Toujours un plaisir de retrouver un Woody Allen. Cette impression d'être avec un vieux tonton qui vous a vu grandir et qui vous raconte la sempiternelle même histoire à quelques variations près. Cette fois, c'est un prof de philo (avec tirades existentialistes et citations de philosophes connus à la clé) perdu aux tréfonds de son âme qui va reprendre goût à la vie en commettant le crime parfait. On est en terrain conquis, Woody le sait et il le fait très bien... quitte à se saborder (un peu) dans une dernière partie prévisible à souhait. Emma Stone domine entièrement le film, gommant, pour une fois, un Joaquin Phoenix bien pâle (et c'est rare) et on se prend même à rêver d'une autre fin où elle se serait alliée avec la géniale Parker Posey. Totalement anecdotique (comme 80% de la filmo de Woody ces dernières années), on ne peut pas s'empêcher de passer un bon moment devant "L'Homme Irrationnel". Il est fort, ce Woody, car il nous donne toujours une envie folle d'aller voir son prochain film... et on ira.
J'avais hâte de voir la posture de l'abîmé Joaquin Phoenix dans un tout doux Woody Allen. Le résultat est forcément très convaincant, l'acteur américain prouve une fois plus qu'il est à part, à Hollywood, aujourd'hui. Au-delà de çà, le film est très conventionnel, très Woody quoi. Très (trop?) carré, on sent une mécanique infaillible et infatigable. Toujours est-il que depuis 4 films, on sens une inspiration un peu cloisonnée du grand maître.
Un film qui traite de la géométrie variable de la morale humaine de façon brillante. Le subtil jeu des acteurs nous prend totalement d'empathie pour les épreuves délicates qu'ils doivent affronter, ce film ne laissera pas votre humeur de marbre.
« L’homme irrationnel », c’est Abe, un prof de philo qui enseigne la « stratégie esthétique » dans une université américaine. Il cite Kant, Heidegger et Sartre de mémoire, mais c’est à Kierkegaard que son désespoir le rattache. Car le bonhomme qui fait se pâmer profs et élèves sur le campus, est en pleine déprime. Victime d’un sévère « burnout » doublé d’une impuissance créatrice et amoureuse. Intello-alcoolo, Abe est un séducteur, versus autodestructeur… Pour reprendre sa vie en main, il pense même trouver « l’acte signifiant » qu’il cherchait : réaliser un crime parfait pour rendre service !
Quelques clichés existentialistes autour de la responsabilité pour faire sérieux. Les vertiges de l’amour entre deux liaisons pour émouvoir. Un ton de comédie mais des airs de polar. Un rythme toujours aussi « speed » et des discussions/justifications sans fin… C’est le dernier tour de magie du « Newyorkais névrosé » ! On n’a pas plus le temps de s’ennuyer qu’avec les précédents. Car le petit malin ne change pas une recette qui marche. Scénario au cordeau avec rebonds millimétrés ; décors soignés, intérieurs cossus et musique jazzy ; acteurs comme chez eux parmi les bobos branchouilles…
Et si le véritable « homme irrationnel » c’était Woody Allen « himself » ? Celui qui continue à jouer avec l’insondable légèreté des êtres. Et qui, face à la réalité déprimante, n’a qu’une nouvelle tragi-comédie à opposer. Mais comme avec lui l’humour rime avec toujours, la chose est divertissante à défaut de bouleversifiante.
L'homme irrationnel est selon moi, un film excellent. Alors pourquoi ne lui ai-je mis que 3/5 ? Ben uniquement car ce n'est tout simplement pas mon type de film, même si j'ai quand même beaucoup aimé, je n'ai pas été envoûté, voilà tout. Dans ce film, tout est bon. Les dialogues, bourrés d'ambiguïté, les personnages très bien interprétés, et le scénario, bien que plutôt basique, très largement bien exploité. Chaque personnages est plus ou moins important et apporte au film sa part de contrat et lui fait prendre de nouveaux tournants. C'est comme si le film était une voiture et les personnages des virages (oui, je suis en plein apprentissage de conduite). Imprévisible, l'homme irrationnel est un homme mystérieux, plutôt bipolaire et plutôt *roulement de tambour* IRRATIONNEL ! Oui, le film porte bien son titre, cool ! Bon voilà, le fllm est très bon et je le conseille.
Emma Stone doit inspirer Woody Allen. Elle était déjà envoutante l'année dernière dans Magic in the Moonlight, la voici éclatante dans L'Homme Irrationnel, à travers cette histoire d'amour interdit entre un professeur de philosophie et son élève. Le mélange de cynisme et de conte léger fait une fois de plus des merveilles. Les situations se suivent sans déplaisir, toujours ponctuées par quelques répliques bien senties, qui font mouche avant tout parce qu'on peut s'y reconnaître. Il y a aussi tous ces petits dialogues anodins qui pourtant contribuent totalement à la construction des personnages et à l'évolution de leur relation (le moment où Stone n'a pas envie de parler et s'invente un prétexte par exemple). D'ailleurs, celle qu'entretient le couple principal est assez complexe et rappelle le méandre émotionnel de Vicky Christina Barcelona. Le scénario s'éloigne des sentiers battus et propose quelque d'assez peu vu pour ce genre de film. Je n'ai pas envie de gâcher la surprise (bien que les enjeux soient clairement suggérés dans la bande-annonce), mais disons que le titre n'est pas L'Homme Irrationnel pour rien. En tous cas le virage est parfaitement pris, toujours en gardant un ton léger via les compositions musicales. Joaquin Phoenix est tout à fait crédible avec son gras au ventre et sa flasque remplie de scotch. J'ai quelques réserves pour Stone, bien que sa présence est toujours appréciable comme je l'ai dit plus haut. Il y a quelques mimiques pas assez subtiles qui m'ont sauté aux yeux et qui m'ont fait pensé "Ah tiens, ça c'est joué", c'est regrettable. En dehors de cela j'ai passé un bon moment avec ces citations de Kant, cette fac austère tout en bois et ces paysages naturels à l'éclairage épatant. Le Woody Allen de 2015 est un grand cru !
Une sensation mitigée en sortant de la salle. Le film est bien mais aurait pu être plus accrocheur. Scénario pas inintéressant, acteurs bons , la p'tite réserve donc : ce côté narratif surexploité et des bavardages traînant en longueur sabordant ainsi l'attention du spectateur.
Un bon Woody Allen servi par d'excellents acteurs : Joaquin Phoenix est formidable et plein de charme dans ce rôle de professeur dépressif qui recouvre goût à la vie d'une manière peu "conventionnelle" et Emma Stone est radieuse dans le rôle de l'étudiante partagée entre son copain et ce professeur qui la fascine... une réflexion sur ce que l'on peut faire mais aussi sur ce qu'on n'a pas le droit de faire. De jolis plans et paysages. Une scène notamment romantique avec son coucher de soleil mais où Abe rumine ses pensées machiavéliques. C'est bien ficelé, bien fait. Bravo !
Le dernier film de Woody Allen est plaisant, assez léger. Certains plans et idées de réalisation étaient très audacieux. Les acteurs font très bien leur boulot, Joaquin Phoenix et Emma Stone confirment leur talent mais j'ai trouvé que ça pêchait un peu au niveau du scénario. Notamment dans sa décision de tuer le juge et de finalement tuer Jill.. J'ai trouvé ça un peu confus
Très bon film de Woody Allen, il a vraiment une "patte" qui nous embarque dans chaque histoires qu'il nous propose. On avance dans cette histoire sans se douter de la chute. bravo sans oublier les acteurs qui sont fantastiques
Un peu en mode automatique, le dernier Woody Allen avait pourtant de quoi séduire avec son personnage de philosophe au bout du rouleau qui retrouve goût à la vie en pratiquant le meurtre. Délicieusement amoral, le sujet pouvait donner lieu à une œuvre digne de Match Point et des meilleurs opus de son auteur. Malheureusement, pris d’engourdissement et de paresse au niveau de l’écriture, le cinéaste livre un script trop mécanique, où l’on retrouve les trucs habituels du réalisateur, mais sans la magie. Ainsi, les dialogues semblent moins ciselés, la réalisation elle-même est moins dynamique et même les acteurs déçoivent. Joaquin Phoenix n’est pas dans le rôle et Emma Stone se contente de rouler des yeux à longueur de temps. Peut-être que ce casting – le plus fade depuis longtemps chez Woody – est à l’origine du léger ennui que provoque le film. Attention toutefois, il ne s’agit pas du naufrage de To Rome with love, et le métrage se regarde volontiers, mais on est ici dans un Woody mineur, aussi vite vu qu’oublié.