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Un visiteur
4,5
Publiée le 10 janvier 2017
Superbe film intimiste qui prend son temps pour révéler par petites touches, via des flash back parfaitement construits, le drame qui a dévasté à jamais la vie de son héros. Le réalisateur évite le piège du mélo et réussit même à injecter ça et là des moments comiques, sans oublier pour autant l'émotion, qui monte graduellement, et la direction d'acteurs est au diapason. Casey Affleck en tête, qui trouve là un des rôles de sa vie, et Michelle Williams, dont les apparitions sont sublimes. Les seconds rôles sont également tous parfaits. Sans conteste l'un des meilleurs films de l'année.
C'est le premier film de l'année nouvelle que je viens de voir mais si je devais le rattacher à 2016 ce serait, de mon point de vue, l'un des meilleurs, sinon le meilleur. Fort habilement - il faut attendre la moitié du film ... - pour comprendre cet homme brisé qu'est devenu Lee et son côté "survivant" qui n'attend plus rien de l'existence, qui se sent incapable, voire indigne même, de devenir le tuteur de son jeune neveu de 16 ans... C'est une histoire poignante, un mélodrame dans le meilleur sens de terme, servi par des acteurs remarquables de justesse dans les personnages qu'ils incarnent. Pour une fois, ce film est salué par une presse unanime. C'est un bon signe. C'est surtout mérité !
Impossible de ne pas reconnaître la grande qualité de ce film! L'écriture est juste et intelligente. Les acteurs poignants. Un film sur la survie, à défaut de rédemption, d'un être irrémédiablement détruit et pourtant toujours vivant... Sujet de film pas "sexy" en soit, pas "banckable", et qui vaut d'être salué dans le contexte atroce du cinéma contemporain... Reste quelques longueurs peut-être, et une mise en scène un brin froide, sur une musique (Albinoni) trop pressante... Mais quand-même. Quelle film !
Avec un sujet aussi dur et fort, ce sublime mélo tape dans le mille. Une finesse, une humilité face aux personnages. Des moments bouleversants, des scènes magnifiques. Affleck incroyable et que dire de son neveu, épatant. Grande claque
La plupart des critiques professionnels, sauf celui des « Cahiers du cinéma », ont crié au chef-d’œuvre, mais c’est un peu exagéré, car ce film, qui avance très lentement, réunit un certain nombre de clichés (sur la famille, sur le traumatisme, sur l’incompréhension, sur la jeunesse, sur la solitude, et ainsi de suite), qui font de ce mélo interminable un film un peu surfait, et lui ont valu, sans aucune surprise, d’être sélectionné pour une présentation au festival de Sundance, la Mecque du politiquement correct.
Par ailleurs, le comportement bizarre de ce personnage mutique, qui ne sait pas parler aux femmes et fait volontiers le coup de poing dans les bars, déroute un peu.
Bref, Lee, ancien champion sportif, est devenu plombier à Boston et passe sa vie à déboucher des canalisations dans des appartements modestes, lui-même vivant dans un studio sans meubles ni confort. Beaucoup de temps s’écoulera avant que l’on comprenne qu’il a spoiler: été traumatisé par l’incendie de sa maison, dans lequel ses enfants sont morts, ce qui a provoqué aussi le départ de sa femme . Le déclencheur de cette histoire est la mort de son frère, dont le testament fait de lui le tuteur de son neveu Patrick, un garçon de seize ans tout à fait normal, qui n’accepte pas de quitter la ville où il vit, ses copains, son lycée, son groupe de musique, son équipe de hockey, ses petites amies, pour aller vivre à une centaine de kilomètres de là.
Ce thème est longuement développé, le dilemme est résolu par spoiler: l’adoption envisagée de Patrick par un ami de son père et la réconciliation probable de Lee avec son ex-femme . Mais il faut noter la lourdeur de la musique, certes classique, mais peu subtile : toute la séquence de l’incendie et de la tentative de suicide de Lee est musiquée par l’Adagio dit « d’Albinoni » (lequel n’est pas de lui), passé intégralement, ce qui semble interminable et bien peu subtil dans le style tire-larmes. On aurait préféré un dialogue de meilleure qualité.
Techniquement, le scénario qui introduit en douceur de nombreux retours en arrière, est bien pensé, et les acteurs, Casey Affleck et Lucas Hedges, sont très bons, permettant de supporter la durée exagérée de ce film ultra-délayé, deux heures et dix-huit minutes !
La mort traverse tout le film, le jeu de Casey Affleck est fort, mais tout le film est tire-larmes. Cela fait penser à une série télé. Cet homme cassé par la douleur et la culpabilité ne sait que faire de sa vie, essaye mais n'y arrive pas, quel programme ! Affligeant...
Voilà un film dont une fois sortie de la salle, on a énormément de choses à dire, à commenter, à interpréter,… Un film d’une richesse et d’une finesse rare dans un cinéma américain marchant habituellement à la testostérone ; on a du mal à faire le pitch de peur d’en dévoiler, pire, d’en réduire le contenu. Essayons mais succinctement : Lee est un factotum taiseux à Boston sans vie sociale, on sent l’écorché vif en survie. Il est appelé à retourner à Manchester by the Sea suite à la mort de son frère pour s’occuper de son orphelin de neveu ado. Le retour dans sa ville de cet homme donnant l’image de quelqu’un d’à moitié déjà mort, fonctionnant plus que vivant, semble déjà un traumatisme. Le jeune ado a une vie bien sociale bien remplie dans sa ville ; Lee a un passif avec cette ville qui l’empêche de se projeter comme tuteur de son neveu dans une ville synonyme de souffrances. Autour du thème fort de la survie après un drame, Kenneth Lonergan renoue avec les grandes heures du cinéma américain autour d’un genre oublié : le mélodrame. Coup de maître, genre propice à faire pleurer dans les chaumières ; Lonergan redonne ses lettres de noblesse au genre : jamais putassier, jamais larmoyant ; mais extrêmement bien écrit et pudique. Aucune facilité ni de scènes inutiles, il s’appuie sur un scénario solide où toutes les situations et les rapports humains respirent le réalisme. Digne, élégant et bouleversant ; ce film traite du deuil, du retour à la vie, de la résilience autour d’une chronique familiale bien sentie. Et pour porter le rôle de Lee, l’homme anéanti par son lourd passé, Casey Affleck est d’une puissance incroyable. Pour lui donner la réplique, façon de parler, car ses dialogues sont rares ; Michelle Williams est tout aussi parfaite. Ce film recèle de belles scènes éprouvantes et parfois autour de moments pratiquement insignifiants. Lonergan sublime la banalité. Un des beaux films de l’année 2016
Casey Affleck se dépasse, il est subtil avec tout la misère du monde sur ses épaules, pas de pathos, de la colère contre lui-même. Son jeu est tout en nuance, parfois taiseux. Il manifeste sa rage avec ses poings, il cherche la bagarre dans les bars, pour recevoir des coups et se punir d’être en vie. Une histoire de vie dévastée, un destin qui refuse d’aller plus loin. On attend la fin en payant le prix fort d’une vie anéantie.
Le portrait est poignant, la réalisation prend le temps comme la mélancolie qui l’accompagne. Une musique parfois pompeuse plombe l’ambiance mais on aime tant Lee Chandler que que l’on garde le coeur serré.
Retour à Manchester pour Lee, suite à la mort de son frère Kyle, une souffrance que de revenir sur les lieux du drame. Son frère l’a désigné comme tuteur de son neveu Patrick. Un gamin rebelle avec un comportement d’adolescent mais le coeur brisé. Il vivait seul avec son père depuis toujours. Patty sa mère est partie vivre sa vie et ses excès loin d’eux. L’oncle Lee ne veut pas de cette responsabilité dans cette ville qui le ramène à ses pires souvenirs. Mais la rencontre des ces deux là est à fleur de peau, chargée d’amour et de maladresse.
Kenneth Lonergan nous présente un film sans effet de manche, sauf la musique peut-être, mais il soigne les images. Il sublime les coeurs brisés et nous bouleverse avec délicatesse et pudeur. Du très bon cinéma.
Revu avec grand plaisir et plus d'émotion que la première cette réalisation. Bien sur Casey Affleck est bluffant au milieu de ce paysage maritime apaisant. spoiler: Les explosions soudaines de violence dans les bars sont extrêmement pertinentes d'une cocote minute en perpétuelle surchauffe. N'oublions pas la performance de Michelle William, et leur "dernière rencontre" d'une intensité folle. Lonergan, dont la carrière de réalisateur est plutôt brève, était touché par la grâce lors de cette réalisation. DVD2 - décembre 2025 Depuis une semaine, j’écoute régulièrement la bande son très classique et chorale de ce film. Elle parait solennelle par rapport à la simplicité des personnages de ce drame. Casey Affleck en homme à tout faire, habitant dans un sordide entresol, grand comme une cellule de prison, mérite-t-il cette beauté musicale qui l’accompagne ses tribulations, de son neveu,de son ex-femme et de son frère ? La réponse est oui. Après Paterson, nous voilà donc à nouveau dans une petite ville du nord-est des USA, moins glauque, reposante, avec l’appel de la mer et des parties de pêche en mer en fond d’écran. Plus question de poésie et de petits plaisirs du quotidien, cette fois on plonge dans le drame absolu, le genre d’histoire dont que la littérature américaine aime affronter et nous détailler par le menu quand la sidération l’emporte sur la douleur. Ici, la mise en scène de cette lente remontée vers la surface imaginée et tournée par un Lonergan inspiré est une vraie réussite. Et surtout portée avec une infinie retenue par Affleck, accablé et portant en silence sur ses épaules tout le malheur de la terre. La nouvelle responsabilité qui lui tombe dessus, être le tuteur de son neveu, pourrait le faire couler définitivement ou lui ouvrir une échappatoire salutaire. J’avoue ne pas avoir été saisi par l’émotion que devrait susciter le rôle de Lee, mais peut-être justement la subtile vérité de cette homme, révélée par un acteur talentueux, est au-delà de la compassion primaire et sans lendemain. Grand écran VO - décembre 2016
Et voici Manchester. Non pas la grande cité anglaise, mais une cousine éloignée, en l'occurrence un ravissant port de pêche du Massachusetts. L'histoire contée dans le film de Kenneth Lonergan a tout du mélodrame. Une histoire de famille - les Chandler - touchée par le décès d'un homme encore jeune dont le frère, Lee, sera violemment éprouvé et qui prendra alors en charge son neveu, Patrick, un garçon à la fois hypersensible et jeune donjuan sans scrupules. Un des points marquants du film sera l'analyse du lien de plus en plus fort entre le père de substitution et son neveu. Au passage, splendide interprétation d'une jeune recrue du cinéma américain, Lucas Hedges, qui joue son rôle avec une émotion contenue et parfois un humour qu'on ne peut qu'apprécier. Mais l'autre versant du scénario consiste en un travail de mémoire douloureux qui amène Lee Chandler à se remémorer de la façon la plus intense un épisode crucial de son existence qui a coûté la vie à des êtres chers. C'est donc une interrogation du passé à laquelle va se livrer le personnage principal et qui explique l'abondance des flashbacks. La succession des rebondissements qui marque le scénario s'inscrit bien dans la structure d'un mélodrame. Et pourtant Kenneth Lonergan - cinéaste peu connu en France, mais scénariste entre autres de "Gangs of New York" - réussit le courageux pari d'épargner à son film de 2h15 les pleurnicheries d'usage et les appels au sentimentalisme facile. Seule réserve que nous ferons : l'usage de l'Adagio pour cordes le plus célèbre d'Albinoni - et ultra rebattu - dans une séquence où culmine le caractère impulsif du personnage de Lee. Pour le reste, la bande son témoigne d'un beau travail et d'un souci constant d'adéquation aux émotions ressenties. Enfin si l'on a parlé de Lucas Hedges, révélation de ce film, il faut bien sûr saluer la prestation de Casey Affleck qui donne à son personnage une dimension profondément humaine en jouant sur une psychologie d'écorché vif. Saluons aussi les apparitions peu nombreuses mais ô combien émouvantes de Michelle Williams, ainsi que le jeu maîtrisé de tous les acteurs qui ont participé à cette belle aventure. Réservons une dernière mention pour la qualité de la photographie qui illumine à merveille ce coin du Massachusetts d'où une certaine sérénité se dégage malgré la violence des sentiments.
Décevant et surcoté : voilà ce qui me vient à l'esprit pour qualifier ce film. Cette chronique sociale ne décolle jamais et si l'ambition du film est perceptible, le traitement et le rythme de l'histoire sont d'une constance au final rébarbative : je suis désolé mais je me suis globalement emmerdé
Allons droit au but, Manchester By The Sea est un chef d’œuvre. Le film n’est pas sans défaut, bien évidemment. Pour en citer quelques-uns, la conclusion du film est un peu longue. Il y a d’ailleurs une scène où je me suis dit : « Le film aurait dû s’arrêter là ! » Ce détail mis-à-part, le seul reproche que je fais au film c’est de ne pas assez développer certains personnages.
Pour le reste, il n’y a que du positif. La bande-originale est parfaite, rien à redire dessus. La réalisation aussi est vraiment réussie, surtout en ce qui concerne la façon de filmer la ville. Les différents plans sur cette petite ville côtière qu’est Manchester By The Sea, sont magnifiques. Ils donnent une autre dimension au film, la ville est au cœur de ce drame. Malgré son charme, elle plane comme une ombre au-dessus de nos personnages, surtout Lee.
Le film se caractérise aussi par une grande pudeur. Comme d’autres film du genre, il aurait pu tomber dans le cliché et dans le coté larmoyant à outrance. Ce n’est pas le cas, toutes les émotions sont jouées de manière modérée par les acteurs. Il n’y a pas d’exagération. En outre, le film réussit aussi à nous faire rire, et ceux aux moments ou justement on ne devrait pas.
Retrouvez la critique complète et détaillée sur notre blog =)
Bien réalisé, bien monté, bien joué, des dialogues réalistes et vrais, une bande-son troublante, une atmosphère intense et un drame à l'image de son titre, d'une tranquillité poignante. Oui tout cela est crédible et profondément dramatique, mais posons-nous la question : pourquoi allons-nous au cinéma ? Est-ce pour sortir de la salle vaguement émotif et sceptique en se disant que l'on a vu un grand film de cinéma sans réellement ressentir son ampleur ? Ou au contraire va-t-on au cinéma pour profiter d'un moment d'émotion intense et indescriptible, ou l'on se sent seul, comme devant un miroir ou un tableau, avec un reflet ou une image sublime du réel ou du surréel ? Pour moi, Manchester by the Sea appartient à cette première catégorie de films, ou l'on perçoit les éléments et la composition d'un grand film, ou l'on comprend l'unanimité dithyrambique des critiques devant un spectacle de cinéma, sans que cela nous procure une satisfaction réelle, sans que cela nous fasse ressentir quoi que ce soit de naturel. C'est un film où l'on admire une performance, on admire une justesse et une subtilité qui nous paraissent fausses car l'on s'en distancie irréversiblement. Parce que tout a voulu être parfait, tout est calculé, tout est dramatique, comme une overdose d'une liqueur de pathos et d'ethos. C'est une usine et une fabrique larmoyante, avec de très beaux engrenages certes. Notons tout de même la performance indomptable de Casey Affleck et l'extraordinaire prestation de la plupart des acteurs principaux, qui, peu importe les directives, auront été parfaits. Néanmoins, il manque comme un vent de liberté à la mer, comme de la couleur à cette neige trop blanche, à ce ciel trop gris. Il manque une caresse d'honnêteté, afin de faire toute la différence, entre un semblant de chef d'oeuvre trop travaillé, et un chef d'oeuvre totalement épuré... Voilà, ce film d'est trop cinématographique, trop subtil, trop juste, trop vrai, et certains en seront probablement émerveillés car ils saisiront ou ne saisiront pas, la fresque abondante qui s'étale devant nous. Irrévérence de génie ou décadence artistique, Manchester by the Sea est une oeuvre comme aucune autre, inclassable, insatiable.
Post scriptum utilitaire : Il m'est impossible de noter ce film, alors afin de poster cette critique, je vais mettre "pas mal" soit 3/5, car il n'y a certainement rien de mauvais dans ce film, si ce n'est son orgueil à la recherche de l'appellation de "chef-d'oeuvre".