mots. Une pléiade de personnages évoluant dans un contexte familial et ou social complexe où chacun essaye de se racheter, se pardonner ou de se retrouver, comme le portrait touchant d’un père mourant qui souhaite retrouver son fils qu’il a jadis abandonné (magnifiques et impressionnantes interprétations de Tom Cruise & Philip Baker Hall). Ces personnages ont tous un lien direct ou indirect entre eux, si bien que leurs destins se croisent se rencontrent ou s’évitent au gré d’une B.O envoûtante et sublime. La force du film se trouve quant à elle dans sa mise en scène qui malgré la durée nous captive tout au long ! Il y a bien évidemment les acteurs, sans qui Magnolia (2000) ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. A commencer par Julianne Moore, Philip Seymour Hoffman, William H. Macy, John C. Reilly, Alfred Molina, … . Une oeuvre hors du temps, chorale et dramatique (pour laquelle il a reçu l'Ours d'Or au 50ème Festival de Berlin en 2000). Pleine de vérités et de sentiments, on tombe littéralement sous le charme dès les premières minutes du film et on ne se remet toujours pas du grand final (avec la pluie de grenouilles), à la fois impressionnant et drôle et plein de mystères.
Eric C.

301 abonnés 2 275 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 mai 2017
Film mosaïque long, dans sa structure traditionnelle de plusieurs personnages et destins qui vont finir, à un moment ou à un autre, à plus ou moins se croiser et interférer les uns avec les autres. 3 heures de film avec un début confus, on ne sait pas bien où on nous emmène et puis peu à peu on s'interesse à des degrés divers à certaines histoires. Compte tenu de la longueur, on s'attend à un final explosif et fantastique, un film cathédrale où tout s'éclaire et on reste clairement au bord du chemin avec comme seul événement une pluie de grenouilles qui n'a finalement que peu d'incidence sur chaque histoire. On a pour tout final que la morale du destin et des lois du hasard qui parfois construisent un tout et des histoires plutôt dramatiques qui finissent de façon assez banales. Tout ça pour ça, un film décevant malgré ses nominations et nombreuses critiques favorables avec cependant un jeu d'acteurs sans reproche voir pour certains excellents. Je n'ai tout simplement pas accroché au film et surtout au scénario.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 février 2016
Troisième long-métrage de Paul Thomas Anderson, "Magnolia" reprend le modèle du "Short Cuts" d'Altman, en adoptant la forme du film-choral d'une durée également de trois heures. Les similitudes s'arrêtent là puisque la mise en scène de PTA est nettement plus nerveuse et penche plutôt vers le style virtuose de Scorsese (plans-séquences qui suivent les personnages en mouvement, monologues face caméra, arrêts sur image) tout en parvenant à l'assimiler. En se contentant d'imiter Scorsese, Anderson aurait livré un film indigeste et vain; or, "Magnolia" est extrêmement stimulant et envoûtant, une sensation qui doit surtout à la frénésie d'un montage qui lie constamment les différents personnages. Mais l’intérêt des liens reste purement factuel – le fond mélodramatique étant limité – et laisse place à la performance des acteurs et à l’originalité des situations, tant dans leur écriture que dans leur structure. Car, au fond, peu importe de connaître le passé de Frank Mackey (Tom Cruise génial en gourou séducteur) et ses rapports avec ses parents tout comme il n’importe pas de savoir si Donnie (William H. Macy) va parvenir à séduire le jeune barman. La puissance du film est justement de déjouer les attentes du spectateur, de le sortir de son confort en lui faisant prendre conscience que les fils narratifs stéréotypés comptent moins que la focalisation sur des personnages atypiques qui agissent dans le moment présent. Le film a beau asséné une morale (d’ailleurs peu convaincante) du genre « le passé nous rattrape toujours », il est pourtant un digne représentant d’un cinéma de l’urgence, comme en témoignent l’histoire d’amour entre Jim (John C. Reilly) et Claudia (Melora Walters) ou bien l’état de santé du présentateur télé Jimmy Gator (Philip Baker Hall), qui sont peut-être les deux plus belles histoires du film. L’émotion que procure « Magnolia » provient donc de son dispositif formel étourdissant et de visions absurdes qui participent au caractère euphorisant généralisé. Un des meilleurs films de Paul Thomas Anderson.
stebbins

563 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 mars 2008
Ce film m'avait hanté pendant plusieurs jours après le premier visionnage...Aujourd'hui, alors que There Will Be Blood brille de sa noirceur sur les écrans, je le redécouvre avec passion. Alors que notre société actuelle nous fait gober n'importe quoi, Paul Thomas Anderson nous montre avec Magnolia que les apparences sont trompeuses ( OK, il n'a rien inventé sur le fond...Mais quelle style ! ) : les petits génies ne sont pas les monstres que les médias tentent de créer, les flics ont des sentiments et les gourous machistes ont une mère. Magnolia, loin d'être une énigme creuse, propose un regard nouveau sur le monde. Dans la vie, tout peut arriver : des destins se croisent, la mort n'est pas loin non plus. Des gens pleurent, se disputent, friment, s'embrassent...jusqu'à ce magnifique concert final, cette pluie de grenouilles éclatant les tensions des personnages avec délice. Au delà de sa symbolique mystérieuse, le dénouement de Magnolia exprime un doute existentiel : et si demain, chers spectateurs, le soleil ne se levait pas ?...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 15 mars 2008
Première réussite totale de Paul Thomas Anderson (Boogie Nights m'avait semblé très vain) le film réussit la fresque chorale, genre pourtant casse-gueule, grâce à une intrigue qui construit les personnages au fur et à mesure de la projection; ochacun n'est plus à la fin celui qu'il laissait paraître au début. Julianne Moore est exceptionnelle.
Ghibliste
Ghibliste

94 abonnés 577 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 décembre 2014
"Magnolia" est un film dit "chorale" sur ce passé qui finit toujours par nous rattraper, durant lequel nous allons suivre la journée de nombreux personnages aux destins croisés, qui débouchera sur un événement d'envergure pour le moins étonnant. Paul Thomas Anderson est un virtuose, à la manière dont son film est monté, puisqu'il réussit - à quelques exceptions près - à nous laisser scotché devant ce drame d'un peu plus de 3 heures. Un drame en effet, puisque le deuil, la maladie, la toxicomanie, la cupidité, et tout un tas de nos problèmes existentiels vont se jouer au travers de rapports filiaux (la plupart du temps) assez terribles - comme d'un scénario d'une intelligence et d'une originalité rares ! La musique est omniprésente, mais pas encombrante, tant les choix sont bons, avec notamment un magnifique "Wise Up" d'Aimee Mann. Les acteurs sont tous formidables, avec un étonnant Tom Cruise à contre-emploi, l'émouvante et charismatique Julianne Moore, le toujours excellent William H. Macy, et pour finir, mon coup de coeur : la belle et torturée Melora Walters, qui nous gratifie d'un dernier plan à en pleurer de bonheur ! :) En effet, les émotions se succèdent tout le long du film tant "Magnolia" est d'une grande humanité ! PTA restera tout de même assez mystérieux quant au message qu'il aura voulu nous faire passer, mais revoir ce long-métrage sera toujours un plaisir. A fleur de peau.
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