Near Death Experience
Note moyenne
2,7
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77 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 12 décembre 2014
Evidemment un film à part. Les derniers jours d'un homme qui a décidé de mettre fin à sa vie. Thème éminemment tragique et d'emblée traité sur un mode grotesque, puisque notre anti-héros a pris pour se suicider sa bicyclette et se balade tout au long du film dans ce costume si subtilement ridicule d'une tenue de sport bic orange fluo. Le bonhomme est las d'une vie dont il vient de boire jusqu'à la lie la potion amère, non qu'il ait été malheureux particulièrement, il l'a été comme tous les hommes modernes le sont aujourd'hui, selon lui, forcés qu'ils sont de réussir, d'être performants, même s'ils ne sont aucunement doués pour ça. Le point de vue pourrait être simple, même simpliste, je l'ai ressenti plus complexe.

D'abord l'homme est loin d'être un imbécile, cette conscience malheureuse est très aboutie, elle s'alimente à une réflexion philosophique que certaines séquences traitent avec beaucoup de talent. Deux scènes m'ont plu tout particulièrement, par le mélange des genres et l'habileté de l'aphorisme: celle où le personnage voulant allumer sa cigarette s'aperçoit qu'il ne sait pas faire du feu, à quoi s'ajoute son incapacité à dessiner un boeuf sur un rocher : 15 000 ans d’histoire pour en arriver là ! ; celle aussi où avec un homme qu'il rencontre sur son chemin il pousse pour jouer un petit cycliste miniature grâce à un jet de billes. Bon compagnon, l'autre qui a perdu, part d'une crise de fou rire très communicative, et le héros de conclure: "Voilà, j'ai tout foiré, j'ai pris la vie trop au sérieux, alors qu'elle n'est qu'une partie de billes entre 2 néants".

En réalité cette balade ante-mortem révèle encore bien des choses à cet homme fini que la merveilleuse nature qu'il traverse laisse totalement indifférent, voire hostile (« Tu te crois beau, dit-il au soleil qui disparait dans ses voiles, va te coucher !). Mais rien n’y fera, même l’espoir traité de façon poétique et amusante du dernier recours, la fée endomorphine qui vient temporairement à son secours, ne suffira pas. Le dénouement est inéluctable. Sur un mode minimaliste que dément la somptuosité et la force d'une musique faite de chants de douleur, nous assistons à la mort d'un quidam certes mais aussi à celle de l'homme tout entier, celui qui a échoué à s'élever vers de splendeurs inaccessibles qu'évoque le poème final.

Quant à l’acteur, que ce soit Houellebecq ne me gêne pas ; franchement il a la gueule de l’emploi et ses envolées lyriques au cœur d’un drame d’une intense banalité métaphysique sont tout à fait le reflet de son univers de création littéraire.
Ciné2909
Ciné2909

93 abonnés 1 668 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 novembre 2014
Entre quelques épisodes du Groland, le duo Benoit Delépine & Gustave Kervern ont trouvé le temps de signer leur 6ème collaboration au cinéma. Si vous avez un petit coup de déprime, ce n’est peut-être pas le film à vous conseiller puisqu’on y suit un homme totalement suicidaire. Le coup de maitre c’est d’avoir confié ce rôle à Michel Houellebecq qui a assurément la gueule de l’emploi (et qui semble imbattable au "Tu me tiens je te tiens par la barbichette"). Une fois encore, le duo propose un film très particulier où promenades au cœur de paysages montagneux se mêlent à des discussions avec des tas de pierres. Near death experience est assurément curieux mais accrocheur.
Daniel C.
Daniel C.

172 abonnés 732 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 novembre 2014
Voir ce film le jour des morts, quelle drôle d'expérience. Quelques moments drôles dans cette narration philosophico-tragique. Ce n'est pas le meilleur film du duo Kerven-Delepine. La mine déprimée de Houellebecq est assez épatante. S'interroger sur le sens de la vie un deux novembre, voilà heureusement que je l'ai vu aujourd'hui, sinon j'aurais sans doute été à deux doigts de m'agacer. À noter les morceaux musicaux de qualité et la beauté des paysages filmés.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 26 octobre 2014
Jamais un film de Délépine et Kervern ne fût à ce point une introspection sur un personnage/acteur. Et malgré mes craintes quand à cet acteur, c'est encore une réussite! Houellebecq est parfait et même si j'ai eu du mal à accrocher, une fois qu'on s'identifie on peut plonger dans le film. C'est une véritable expérience qu'on vit avec une fin pour le moins déconcertante. C'est très intelligent, très original (comme toujours chez les compères de Groland), la BO est parfaite et c'est évidemment magnifiquement réalisé.
marceldelafrite
marceldelafrite

9 abonnés 66 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 octobre 2014
Film simple, très touchant, un film social, un film rare, bref un film signé delépine / kervern. Michel Houellebecq est vraiment très crédible et très touchant dans ce rôle. Merci de continuer à faire des films comme ça.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 8 octobre 2014
Michel Houellebecq à l'écran, Michel Houellebecq crève l'écran. Near Death Experience du génial duo Delepine et Kervern, réalisé modestement mais surement est une véritable réussite. Un véritable poème cinématographique, très spleenesque, musical, suicidaire et Houellebecquien. L'utilisation de la Musique face au images est véritablement fantastique, de Schubert à Black Sabath. C'est une véritable pensée et un véritable message que les réalisateurs nous livres, en plus d'un regard sur notre monde qui revient au fondement de notre humanité. Universel, mais Intimiste et très difficile d’accès le nouveau Delepine\Kervern est une réussite totale. Surement un des meilleurs films de cette année. Martin, Le Frisson de la Pellicule.
BeatJunky
BeatJunky

192 abonnés 1 934 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 octobre 2014
Le film porte bien son nom, c'est une véritable expérience! Ca ne risque pas de plaire à un large public, et je vois déjà certains sortir de la salle au bout d'1/4 heure! Mais quand on vient voir un Delepine/Kervern, qu'on a vu Mamuth ou le Grand Soir on ne peut que s'attendre à quelque chose qui sort de l'ordinaire alors soit on adhère soit on chie dessus! Pour ma part, j'étais déjà convaincu par le synopsis et je voulais voir Houellebecq dans cet exercice. Et le résultat est vraiment génial, le film apporte une sacrée réflexion sur la vie et son sens (son non-sens plutôt!) sur le pourquoi des choses etc.... Tenir l'intérêt du spectateur pendant 1h30 avec un monologue aussi déprimant est une sacrée prouesse. Une musique originale bien distillée rend le truc encore plus intéressant et malgré l'extrême noirceur du propos, il y a de l'humour, très noir, mais de l'humour. Je ne le conseille qu'à ceux qui sont prêts à voir quelque chose qui ne ressemble à un film ordinaire avec une histoire, des rebondissements, du suspens.... rien de tout ça ici mais une vraie réflexion qui ne risque pas de vous donner un grand sourire en sortant de la salle ... mais pour les aventuriers, foncez y avant qu'il ne dégage des salles, parce que c'est absolument à voir au cinoche!
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 2 octobre 2014
Déjà le titre est mensonger. Je suis très déçue par ce film qui se veut poetico-intellectuel mais qui est d'un vide soporifique... Je me suis retenue pour ne pas partir au milieu du film et regrette d'avoir perdu mon temps et mon argent dans ce navet.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 29 septembre 2014
Il faut au moins Michel Houellebeck, même déguisé en téléconseiller, pour porter un tel scénario, si frèle,
dans la montagne, et ne pas ennuyer le spectateur. De temps en temps, il perce le masque, à mon grand plaisir, mais parfois au mépris de la vraisemblance du scénario. Le plus souvent, il erre dans un environnement étonnament accueillant, et on s'interroge sur la sincérité de sa démarche ou comment les scénaristes vont réussir à conclure. La fin balaie les doutes. Je ne peux pas dire que j'ai trouvé le film passionnant, mais indéniablement original. Et certaines envolées de son monologue valent à elles seules le déplacement.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 29 septembre 2014
Une mise en scène à contre-courant pour parler avec vérité de la lassitude ordinaire. Un rôle taillé sur mesure pour M.H. qui irradie ce film de bout en bout.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 24 septembre 2014
Film indispensable...
Houellebecq est génial . Il se livre à l'exercice avec la plus grande liberté. Des moments drôles parfois, de l'émotion tout le temps et une voix off magnifiquement écrite. Certainement le film le plus essentiel et le plus personnel des réalisateurs.
Septième Sens
Septième Sens

99 abonnés 762 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 24 septembre 2014
Tout fout le camp. La société, les gens, la vie. Alors à quoi bon résister si c'est pour vivre dans le regret et la douleur le restant de ses jours. Autant en finir, une bonne fois pour toute. C'est en tout cas ce qu'a décidé Paul, ou presque.

Kervern et Delépine continuent de poursuivre leur œuvre sur des personnes isolées (Depardieu, Dupontel, Poelvoorde) et ne comprenant plus le monde qui les entoure. Quand Mammuth respirait la poésie, Le Grand Soir se servait de l'humour pour dénoncer un pays en crise. Ici et avant même que le film ne commence vraiment, l'orage gronde, les éclairs jaillissent de l'écran, et l'ambiance est au plus sombre. Near Death Experience part donc sous le signe des ténèbres, et la lumière n'est pas prêt d'apparaître.

Profondément noir et pessimiste, l'humour du duo est aux abonnés absents (si ce n'est le passage avec Marius Bertram), et seul le cynisme persiste dans cette expérience personnelle déshumanisée. Engageant le dérangeant Michel Houellebecq pour cette quête existentielle n'amenant finalement pas de véritables réponses, les réalisateurs opèrent de longs et fixes plans-séquences interminables sur l'immobilité la plus totale de son personnage. L'homme, comme premier responsable de sa destruction, se retrouve alors face à ses problèmes qu'il ne peut surmonter.

Perçu comme une sorte de film-essai, Near Death Experience n'arrive jamais vraiment à imposer une réflexion solide sur l'être humain et son rapport à la mort. La faute à un résultat trop fataliste et déprimant pour que quiconque s'approprie ce récit.
Dom Domi
Dom Domi

54 abonnés 360 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 septembre 2014
Un livre, un film...? En tout cas, un film ou un livre très bien écrit...!

Probablement, j'en suis certain, on étudiera ce film dans les écoles des années 2040 pour comprendre ce qu'ont été les années 60 et 2000.

C'est un film politique et historique qui donne à celui qui en a les bases ( faut-il y avoir vécu ? ), pour comprendre, ce qu'il reste de ces années là dans le monde d'aujourd'hui.

Le personnage joué par un auteur que l'on reconnait traverse souvent l'écran de la gauche vers la droite avec son maillot rouge orné d'une pub pour une grande marque de produits jetables.

À des plans fixes où le personnage traverse l'écran, et soit monte vers son choix et son destin ( se suicider ), soit s'éloigne avec son maillot rouge, succèdent des paroles de l'écrivain qui " taille " le bilan de ces années là et aussi du monde d'aujourd'hui avec ses réalités de l'économie de marché et la façon dont on entre dans le moule télévisuel et uniformisé.
Bilan critique d'une période où " le retour à la terre " était porté par des militants et les fameuses années 68. Années oubliées par beaucoup...

Années Pop rattrapées par la réalité de l'addiction aux drogues, le rock-and-roll et la dureté de la Nature...

Mais aussi critique de la nouvelle " normalité " des années post soixante-huitarde où devenir " vieux " est devenu un handicap et où " vieillir " devient synonyme de " jetable " et " d'obsolescence " car on est plus assez " efficace " et " productif "...
Critique de la famille et du monde de la communication où on ne se parle pas ou plus, où rien n'est dit qui pourrait soulager les émotions et les peurs.

Ainsi, ce film balaye le spectre de cette " histoire " et donne des clefs de compréhension et d'émotions.

Il prend position ?

Oui mais sans vergogne, sans donner de leçon, sans prétention.
Au fond, tout comme un livre, dans ce film, chacun peut piocher et trouver ce qui lui plaira ou ce qu'il voudra.
Ces années-là... Je les ai vécu, en partie. Ce film est pour moi un grand moment où l'intelligence des auteurs et réalisateurs crève l'écran...

Un film à voir et revoir, au minimum deux fois et au mieux trois.

dom
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 23 septembre 2014
Quel attachant personnage que cet homme chétif au visage mou semblant tout le temps perdu dans de lointaines pensées. Indéniablement, Michel Houellebecq dégage quelquechose d'à part, teinté de fragilité et de force mêlées.
Near Death Experience est le film le plus "barré" que j'aie vu depuis des lustres. L'histoire de Paul, lassé par son travail et son quotidien et se disant à tort ou à raison qu'à 56 ans, il avait bien vécu.
Ainsi assiste t'on au voyage vers le suicide de Paul, qui sur son vélo de course, sapé comme un cycliste professionnel, s'en va gravir la montagne Sainte-Victoire, pour essayer d'y mourir.
Le personnage ressemble tellement à l'original que c'en est troublant. Paul s'emmerde, boit, fume frénétiquement. Une scène spécialement déjantée le montre au volant de sa voiture, silencieux, tirant sur sa cigarette toutes les cinq secondes, avec en fond sonore le bruit de l'alerte signifiant que la ceinture de sécurité n'est pas bouclée; elle dure d'interminables secondes. Houellebecq savoure, le spectateur hallucine.
Gustave Kervern et Benoît Delépine ont du se marrer pendant le tournage et l'écrivain semble apprécier son nouveau job d'acteur à temps partiel.
Near Death Experience est un film délicieusement chiant. Dali aurait adoré.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 22 septembre 2014
Near Death Experience...Allons-y derechef, je comprends que l’on puisse dé-tes-ter ce film. J’avais abhorré le film précédent, «Le grand soir» avec Poelvoorde et Dupontel (rien que ça !), et n’avais nullement l’intention de récidiver...En valeur absolue, Delépine et Kervern c’est pas mon trip ! Pourtant j’y suis allé...pour Houellebecq.
C’est vrai que c’est une véritable expérience, un trip avec Michel Houellebeq, du moins son personnage en total burnout, qui va errer quelques jours dans la nature, avant une issue probable, ou difficile à encaisser (c’est selon). Encore une fois, comme pour Hippocrate, ce film est vendu comme une comédie, alors que c’est tout à fait l’inverse. Il y a certes des scènes qui font sourire, mais le fond du film reste grave, punk (no future), et pas cool du tout si l’on dissèque ce qu’il s’y passe. Alors oui, c’est lent, il ne se passe rien, c’est moche (mais moins moche que «Le grand soir»), c’est contemplatif, c’est une promenade habillée par une voix off qui nous dit des choses qui prêtent à réfléchir, et finalement le film passe tout seul, en ayant le mérite d’être court.
Je pourrais regarder Houellebecq pendant des heures ! Ce mec me fascine ! Je le trouve émouvant, et parfois je pourrais même le prendre dans mes bras pour le consoler...pas seulement dans le film, mais aussi dans la vraie vie ! Ce bonhomme a une gueule pas possible, une façon de parler, d’être tout simplement, en me faisant penser, pour utiliser une image que tout le monde connait, au chien le plus moche du monde.
Encore une fois, pour ceux qui vont souvent au cinéma, ce film peut être vécu comme une curiosité expérimentale, pour ceux qui n’y vont que deux ou trois fois par an, allez voir «Pride», vous ne le regretterez pas !
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