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Alexis D.
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4,0
Publiée le 22 juillet 2018
Un très bon film français, c'est très rare ! Dans ce film, Daniel, surnommé "Microbe", est un enfant timide et rêveur. Quand Théo, dit "Gasoil", plus ouvert et déluré, est parachuté dans sa classe en cours d'année, une forte amitié naît entre les deux adolescents. À l'approche des grandes vacances, une idée folle naît dans la tête des deux amis : construire leur propre voiture avec quelques planches et une tondeuse à gazon, et partir sur les routes de France... On a souvent croisé de grands enfants dans le cinéma de Michel Gondry, des adultes qui restent trop petits pour le monde qui les entoure. A contrario, les gosses chez Gondry semblent davantage armés pour affronter la réalité, malgré les difficultés de l’adolescence. C’est en partie ce que l’on apprenait dans le bus scolaire de "The We and the I", c’est aussi l’histoire que raconte "Microbe et Gasoil", le nouveau long-métrage du réalisateur. Microbe et Gasoil, les ados anti-héros du film, sont au mieux des outsiders, au pire des freaks dans leur cour d’école; on trouve pourtant peu de jeunes gens comme eux qui ont leur courage ou leur créativité. Il y a, comme dans "The We and the I", quelque chose de tout à fait authentique dans ce portrait d’ados en période de lose : on n’a pas encore mué, on arbore des coiffures non-homologuées, et les relations ne semblent au top ni avec les filles, ni avec les garçons. Mais il y a aussi ici plus de décalage avec ces dialogues volontairement trop écrits, et cet esprit lunaire où le bus banal de "The We and the I" laisse place à un camping-car extraordinaire construit avec des planches de bois. "Microbe et Gasoil" est un projet plus léger, dans tous les sens du terme. La forme discrète est avant tout au service de ses jeunes acteurs convaincants, une simplicité assez inédite dans le cinéma du réalisateur. Cette économie n’empêche pas la dimension ludique de s’exprimer, avec sa carte de France transformée en grand terrain de jeu, de patelins en Bourgogne en poursuites sur le barrage du Crescent. La cabane sur roues construite par Microbe et Gasoil semble être une réminiscence de la cabane qui servait d’abri à Bjork dans le clip de "Human Behavior". Mais, différence de taille : dans "Microbe et Gasoil", celle-ci prend des allures de tank lancé sur les routes. "Microbe et Gasoil" surprend, mais "Microbe et Gasoil" est aussi du pur Gondry. Il y a toujours eu un rapport contrarié à la normalité chez le cinéaste : on essaie de s’y mouler dans "Human Nature", on s’y heurte dans "La Science des rêves", on se demande ce qu’est un couple normal dans "Eternal Sunshine of the Spotless Mind". Le voyage dans "Microbe et Gasoil" reste inévitablement une parenthèse enchantée et il y a des chances pour que le réel parfois amer reprenne le dessus. Comme les précédents héros de Gondry, Microbe et Gasoil ne seront jamais vraiment normaux mais sont faillibles, tordus, maladroits, bref ils partagent une même humanité. Et puis il y a cette certitude : un film qui dit des saloperies sur Shakira ne peut pas être mauvais, et c'est même d'ailleurs un très bon film français sur l'amitié et l'adolescence que je recommande chaudement
Microbe, surnom relatif à sa petite taille, et Gasoil, bricoleur qui sent l’huile de vidange, sont deux ados décalés. Isolés dans leur collège, leur moteur est le projet de fabriquer une voiture/maison (c’est le concept) et de partir avec en vacances d’été. Ce voyage initiatique truffé d’expériences farfelus (le dentiste, la masseuse, les footballeurs américains,…) va jouer le rôle d’accélérateur de maturité. Michel Gondry livre un film très personnel avec cette grâce enfantine présente dans toute son œuvre. Loin du très surchargé « L’écume des jours », ce film au parfum très estival est beaucoup plus léger ; les trouvailles à la géotrouvetou dont Gondry est friand sont bien présentes mais laisse toute la place à l’histoire. Léger, c’est aussi le cas pour la mise en scène et le scénario ; à vouloir rompre avec le travail de titan réalisé sur « L’écume des jours », ce film fait un peu fainéant et décontracté, les dialogues entre les deux garçons sauvent le tout. Aussi, après l’ennui de la première partie ; le road movie de la seconde partie avec ses rencontres cocasses réserve de nombreuses bonnes surprises. Surfant sur la vague de la nostalgie (héros en rupture avec la modernité ambiante) , on apprécie une sensation de candeur charmante sur fond d’odyssée loufoque. Quelques jolis moments de cinéma autour de la voiture improbable… un film estival léger comme un petit rosé bien frais tranchant radicalement avec le trop boursoufflé « L’écume des jours »… Rien de transcendant, juste un bon petit moment
Lorsque ce n'est pas lui qui bricole les images, c'est à ses acteurs qu'il fait mettre les mains dans le cambouis, pourtant il ne faut pas s'y tromper : du vélo boite à musique à la fameuse voiture maison, chaque bizarrerie mécanique porte la patte de Gondry. Leurs consœurs imaginaires aussi, d'ailleurs, car avant de s'échapper physiquement sur leur drôle d'engin motorisé, les deux héros, s'extirpent de leur réalité en la bricolant un peu, le premier par le dessin, l'autre par les mots et le personnage qu'il se construit de lui même. Tout comme Daniel qui voit débarquer Théo dans sa classe, on se laisse un premier temps fasciner par ce dernier et son côté anticonformiste faisant peu de cas de l'opinion des autres sur sa personne. Contre toute attente, c'est finalement cette première partie du film qui s'avère la plus intéressante, car une fois que le duo prend la route, et malgré une ou deux péripéties pouvant prêter à sourire, on peine à se passionner pour les adolescents et se contente d'attendre la fin du voyage avec ennui.
Un chef-d'œuvre! Du pur bonheur du début à la fin. Humour subtile et intelligent, on ne voit pas le temps passer. Presque envie de le revoir une deuxième fois. Génial!
La tête dans les nuages et les yeux pleins d'étoiles, Michel Gondry cristallise dans Microbe et Gasoil la créative envie de liberté de deux jeunes marginaux, l'un androgyne et d'apparence plus jeune que son âge, l'autre penseur précoce puant l'essence. Il est intéressant de voir Gondry abandonner son artisanale frivolité visuelle pour conter son histoire la plus personnelle, ce qu'il fait avec sobriété et sérieux. La réalisateur parvient à mettre la main sur le carburant même de l'amitié en rassemblant toutes les questions de son cinéma, la débrouille, le bricolage, la nature humaine et le sens de la vie, le tout étonnement harmonieux. Malgré de sévères baisses de régimes et autres digressions, ce tendre teen movie nous régale de dialogues savoureux et de péripéties saugrenues, tenus par deux têtes d'affiches aussi attachantes que crédibles. Doux et drôle, Microbe et Gasoil est une aventure qui à de quoi raviver l'imagination de quiconque, mais s'achève alors sur une note d'une incroyable mélancolie, nous rappelant que cette innocence reste inéluctablement derrière nous.
Micheeellll que t'est-il arrivé ?!?! Un film aux bonnes intentions, et qui passe relativement vite, mais...des acteurs plus que moyens (à l'exception des 2 protagonistes qui ne s'en sortent pas si mal !) des dialogues gênants, des bonnes scènes manquées et une fin....nulle, décevante, sans intérêt.
Michel Gondry vient toujours nous cueillir là où l’on ne l’attend pas ! Le chemin qu’il a parcouru depuis « Eternal Sunshine of the spotless mind » est surprenant et particulièrement original. De l’onirique « La science des rêves » à la sympatoche série B « Soyez sympa, rembobinez » en passant par un « Green hornet » habité ou encore à la métaphysique « Conversation animée avec Noam Chomsky », Gondry ne répond qu’à un seul vœu, se faire SON cinéma. Et c’est pour cela qu’on l’aime !
Avec « Microbe et Gasoil » on change une nouvelle fois de registre. Deux adolescents, aux rêves d’ailleurs décident de faire un périple à travers la France au volant d’une voiture-maison construite de leurs mains. Ce tour de France de deux enfants ne se résumera en fait à un aller Versailles-Auvergne, chaotique, tendre et cocasse. Pas d’effets visuels, d’onirisme poétique ou de trouvailles de mise en scène, Gondry ne veut s’attacher qu’à cette relation entre ces deux gamins, l’un introverti (Microbe) et l’autre débrouillard et malicieux (Gasoil). Ce road movie initiatique, aux allures biographiques, bien ficelé dépasse le seul cadre de ces « meilleurs amis », il se veut plus universel. Car si « Microbe et gasoil » est bien ancré dans notre 21ème siècle (au niveau technologique, social avec un passage sur les roms…) il fait référence en chacun de nous à un vécu. On a tous connu ou été un Microbe et un Gasoil ! Il faut remonter à « Laisse béton » de Serge Le Péron ou « Zim and co » de Pierre Jolivet pour retrouver pareille fraicheur sur le sujet.
Et c’est pour cela, mais aussi avec cette belle sincérité qui le traverse, que le film fonctionne si parfaitement. Bien sur, les pète-sec trouveront à redire, notamment sur la crédibilité de la situation. Ils sont bien incapables en fait, par trop d’aigreur ou amnésie matérialiste, de pouvoir y déceler l’innocence et la nitescence qui illumine cette période de la vie où tout est possible et à faire.
Il serait impensable de passer sous silence l’interprétation à commencer par les deux gamins, l’androgyne et sensible Ange Dargent dont la transformation sera saisissante, l’incroyable Théophile Baquet (digne petit fils de son grand-père Maurice !) avec sa belle maturité de jeu, le joli petit rôle d’Audrey Tautou en mère dépassée par les évènements mais aussi l’ensemble des seconds rôles, tous se donnent à fond
Gondry, éternel adulescent, auteur et réalisateur doué, sait transcender les sujets difficiles ou casse gueule pour notre bien-être de spectateur. Il signe ici un film personnel, drôle et profondément attendrissant.
un ovni du cinéma, plein de fraicheur. ça ne sonne pas toujours très juste, c'est un peu loufoque et pas toujours très crédible, mais c'est original et diablement sympathique. très loin de toutes ces grosses machines cinématographique, on a vraiment l'impression que c'est réalisé avec deux bouts de ficelle, et cela fait tout le charme du film. un très bon moment, ludique et original
On le surnomme Microbe. Pas gentil : le jeune Daniel mériterait mieux, mais son aspect fluet lui a valu ce surnom teinté de moquerie comme les ados en sont parfois experts. Lorsque Théo débarque dans sa classe et que la prof de math l'invite à se ranger à côté de la fille aux longs cheveux - traduisons le jeune Daniel à la tignasse blonde -, rapidement un courant s'instaure entre les deux garçons. Daniel est un passionné de dessin, Théo un fana de mécanique. Les deux garçons ont en commun de se situer en marge des autres élèves. Aussi, lorsque viennent les grandes vacances et que ni l'un ni l'autre n'envisagent de les passer aux côtés de leurs parents, ils vont mettre au point un plan qui a tout pour étonner. Le film alors, de réaliste qu'il était, bascule dans la fantaisie, cette fantaisie à laquelle nous a habitués Michel Gondry. Certes la fréquentation de Boris Vian a laissé des traces et, après "L'écume des jours", le précédent film du réalisateur, discutable mais personnel, nous retrouvons cet univers où l'incroyable vient s'inscrire très logiquement dans le processus narratif. Et la petite maison roulante mise au point par les deux compères ne surprendra personne, tout juste attirera-t-elle des policiers, avides de réaliser un beau selfie. Le film se déroule à la manière d'un film d'aventures dont les héros sont des ados, a priori bien de leur temps, parlant un langage cru et connaissant les préoccupations de leur âge, et pourtant passablement décalés par rapport à leurs congénères : le refus du portable est un de ces paradoxes qui émaillent le film. Tout cela concourt à nous donner une vision poétique et fluide qui a de quoi séduire. Certes rien de très ambitieux, mais une vision des choses qui s'inscrit dans la continuité d'une œuvre qui n'en finit pas de fasciner. Ajoutons la performance d'acteurs des deux ados et surtout du très expressif Ange Dargent dont le nom est tout un poème.
Avec Gondry, on n'est jamais déçu... Une raison toute simple: il est tellement inventif que l'on ne s'attend jamais à voir ce que l'on découvre sur l'écran. Même si le sujet n'est pas vraiment original, le traitement l'est suffisamment pour nous faire passer un agréable moment.
Le jeu des acteurs est aussi nul que les dialogues, l'histoire n'a aucun intérêt , c'est un désastre total. Ni drôle ni inventif ni original, il n'y a rien sauver dans ce ratage pathétique. Nul.
Un film de Michel Gondry, c'est toujours une séance de qualité bourrée de bonnes idées; et ce n'est pas les aventures de Microbe et Gasoil qui viendront me contredire. Une histoire d'amitié qui nous prend par la main, des péripéties qui s'enchaînent, de l'humour à haute dose, de la réflexion sur notre enfance perdue et l'apprentissage de la vie. En clair, du très bon Gondry.