"Green Room", un sacré film dont les mots paraîtront bien légers en comparaison de ce que l'on découvre à l'écran !
Un enfer sur terre, un cauchemar éveillé, l'horreur à l'état pur ! Difficile de décrire ce que vont vivre ces punks rockers venus faire leur concert chez des "skinheads neo-nazi" plutôt inquiétants...
Jeremy Saulnier signe un film terrible, mais peut-être moins par la violence ultra présente que par la façon dont elle est rendue, par ce réalisme saisissant, lui-même induit par la parfaite crédibilité des faits vécus dans cette histoire qui fait elle-même écho malheureusement et justement à des faits divers bien réels !
Car loin d'être un film d'horreur ou d'épouvante, ici rien n'est gratuit ou juste étudié pour seulement faire peur, point barre !
C'est bien la découverte de ce qu'ils n'auraient pas fallu voir qui va faire basculer et même plonger le destin de ces cinq musiciens à l'issue de leur prestation.
Le spectateur se trouve ainsi en prise directe à la réaction de ces hommes, sans état d'âme et sans limite dans l'exécution de leurs actes monstrueux.
Tout est montré sans détour, de l'enfermement dans cette salle maudite à tous niveaux, au besoin impérieux d'en sortir, puis finalement d'y... , mais on en dira pas plus !
Fausses périodes d'accalmie et rebondissements spectaculaires vont faire croître une angoisse vertigineuse et effrayante, alors qu'on suit le raisonnement glacé et la marge de manœuvre des deux camps ennemis.
L'enchaînement des situations vire à l'insoutenable, alors que l'environnement proche est d'une banalité qui fait cependant frémir.
Et même si la musique hardcore et l'image qu'ils en donnent peuvent aussi impressionner, ces cinq jeunes deviennent de véritables agneaux dans la bergerie à la proie de monstres sanguinaires, face à la dangerosité de ces adversaires.
Au niveau de l'interprétation, les acteurs sont en parfaite symbiose avec le monde auquel chacun appartient (Imogen Poots et Anton Yelchin excellents), ce qui renforce d'autant plus l'effet de peur et d'hallucination qui monte crescendo, et dont l'univers sonore vaut aussi pour son efficacité, en particulier un fameux effet Larsen plus que déstabilisant.
Quelques imprécisions apparaissent quant au raisonnement des skinheads et de ce chef (Patrick Stewart phénoménal), quant à leur fonctionnement mais au fond, rien n'empêche de comprendre et de saisir leurs enjeux d'une clarté évidente, puis leurs moyens mis en œuvre pour arriver à leur fin.
Du cinéma qui laisse les bras ballants, tant on est sous le choc, complètement terrassé par cet enchaînement de scènes toutes plus vraies et horribles, mais dont le message invite à une réflexion ou une analyse, tout aussi épouvantable avec le recul...
Impressionnant de maîtrise et d'assurance, bravo !!!