A Bigger Splash
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Flaw 70
Flaw 70

276 abonnés 422 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 7 avril 2016
L'entreprise est osée. Faire un remake du classique de Jacques Deray, La Piscine, est un pari risqué surtout que le film n'a pas pris une ride et est toujours très actuel. On se demande alors pourquoi prendre un tel risque ? Surtout entre les mains d'un cinéaste comme Luca Guadagnino qui s'est imposé avec un style lourd, artificiel et emprunts de psychologie de comptoirs au sein de son médiocre Melissa P. - sorte de sous Virgin Suicides sans sa dimension ni sa justesse et surtout pas son intelligence - ou de son Io sono l'Amore - film manquant de subtilité mais étant digeste grâce à la qualité de l'interprétation et un certain sens de la mise en scène. Les chances pour que ce remake soit pertinent sont indéniablement vaines mais on peut encore espérer qu'avec un tel casting le film soit tout de même réussi mais c'est finalement la vision du cinéaste qui viendra l'handicaper pour l'envoyer dans le mur.
Scénaristiquement parlant il n'y aura pas grand chose à dire sur l'intrigue du film, qui ne diffère pas tant que ça avec le classique de Deray. Ce qui va faire la différence ici est surtout le regard qui est porté sur les personnages. Ici le personnage féminin central est totalement remodelé, pour en faire une icone rock star dépossédé de sa voix et c'est là que le récit expose tout ses intentions et ses erreurs. Même si la démarche à le mérite d'être différente de l'original et elle aussi beaucoup plus impertinente, dans le premier film la femme était une force de la nature, qui dépossédait les hommes et les poussait à céder à s'affronter dans leurs plus bas instincts, ici c'est elle qui est démunie face à eux, passive face à leurs jeu d'hommes. La figure centrale du film, celle qui doit nous fasciner devient alors une figure vide et surannée, posant le vrai problème du remake, il se révèle plus démodé que l'original. Le personnage de la fille se révélera plus intéressant ayant un vrai impact sur le récit mais c'est finalement son traitement qui laisse à désirer car elle est totalement oubliée pendant une bonne partie du récit tandis que ses troubles sont assez réducteurs, clichés et vraiment dépassés pour un film qui est censé se passer en 2016. Les personnages masculins seront ceux qui seront le plus développé ici, même si c'est fait de manière totalement artificielle et peu subtil, ayant l'impression d'avoir un bête abattage de virilité humaine. Certains passages prennent tout simplement le forme d'un concours de celui qui à la plus grande et fini de plonger le film dans le ridicule le plus totale. A force de les voir se tourner autour, on fini par se rendre compte qu'ils tournent en rond dans un ballet vide de sens et désincarné. Non pas que le film ne raconte rien, mais il échoue à le raconter correctement et dans sa volonté d'avoir un propos totalement différent de La Piscine, il en vient à avoir un propos inintéressant et souvent inexact. Bien loin de l'universalité et la justesse de l'original. On reste aussi dubitatif devant la présence de flashbacks inutiles qui viennent parasiter et alourdir un récit qui prenait déjà l'eau, soulignant le peu de psychologies des personnages et confirmant la bêtise d'un film qui est plus intéressé par ses effets esthétiques que la profondeur de son histoire. On retiendra à cause de ça deux confrontations finales - une entre les hommes et une entre les femmes - dénuées de dramaturgies et qui donnent l'impression de sortir de nulle part, ainsi qu'une conclusion qui atteint des sommets dans le ridicule.
Le casting essaye malgré tout de faire croire à l'entreprise et la plupart s'en sortent bien. Même si à l'image de leurs personnages, les actrices ont plus de mal à s'imposer et semble effacée. Tilda Swinton retrouve le cinéaste après Io sono l'Amore et est toujours aussi juste et charismatique mais on reste avec le sentiment qu'elle n'était pas indispensable au rôle. Le personnage étant tellement effacé qu'elle a peut de choses à jouer et au final elle semble totalement sous exploitée. De plus même si elle forme un bon duo avec Fiennes, elle ne partage aucune alchimie avec Matthias Schoenaerts. Dakota Johnson est assez fade dans son rôle, appuyant bien trop sur les traits de personnalités de son personnage, elle manque de justesse et de subtilité trahissant ses intentions et suscite souvent l'agacement. Par contre les acteurs assurent le job et font bien plus plaisir à voir. Matthias Schoenaerts arrive même à reprendre le flambeau de Alain Delon assez admirablement. Il est plus magnétique et animal que son prédécesseur grâce à une prestation toute en retenue et vraiment touchante. Mais l'atout principal du film, celui qui en reflète le mieux son essence, c'est Ralph Fiennes. Dans un cabotinage outrancier et souvent agaçant, il excelle. Il est à l'image du film, magnifique et fulgurant mais aussi totalement crétin et irritant. Il se donne corps et âme à l'entreprise et semble s'amuser comme un petit fou arrivant à sauver le tout de l'ennui le plus profond.
La réalisation est somptueuse, la photographie y est très léchée, la musique appuie un peu trop certains passages et certaines intentions mais elle se fond bien avec les images pour en faire un produit énervé et intenable. C'est aspect rock et débridé est ce que l'on aurait voulu voir du film, mais même si on en voit parfois les contours, il est bien trop tenu pour convaincre. Faute à un montage peu énergique et qui fait des choix étranges dans sa façon maladroite d'intégrer les flashbacks. De plus la mise en scène de Luca Guadagnino est assez vaine et superficiel, se constituant souvent de non sens ou de symboles beaucoup trop appuyés malgré quelques bonnes idées assez bien pensé notamment dans le sens de l'esthétisme sur les reflets et les effets de miroirs qui instaure la paranoïa. Les plans restent beaux, maîtrisé et abouti mais ils sont totalement désincarnés, ils manquent cruellement d'intelligence et jamais ils ne nous font ressentir la fièvre et la passion des personnages. Ils nous les montre faire l'amour, faire la fête mais on reste détaché car le film n'a aucun sens de la mesure ni de la force de suggestion offrant quelque chose de globalement informe.
En conclusion A Bigger Splash est un mauvais film. Ennuyeux par son aspect vain et dépassé, n'arrivant jamais à retransmettre la fièvre de ses personnages et tombant bien trop souvent dans l'artificialité, la lourdeur et le ridicule à cause d'une subtilité aux abonnés absents. Le casting alléchant peine aussi à convaincre à cause d'une sous exploitation des figures féminines tandis que les hommes arrivent à susciter un minimum d'intérêt. Légèrement soutenu par des idées de mises en scène bien vu mais globalement noyé par une superficialité qui ne s'intéresse qu'au beau sans se soucier si il fait sens. On se retrouve face à une oeuvre dénué de profondeur, plate malgré ses envies d'hystéries et inconsistante. Une déception qui ne se contente pas d'être un remake inutile mais un film suranné et hors propos qui se permet d'être plus démodé que ses inspirations.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 avril 2016
Rock star aphone, Marianne (Tilda Swinton) se repose avec son jeune amant Paul (Matthias Schoenaerts) dans une île italienne. Leur retraie idyllique est troublée par l'arrivée intempestive de l'ex-amant de Marianne, Harry (Ralph Fiennes) et de sa fille Penelope (Dajota Johnson). Autour de la piscine, Harry tente de reconquérir Marianne tandis que Penelope trouble Paul.

Pourquoi diable être allé tourner un remake de "La Piscine" de Jacques Deray ? En 1968, Romy Schneider n'a jamais été plus sexy ni Alain Delon plus beau. Et vice versa. Ils formaient un couple mythique. Indépassable. Alors pourquoi diable ?
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 avril 2016
On ne touche pas aux mythes. On ne touche pas à Romy. On ne fait pas de remakes de films cultes comme La piscine. Et pourtant, Luca Guadagnino s'en sort bien (même si, pour être franc, on ne voit pas vraiment l'utilité de la chose). On est forcément méfiant à l'annonce du projet et encore plus au début de la projection. Mais fort de son succès avec Amore, son dernier film (et le meilleur de 2010), le réalisateur italien balaie nos doutes assez vite. Il réussit même l'exploit de nous faire oublier l'original (ce qu'il faut, de toute façon, absolument faire). Il revisite tout cela de manière plutôt rock'n'roll (Marianne est devenue une rock star planétaire, mais elle est muette...). C'est à la fois neuf, original, totalement remis au goût du jour et à la fois rassurant. Car l'histoire, sur le fond, reste la même. Le quatuor ne change pas, même passés, mêmes failles, mêmes déchirures, même drame. Même suspens, même tension, même plaisir pour nous, même si on connait tout cela par cœur. Les acteurs de l'époque, beaux, célèbres, talentueux, sont remplacés par des pointures d'aujourd'hui. Même si Tilda Swinton n'a rien de comparable avec Romy Schneider (sauf le fait d'être une très grande actrice). Pas mieux entre Matthias Schoenaerts et Alain Delon (de l'époque) si ce n'est un certain charisme, Maurice Ronet et Ralph Fiennes (excellent) ou Jane Birkin et Dakota Johnson (surprenante et bien plus convaincante que dans 50 nuances de Grey). Si la mise en scène de Guadagnino n'est pas aussi virtuose que pour Amore, elle n'en reste pas moins rythmée et très agréable. On passera sur la photo, pas très belle, et un scénario parfois hasardeux (les migrants), sans que cela n'entache la bonne impression que, finalement, on peut avoir de cette relecture et réactualisation du film de Jacques Deray. On replonge donc avec un certain bonheur dans cette piscine, si différente et si identique à la fois. En grande partie grâce à un casting formidable mais aussi à un talentueux réalisateur qui nous surprend une fois de plus (alors qu'il était très attendu au tournant). Une fois n'est pas coutume, on dira donc que ce remake est plutôt réussi...
Le film d'Ariane
Le film d'Ariane

87 abonnés 179 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 avril 2016
Réalisateur du superbe « Amore » avec Tilda Swinton, Luca Guadagnino fait de nouveau appel à elle pour incarner une rock star en convalescence forcée suite à une extinction de voix. Marianne Lane part donc se reposer sur l’île méditerranéenne de Pantelleria avec Paul (Matthias Schoenaerts, très hot !), son compagnon, un homme plus jeune avec qui elle vit une relation fusionnelle. Mais débarquent bientôt Harry, son ex, producteur de musique excentrique et sa fille, une ado aguicheuse qui sème le trouble à chacun de ses pas, au gré de ses regards appuyés ou de ses sous-entendus explicites. Dans cette villa luxueuse hors du temps, ces 4 individus au tempérament de feu vont se renifler, se défier, se provoquer autour d’une magnifique piscine et personne n’en sortira indemne. Ça vous rappelle quelque chose ? C’est normal car ce n’est rien moins que le remake du cultissime film de Jacques Deray, « La Piscine ». Évidemment le réalisateur a pris quelques distances avec le script original et même si l’on retrouve plusieurs scènes emblématiques, les personnages n’ont pas tout à fait la même saveur. Certains choix scénaristiques m’ont d’ailleurs laissée perplexe. Notamment la maladie de Marianne qui pousse Tilda Swinton à rester silencieuse ou à surjouer la laryngite presque tout le temps sans qu’on comprenne bien l’intérêt dramaturgique du parti pris. En revanche, Ralph Fiennes trouve ici une partition à la mesure de son immense talent. Fou et décomplexé, il est génial, à mille lieues de tous les personnages sombres et torturés qu’il a très souvent interprétés. Mention spéciale à la photo, sublime, écrasée de soleil, mais qui, malgré tout, grâce au talent du chef op’, dégage une angoisse diffuse. Une curiosité.
tony-76

1 152 abonnés 1 410 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 août 2016
N'ayant pas vu l'original, A Bigger Splash est le remake du film La Piscine de Jacques Deray sorti en 1969. Mais, ce remake vaut surtout le détour en particulier pour la performance des comédiens, superbement dirigés, ainsi que pour la splendeur des images de ce coin d'Italie. Une chanteuse populaire qui a perdu la voix (Tilda Swinton) avec son amoureux protecteur (Matthias Schoenaerts) tombent sur un vieil ami charismatique à l'aéroport (Ralph Fiennes) accompagné de sa fille (Dakota Johnson). Les relations qui s'établissent entre ces quatre individus sont étendues spoiler: de non-dits, d'amitié, d'amours interdites et de désir afin de se replonger dans le passé...
Le cinéaste italien Luca Guadagnino maîtrise son art dans sa façon de filmer ce lieu paradisiaque. La luminosité est forte, l'humidité est elle aussi, élevée et donne des coups de chaleurs aux protagonistes ! Une photographie riche et expressive avec des retours en arrière dans le passé. On a une seconde partie plus chargée dramatiquement spoiler: qui se déroule sous la pluie et les nuages.
Il y a des métaphores comme spoiler: le serpent omniprésent dans quelques scènes au bord de la piscine.
La caméra est survoltée, les musiques sont assez plaisantes mais le rythme vient plomber cette ambiance... Mais le récit laisse sa marque grâce au brio de ses interprètes. Ralph Fiennes offre une composition communicatif ! Il manie la comédie avec aisance. Tilda Swinton possède un rôle muet et elle transmet des émotions à travers son refus de mimiques. Plus physique est Matthias Schoenaerts, qui est charismatique et Dakota Johnson change de registre à côté de Cinquante Nuances de Grey, il n'y a pas photo ! Nettement plus convaincante. Un quatuor savoureux !! La conclusion s'avère ahurissante et s'apparente à une satire de société spoiler: - l'Italie est pris avec la crise des migrants et des sans-papiers, les d'individus célèbres sont les seules choses qui intéressent les policiers -.
Enfin, A Bigger Splash s'amuse à faire patauger ses personnages dans une piscine pleine de désirs et de mensonges de toutes sortes. Malgré certaines longueurs, il mérite d'être découvert.
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