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Un visiteur
5,0
Publiée le 5 mars 2007
Magnifique film. Un véritable chef d'oeuvre de Jean Vigo. Avec une interprétation des personnages exelente. Ce film est très riche par la technique de cadrage, de filmer, par ses nombreux symboles...Chaque plan est pensé par Jean Vigo...Un film absolument splendide, et indispensable à une culture cinématographique.
Jean Vigo un réalisateur hors pair chaque plan est un délice, les acteurs sont formidables de tendresses et les dialogues sont et resteront universellement beaux et poétiques. Y a des films qui marquent et d'autres qui passent, "ce chaland qui passe "m'a marqué à vie..
L’Atalante est une expérience étrange, fragile, parfois magnifique, parfois lassante, sur l’amour comme quelque chose d’instable et de fuyant. Jean Vigo filme un couple avec ses élans, ses frustrations, sa jalousie, son besoin d’ailleurs et cette peur très simple de perdre l’autre. Il ne se passe pas grand-chose, c’est vrai, et la lenteur crée parfois une vraie distance. Mais le film existe surtout par ses images, par cette façon de faire naître de la poésie dans le froid, la péniche, les corps fatigués et les petits riens du quotidien. La scène sous l’eau, avec Juliette qui apparaît comme une vision, reste l’un de ces moments où le film touche à quelque chose de pur. J’aime aussi beaucoup la tendresse de Vigo pour ces êtres en marge, jamais regardés de haut, mais à qui il donne une vraie grandeur. Michel Simon est éblouissant en père Jules, sale, drôle, tendre, excessif, comme si tout le désordre vivant du film passait par lui. L’Atalante avance un peu comme sa péniche : lentement, de travers, avec des creux, des fulgurances et des moments d’ennui. Je comprends qu’on puisse discuter son statut de mythe, peut-être renforcé par le destin tragique de Vigo, mort si jeune. Malgré ses limites, il reste dans ce film une liberté, une audace et une poésie concrète qui le rendent tenace.