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Requiemovies
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4,0
Publiée le 12 novembre 2016
(...) il est vrai vers un fétichisme de plus en plus présent et laisse parfois circonspect une certaine partie des spectateurs (voire d’une certaine presse bienpensante). Mais là où certains voient d’un œil coquin non assumé (Freud doit être dans le coin) un cinéma pour « pervers pépères » (sic. !) il est beaucoup plus intéressant d’élever son regard et de voir sous des airs faussement lisses un thriller très bien adapté du roman anglais de Sarah Waters. Là où le récit, certes, ne tente rien par rapport à l’œuvre originale mais se veut fidèle. Pour une fois que l’adaptation narrative est soignée, difficile de le reprocher, et se dessine un miroir de(s) sens et de formes. Thriller-romance, érotisme-violence psychique, beauté-noirceur, tout s’oppose et tout se compose dans une même unité. Le tout dans un écrin de mise en scène 4 étoiles et d’une grande technicité, musique, photo (son chef opérateur est encore au rendez-vous), décor, costume, tout contribue à ce que Park Chan-Wook soit le maître d’œuvre d’un objet cinématographique magnétique. En jouant habilement des codes d’un genre et les conjuguant à un autre il amène le spectateur au centre d’une histoire où la pureté (de fond et de forme) finira par remporter la mise. Tout juste peut on lui reprocher de faire un peu traîner son récit en longueur (plus de 2h30) ou de se répéter dans son traitement, mais comme ses ainés les plus doués du passé, ce serait lui faire un procès trop facile de s’attarder sur une forme que seul lui maîtrise à ce point et qui le définit en tant qu’auteur. Et au final dans cette valse visuelle et de tons divers, c’est un discours assez classique mais nécessaire sur la différence des classes qui prend forme au détour d’une histoire d’amour aux frontières de la moral et du bienpensant. Ancré en plein milieu des années 30, « Mademoiselle » est finalement une œuvre actuelle, au discours très moderne, d’un raffinement rarement trop rare. Et c’est finalement sur ses dernières notes que le film laisse sa meilleure impression, celle d’un ressenti, d’une certaine douceur après une tempête de sentiments violents ; là où un doux lyrisme prend place et est bien plus intéressant que de longs discours et interminables tergiversations.
Après Stoker, non dépourvu de qualités mais pas une totale réussite cependant, Park nous emmène ici dans une visite pleine de surprises d'une certaine mystique traditionnelle asiatique. Les relations maître - domestique (on se souvient de Housemaid par exemple), l'érotisme, la violence, la ruse forment la trame d'un film peu avare de rebondissements. L'image est toujours magnifique, les plans soignés et aucune situation n'apparaît comme inutile. Tout s'emboite parfaitement dans un puzzle complexe dont on ne finit par entrevoir l'ensemble qu'à la toute fin. Du travail d'artiste dû à scénario très organisé et à un montage précis. Interprétation superbe même si les acteurs en font parfois un peu trop et si leurs postiches semblent "too much". Une certaine impression de malaise nous envahit toutefois au fur et à mesure de l'avancement du film, la manipulation du spectateur ayant quelques limites...
Quelle déception pour ce mauvais remake de Les Diaboliques de Clouzot. On n'en retire absolument rien. Aucun esthétisme, des scènes de sexe à n'en plus finir pour voyeurs lubriques, Ce sont presque 2h d'ennuis. Je ne le recommanderai à personne. Un des plus gros navet de 2016.
Un bon film dont la mise en scène sophistiquée est bien servie par des acteurs félins comme l'exige le scénario. Cependant la structure en "double twist avec changement de point de vue" est un procédé cinématographique assez fréquent et donc l'histoire qui se veut complexe et inattendue ne l'est pas tant que cela. Résultat : on passe un bon moment (surtout dans la première partie du film) mais on oublie tout dans les heures qui suivent la projection... "Old Boy", avec son demi-étage et son twist final, restait plus durablement dans les mémoires ; la preuve, tout le monde s'en souvient encore.
un bon film divertissant qui aurait pu être un chef d'oeuvre s'il avait été moins naïf moins niais et si les écrans verts pr y faire défiler des paysages s'étaient faits plus discrets.
Je ne trouve pas qu'il y ait de quoi crier Oh Chef-d'oeuvre! car même si visuellement il est très beau, l'histoire ainsi que les sentiments sont passés un peu à la trappe comparés à l'originale. Quant aux scènes de sexe je les ai trouvées à la limite du ridicule... c'est dommage.
Après un saut à Hollywood très réussi pour le thriller « Stoker » malheureusement très peu vu, le coréen Park Chan-Wook retrouve sa terre natale pour un film d’époque adapté d’un roman anglais où la manipulation est reine. La transposition dans la Corée du Sud du début du siècle passé permet de cerner les rapports qu’entretenaient les coréens avec leurs colonisateurs japonais. Au final, ses deux derniers films se ressemblent beaucoup sur le fond avec en point d’orgue les faux-semblants et le fait de jouer avec la perception du spectateur pour mieux le balader. Un bon zeste d’érotisme lesbien y est ajouté faisant parfois ressembler ce « Mademoiselle » au « Bound » des frères Wachowski.
Dans ce film, les femmes mènent le jeu et le changement de point de vue à mi-parcours du film rebat les cartes avec malice grâce à un rebondissement que l’on ne voit pas venir. Cependant, près de deux heures et demie pour narrer cette histoire d’arnaque avec le principe de l’arroseur arrosé c’est beaucoup trop. L’intrigue prend son temps, le metteur en scène se regarde filmer mais le spectateur a tendance à s’ennuyer entre des scènes à rallonge, d’autres qui se répètent trop et des moments d’érotisme bon marché pas forcément nécessaires. Le petit côté saphique pour adultes timorés en manque de sexe déviant dessert plus le film qu’il ne lui apporte une personnalité propre. Et puis avec le recul, des intrigues à priori tortueuses comme celle-ci destinées à continuellement surprendre son public on commence à avoir l’habitude, citons « Sexcrimes » devenu culte avec ses rebondissement en cascade et ce même côté cul faussement provocateur ou le plus ancien « Basic Instinct ».
Mais l’écrin est sublime et cela on ne peut le nier. De film en film Park Chan-Wok achève de se placer dans la catégorie des vrais esthètes du septième art. Son long-métrage est d’une beauté intemporelle et raffinée. Un prix de la mise en scène à Cannes où il faisait partie de la sélection cette année n’aurait pas été usurpé. Des images léchées qui collent parfaitement à l’histoire et à l’époque décrites. Ses mouvements de caméra accompagnent le scénario à la perfection selon ce que l’on veut nous montrer ou pas. Et tout est tellement beau et impeccablement reconstitué qu’on ne peut reprocher quoi que ce soit à la mise en scène. Dommage que le fond ne soit pas plus palpitant, véritablement novateur et surtout concis.
C’est un film somptueux que nous offre Park Chan-Wook avec Mademoiselle…film qui lui a valu le Prix Vulcain au dernier Festival de Cannes, prix qui se veut récompenser un artiste technicien , un directeur de la photographie, un chef décorateur, un monteur, mais aussi un réalisateur pour l‘ensemble des qualités plastiques et techniques de son film…en couronnant Mademoiselle, ce sont peut être tous les techniciens qui sont récompensés , le directeur de la photographie, Chung-Hoon Chung, tant ses images sont sublimes, celles de ce manoir étrange mi-japonais , mi-anglais, ce parc aux cerisiers en fleurs, ces intérieurs chargés ou dépouillés selon que l’on se place dans la partie japonaise ou anglaise…que l’on doit au chef décorateur Ryu Seong-Hee…ou tout autant au chef costumier Sang-Kyung Cho pour la richesse des costumes…pendant prés de deux heures et demie, on baigne dans une atmosphère irréelle se laissant bercer par une histoire dont on perd vite le fil…c’est un film à tiroir, un vertige de faux semblants où le manipulateur est lui-même manipulé, où les plans d’une première partie sont repris dans une seconde partie avec un sens tout à fait différent…certes au début on comprend que la jeune Sookee, pickpocket de haut vol est envoyée par le faux Comte, chef de bande, au service de Mademoiselle pour nourrir ses desseins, l’épouser et mettre la main sur son immense fortune…certes on comprend que Mademoiselle, Hideko, est plus ou moins séquestrée par son oncle, Kousiki, sorte de Barbe Bleu à la langue noire à force de lécher l’encre de ses estampes japonaises, vieux pervers amateur du marquis de Sade , dont il fait lire des extraits par sa nièce lors de soirées où il invite des compères tout aussi pervertis….mais tout se brouille, les rapports de domination entre maitres et serviteurs sont vite renversés, le sexe est évoqué comme toxique pour les hommes, avant de s’épanouir dans cette attirance érotique entre servante et maitresse et exploser dans une scène qui n’a rien à envier à la Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche… c’est un film clivant…lors de la séance à laquelle j’étais, plusieurs spectateurs ont quitté la salle, et l’on a vite entendu des soupirs excédés de certaines spectatrices devant la répétition de certaines scènes…Mademoiselle, conte ludique parfois vénéneux et sulfureux, est vraiment d’une beauté à couper le souffle, tout autant que les deux actrices …autant dire que j’ai beaucoup aimé…
Un très bon film, bien structuré, surprenant et on ajoute à ça de belles images. Dans la continuation de old boy mais en moins violent et plus magistral. A ne pas rater !
Voilà un thriller érotique et historique subliment beau, divinement intelligent, délicieusement alambiqué, un véritable joyau comme on en voit rarement, qui a un casting de rêve pour notre plus grand bonheur ! L'intrigue est – pour notre plus grand plaisir – tout à fait tortueuse et les manipulateurs seront à leur tour manipulés et les manipulés manipulateurs seront peut être une nouvelle fois manipulés… Nous sommes pris dans les filets de la manipulation, la même action étant décrite selon trois point de vues, suspense assuré jusqu'à la dernière séquence. Bref, un chef d'oeuvre !!!
Dans la Corée des années 30, au temps de l’occupation japonaise, une servante est recrutée par une riche héritière prisonnière d’un oncle lubrique dans un immense manoir inquiétant. La jeune domestique est en fait une jeune arnaqueuse qui, avec la complicité d’un faux comte japonais, espère mettre la main sur l’héritage de sa maîtresse. Sauf que les choses sont moins simples qu’il n’y paraît et que l’arnaque n’est peut-être pas là où on la pressent.
Le réalisateur coréen Park Chan-wook est au sommet de son art avec cette adaptation d’un thriller victorien. Transposé au Pays du matin calme, l’action de « Du bout des doigts », le roman de Sarah Waters, s’orientalise. Il se leste d’un érotisme diffus, avec son lot d’estampes japonaises et de boules de geisha. Il s’enrichit surtout d’une esthétique fétichiste qui fait de chaque plan sublimement photographié une œuvre d’art.
À la différence de « The Assassin », que j’avais trouvé d’une beauté stérile, cette mécanique est au service d’un double projet. Le premier est un scénario diaboliquement complexe dans la veine des plus manipulateurs des réalisateurs. Comme dans « Rashomon », la même histoire va être envisagée de plusieurs points de vue : dans la première partie du film du point de vue de la servante, dans la seconde de celui de la maîtresse.
Mais « Mademoiselle » ne vaut pas seulement par ses twists machiavéliques (et parfois un peu prévisibles). C’est surtout un splendide portrait de femmes, une merveilleuse histoire d’amour (ah! la scène de la baignoire !), un pamphlet féministe audacieux. Bref c’est tout à la fois « Downton Abbey », « L’Empire des sens » et « La Vie d’Adèle ». Pas mal pour un film dont on pardonnera du coup ses deux heures vingt-quatre.
Epoustouflant . Le film mélange très habilement la romance au suspense , dans le cadre de la Corée des années 30 . Tout est finement pensé , avec un vrai souci du détail et de l'esthétisme , ce qui fait de Mademoiselle un film plutôt exceptionnel qui ne ressemble à aucun autre ( à ma connaissance du moins ) , et qu'on veut revoir . Peut-être le plus beau film de Park Chan Wook depuis Lady Vengeance
C'est un film dramatique coréen qui se passe dans les années 30. Cela parle de manipulations, de faux semblants, de mensonges, de sexe, de féminisme, de vengeance. Cette histoire est particulièrement captivante.
Un film pénible et long, mêlant des scènes quasi pornographiques à celles de violences brutales, certainement pas adapté à des jeunes de 12 ans. Du coup, les intriques subtiles avec leurs jeux d'alliance, les décors et les images magnifiques ne suffisent pas à ôter ce goût désagréable. Visiblement les inconditionnels ont aimé!