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Un visiteur
5,0
Publiée le 31 juillet 2015
Comme il a déjà été dit, Goodnight Mommy n'est pas un film d'horreur selon les critères "grand public" mais ça ne doit pas pour autant être un défaut, bien au contraire. Personnellement, j'y ai surtout vu un drame/thriller psychologique très bien construit, réfléchi et réussi à tous points de vue. On peut croire que "le twist" ou "le truc" de l'histoire est trop vite dévoilé mais je trouve que c'est un peu prendre le spectateur pour un légume que de penser ça. En effet, je ne pense pas que la volonté de la réalisation ait été de "nous faire croire" ce que certains ont eu l'impression de comprendre trop rapidement. Car très sincèrement, c'est flagrant dès le départ et donc une sorte de vérité de La Palice... Je pense que l'on est plutôt sur quelque chose de très atmosphérique, au rythme parfaitement distillé afin d'offrir au spectateur des fenêtres de réflexion et d'introspection. Autant dire que ça ne s'adresse pas à l'amateur moyen de films d'horreur et que ça sollicite davantage l'intellect que la simple consommation décérébrée du produit final. Les jeux d'acteurs sont irréprochables, et le casting illustre bien que l'exigence a été de mise sur ce plan. Les jumeaux sont juste parfaits dans leurs rôles ambigus et on a la forte impression qu'ils sont dans la compréhension totale de leurs personnages, tout en les incarnant avec une sorte de maturité relativement dérangeante. On ressent tout à fait cette innocence souillée par l'ennui, le délaissement et la tristesse, donnant naissance au côté sombre, à la pathologie mentale, qu'on laisse "l'autre" assumer. Entre jeux enfantins et complicité silencieusement fusionnelle, échanges de regards lourds de sens et détresse affective, cela nous amène à nous questionner sur la dualité intérieure que nous possédons tous. De même, lorsque l'adulte n'est plus là pour fixer de limites et qu'il n'est pas capable de formuler les problématiques et d'aborder les sujets de fond, jusqu'où l'enfant, avec sa logique post-traumatique, est-il capable d'aller ? Le masque est sans doute le moyen naïf de dissimuler la noirceur, la rancune, ou la douleur qui sommeillent en nous, c'est l'artifice qui nous permet de nous cacher et d'assumer le passage à l'acte. Le masque d'Elias, c'est Lukas, ou peut-être est-ce l'inverse ? Ce sont effectivement des thèmes sérieux qui, selon moi, sont abordés subtilement et sobrement dans une oeuvre qui laisse une grande place à l'artistique, notamment sur le plan technique et visuel. De ce fait, étant donné qu'on est bien loin des codes habituels, Goodnight Mommy ne pourra hélas plaire à tout le monde, mais ne laissera sans doute personne indifférent. Je donne 5 étoiles pour l'originalité, l'authenticité, la profondeur et la précision.
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2,5
Publiée le 23 juillet 2015
"Goodnight Mommy" n'est absolument pas un film d'horreur, il n'y a aucun code du genre, c'est plutôt un drame familial. C'est un film qui aurait pu être tellement bien si l'histoire n'était pas si prévisible, car au bout de 20 minutes, j'avais déjà deviné la "supercherie" ce qui diminue considérablement l’intérêt du film. Pour autant, le film ne devient pas ennuyeux, car l'ambiance est pas mal, les acteurs sont bons, mais j'avais surtout espoir qu'il y ait encore quelque chose derrière et pas uniquement ce banal twist.
C'est très labyrinthique comme film, un poil tumblr aussi. J'ai beaucoup apprécié ce jeu. spoiler: C'est évident dès le début du film que Lukas est bel et bien mort, seulement, le doute et leur ressemblance vont permettre un jeu de cinéma super interessant. Ils vont se dissimuler, se ressembler, on en viendra à se demander lequel est le "vrai" a.k.a. Elias, qu'essai de traduire Lukas et pourquoi. Mais je n'ai pas vraiment aimé le film, spoiler: à cause, notamment de la trop longue scène de torture située à 2/3 du film . C'est une rupture de ton énorme et là, on arrête de me parlerspoiler: au profit des amateurs de gore . La fin est intéressante et cohérente au film.
Les : Excellente réalisation, tout est beau, digne de Seidl; Jeu d'acteur magnifique; Excellente musique d'accompagnement; Les deux premiers tiers du film sont assez novateurs, on est vite perdu, c'est inédit.
Les - : spoiler: Scène de torture en total décalage du reste du film, spoiler: avec les codes du cinéma d'horreur idiot : intervenants croix rouge bêtes comme leur pieds, qui partent au moment exact où il ne faut pas. Là le film devient facile et voyeur. Bref de quoi ranger dans sa boîte le bel enthousiasme.
Récipiendaire du prix de jury au Festival du film fantastique de Gérardmer, « Goodnight Mummy » est loin d’être aussi satisfaisant que son concurrent et gagnant du grand prix, l’envoûtant et terrifiant « It follows ». Pourtant la plastique du premier est presque aussi réussie que celle du second. Les plans sont savamment cadrés et l’ambiance mortifère, glauque et faussement bucolique qui plane sur le long-métrage autrichien est en parfait accord avec l’étrangeté de son sujet. Et on ne peut nier que la première demi-heure est intrigante et nous met mal à l’aise, lorsque la mère a ses bandages sur la tête… Mais un problème majeur persiste tout du long : même s’il n’est pas expliqué, comme dans tout film fantastique, le fin mot de l’histoire est perçu et découvert dès le premier quart d’heure. Lorgnant beaucoup (trop) sur celui de « Sixième sens », on a vite fait de saisir le vrai-faux rebondissement de ce drame familial virant dans l’horreur et le gore. De ce fait tout ce qui suit perd de son intérêt. Les scénaristes et réalisateurs auraient mieux fait de faire en sorte que tout cela se révèle à toutes petites doses, au fur et à mesure du film. Ensuite, il y a quelques invraisemblances dommageables et des scènes beaucoup trop répétitives ; un bon quart d’heure en moins aurait dynamisé « Goodnight Mummy » pour le rendre peut-être plus palpitant. Ici, même si le but était d’instaurer un climat délétère, le manque de rythme est flagrant et le temps semble long. A la sortie de la projection, on se dit tout ça pour ça… L’idée était bonne mais au final mal exploitée. Ce coup d’essai rare du cinéma autrichien vers le film fantastique tendance horreur est un gage de courage qui ne tient malheureusement pas toutes ces promesses. Et le final très gore mais pas non plus choquant s’étire beaucoup trop en longueur. On est donc déçus et on préfèrera largement revoir le sublime « It follows » plutôt que de s’ennuyer devant ce film roublard et un peu trop prétentieux.
Si vous êtes vraiment fans de films d'horreur, alors passez votre chemin car Goodnight Mommy n'est clairement pas fait pour vous. Son intrigue cousue de fil blanc et son manque de frisson en font un long métrage horrifique destiné à un public d'habitué des salles d'arts et d'essais qui voudrait se faire une frayeur. Il n'y a qu'eux qui pourront se satisfaire d'un pareil ratage à l'esthétique aseptisé, lent et mou qui leur laissera tout le temps pour cogiter probablement bien au delà des intentions de Veronika Franz & Severin Fiala.
Une ambiance claustrophobie, incompréhensible et macabre s'installe dans cette belle maison peuplée de deux beaux enfants et d'une mère dont le visage est invisible pendant la première demi-heure. Les plans sont superbes, la photo magnifique. Le rythme reste lent mais participe à l'atmosphère. On regrettera simplement un scénario un peu mince, au final attendu.
goodnight mommy est un film très particulier ou se mélange ennuie pour l'intrigue du film,atmosphère pesante,rebondissement en tout genre,je ne suis pas certain d'avoir tout compris à ce film cependant la construction du film laisse un intêret à ce film bien étrange.
GOODNIGHT MOMMY ou la preuve par quatre que le cinéma de genre a encore de beaux jours devant lui à condition d’aller fouiller loin des productions médiatisées de studio ultra-formatées, pour s’intéresser à un cinéma plus minéral.
Flirtant avec les oripeaux de l’anti-conte, comme si les frères Grimm s’étaient mués en artisans paroxysmiques du trash en se frottant à la thématique de la névrose mentale, de l’amour filial et de la déviance psychologique, Goodnight Mommy est un insoutenable cauchemar épidermique et manipulateur dont on se relèvera difficilement, révisant à sa manière, plusieurs sous-registres du genre, à commencer par le torture-porn. Une oeuvre dense et puissante, quelque part à la lisière entre entre l'onirique et le tellurique, entre la raison et la folie, à la frontière entre le rêve confondant et la réalité malsaine, entre le fantastique énigmatique, le thriller psychologique et le drame familial bouleversant. Goodnight Mommy joue avec les angles morts, cultive les paradoxe, cultive une richesse de contenu propre à ses œuvres capables de ballotter le spectateur pour sans cesse le surprendre et le pousser à tout remettre en question constamment. Sadique, glaçant, tétanisant, jusqu’au-boutiste, et pourtant émotionnellement fort derrière sa cruauté de façade, un effort audacieux et singulier, où l’on finit par ne plus rien croire.
(...) GOODNIGHT MOMMY m’a paru… un peu trop prétentieux. Si les esthétiques visuelle et sonore sont très réussies, le rythme, très lent, se repose à mon sens un peu trop sur ses propres artifices: – étirer les scènes jusqu’au malaise, puis faire un cut brutal avant d’expliquer la cause du malaise; très efficace au début, vite lassant. – puis, le mystère associé à la puissance évocatrice des images. Ainsi, tout le début du film est excellent, alignant bizarretés sur bizarretés, n’hésitant pas à devenir franchement angoissant (le hors-champ), dérangeant (la violence incestueuse, ces bandages), ludique (Fausto avait raison), ou même carrément fantastique… Malheurureusement, certains de ces effets tendent à se répéter. Énervant – 2 gosses / leur mère / film d’horreur… C’est un concept très fort. Malheureusement, le scénario, lui, est construit de façon très linéaire. Le gros problème vient du manque d’originalité du script, qui façonne symétriquement le film autour d’un élément de surprise que le spectateur aguerri risque d’envisager plus tôt que ce que les auteurs ont prévu. À partir d’un certain point, les actions des personnages et les situations sont en décalage avec nos attentes: l’ambiance continue à s’installer lorsque les auteurs devraient commencer à jouer avec notre perception… Puis s’y mettent, lorsque l’horreur pourrait déjà commencer. En résulte une grandissante impression de longueur et un manque d’intérêt/crédibilité lorsqu’arrive le final, violent et spectaculaire, mais également prévisible et convenu, contrastant avec l’ambiance géniale délicatement installée en premier lieu (...
L'intégralité de cet avis à propos de GOODNIGHT MOMMY, sur le Blog du Cinéma
Attention avertissement ! L'affiche du film est certes vaguement inquiétante mais si vous êtes une âme sensible, attendez-vous à quelque chose d'inconfortable et exigez la présence d'un pompier à la sortie de la salle pour vous porter secours. Lorsque j'ai vu le film au festival Premiers Plans d'Angers, la personne à côté de moi a du sortir tellement elle ne supportait pas ce qu'elle voyait à l'écran et nous l'avons retrouvée dans les bras d'un charmant pompier.... Cependant le film n'est quand même pas un film d'horreur à la "Saw 6" ou à la "Vendredi 13". C'est plus chic, plus esthétique, plus violent psychologiquement. Les deux adorables garçons de l'affiche habitent dans une splendide villa contemporaine au milieu de nulle part, dans une campagne autrichienne où pousse beaucoup de maïs. On notera au passage le côté horrifique et à suspens des champs de maïs dans le cinéma au 21 ème siècle ("Tom à la ferme" de Xavier Dolan pour ne citer qu'un exemple à la mode). Pas du tout agricultrice, mais actrice connue, la mère de ces enfants revient après avoir subi une révision totale du visage avec réparation de la carrosserie et regonflage des lèvres, le cinéma n'aimant que les peaux retendues sous peine de chômage. Pour l'instant la star n'est guère présentable et cache ses lésions sous un énorme bandage qui ne manque pas d'intriguer sa progéniture. Assez nerveuse sous les bandes Velpo, l'actrice ne ménage ses garçons, l'un surtout, un peu plus récalcitrant. On peut être souriante à l'écran, on ne l'est pas forcément à la maison, les mouflets ça vous gâche quand même la vie ! Mais dans cet intérieur froid et glacé, l'imagination des enfants va aller bon train. Ils vont se mettre en tête que cette femme n'est pas leur mère.... En sortant de "Goodnight mummy" on se dit que le cinéma autrichien c'est rude ! Après le " Funny game" Hanneke ou les films Ulrich Seidl (d'ailleurs ici producteur), on pensait avoir eu notre dose d'images mettant mal à l'aise. C'était sans compter sur ces deux cinéastes qui réussissent à plonger le spectateur dans un état de répulsion total avec un final éprouvant. Sans dévoiler la fin, disons que les futures mamans qui attendent avec impatience la venue au monde de la plus belle chose que la vie leur ait offerte risquent de demander d'avorter illico, même délai légal passé !
L'une des rares oeuvres qui se savoure sans faim, avec une fine psychologie, des détails intelligemment trouvés et une fin inédite. Là où certains reprocheront une grande lenteur, moi j'y vois de grands moments de cinéma où les décors se contemplent, où les visages d'ange des enfants font places à de véritables diables aux corps et où l'on peut se poser des milliers de questions sur ce qu'il se passe vraiment dans cette maison, qui bien sur avec un peu de réflexion on comprendra tout très vite.
Je ne sais que penser.. J'ai cette étrange envie de mettre une bonne note à "Goodnight mommy" alors qu'en toute logique je ne le peux pas puisque je n'ai pas compris un bon nombre de choses.. Commençons par le début : l'intro, ou les 10 premières minutes.. Oui elles sont nécessaires, pour présenter les personnages et le lieu où se déroulera les 3/4 du film, mais elles sont longues.. C'est presque déjà ennuyeux. Il aurait fallu les rendre plus intéressantes. En revanche, elles sont déjà très étranges ces 10 minutes, et ça annonce plutôt bien la couleur, elles sont à l'image du film dans son entièreté. Au bout de 20 minutes, il y a une scène (celle où Elias spoiler: surprend sa mère dans la salle de bain ) qui est relativement stressante, mais c'est sans doute la seule qui le soit dans ce film.. Car non, je ne pense pas qu'on puisse dire que "Goodnight Mommy" est un film d'horreur. Peut-être plus un mélange de drame et de thriller, avec une petite touche (mais alors vraiment petite) d'horreur. Ce qui n'est pas un défaut en soit. L'une des forces de ce film, c'est que malgré sa lenteur évidente il maintient l'attention.. Car l'histoire est tellement étrange qu'elle est intéressante, et assez rapidement on a une idée de ce que pourrait bien nous révéler cette histoire et on veut savoir si on a raison ! Donc même si c'est long, on ne décroche pas. Et on est surpris à la fin, mais j'y reviendrai après.. Justement, comme ce film est déjà très lent, des choses auraient pu être évitées. Par exemple, l'intervention des deux membres de La Croix Rouge, je trouve que c'est de trop.. Il ne se passe rien, et cette scène est assez inutile au final. Alors oui c'est un indice supplémentaire pour nous faire comprendre la révélation avant qu'elle ne soit claire à la fin du film (encore faut-il connaître le but de cette association), mais ça reste de trop, les personnages n'apportent rien d'intéressant, et c'est encore très lent.. Sans exagérer, on pourrait croire à un vieux téléfilm qui passe sur France 3 pendant cette scène.. Cette révélation (le fait que spoiler: Lukas soit mort ), justement, est très inattendue, et pourtant quand on le sait, on réfléchis et on se rend compte que les indices étaient assez nombreux et évidents.. C'est donc très bien joué dans la réalisation. C'est un peu un coup à la "Fight Club" : un tas d'indice évidents, et pourtant ça nous échappe jusqu'à la fin. Le fait que spoiler: Lukas parle toujours dans l'oreille d'Elias quand ils sont en présence de quelqu'un , le fait que dès le début du film spoiler: il y ait plusieurs scènes où Elias cherche son frère sans le trouver , que personne spoiler: ne se soucie de Lukas en ne parlant toujours qu'à Elias , etc.. Beaucoup d'indices pour au final nous surprendre, bravo. Mais au final, même si ceci nous permet de comprendre beaucoup de choses, il reste un tas d'éléments incompréhensibles pour ma part.. Comment expliquer la scène où la mère est nue dans les bois et que sa tête fait des choses étranges ? Ou encore celle où les enfants ouvrent son ventre et que des bêtes en sortent sans qu'elle ne se réveille ? Alors quoi, est-elle morte elle aussi ? Un tas d'incompréhensions.. En cherchant sur le net, je trouverai sûrement des explications et tout me paraîtra clair. Néanmoins, à la fin du visionnage je n'ai pas tout compris, et c'est bien dommage. Ce film mérite plus que la moyenne, mais pas plus que 3 à cause de cela.. Mais je comprends les notes supérieures pour ceux qui ont tout compris ! Si tout est clair, ce film est excellent à voir malgré sa lenteur.