Une jeune coréenne est recrutée par une riche japonaise comme femme de maison. En réalité Sookee s’organise avec un escroc pour démunir cette famille de leurs richesses. Mais les choses ne se passent pas comme prévues, puisqu’une histoire d’amour naît et les sentiments vont changer beaucoup la suite des événements. Cette amorce n’était donc qu’un prétexte pour Park Chan-Wook de réaliser un thriller érotique saupoudré d’humour. En effet, si cette histoire, se déroulant dans les années trente, commence de façon classique et peu surprenante, la tension sexuelle et interdite, est elle, captivante. Les pulsions sont tout d’abord discrètes, puis s’ancrent en pleine euphorie subjective. Mademoiselle, ou Agassi est un film d’éréthisme avant d’être une histoire de mensonges et de manipulations. Le réalisateur d’Old Boy parvient avec brio à adapter le roman lesbien Du Bout des Doigts sans tomber dans la facilité d’écriture ou dans la simple exhibition. Il justifie chacune de ses actions et sûrement pour cette raison qu’il est nommé en compétition officielle au Festival de Cannes 2016. Cependant, nous ne soulignons pas de facteurs percutants dans la mise en scène, la photographie ou encore le jeu des acteurs. A l’inverse de beaucoup de belles œuvres aujourd’hui, le fond est ici privilégié plutôt que sa forme et cela nous séduit fortement. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Dans les années trente en Corée, pendant la colonisation japonaise, une jeune femme (Sookee) est engagée comme servante d’une riche japonaise (Hideko), vivant recluse dans un immense manoir sous la coupe d’un oncle tyrannique et pervers. Mais Sookee a un secret.
"Mademoiselle" est le dernier long métrage de Park Chan Wook, réalisateur des réputés "old boy" et autres "sympathy for mister vengeance" . Le film est consacré à une intrigue des plus complexes et diaboliques visant à mettre la main sur la fortune d'une riche japonaise. Tout l'intérêt du film est que les choses ne vont pas se dérouler comme prévu et que les intrigues sont légions autour de cette ravissante jeune femme qui n'est pas tout à fait celle que l'on croit. "Mademoiselle" est un film réussi pour un public averti. Thriller érotique tordu divisés en 3 parties, le film remplit parfaitement son cahier des charges coréen: noirceur, faux semblants, vengeance et rebondissements. Il s'agit d'un film féministe où les hommes sont abusés et déloyaux.....ils sont tellement pathétiques que l'on a aucune envie de les plaindre. En effet, c'est le couple féminin Kim Min Hee (Hideko) et Kim Tae Ri (Sokee) plein de charme qui règne sans partage sur le film et emporte l'adhésion des spectateurs. Le film comporte pas mal d'images d'amours saphiques qu'il convient de réserver à un public averti. Pour le reste, le film est plutôt moins violent physiquement que d'autres films de Park Chan Wook, c'est sur le plan moral et de l'intrigue qu'il "sent le souffre".
A noter également que le film est loin d'être dénué d'humour avec notamment une scène où le réalisateur parvient même à nous faire beaucoup rire lors d'une tentative de suicide montrée à l'écran...
En compétition pour la palme d'or au dernier festival de Cannes l'année dernière et jouissant d'un succès critique sans précédent, je dois dire que tout ces avis plus positifs les uns que les autres ont attisés ma curiosité quand à ce film coréen. De manière général, je suis plutôt bon spectateur du cinéma Asiatique, j'éprouve une fascination que je n'ai pas pour les films Français, Américains et autres; je trouve que ces films ont toujours une sorte de voile mystérieux envoûtant. L'Histoire de "Mademoiselle" nous entraîne dans les années 1930, au moment de la colonisation de la Corée par le Japon, Sookee, jeune Coréenne d'une famille modeste est envoyée au Japon avec la mission d'être la domestique loyale d'Hideko, riche demoiselle de rang noble vivant sous la tutelle d'un oncle tyrannique. Lorsque Sookee apprend que sa maîtresse doit épouser un riche conte Japonais, elle organise dans l'ombre un plan afin de détourner la demoiselle de sa destinée. Voilà pour le pitch global. Qu'est ce que j'en pense....c'est un sentiment assez difficile à expliquer qui m'a envahit à terme du visionnage de ce film; Mademoiselle est typiquement ce genre de film qui a un impact, qui vous fait effet, ce genre d'effet qui se caractérise par un long silence durant lequel on est amené à réfléchir, à se remettre de toutes les émotions qui nous ont traversées tout du long. Pour moi, "Mademoiselle" fut une jolie claque cinématographique ! Une expérience qui me donne l'impression d'en ressortir en ayant appris quelque chose. A travers cette histoire, Park Chan-wook nous livre ici une romance psychologico-érotique vraiment poignante et riche de pistes de réflexions ! A commencer par l'histoire, vraiment bien tissée, maîtrisée à 100% du début à la fin ! spoiler: Ce qui est vraiment bien c'est la structure narrative du film; le réalisateur nous montre la profonde relation unissant Sookee et Hideko en utilisant une structure en flashback. Via le flashback, Park Chan-Wook parvient à mettre autant en valeur la servante que la Demoiselle. Nous avons d'abord droit à l'histoire du point de vu de Sookee/Tamako (son nom en Japonais) dans ses tâches de domestique quotidienne et sa dévotion fascinée pour sa riche maîtresse ainsi que ses manigances avec le faux comte. La deuxième partie, tout en reprenant cette même relation mais cette fois du point de vu d'Hideko, nous montre les tourments psychologiques de la "Lady" en passant juste avant par sa traumatisante enfance rythmée par la maltraitance et l'éducation sexuelle sous le joug de son oncle. Et puis le film se termine par un troisième acte avec les aboutissements de tous ces mensonges et ces manipulations.
Honnêtement, ma seul crainte au vu de la durée de 2h25 était le trop de longueur mais c'est un sentiment que j'ai très peu éprouvé (un peu quand même) tant les coups de théâtres et les rebondissements ponctuent efficacement le récit ! Chan-Wook semble à tous moments essayé de nous perdre, de nous désorienté pour semer en nous le doute quand à la question de celle/celui qui tire les ficelles, qui domine ? Et cela sans jamais s'empêtrer dans le sac de noeuds scénaristique qu'il a entre les doigts. Autre chose qui m'a vraiment plu dans "Mademoiselle", c'est l'idée que ce film illustre un très bel exemple de dialectique du maître et de l'esclave et justement, le réalisateur explore bien en profondeur cette opposition, ce gouffre entre les classes sociales en soulevant tout le temps la question de laquelle de Sookee ou d'Hideko détient le pouvoir sur l'autre ?spoiler: Sookee est sensée être inférieur à sa maîtresse pourtant c'est elle qui l'éduque, qui prend soin d'elle comme une mère prend soin de sa fille. Il y a aussi ce moment ou Hideko offre les boucles d'oreille en saphir à Sookee et lui dit "tu ressemble à une Dame". Cependant, si l'on croit Hideko chétive et dépendante du à ses troubles psychologiques dans la première, toute la partie 2 change radicalement la donne lorsqu'on s'aperçoit que toutes ces crises de folie n'étaient que de la mise en scène et qu'elle contrôle tout autant le faux comte à sa guise.
Et en plus du rapport de classe, c'est également de la folie que Park Chan-Wook fait la critique spoiler: au fur et à mesure de la progression de l'intrigue ou le mensonge et la manipulation brouillent toutes les pistes on se demande si Hideko est belle est bien la folle en question ou si ce sont tous les autres qui le sont. Car serte, Hideko à reçu une éducation des plus malsaine est n'est finalement devenue qu'un jouet sexuel, une attraction pour les hommes venu écouter des poèmes obscènes (on comprend d'ou vient ce conditionnement) mais pourtant ce n'est pas elle mais Sookee qui finit à l'asile à la fin du premier acte (ça rejoint l'idée qu'à tour de rôle, servante et maîtresse ont successivement le pouvoir l'une sur l'autre) . L'ambiance de Mademoiselle est des plus étranges à décortiquer, parfois le film sait se montrer sous un jour des plus poétique et allègre....pour tantôt basculer dans le glauque froid et malsain. Le ton féministe saute aux yeux avec la plus grande évidence ainsi que la blâme de la soumission et l'éloge de spoiler: l'homosexualité. La mise en scène parvient vraiment bien à faire ressortir la passion et le désir sexuel de l'une pour l'autre (la question du sexe étant au coeur des thématiques). J'ai retenu l'idée que c'est au lit que la servante et la demoiselle se comprennent le mieux, qu'elles se libèrent de leurs contraintes liées à leur rang. Ces scènes d'amour sont filmées avec pas mal de champs vs champs et de gros plans qui donnent une petite atmosphère mélancolique.
L'émotion est là et bien là, entre romantique et tragique, on arrive à avoir toute sorte de ressenti pour les personnages. Ces 2 héroïnes peuvent nous inspirer tour à tour de la haine comme de la compassion ou de la pitié. spoiler: On à de la peine pour cette pauvre demoiselle élevée à coups de règle sur les doigts dans une bibliothèque gardée par un serpent (note que le choix du serpent n'est pas anodin, l'animal comprend beaucoup de symbolique comme la vitalité sexuelle ou peut être une traduction du caractère oppressant de l'oncle...), on a de la peine pour Sookee lorsque celle ci est frappée violemment par sa maîtresse, on angoisse lorsqu'Hideko s'empare de la corde pour aller se pendre à la branche du cerisier...
J'aurais encore pas mal à disséquer sur ce film mais je pense avoir fait le tour de l'essentiel. A retenir," Mademoiselle" de Park Chan-Wook est vraiment une grande réussite du cinéma asiatique, un thriller amoureux intense abordant intelligemment la dialectique du maître et de l'esclave à travers un érotisme exotique et mélancolique et abordant des thèmes comme la folie, le féminisme, la maltraitance, la soumission, l'éducation sexuelle précoce des jeunes filles de bonne famille; vous n'en ressortirez pas indifférents, croyez moi ! ^^
Il va de soi que beaucoup n'y verront qu'un vulgaire porno-soft, mais le nouveau Park Chan-Wook est avant tout un film d'époque à l'ambiance baroque assurée par une mise en scène, une direction artistique et une photographie tout simplement éblouissantes. Un thriller érotique destiné à devenir une référence dans un cinéma coréen qui, malgré sa radicalité reconnue, reste encore prude dans sa représentation de la sexualité.
Déception pour Mademoiselle, nouveau film du coréen Park Chan-Wook qui avait l'habitude de nous bousculer avec des films tels que Old Boy, Lady Vengeance, ou encore Stoker. Si les premières minutes de Mademoiselle nous emportent dans un univers passionnant, la suite du film donne lieu à une histoire assez brouillonne, des explications vaseuses et un rythme soporifique. Coup de mou dans l'oeuvre du cinéaste !
J'ai pris mon temps pour aller découvrir ce film sorti en début de mois mais bénéficiant d'un bouche à oreille exceptionnel (c'était complet après 3 semaines d'exploitation, un miracle pour un film asiatique). De nombreux fans lui prédisaient la Palme d'Or en mai dernier, mais c'est bredouille, curieusement, qu'il a quitté la Croisette. Cette histoire de manipulation à tous les étages lors de la colonisation japonaise dans la Corée des années 30 est un drame romanesque doublé d'un formidable et somptueux thriller érotique. Une œuvre lyrique, sensuelle, cruelle, esthétique (mais pas esthétisante) et parfois drôle. Au-delà de la reconstitution hyper léchée (mais authentique), de la beauté insensée des actrices (Kim Min-Hee et Kim Tae-Ri), de la partition superbe de Cho Young-Wuk et du raffinement extrême des costumes et des décors, MADEMOISELLE distille un charme vénéneux grâce à un scénario qui multiplie les fausses pistes et les ruptures de ton. Un petit peu long (2h25) mais jamais ennuyeux, c'est aussi un grand film féministe où les deux héroïnes (une servante aux ordres d'une richissime héritière) ne sont jamais aussi soumises, ni aussi dupes, ni aussi cruches que l'époque machiste à laquelle elles appartiennent voudrait qu'elles soient. Difficile d'en dire plus sans risquer d'en dire trop. Mais l'expérience vaut le détour, vous l'aurez compris.
Dans les années 30, une voleuse se fait embaucher comme femme de chambre auprès d'une riche héritière, dans le but d'aider un complice à la séduire afin de s'accaparer sa fortune. Park Chan-Wook réalise un film multipliant les genres et les rebondissements. Découpé en plusieurs parties, la première met en place l'histoire, spoiler: racontée sous un angle différent dans les parties suivantes et qui voit son sens profondément modifié . Il y a des scènes de sexe très crues, d'autres séquences sont drôles et certaines sont parfois malsaines ou plus inquiétantes, mais restent toutes esthétiquement très belles. J'estime que la musique est particulièrement soignée, tout à fait dans le ton de ce récit. J'ai trouvé ce long-métrage parfaitement maîtrisé.
Présenté à Cannes, "Mademoiselle" se déroule en 1930 durant la colonisation japonaise. Fidèle à lui-même, Park Chan Wook y applique la structure narrative chère à "Old Boy" ; un scénario retors et machiavélique, dont l'aboutissement ravira certainement du monde. Une reconstitution impeccable ainsi qu'une mise en scène minutieuse, axée sur les objets, ustensiles et autres points de détails. Avec son découpage en deux parties, il semble que cet opus entende revêtir l'opacité des grands romans russes, même si de nombreuses lacunes entachent ce projet. La première est sans nul doute sa longueur. Deux heures et demie s'avèrent excessives pour ce film qui aurait largement pu être abrégé sans perdre d'intensité. De ce premier défaut découle logiquement le second : un côté très racoleur. Dès qu'il sent que son propos s'enlise, craignant de perdre son spectateur, on peut assurément compter sur le cinéaste pour nous flanquer une scène de sexe afin de raviver l'attention. Fort heureusement, l'efficacité n'a pas disparu !
Attention, chef d'oeuvre ! Agassi est comparé, au niveau du découpage, aux oeuvres de Tarantino, mais je trouve que c'est légèrement différent. Dans ce film-là, nous avons la vision de trois personnes différentes, découpé en trois parties (logique), qui vont révolutionner notre vision de l'oeuvre. Personne ne peut prédire ce qu'il va se passer, c'est impossible ! La photographie est d'une beauté incroyable, les acteurs sont impecs et l'intrigue très prenante. Je ne peux rien vous dire de plus, je ne veux pas vous gâcher la découverte de cette oeuvre, indispensable !
Park Chan-wook étant mon réalisateur préféré, j'avais terriblement hâte de voir ce film!
Le sujet au premier abord ne m'excitait pas réellement, mais s'il a bien quelque chose que le realisateur sait faire, c'est justement s'approprier un sujet, jouer avec et l'explorer sous toutes les facettes!
The Handmaiden nous narre donc une histoire se déroulant en pleine colonisation japonaise en Corée, dans les années 1930,où la riche japonaise Hideko (Kim Min-hee) embauche la jeune servante coréenne Sook-hee (Kim Tae-ri) dans un gigantesque et sombre manoir appartenant à son oncle tyrannique ; elle ignore que cette dernière ourdit des plans maléfiques organisés avec un escroc (Ha Jeong-woo) qui se fait passer pour un comte japonais.
On est directement happé par les plans de maître du réalisateur, sa somptueuse photographie, la maitrise du cadrage et du montage, ainsi que par une musique des plus envoutantes : sur la forme il s'agit sans aucun doute du plus beau film du réalisateur, ce qui ne veut pas rien dire !
Nous suivons l'histoire de Sookee avec délice, tombant amoureuse d'Hideko malgré sa mission, pour qu'au premier tiers du film,un twist absolument sensationnel survienne, et nous montre un regard encore plus sombre et saisissant sur cette histoire de passion, de manipulation, de trahison et d'érotisme !
Park Chan-wook joue réellement avec le spectateur, ne le lâchant jamais, malgré les thèmes abordés dans le film que sont le sexe, la perversité, la domination... le tout sans concession ce qui confère au film un aspect brut mais néanmoins sophistiqué, sublimé par la caméra du réalisateur et le talent des acteurs, notamment les 2 actrices principales, absolument incroyables !
Je pourrai parler du film pendant des heures en clamant qu'il s'agit sans nul doute du meilleur film de l'année, d'un chef-d'oeuvre et de la plus authentique romance lesbienne de l'histoire du cinéma, mais non je ne dirai qu'une chose : regardez cet immense film par vous-même ;)