Lui rêve d'ouvrir son club de Jazz. Elle, rêve de devenir une grande vedette de cinéma. Bon, en temps normal, j'aime pas ça, les comédies musicales, ça me saoule la tête, comme le disait une pote à moi. Mais parfois, je joue les kamikazes et me laisse tenter, il m'est même arrivé de trouver chaussure à mon pied. Pour ce qui est de "La La Land", ça ne l'a pas fait. Pourtant, la première scène m'a laissé entrevoir des plaisirs qui, malheureusement pour moi, ne sont jamais venus. Histoire cul-cul, on le sentait arriver, c'est bien souvent dans le cahier des charges, mais y a toujours moyen de tricoter le truc pour que ça passe. Et pour cause, si Ryan Gosling et Emma Stone ne manquent pas de charme, leur duo ne fonctionne pas. Il n'y a pas d'alchimie particulière entre eux. Et si leurs talents de comédiens sont réels, ceux de chanteurs et de danseurs, nettement moins. Pour ce qui est de la musique, rien de fantastique, ni en ce qui concerne les chansons, ni en ce qui concerne les instrumentaux. Ce qui est un comble pour un film faisant allusion à Count Basie, Charlie Parker, John Coltrane, Miles Davis, Louis Armstrong, Sydney Bechet ou Theolonius Monk. Derrière sa caméra, Chazelle se la touche quand même pas mal. Moins prétentieux qu'il ne le sera pour faire "Babylon", mais y a déjà des signes avant-coureurs. Restent donc une esthétique soignée et un moment qui passe facilement, même si on n'en retient rien ou pas grand chose une fois terminé. Clairement pas la même catégorie que des "Chantons sous la pluie", "West Side Story" ou autres "Hair".